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Yo ho, a pirate's life for me!

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MessageSujet: Yo ho, a pirate's life for me! Dim 18 Sep 2016 - 13:28

Mersine Holton



5 Ciorel 1248, au large du Port de Thalis

Ah, la poésie du clair de lune jetant des reflets étranges, comme des symboles mystérieux déformés par les rides d'une mer d'un noir d'encre... Quelles conneries ! Mersine rit silencieusement en contemplant l'horizon depuis la poupe de son bateau. C'était le genre de réflexions que nourrissaient tous les fils de bourgeois échoués dans le port de Thalis. De jeunes prétentieux qui pensaient être taillés pour l'aventure et les grands espaces, alors qu'ils étaient incapables de sortir de leurs jolies petites cages dorées. Pourtant, certains étaient plus téméraires et partaient réellement en quête d'un équipage prêt à les accueillir : ceux-là étaient ses proies.

Quelques jours plus tôt, il s'était rendu discrètement en ville pour faire courir la rumeur que le capitaine de la Horla recrutait. Pas d'affiches criardes sur le port, bien sûr. Plutôt quelques relais de confiance bien choisis dans les tavernes fréquentées par la faune des désespérés et des romantiques. Après tout, leurs affaires n'étaient pas vraiment légales... Mais le charme de l'interdit fonctionnait toujours, surtout sur les jeunes gens les plus hardis, Mersine le savait. Ce soir, comme toujours, les canots qu'il avait envoyé sur la berge pour récupérer les candidats reviendraient plein à craquer.

Tous ne resteraient pas bien sûr. A vrai dire, certains malchanceux n'arrivaient même pas jusqu'au navire principal : maladresse de leur part ou victimes de l'esprit de compétition de leurs camarades, c'était souvent difficile à déterminer, mais quelques uns passaient leur première nuit en mer... eh bien, au fond de la mer. Tant pis, ils n'avaient qu'à mieux choisir leur vocation ! Quant aux autres, ils n'étaient pas sortis d'affaire non plus. La plupart retournaient à terre au bout de quelques jours, mais pas sans avoir été délestés de tous leurs objets de valeur.

D'autres tenaient plus longtemps, quelques mois, voire quelques années avant de mourir dans une tempête ou un abordage. Quelques rares élus, si Sydilia le permettait, survivraient et se feraient remarquer pour leurs talents et leur état d'esprit. Ceux-là, Mersine les ramènerait avec lui lors de son prochain passage à la Tour Sombre pour qu'ils rejoignent les Récleyès. Mais il leur restait bien du chemin à parcourir...

D'ici là, ils devraient d'abord surmonter le petit bizutage que Mersine leur préparait. Il sourit en y pensant quand il commença à apercevoir les canots qui approchaient à l'aveugle, toute lumière éteinte pour ne pas se faire repérer par les autorités du port. Oh, rien de bien méchant, juste de quoi s'assurer qu'ils n'avaient pas le vertige et qu'ils apprenaient vite et bien à se repérer sur un navire. Pour des questions de sécurité, bien sûr...

Une trentaine de minutes plus tard, dix gamins, garçons et filles entre quinze et vingt ans se tenaient devant lui. Ils étaient trempés jusqu'aux os mais ils cachaient de leurs mieux les tremblements qui secouaient leurs membres maigrichons. Bien, Mersine aurait été déçu qu'ils soient déjà découragés alors qu'il n'avait même pas commencé à les tester !

« Félicitations, vous avez réussi à monter vivants à bord de la Horla : ce n'est pas donné à tout le monde. Maintenant, votre prochain défi sera de survivre assez longtemps pour pouvoir vous en vanter auprès de vos amis... si jamais il vous en reste la prochaine fois que vous mettrez pied à terre ! »

Il rit d'un air mauvais, histoire de voir qui était assez impressionnable pour commencer à le craindre dès maintenant. Quatre sur dix seulement ? Il commençait à rouiller !

« Bien, faisons connaissance, reprit-il d'un air plus neutre, je suis le capitaine Mersine, mais ne vous torturez pas les neurones pour retenir mon nom : vous ne m'adresserez pas la parole sauf si je vous pose une question, et vous me répondrez en disant « oui capitaine ! » ou « non capitaine ! », est-ce bien clair ? »

Il surprit un ou deux regards étonnés. Quoi, ces merdeux pensaient qu'être pirate, c'était mener une vie de liberté et de débauche ? Qu'ils étaient naïfs, c'en était désespérant. Mersine avait du lutter des années pour obtenir le privilège d'être le seul maître de ses actes, ou presque : s'ils voulaient goûter à ce plaisir, ils devaient souffrir autant que lui avait souffert. Il s'approcha d'un jeune homme au hasard : blond, la vingtaine, le visage criblé de tâches de rousseur qui lui donnait l'air bien trop délicat. Sa première victime, pas de bol pour lui.

« Alors, tu veux devenir pirate, joli-coeur ? Tu n'as pas le vertige j'espère ? »

Le ton était moqueur, mais Mersine se retint d'être trop cassant tout de suite. Il voulait quand même que le gamin lui réponde, il lui fallait de la matière s'il voulait l'humilier en public convenablement.
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Dim 18 Sep 2016 - 15:34

Billy

5 Ciorel 1248, une taverne à proximité du port

- Des pirates, t’es sérieux ?!

Tous les regards se tournèrent dans la direction de la voix qui venait de résonner dans la pièce. Une voix de jeune homme à peine sorti de l’adolescence. Celle-ci appartenait à un garçon, blond, la vingtaine, au visage parsemé aux tâches de rousseur, à savoir Victor. Plus connu sous le patronyme de Billy. Son regard trahissait son excitation, de plus, il s’était levé de sa chaise en bondissant, la bousculant au passage et en abattant ses poings sur la table. A présent, l’attention de tous les clients de la taverne était focalisée sur lui, et cela déplut visiblement à son interlocuteur qui était assis en face. A priori, il s’agissait là d’un gamin de son âge, aux longs cheveux bruns et poisseux, attachés en une queue de cheval à l’arrière de son crâne. Ce dernier afficha une mine irritée. Il lança un regard désapprobateur aux curieux qui s’étaient tournés dans leur direction. Ils détournèrent leur attention des deux jeunes hommes et reprirent rapidement le cours de leur conversation. Bientôt, les éclats de voix reprirent le dessus sur le silence qu’avait imposé l’exclamation du garçon.

- Putain Billy, tu pourrais être plus discret !

Le jeune homme aux cheveux bruns se leva à son tour, puis saisit Billy par le col pour le forcer à se rasseoir. Il le fit si brusquement qu’il résultait du miracle que Billy n’ait pas brisé la chaise sous son poids. Il ne perdit pas pour autant son sourire, et ne se sentit même pas affecté quant à l’erreur sur son prénom. Il ne releva même pas. Après tout, ce n’était pas comme s’il n’y était pas habitué. Il bascula sur sa chaise, puis il porta une main à son menton. Il déclara, regardant ailleurs, l’air songeur :

- Mec ! Tu te rends vraiment pas compte. C’est la chance de notre vie… On pourrait enfin mettre un terme à toute cette comédie. Franchement, t’en as pas marre de jouer les voleurs au risque de perdre ta main au moindre larcin ? En plus, on gagne pas un rond avec ces conneries ! Réfléchis ! La mer ! La richesse ! La liberté ! La gloire ! Et surtout, surtout…

Le garçon marqua une pause. Il reporta son regard sur son ami, puis, comme pour lui faire une confidence, se pencha sur la table, un grand sourire accroché aux lèvres. L’autre jeune homme s’approcha à son tour, ouvrant grand les oreilles pour écouter ce que son interlocuteur avait à lui dire :

- …les meufs ! Mon gars, on va devenir des légendes !

Billy ponctua sa phrase d’un rire. Son ami soupira et s’éloigna. Combien de temps avait-il passé à supporter cet idiot ? Moins de trois jours. Et pourtant, il ne le supportait déjà plus. Au moins, il n’avait pas eu beaucoup de mal à le convaincre. Billy, lui, s’imaginait déjà riche et célèbre, peut-être trouverait-il sur ce bateau la perle rare capable de lui voler son cœur… Ou en tout cas, celle qui ne rechignerait pas à partager sa couche.


***


Une blague. Il ne pouvait pas en être autrement. Ces abrutis de marins refusaient d’accoster sur la plage, ainsi fallait-il nager jusqu’aux canots. Billy soupira en marchant sur la côte, suivit de près de son cher ami qui fit immédiatement demi-tour en voyant qu’il fallait plonger dans cette eau glacée. Il lui fit signe de le rejoindre. Le garçon aux taches de rousseur haussa les épaules. Tant pis ; la vie de voleur n’était pas si rude que ça, après tout. Il pouvait se reposer autant qu’il le voulait, et puis, il était doué pour ce genre de petit larc-…

- Bah alors, tu sais pas nager ?

Le garçon tourna son visage en direction de la douce voix qui étaient parvenue jusqu’à ses oreilles. Là, il écarquilla les yeux ; une sublime créature se dressait devant lui. Une magnifique jeune femme aux longs cheveux de jais et à la peau de porcelaine ; des jambes qui n’en finissaient plus et aux courbes absolument envoutantes ! Un sourire se dessina sur ses lèvres ; il n’allait tout de même pas laisser passer une occasion pareille ! Ni se laisser dépasser par une fille… Le garçon laissa s’échapper un petit rire d’entre ses lèvres et, jetant un ultime regard à son ami, il plongea à l’eau en frissonnant à son contact. Elle était glaciale ! Il nagea jusqu’aux canots, tentant de rattraper l’élue de son cœur ; en vain.

Quand les canots arrivèrent jusqu’à la Horla, Billy tenta par tous les moyens de retrouver cette fameuse jeune femme. Partout où il regardait, il ne la trouvait pas. On l’amena jusqu’au pont principal où on l’aligna avec dix nouvelles recrues. Et cette fille n’y était pas. Il déglutit quand il pensa à quelque chose : elle ne s’était tout de même pas noyée ? Il n’eut pas le temps d’y réfléchir davantage qu’un type étrange débarqua, commençant un speech qui manqua d’endormir le jeune homme. Capitaine Mersine. Billy n’était pas bien sûr de pouvoir s’en souvenir. Il décrocha son attention des paroles de cet homme tant il grelottait, totalement paralysé par le froid. Il ne se réveilla que quand le type étrange se planta devant lui. A son interrogation, Billy lui répondit, un petit sourire en coin :

- Le vertige ? Qu’est-ce que j’en sais ? Par contre, ce serait cool de votre part de nous filer de quoi nous changer. Ça caille ici.

Il ne regretta pas ses paroles une seule seconde.


Dernière édition par Ombre le Lun 19 Sep 2016 - 19:13, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Dim 18 Sep 2016 - 22:13

Mersine Holton



Le sourire de Mersine s'étira cruellement : il était tombé sur une forte tête du premier coup, quelle chance ! Il allait pouvoir servir d'exemple à tous les autres, comme c'était aimable à lui... Première étape : lui rappeler les règles de l'étiquette à bord de son navire. Du revers de la main, il lui infligea une claque sonore, humiliante, mais pas trop douloureuse. Il ne fallait pas l’abîmer trop vite.

« Le "Capitaine !" était resté coincé dans ta bouche, gamin. Ça devrait t'aider à ne pas l'oublier la prochaine fois. »

Il lui tourna le dos, comme s'il comptait ignorer le reste de sa réponse et poursuivre tranquillement l'inspection de ses nouvelles recrues. Mais ce n'était qu'un effet pour ménager le suspens... Mersine aimait parfois un peu trop se mettre en scène. Il se consolait en se disant que cela faisait partie des outils essentiels pour asseoir son autorité sur son équipage composé majoritairement de truands et de Récleyés.

« Liara, fit-il à l'adresse d'une femme aux cheveux noirs restée dans l'ombre, tu as entendu comme moi que le garçon trouvait ses vêtements trop humides. Soit serviable, et aide-le à s'en débarrasser. »

La pirate se dirigea vers le jeune impertinent en roulant des hanches, bien décidée à laisser son imagination s'emballer sur la façon dont elle comptait procéder. Puis, arrivée à son niveau, elle lui sourit... et sortit sa rapière. En deux ou trois coups experts, elle envoya sa chemise, son pantalon et même ses sous-vêtements rejoindre le sol.

L'équipage partit d'un grand éclat de rire : Billy venait d'être élu souffre-douleur officiel par le capitaine, aussi pouvaient-ils s'en donner à cœur joie. Quelques uns de ses camarades d'infortune participèrent même à ce concours de quolibet, pensant sans doute que cela leur permettrait de s'intégrer plus vite et de ne pas se retrouver à la place du malheureux blondinet, nu comme un vers au milieu du pont. Le capitaine n'eut qu'à faire un geste de la main pour ramener le calme et poursuivre son discours.

« Par contre, je suis navré, mais nous sommes un navire pirate, pas une boutique de tailleur. J'ai bien peur de ne pas avoir de vêtements de rechange à ta disposition. Mais comme je suis d'humeur généreuse, je veux bien te laisser utiliser le notre pavillon pour couvrir ton charmant... popotin. Tu n'as qu'à aller le chercher en haut du mât, ça te réchauffera au passage. »

Mersine se campa là, entre le garçon et les cordages donnant accès au mât, dans une attitude de défi. Il avait la langue bien pendu ? A lui de prouver maintenant que ce n'était pas qu'une posture, et qu'il avait un caractère bien trempé pour aller avec. S'il relevait le challenge du capitaine, il gagnerait son intérêt en prouvant qu'il avait ce qu'il fallait pour devenir un vrai pirate. Sinon, il montrerait qu'il n'était qu'un gosse trop gâté qui ne savait pas se taire quand il le fallait...
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Lun 19 Sep 2016 - 0:12

Billy

Le jeune homme saisit qu’il regretterait ses paroles à l’instant même où le sourire de Mersine s’étira pour afficher un air qui ne lui disait rien. Un air de défi. Un air satisfait. Billy ne parvint pas à se décider et à identifier son expression. Il n’eut de toute façon pas le loisir de s’attarder là-dessus. Il ne comprit réellement sa douleur que lorsque le revers de la main du capitaine s’abattit contre son visage ; pas assez fort pour lui faire véritablement mal, assez pour l’obliger à tourner la tête. A vrai dire, ce fut davantage la surprise que la douleur qui le poussa à écarquiller les yeux dans la direction de son nouveau chef. De quel droit ce pauvre type se permettait-il de lever la main sur lui ? Billy s’apprêtait à réagir à la remarque acerbe du capitaine avant que celui-ci ne lui tourne le dos, faisant mine d’ignorer sa réaction. Le bandit sentit déjà la frustration irriter son esprit. Elle s’empara très rapidement de lui, et alors qu’il était sur le point d’exploser, Mersine le coupa une nouvelle fois dans son élan en prenant la parole, demandant à une certaine Liara de venir le débarrasser de ses vêtements humides.

Là, son comportement changea du tout au tout. Une beauté sortie de l’ombre attira immédiatement son attention ; la fameuse Liara ? Un sourire stupide se dessina sur ses lèvres tandis qu’il admirait la mystérieuse jeune femme aux longs cheveux noirs qui se dressait devant lui. Elle était donc celle qui allait s’occuper de le débarrasser de ses vêtements trempés ? Quand elle s’approcha de lui, il ne put retenir un petit rire satisfait, puis il passa ses bras derrière son crâne, bombant le torse et dévisageant la demoiselle en haussant un sourcil. Allait-elle commencer par s’atteler aux boutons de sa chemise ? Ou peut-être à sa bragu-… Un instant, ne s’agissait-il pas là d’une rapière ? Le visage du garçon blêmit instantanément. La dernière bretteuse qu’il avait côtoyée ne lui avait pas laissé un excellent souvenir ; un picotement se propagea dans son mollet quand il y repensa.

Il aurait voulu fuir, mais la belle le prit de court en laissant sa lame experte venir trancher le tissu. Ses vêtements -ou du moins, ce qu’il en restait- retombèrent sur le sol en dévoilant un Billy nu et complètement déboussolé. Il se fallut de quelques secondes avant que le garçon ne comprenne sa situation et que son visage ne s’empourpre au plus haut point. Il vint furtivement cacher les parties les plus sensibles de son anatomie avec ses deux mains, regardant tout autour de lui les recrues qui s’esclaffaient à sa vue. Quelle idée que de rejoindre cet équipage ! Rouge comme une pivoine, il se tourna vers le capitaine quand celui-ci prit de nouveau la parole d’un air de défi. Billy manqua d’ailleurs de s’étouffer en l’écoutant. Le pavillon ?

- Putain, ne vous foutez pas de moi, je vais quand même pas monter là-haut !

Aucune réaction. Sa colère s’amplifia quand il comprit que le capitaine n’était pas décidé à lâcher l’affaire. Il voulait le tester ? Très bien ! Il allait lui montrer ce dont il était capable ! Son visage qui ne semblait pas pouvoir devenir plus rouge encore prit encore une teinte lorsqu’il hurla :

- Très bien ! Laissez-moi vous dire une chose, Mersine, votre pavillon, je me ferai un malin plaisir de me torcher avec lorsque que je l’aurai chopé !

Sous les rires de ses chers camarades, Billy s’avança en direction du mât, passant à côté du capitaine qui l’attendait près des cordages. Il laissa retomber ses bras le long de son corps en décidant de ne pas se soucier de sa pudeur. Cela lui valut quelques rires ; il se tourna vers les moqueurs en leur décochant un regard noir. Il s’en désintéressa bien vite avant de reporter son attention sur son nouveau défi. Il prit une profonde inspiration, l’air décidé, puis il s’agrippa à une corde. Forçant sur tous ses muscles, le garçon se hissa avec difficulté le long du mât, ne détachant pas une seule seconde son regard du pavillon qui flottait au vent. Il entendait les encouragements des membres de l’équipage en bas, il les entendait se faire de plus en plus éloignés, mais il n’y porta pas de réelle attention. Quand il arriva tout au bout, ses muscles le faisaient souffrir, il était essoufflé et son visage était rouge pivoine. Il afficha un immense sourire quand il arracha le pavillon, avant d’hurler à l’intention de Mersine :

- Et voilà, Mersine, que ça vous apprenne à me sous-estim…-oh…

Billy se coupa net dans ses paroles quand il se tourna et que son regard se perdit dans le vide. L’équipage semblait être si loin… Son visage blêmit, sa vue se troubla, le garçon se sentit sur le point de fléchir. Bon sang, ce salaud avait raison : il avait le vertige !

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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Mer 21 Sep 2016 - 22:28

Mersine Holton



Bon, à défaut d'avoir un cerveau fonctionnel, ce crétin avait au moins des c... du courage. Quoique, c'était peut-être de la témérité pure et dure, le genre de défaut qui poussent les imbéciles à aller s’empaler bêtement sur un sabre au premier abordage un peu mouvementé. Mersine nota mentalement de tester cette hypothèse, si jamais le gamin survivait jusque là bien sûr. Il était parti pour grimper, mais arriverait-il au sommet ?

Oh, il se débrouillait plutôt pas mal, contre toute attente ! L'équipage commença à se prendre au jeu et à l'encourager de façon plus ou moins grossière à mesure qu'il grimpait le long du mât. Il ne fut bientôt plus qu'une paire de fesse gigotant au loin, mais cela ne fit qu'augmenter l'hilarité du public. Mersine, lui, commençait à se demander comment tirer profit de ce bouffon auto-déclaré : ce sale gosse allait peut-être pouvoir se rendre utile finalement...

Et voilà, forcément, ce boulet se retrouvait coincé au sommet. C'était malheureux quand même, de s'engager dans ce genre d'aventure sans savoir si on avait peur des hauteurs. Quelle genre de vie choyée cet avorton avait-il pu avoir pour ne jamais avoir été confronté à une faiblesse aussi basique ? De dégoût, Mersine cracha sur le pont.

Il avait presque envie de le laisser pourrir là-haut, mais ses marins seraient déçus si on les privait trop vite de leur nouveau jouet. Bon prince, le capitaine se contenterait de se faire désirer. Et qui sait, peut-être que le pois-chiche qui servait de cerveau au blondinet enregistrerait mieux la leçon avec une bonne dose d'adrénaline pour le stimuler ? Le capitaine fit donc mine de retourner dans sa cabine en déclarant nonchalamment :

« Voila, j'espère que cette petite démonstration vous aura servi de leçon. Manquez-moi de respect, et vous subirez le même sort. Que quelqu'un vienne me prévenir quand il sera enfin tombé et que son crâne aura explosé sur le pont : je veux choisir ceux qui nettoieront ce merdier. »

Il y eut un murmure derrière lui, mélange d'horreur et de stupéfaction, mais personne n'osait protester directement, pas avec le capitaine : contrairement au gamin, ils tenaient à leur vie. Mêmes les nouveaux comprenaient vite ! Liara, en sa qualité de seconde, se glissa au côté de Mersine et lui souffla à voix basse :

« Je sais très bien que vous bluffez. C'est bon, vous pouvez faire comme si c'était moi qui vous demandait d'épargner ce sale mioche lubrique.
- Ah, toujours aussi dévouée envers l'équipage, ma brave amie. Très bien, je vais donner un coup de pouce à ta côté de popularité. Par contre, lui répondit-il avec un sourire ironique, je te laisse aller le décrocher : je suis sure que ton admirateur va adorer que tu viennes le secourir. »

Liara se détacha de lui en répondant à son sourire : ils savaient tous les deux ce qu'elle était capable de faire subir à un homme qui se montrait trop entreprenant. Elle reprit à voix haute pour être sûre d'être entendu par tout le monde :

« Merci, capitaine. Vous ne regretterez pas votre clémence »

Quand elle s'élança finalement dans les cordages, cela faisait dix bonnes minutes que Billy était accroché désespéramment en haut du mât et qu'on ne l'entendait plus. Heureusement pour lui, Liara était une grimpeuse habile, et elle le ramena sur le pont en un tour de main. Alors que l'équipage acclamait l'héroïne du jour en se désintéressant du blondinet, Mersine s'approcha discrètement de lui. Gardant un sourire de façade pour n'attirer l'attention de personne, il passa son bras autour des épaules d'un garçon en un geste qui pouvait presque sembler paternel. Pourtant, quand le capitaine se pencha vers sa victime, son ton ne laissait aucun doute : ce n'était pas par hasard qu'il lui broyait l'épaule avec la main...

« Tu as de la chance, je suis de bonne humeur aujourd'hui. Ne compte pas trop dessus à l'avenir. »

Puis il se redressa et d'une claque sonore sur les fesses toujours nues du garçon, il le poussa en avant :

« Qu'on lui trouve de quoi se couvrir, nourrissez-les nouveaux, et renvoyez-les-moi pour leur premier quart. Les autres, au travail : cap au sud ! Larguez les amarres ! »

L'incident déjà oublié et certain d'être obéi, il se dirigea d'un pas leste vers le gouvernail : maintenant qu'il s'était amusé, il pouvait retourner à son plus grand plaisir, la navigation.

HRP:
 


Dernière édition par Ombre le Ven 30 Déc 2016 - 0:14, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Lun 3 Oct 2016 - 21:48

Billy

Le pauvre Billy ne saisissait plus ce qu’il se passait là-bas, sur le pont, où tout le monde était si petit. Le garçon implorait à l’aide, pleurnichant comme un gamin à qui l’on aurait arraché son jouet. Quelle bêtise d’avoir grimpé au sommet de ce mât ! Pourtant, il ne se considérait pas comme fautif : ce salaud de Mersine l’avait piégé !

Ces dix minutes furent les plus longues de son existence. Billy, qui sentait tous ses membres s’engourdir, était sur le point de fléchir. Il était du genre tenace -c’était certain-, mais cette fois, ce furent ses muscles qui lui firent défaut. Il ne se serait fallu que de quelques secondes avant que le garçon ne se laisse vaciller. C’était sans compter sur l’apparition soudaine d’une sublime créature, une véritable déesse, une sirène aux longs cheveux d’ébène qui se hissa au sommet du mât avec une aisance presque inquiétante. Un sourire lubrique se dessina sur les lèvres du blondinet : la belle s’était-elle donné tant de mal pour ses beaux yeux ? Quand elle arriva à son niveau, le garçon ne se gêna pas une seule seconde pour humer la fragrance délicate que dégageait la jeune femme : un parfum à la rose ? Les pensées de Billy dérivèrent bien vite quand il posa son regard sur le décolleté de la demoiselle : ce qu’elle était bien gaulée !

Une vive douleur au niveau du cuir chevelu le tirailla soudainement. Liara, qui n’avait visiblement pas la patience de se laisser reluquer par un tel idiot, attrapa la chevelure dorée du jeune homme pour le pousser à relever le regard. Impassible, elle déclara :

- Si tu tentes quoi que ce soit, tu peux être certain que tu te souviendras de moi pour le restant de tes jours.

Cette fois, il la fixa bien dans les yeux. Elle ne plaisantait pas. Le garçon blêmit et déglutit à sa vue, il n’eut d’autre réaction que d’hocher frénétiquement la tête pour montrer qu’il avait bien compris. Ils étaient tous dingues sur ce bateau, ou quoi ?

La jeune femme l’aida finalement à se sortir de cette périlleuse situation en l’aidant à descendre du mât. Une fois le pied posé à terre, elle fut acclamée par l’équipage pour sa bravoure et son héroïsme. Quelle plaie. Billy grimaça et se détacha de la foule qui s’était désintéressée de lui, ne sauvant même pas ce qui lui restait de pudeur en tentant de dissimuler sa nudité. Tant pis. Le jeune homme se lança dans une contemplation de la mer avant qu’une main ne vienne se poser sur son épaule ; sa réaction se divisa en deux temps : il sursauta une première fois quand il remarqua que quelqu’un était près de lui, puis une deuxième quand il se rendit compte qu’il s’agissait de Mersine. Il grimaça quand le visage du capitaine se rapprocha du sien, lui susurrant quelques paroles d’un qui ne lui disait rien.

Finalement, Mersine asséna une bonne claque sur les fesses gelées de Billy -lui arrachant un grognement-, attirant l’attention de quelques admirateurs de Liara qui tournèrent leur regard dans la direction des deux hommes. Le capitaine donna des directives autour de lui, puis tourna le dos pour partir dans une autre direction. Billy fronça les sourcils quand une jeune femme, d’un air visiblement peu emballé, laissa tomber quelques vêtements dans ses bras. Irrité, il ne put s’empêcher d’hurler :

- Ça pue l’algue ton truc !


***


Mâchouillant amèrement un morceau de pain rassis préalablement trempé dans son bol de soupe, Billy tapotait sa joue dont la couleur avait vrillé au rouge écarlate. C’était peu dire qu’il regrettait très sincèrement de s’être engagé dans cette voie. Sur un coup de tête, qui plus est. Les gens sur ce navire étaient tous dingues. S’il n’avait pas le droit de l’ouvrir, il n’y aurait aucun moyen qu’il puisse s’adapter à cet environnement. Il fallait qu’il ait une conversation avec Mersine. Le seul souci étant qu’il ne pouvait pas le blairer… Il poussa un soupir agacé et porta son bol de soupe à ses lèvres ; il crut revivre quand il sentit le liquide chaud parcourir son œsophage.

La voix rauque d’une demoiselle aux cheveux poisseux, assise près du blondinet, vint le sortir de ses pensées.

- Sympa ta prestation de tout à l’heure. Tu crois pouvoir t’attirer les faveurs du capitaine en l’ouvrant comme tu le fais ? T’es vraiment un abruti. T’as un joli petit cul, ceci dit.

Billy haussa un sourcil tandis qu’un rire général vint ponctuer la phrase de la jeune femme. Résigné à se montrer agréable -de toute façon, cela n’avait jamais été son fort-, le bandit reposa calmement son bol sur la table et passa ses deux bras derrière sa tête, fermant les yeux. D’un ton monotone -ou peut-être un poil provocateur-, il rétorqua :

- J’en ai rien à carrer de m’attirer les bonnes grâces de Mersine !

Il rouvrit un œil en constatant de la réaction de ses camarades. Aucun d’eux ne le prenaient au sérieux. Après tout, il n’avait ni les épaules, ni l’assurance d’un leader. Ils n’allaient certainement pas le suivre dans sa bêtise… Toujours est-il que le seul qui s’entêta fut Billy lui-même. Il enchaîna :

- De toute façon, pensez ce que vous voulez ! J’ai pas l’intention de me soumettre comme vous le faites.

Encore une fois, quelques rires se firent entendre au bout de la table. Cette fois ce fut trop : d’une humeur exécrable, le blondinet se leva brusquement en bousculant sa chaise et se rua vers le pont principal, tout habillé, attendant que les autres arrivent, que leurs directives leur soient communiquées et espérant ne pas être devenu la tête de turque du capitaine…
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Lun 24 Oct 2016 - 18:13

Mersine Holton



Mersine profitait enfin du calme, seul à la barre. Il n'était pas devenu capitaine d'un bateau pirate pour le plaisir de martyriser des nouvelles recrues, ni même pour voir l'admiration dans les yeux de ses hommes après un pillage qui les avait rendu riches, non. Il savait que cette soif de pouvoir animait certains de ses « collègues », mais cela ne l'intéressait pas. Sinon, il aurait fait carrière dans l'armée à l'aide de sa vérité, au lieu de s'embarquer sur un navire : il aurait sans doute monté les échelons de manière bien plus sûre et efficace.

Mais ce qui faisait vibrer Mersine, c'était la liberté. Il aurait pu tuer – il l'avait fait, d'ailleurs – pour ces quelques heures où il était le seul maître à bord et où il n'avait de comptes à rendre qu'au vent et à l'océan. Dans ces moments là, la lenteur les manœuvres pour lever l'ancre, l'indiscipline des dernières recrues ou la moindre contrariété l'exaspéraient au plus haut point. Puis, une fois que tout se déroulait sans accroc, il se calmait instantanément.

A quelques minutes près, le blanc-bec de tout à l'heure débarquait sur le pont au plus mauvais moment. Mais heureusement pour lui, Mersine avait déjà retrouvé la sérénité de la navigation, aussi au lieu d'être agacé par l'apparition du garçon, il fut plutôt satisfait de le voir remonter en avance. Bien, il avait joué les fortes têtes devant les autres, mais peut-être avait-il fini par comprendre les règles qui rendraient sa vie à bord plus facile... Le capitaine s'approcha de lui pour lui en faire la remarque, mais il se rendit compte qu'il n'avait aucune idée du nom du blondinet. Bah, quelle importance, il avait bien une tête à s'appeler...


    « Ah, Billy, content de te voir dans de meilleures dispositions. »


Il ne put entendre une éventuelle réponse, car à cet instant précis la foule des autres recrues débarqua bruyamment sur le pont. Bon sang, Mersine avait vu des abordages qui se passaient plus calmement... D'un regard noir, il calma l'assemblée. Mieux. Il abandonna donc Billy pour se placer face à tout ces jeunes gens surexcités : s'ils avaient trop d'énergie à dépenser, il allait trouver de quoi les occuper.

    « Bien, vous avez tous l'air très fiers de vous d'être arrivés jusqu'à bord de la Horla, et vous imaginez sans doute que vous êtes dignes de vous appeler « pirates » maintenant. Vous n'êtes pas les premiers à faire cette erreur... Sachez qu'il n'y a pas de place à bord pour les bouches inutiles. En cas de tempêtes, la survie de tous dépend de la dextérité de chacun. Dès aujourd'hui, vous apprendre les nœuds les plus indispensables. Vous êtes libres de choisir votre professeur, mais sachez que ceux qui se révéleront... inaptes seront débarqués immédiatement. Et non, cela n'attendra pas notre prochain arrêt dans un port. »


Dès qu'il eut finit, les apprentis pirates se mirent au travail. Mersine se mit à déambuler l'air de rien entre les petits groupes au travail : ses lieutenants auraient tout à fait été capables de déterminer qui était digne de rester à bord en tant que marin, mais il recherchait aussi autre chose. Quand le capitaine parvenait à repérer une recrue particulièrement prometteuse, il n'était pas rare qu'il lui propose de rejoindre les rangs des Récleyés. Ce petit bonus, qu'il faisait gracieusement en plus de ses rapines, l'aidait à rester dans les bonnes grâces du Ténébreux et il y tenait trop pour laisser qui que ce soit d'autre s'en attribuer le mérite.

De groupes en groupes, il finit par arriver du côté de Billy...


Dernière édition par Ombre le Sam 26 Nov 2016 - 17:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Jeu 24 Nov 2016 - 16:02

Billy


Rouge pivoine et sur le point d’exploser, Billy rétorqua simplement à l’intention du capitaine :

- Bordel, je m’appelle VICTOR ! C’est quand même pas compliqué !

Mais encore une fois, ses protestations n’atteignirent pas les oreilles de Mersine. D’ailleurs, le capitaine ne paraissait pas en mesure de l’écouter ; il fallait bien l’avouer, pour une fois, ce n’était pas de sa faute. En effet, il semblait que les nouvelles recrues aient choisi leur meilleur moment pour débarquer, à leur tour, sur le pont principal.

Bien entendu, le calme revint aussitôt que Mersine leur décocha un de ces regards dont il avait le secret. Et pourtant, malgré le silence qui s’était installé, le blondinet ne se risqua pas à répéter ce qui n’était pas parvenu jusqu’à ses oreilles. Simple mesure de sécurité. Alors, le bandit resta docilement à côté du capitaine, la bouche bien fermée.

Et puis, le pirate déblatéra son speech et le garçon ne comprit pas exactement de quelle manière il s’était retrouvé avec une corde entre les mains. Ce qu’il savait, en revanche, c’est qu’il était libre de choisir le professeur qui lui apprendrait à faire des nœuds et qu’il était parfaitement conscient de qui allait lui enseigner cet art.

Liara. Il se tourna vers elle, un grand sourire accroché aux lèvres. La pauvre n’en avait pas fini avec cet ahuri.

Il n’empêche que la demoiselle se comporta avec le plus grand des professionnalismes ; elle ne soupira pas, ne fit pas rouler ses yeux, elle se contenta de s’approcher du garçon sans ajouter quoi que ce soit. La belle avait beau avoir du cran, elle n’en avait certainement pas assez pour s’opposer à Mersine en refusant d’aider le nouveau venu à bord.

C’est ainsi que le garçon s’attela à sa tâche. Mais, malgré toutes les explications que la belle pouvait bien lui fournir, son nœud ne donnait guère résultat satisfaisant. Billy n’était pas bon pour les tâches manuelles. Ni intellectuelles, d’ailleurs. Il était foncièrement mauvais en tout. Aussi, Liara commença naturellement à perdre patience, elle s’exclama bruyamment :

- Mais tu es impossible ! Même pas capable de nouer une pauvre corde !

Le blondinet ne put s’empêcher de se faire la réflexion que cette Liara était terriblement attirante quand elle perdait son sang-froid. Ainsi, il resta à la dévisager avec un petit sourire en coin quelques secondes durant. Un coup dans les côtes le sortit bien vite de ses pensées.

Il se tourna dans la direction de son agresseur -ou devrais-je dire, son agresseuse ? La demoiselle aux cheveux pouilleux le fixait avec une certaine médisance.

- T’as pas écouté le capitaine, abruti ? Si t’arrives pas à faire ton nœud, t’iras nager avec les requins. Dépêche-toi, à la fin, il arrive !

Effectivement, Mersine déambulait à travers les nouvelles recrues pour vérifier leurs travaux. Paniqué, le jeune homme se tourna nerveusement en direction de son nœud ; il n’avait pas l’intention de finir par-dessus bord ! Liara ne put s’empêcher de pousser un profond soupir en le voyant faire. Il avait beau essayer, cela ne donnait rien.

La demoiselle aux cheveux pouilleux, elle, se mordit la lèvre. Billy ne comprit pas immédiatement la raison pour laquelle elle se jeta sur sa corde et entreprit de la nouer à sa place. Si Mersine voyait ça, ils étaient tous les deux foutus ! Mince, et voilà qu’il arrivait…

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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Sam 7 Jan 2017 - 23:16

Mersine Holton


La première chose que remarqua Mersine, c’était que ce sale gamin ne doutait de rien : il avait choisi Liara comme instructice. Peut-être pensait-il avoir là une occasion de la séduire après son petit numéro de tout à l’heure ? Etait-ce parce qu’elle était venue à son secours qu’il se méprenait sur ses chances de réussite ? Le capitaine retint le sourire mauvais qui menaçait de se frayer un chemin jusqu’à ses lèvres : le pauvre garçon lui faisait presque pitié. Enfin, pour le moment la situation était plutôt amusante. Pour lui en tout cas ; il n'était pas du genre à se mettre à la place de sa subordonnée qui avait à supporter des avances indésirables...

Une fois qu'il se fut assez amusé à leur dépend, il se rapprocha pour voir de plus près de quoi était capable le jeune garçon. Après tout, même s'il était d'une insolence sans nom doublée de l'instinct de survie d'un barbare Arvèle, il avait réussi à grimper au sommet du grand mat en dépit de son vertige. C'était loin d'être anodin, même si c'était sans doute plus une marque de stupidité que de bravoure... Après tout, les soldats de l'armée du Ténébreux n'avaient pas tous besoin de briller par leur intelligence. Quant à la discipline, Mersine était bien placé pour savoir que la discipline militaire sauce Récleyés pouvait mater même les cas les plus difficiles. Cela valait peut-être le coup de s'intéresser à ce type de plus près... C'était quoi son nom déjà ? Billy ?

Quelle ne fut pas la surprise du capitaine de voir que le gosse avait réalisé un nœud parfait alors que la plupart de ses camarades commençaient tout juste à saisir le mouvement. Décidément, il avait eu du flaire en l'empêchant de s'écraser comme une tomate trop mure contre le pont du bateau ! Sans un mot – il avait beau être admiratif, il n'avait aucune intention de le montrer si facilement – il prit la corde des mains de Billy pour l'observer en détail. Rien à dire, c'était vraiment du travail de pro...

    « Pas mal, finit-il par concéder, pour une débutant en tout cas. »


Concentré sur ce qu'il faisait, il ne remarqua pas Liara qui manquait de s'étouffer en l'écoutant. Elle ne savait pas si elle devait se réjouir de ne pas avoir été repérée, ou vexée à mort par ce que le capitaine venait de dire. Son nœud était parfait, elle le savait !

    « Puisque tu es un rapide, reprit Mersine, profitons-en pour secouer un peu les autres. »


Sans plus d'explication, il saisit Billy par le bras et le força à se lever. Il le traîna à moitié jusqu'au centre du pont, au milieu de tous les aspirants pirates, avant de le pousser un pas en avant.

    « Regardez bien, bande de mollusques ! Pendant que vous vous la coulez douce et que vous prenez votre temps au soleil, ce gamin a déjà maîtrisé ce que je vous ai demandé. Alors qu'on sait tous ici que c'est sans doute pas notre recrue la plus brillante ! »


Il laissa passer quelques rires forcés, mi-gênés, mi-angoissés par ce qui risquait de suivre.

    « Allez mon gars, c'est le moment de montrer à tous ceux qui se foutaient de ta gueule tout à l'heure qu'ils sont encore plus mauvais que toi. Montre-nous comment tu fais un nœud : si c'est toi qui fais la démonstration, peut-être qu'ils finiront par comprendre comment ça marche ! »
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MessageSujet: Re: Yo ho, a pirate's life for me! Jeu 9 Fév 2017 - 21:55

Billy

Sans trop savoir comment, Billy se retrouva sur le pont principal, une corde dans les mains. Certains matelots s’esclaffaient déjà face à cet étrange spectacle. Certes, Billy avait bien entendu le capitaine lui ordonner de confectionner un nœud devant l’œil attentif de ses camarades mais, à dire vrai, l’information peina à parvenir jusqu’à son cerveau.

En effet, le bandit était ailleurs. Le regard tourné vers Liara, il se moquait bien des injonctions de Mersine. La belle était appuyée contre la rambarde, semblant prête à se jeter du pont tant elle était embarrassée. Cette vision arracha un sourire au garçon : elle s’était mise dans le pétrin, rien que pour ses beaux yeux ! La jeune femme au tempérament de feu avait donc fini par tomber sous son charme ! De quoi ravir le blondinet qu’un coup de coude d’un membre de l’équipage ramena subitement à la réalité. Après plusieurs battements de cils, il se rendit finalement compte de sa situation. A cet instant, son rythme cardiaque s’accéléra et son visage vira au pourpre. Après mure réflexion, il n’aurait aucun scrupule à dénoncer Liara pour son geste : après tout, il ne lui avait rien demandé. Elle s’était jetée sur le nœud à sa place. Si quelqu’un devait passer par-dessus bord, il ferait le nécessaire pour que ça ne soit pas lui.

Il inspira pour débuter son discours, mais un cri strident le coupa net dans son élan. Comme la plupart des matelots présents sur le pont, Billy tourna son visage dans la direction de Liara : la pauvre était pâle comme un linge, une main tremblante posée sur le fourreau de son épée. En revanche, elle n’en extirpa pas l’arme. Elle semblait paralysée. D’une voix ternie par la peur, elle déclara :

- Cap… Capitaine ! Il y a un monstre accroché au navire !


Cette affirmation déclencha quelques rires parmi l’équipage, mais ils furent éphémères. L’un des marins eut la présence d’esprit d’aller vérifier par lui-même les dires du bras droit de Mersine ; il se pencha au-dessus de la rambarde, étouffa un cri et recula de quelques pas maladroits. A l’instar de Liara, il déposa une main sur son épée et hurla à l’intention de Mersine :

- Capitaine ! Un lézard des mers s’est accroché au navire !


Là, un mouvement de panique s’installa parmi les hommes. Billy, qui n’avait pas la moindre idée de ce qu’était cette bestiole, n’en fut pas moins angoissé. Ce qu’il ne savait pas, c’est que ce monstre vivait généralement en bande, et que cela les mettait bien plus en danger que ce qu’il s’imaginait. Il ne se fallut que de quelques secondes avant que la bête ne s’immisce sur le pont principal, escaladant à l’aide des griffes crochues. Elle atterrit lourdement au milieu de l’équipage, tandis que des hurlements se firent entendre d’un coin à l’autre du bateau.

Billy écarquilla les yeux face à l’imposante bestiole qui se dressait devant lui. Son regard s’attarda sur le visage du monstre : il avait la forme d’une étoile de mer, mais n’en demeurait pas moins monstrueux à cause des dents aiguisées que laissait apercevoir son orifice buccal. Le garçon déglutit et resta figé quelques instants ; la peur des griffes acérées de l’animal le paralysait. Ce fut une main sur son épaule qui le sortit de ses pensées. A côté de lui, l’une des nouvelles recrues qui se chargea de placer une épée dans ses mains. Alors, il se devait de combattre cette chose ? De toute sa vie, il n’avait jamais combattu avec une épée…
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