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[Quête] Pour l'amour d'une mère

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Divinité

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MessageSujet: [Quête] Pour l'amour d'une mère Ven 3 Juil 2015 - 1:41

Pour l'amour d'une mère


16 Rosendas 1248

Mise en Contexte
Vous êtes dans une grande ville en ce jour. Alors que vous meniez tranquillement votre vie, une jeune dame brune, habillée simplement, vous demande de l'aide. Elle dit qu'elle a perdu sa fille blonde de 5 ans alors qu'elle faisait le marché. La foule est nombreuse en ce jour de marché et retrouver la petite fille ne va pas être une mince affaire. Pourtant, devant cette mère en larmes, vous ne pouvez refuser la mission.

Déroulement de la Mission
Aucune intervention MJ n'est à prévoir, libre à vous de vous exprimer.





Dernière édition par Mère Nature le Mar 21 Juil 2015 - 22:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Lun 6 Juil 2015 - 2:06

Spoiler:
 

On disait parfois dans toutes les montagnes de Saphir et au delà que le château de Féresis était un symbole des Arvèles. Droit et fier, avec ses pierres d'une couleur auburn, les flèches de ses tours majestueuses et ses murs incurvés, il avait résisté plus ou moins dans le temps à presque toutes les invasions, liares ou non.
Enfoui dans les hauteurs, à quelques pas de la ville dont il tirait son nom, quand le soleil venait se reflétait dans ses vitres et vitraux et que la forêt ne le cachait pas, il apparaissait même être l’œuvre de dieux. Son histoire était plus vieille que celle des hommes qui telles des fourmis travaillaient en son sein. Ses lignes étaient douces, au regard de certains ; rassurantes. On caressait parfois ses pierres immortelles d'une main distraite, autant pour le remercier pour sa protection que pour saluer son architecture frustre, mais remarquable.
Il n'avait contrairement aux humains, jamais failli à son rôle ou presque et le savoir, se dressant là tel un roc qui ne changera jamais, mettait du baume au cœur. Alors même que la guerre était en cours, c'était vers lui qu'on se tournait pour redevenir paisible, pour être sûr que tout irait bien.
Lui, et son habitant principal : le général.
L'homme avait la carrure de l'emploi : taillé dans la pierre, peut-être la même que celle de son refuge, aussi bien physiquement que mentalement, on murmurait de lui qu'il avait la fureur du vent qui soufflait en haut des murailles rougeâtres en son sang, la sagesse des arbres centenaires qui ombrageaient les cours pour lui et la force d'un éboulement en haute montagne quand il le désirait. Si il lui manquait la délicatesse de la pluie fine qui tombait souvent ici et là par exemple, il comblait ses lacunes par quelques expériences. Sérieux et doué dans son travail, il avait d'après certaines rumeurs envers son peuple l'attitude que tout dirigeant se devait d'avoir. Discret et pourtant présent, il s'occupait de tout ce qu'il pouvait, sans devenir outrageant ou leur faire payer ses erreurs personnelles.
Et pourtant, aux yeux de sa fille ingrate, les dieux savaient combien il en faisait : il n'était jamais là par exemple pour ses puinés. Et son absence à elle seule lui pesait énormément. Même si elle comprenait le sacrifice de sa vie privée au profit de leur communauté, elle n'arrivait pas à l'accepter : ne pouvait-il pas déléguer davantage ? Ne pouvait-il pas leur offrir l’aumône de plus que quelques regards, de discussions mal ficelées au cours d'un repas, ou deux trois pas ? Leur dernière rencontre avait soit été plus longue, mais parce qu'elle l'avait provoquée. Chose qu'elle ne pourrait pas refaire avant longtemps sans doute et qu'il ne referait peut-être pas de lui-même.
Leur caractère de cochon, familial, preuve plus que suffisante pour être assurés si cela était nécessaire qu'ils partageaient un même sang était l'un des autres points qu'elle pouvait reprocher à son père sans blêmir. Après tout, c'était de sa faute sans doute en partie si elle avait le même.
En plus de cela, il y avait tant d'autres choses dont elle reportait toujours à plus tard le décompte. Les lister prendrait un temps fou qu'elle n'avait pas ou qu'elle ne voulait pas prendre. Quelle importance si il ne comprenait pas ses buts ? Si il n'entendait pas ce qu'elle désirait lorsqu'elle commettait quelques menues farces ? Il était son papa. Et cette raison seule suffisait à l'enfant pour le considérer avec autant d'amertume que d'amour.
Malgré ses vingt-et-un printemps, c'était toujours une joie d'entendre un arvèles dire du bien de lui, de le mirer s'entrainer, de l'écouter sourire ou ronchonner. C'était toujours merveilleux de le voir rire, d'apprendre des informations sur lui, de voir ses mains bouger. C'était toujours inquiétant quand il partait même accompagné, qu'il ne revenait pas rapidement, qu'il n'apparaissait pas sur le seuil du château le jour promis. C'était toujours affolant de savoir que le moindre problème allait requérir sa présence ailleurs. Loin d'elle et de son frère et qu'un matin peut-être il n'en reviendrait pas.

Ce matin, alors que l'astre de la nuit avait disparu depuis bien longtemps, ne laissant qu'un ciel sombre, triste, plus gris que bleu, avant que le soleil et ses nuages n'aient commencé à l'éclairer, elle avait appris que soit-disant rien n'était totalement réglé dans le sud. Père  allait devoir y retourner, sans doute, si ce n'était pas déjà fait. Il laisserait un vide, comme à chacun de ses départs, qui ne serait jamais comblé avant son retour, malgré les restants.
Si les nouvelles ne lui avaient toujours pas dit si cela allait en empirant ou non, elle savait à présent que, si ses sources ne se trompaient pas, le décompte des morts n'était lui au moins toujours pas fini. La guerre, cette foutue guerre, avait déjà fait trop d'orphelins, d'époux ou d'épouses perdus sans leur moitié et on n'avait toujours pas déterminé combien.
A l'abri dans le château de Ferèsis, Clara avait fait un petit-déjeuner frugal, la gorge nouée. Les champs de bataille ne l'attiraient pas : ces endroits puants le sang et la sauvagerie n'avaient aucun attrait à ses yeux encore trop innocents. Elle se les représentaient plus glauques encore que les ruelles mal-famées, mille fois plus horribles qu'une bagarre d'auberge vraiment atroce, mais tout aussi libérés de l'honneur. Elle imaginait avec peine les morceaux de cadavres ensanglantés au milieu d'une foule plus ou moins noire, mais toute autant décédée. Et pourtant, dans ses pensées noircies par les rumeurs qu'on venait de lui porter, elle songeait qu'elle aurait dû y aller. Malgré tout ce qu'elle avait dit à son père, malgré ses appréhensions, cet affrontement la concernait autant que les autres et son arme aurait dû être au service de son peuple dès le début des emmerdes.
Elle aurait dû se bouger le cul, piquer un cheval même boiteux au forgeron de la ville et courir défendre cette liberté qu'elle chérissait tant. Tant pis si ses souvenirs, ses doutes et ses blessures l'avaient rendue moins forte : tous n'étaient pas du même niveau que le général et elle aurait sans doute pu en tuer plusieurs. Même si elle n'était pas soldat et ne le serait jamais, les reclèyes étaient une tare sur la surface de Madelle, une erreur de Mère Nature qui n'aurait jamais dû réapparaitre. De plus, si ils prenaient le territoire Arvèles, sa liberté se réduirait comme peau-de-chagrin, comme celle de n'importe qui, guerrier ou non...
Mais comme d'habitude, elle s'était montrée égoïste, s'était noyée dans son chagrin, ses déboires et ses troubles. Incapable de sortir de ce cycle infernal, elle n'avait fait que prouver ce que l'on disait déjà d'elle : qu'elle était inutile. Le fait qu'elle avait osé défier son père n'allait pas tarder à se répandre totalement partout si ce n'était pas déjà fait et l'on ajouterait alors qu'elle était simplement aussi fantasque que d'habitude, si ce n'était davantage. Qu'il fallait qu'elle grandisse. Comme si elle ne demandait pas que cela, tant que ce n'était pas pour devenir un monstre qui ravagerait toute l’œuvre de son parent.

La venue de Nourrice tandis qu'elle utilisait le broc d'eau sur sa commode pour rafraichir son visage l'avait faite sortir des méandres de ses songes un instant, pour mirer son ainée. Elle n'était pas franchement belle, la vieille femme, la seule constance de sa vie avec le paysage d'ici. Le temps avait depuis bien longtemps fait s'envoler son charme et continuait à creuser, sur sa peau décharnée, des sillons épars.
Pourtant, pour qui la connaissait, il y avait plus en elle que l'ancienne que les années n'avaient pas épargnée, que l'humaine labile qu'un coup de vent trop fort pouvait emporter. Vus de plus près, ses yeux bruns et fades étaient pailletés de minuscules taches vertes. Dans l'intimité, son rire était chaud et tendre et éclairait toujours ce regard étrange. Comme toujours, ses gestes étaient efficaces malgré son âge. Il y avait de la sagesse dans ses conseils que des inconnus pouvaient prendre pour des ronchonnements de mégère. Même lorsqu'elle lui conseillait d'être vraie et honnête quand elle ne le pouvait pas.
Toute la lumière de la pièce encore plongée dans l'obscurité du matin trop jeune sembla se réunir sur la robe que la servante sortit du coffre. Grimaçant, Clara ferma ses paupières. Un insidieux sentiment de honte lui étreignit la poitrine. C'était donc cela, réalisa-telle instantanément, que la domestique lui aurait dit si elle était entrée dans sa tête maintenant. Elle rouvrit les yeux, et pensa à quel point les mots " vraie " et " honnête " s'appliquaient peu à elle aujourd'hui. Mais peut-être était-il encore temps de changer cela.
Si elle ne se sentait pas capable d'avouer à son père comment elle voyait son futur, ou d'arrêter de faire trembler le commandant de la ville avec ses inepties, elle pouvait peut-être commencer par diriger ses pas dans la direction qu'elle s'était fixée pour se prouver au moins à elle-même qu'elle n'était pas inutile que ça. Son cœur fit un bond de trop, de peur, mais le souvenir de Krik s'effaça rapidement. Elle était chez elle, à la capitale. Elle ne craignait rien, puisqu'elle savait où trouver des gardes et n'avait pas besoin de prendre des bains dans des tavernes. Aussi, si son manque d'entrainement se faisait à nouveau ressentir, elle pourrait toujours s'en sortir. N'est-ce pas ?

Avec un sourire contrit elle fit glisser sa tenue de nuit par dessus ses épaules et releva ses cheveux emmêlés en un rapide chignon le temps de passer quelques sous-vêtements et de boutonner une nouvelle chemise d'un blanc cassé. Une menue moue lui rappela qu'elle ne devait pas surestimer ses forces : ses déboires d'avant-hier avaient encore repoussé sa guérison. A ce rythme-là, elle ne pourrait jamais reprendre des exercices poussés avant longtemps et ce fait commençait déjà à la frustrer.
Sans doute était-ce d'ailleurs pour qu'elle n'ait pas l'idée de le faire et de contrevenir ainsi aux ordres du médecin que Nourrice lui tendait à présent des jupons. Se battre en robe était presque impossible, si ce n'était très très chiant. Les jupes gênaient chaque mouvement, on risquait de plus à tout instant de se casser la gueule si un bout de celles-ci s'infiltrait sous ses bottines. Le corsage refusait toute respiration rapide sous peine de donner l'impression aux seins d'éclater et au ventre de se faire bien trop compresser.
La dentelle vint chatouiller ses mollets, caressa distraitement le haut de ses pieds. Elle lissa, par cette nouvelle habitude dans laquelle elle ne se reconnaissait pas, les plis malvenus qui s'étaient apposés ici et là avant d'accepter de mettre la seconde couche qui subit le même traitement.
Une fois ses bras passés par les bons trous de son haut, elle releva une paume pour tenir son chignon tandis que nourrice s'occupait du laçage en silence dans son dos, prête à tout arrêter au moindre hoquet trop fort de sa pupille. Le nœud final fut fait sans que le moindre mot ou juron ne traverse une bouche ou une autre. Clara ferma à nouveau les paupières un bref moment, appréciant le contact de la flanelle sur son cou.
Une ceinture fine encercla le bas de son ventre, pour cacher à la vue la ligne qui séparait le tout et donner de l'harmonie à sa tenue.
La vieille sans perdre son temps détacha sa chevelure, ronchonnant un peu.

" Je ne pourrais pas t'empêcher de sortir, même en t'attachant à ton lit, n'est-ce pas ? "

La jeune fille prit place sur un petit tabouret avant de répondre en se forçant à sourire malicieusement. La menace de celle qu'elle considérait presque comme une parente était on ne pouvait plus réelle. Si elle avait été sûre que cela suffirait, sans doute l'aurait-elle enfermée dans ses appartements, ou liée à sa couche. Mais toutes deux savaient qu'elle se serait enfuie rapidement, que ce soit en faisant un boxon monstrueux qui aurait pesé sur la santé mentale de tous ceux passant à proximité, ou en faisant les yeux doux à une servante mandatée par là.

" Je suis désolée, nourrice. "


Elle était en réalité bien loin d'être navrée et se préoccupa de lacer ses chausses tandis que l'ancienne passait un peigne dans les cheveux flavescents. Un nœud sur lequel elle tira un peu trop fit jurer Clara.

" Tiens-toi tranquille. "


Répliqua la suivante comme à leur habitude. Ce rituel ne changeait jamais, quoi qu'elle porte, tant que la vieille s'occupait de la peigner, mais aujourd'hui le mot "tranquille" la fit déglutir. Reposant ses pieds sur le parquet obombré, elle se tint finalement droite, le temps que sa chevelure soit tressée.
Si Nourrice avait été au courant de ses projets, qu'elle comptait notamment aller trainer dans les ruelles mal-famées ainsi vêtue, sans doute aurait-elle tempêté. Elle ne l'avait jamais giflée, mais ses palabres parfois pouvaient faire aussi mal si ce n'était davantage. On retenait toujours mieux un mot dur, mais bien placé, qu'un coup inutile. La preuve, si il en fallait une autre, se trouvait plus qu'aisément dans leurs discussions avec son père.

Pressée de se mettre au travail, motivée par son idée, Clara virevolta dès lors que la domestique eut fini sa tache et fixa son interlocutrice. L'amertume de celle-ci s’effaça au profit d'une douce tendresse en percevant sa petite si joliment mise. Les manches longues bien que peu adaptées pour ce temps si chaud s'évasaient sur ses poignets encore nus et donnaient un peu plus de volume à ses bras trop fins. Son corset rubescent moulait ses formes sans les laisser découvertes . La chemise, dessous, d'un ton hiémal, remontait sur son cou et se terminait en un col officier. Les jupes aussi rougeâtres que son haut s'étalaient longuement, rallongeant ses jambes. Le tout, avec ses cheveux tirés, lui donnait l'air plus sage, peut-être, qu'elle ne l'était vraiment tant qu'elle n'ouvrait pas la bouche.
Elle mira l'enfant se saisir de gants et d'un petit sac dans lequel elle fourra sa dague avant de soupirer.

" Viens par là. "


La femme fouilla la commode, à la recherche de quelque chose, puis se retourna vers la fille du général qui s'était approchée. La bouche de sa protégée fut rougie, pour rappeler sa tenue et la nourrice reprit.

" Ne te fais pas davantage blesser, veux-tu, Clara, ou je demande à l'herboriste des potions pour te faire dormir même en journée. "

Le son des pas de Clara et un rire  un peu forcé furent tout ce qui lui répondit. L'herboriste n'avait pas franchement de temps pour ce genre de bêtises en ce moment. Malgré tout, voir les ordres de sa suivante défiés par la malchance qu'elle ne manquerait pas de croiser vu combien elle était en veine ces derniers temps allait lui couter cher, elle le savait. On ne contredisait pas les espoirs de la nourrice de la maison comme elle l'avait fait avant-hier sans subir les foudres de son courroux. D'abord, songea-t-elle, si elle revenait une fois encore blessée, elle allait se contenter de nouveaux reproches silencieux, puis de nouvelles menaces ronchonnes. De robes au lieu de pantalons, chaque matinée.
Ensuite, elle allait tenter de trouver sa dague, pour la cacher loin de ses appartements, mais n'y parviendrait pas. Les murmures râleurs se feraient alors plus forts, les mots durs apparaitraient. Si tout cela ne suffisait pas à arracher de la bouche de sa petite la promesse de se tenir tranquille, la vieille mettrait alors les autres domestiques au courant. L'information remonterait rapidement à la garde, puis en ville et toute tentative casse-cou lui vaudrait d'autant plus de diatribes et de regards venimeux. La clef de son coffre contenant ses mises serait subtilisée, jusqu'à ce que l'enfant ait l'audace de le briser. Au bout d'un moment l'une ou l'autre craquerait, à moins que le général ne se mêle à la danse. Clara généralement ferait alors des excuses à demi-mots, puis la vie reprendrait, jusqu'au prochain problème. Jusqu'aux emmerdes suivantes. Le cycle habituel de leur vie, en somme toute.
Elle adorait provoquer sa tutrice : leurs affrontements avaient une saveur douce qu'elle ne retrouvait nulle part ailleurs. Peut-être parce qu'elle était sure que chacune finirait toujours par pardonner à l'autre et parce que la culpabilité qu'elle ressentait à chaque fois finissait toujours par s'éteindre rapidement, elle cherchait donc parfois de menus conflits pour rien. L'espoir que son père se mêle de leurs bisbilles s'était atténué avec les ans, au fur et à mesure qu'elle prenait de l'âge, mais demeurait toujours. De temps en temps, très peu fréquemment, il lui faisait ce plaisir, ravivant par là même cette espérance cachée et même si le voir râler la faisait toujours entrer dans une rage noire sur l'instant, cela finissait par lui plaire après quelques réflexions loin de lui ; il s'occupait d'elle, n'était-ce pas le plus important ? A la vue de leur dernière discussion, elle espérait donc presque se blesser et priait pour qu'il daigne alors la convoquer.

Relevant ses jupes d'une main devenue experte grâce aux mois précédents pour ne pas les salir, elle se pressa sur le seuil du château et se força à traverser la cours le dos droit. Le regard mal réveillé, railleur, méprisant, amusé ou distant des soldats déjà présents ne l'atteignit pas. L'habitude lui permit de garder son sourire intact et même de fredonner.
Il allait faire beau, aujourd'hui, elle le savait, elle le sentait. Les nuages qui se pressaient là où auparavant se trouvaient les étoiles avaient une consistance nivéale. Ils étaient peu nombreux et commençaient déjà à se teindre de ces couleurs violacées et mordorées qui annonçaient le retour du soleil. Le noir et le gris de tout à l'heure s'étaient tous deux fait la malle devant cette invasion. Le vent était léger, mais portait déjà la chaleur de la journée à venir aux visages qu'il embrassait. Tout allait bien.
Elle n'allait pas laisser la toilette imposée par nourrice ou les réactions d'autrui lui gâcher une si délicieuse sortie. Certains de ceux-là qu'elle croisait ne voyaient de plus en elle que la gosse pourrie gâtée de son papa, d'autres trop nouvellement arrivés la considéraient comme l'élève de son père qu'elle n'était pas, ou encore la fille intouchable du général, la petite chose à protéger. Si sa tenue actuelle confirmait leur second point de vue, sans doute allaient-ils être détrompés prestement dans la matinée par leurs camarades ou un peu plus tard, en la croisant au naturel par exemple. De plus rares comprenaient sa frustration, mais même parmi eux tous ne l'acceptaient pas. D'autres, encore, s'en foutaient carrément de qui elle était. Et c'étaient ces derniers qu'elle préférait, de loin.
On la laissa s'échapper du château sans lui proposer d'escorte, pour son plus grand plaisir. L'heure de son départ y joua peut-être. Sa crainte de retomber sur une vieille femme décrépie et lanceuse de vérité étrange disparut au fur et à mesure de ses petits pas et de son avancée. Autant parce que sa jupe l'en empêchait, que parce qu'elle craignait de rouvrir ses blessures, qu'il n'y avait pas de danger et qu'elle avait bien plus que le temps, l'enfant d'Hektor ne se pressait pas.
Ferèsis n'allait pas disparaitre et même si les combats devaient l'atteindre, ce ne serait pas avant quelques semaines. De plus, il serait fort dommage de devoir revenir à ses appartements les oreilles basses, parce qu'elle aurait trop forcé sur sa santé trop vite. Aussi, même si une bonne course l'intéressait tout de même un peu, elle se retint de son mieux et se remit à rêvasser.

La ville se découvrit devant elle soudainement et comme à chaque fois, son cœur se mit à battre plus fort. Elle adorait ces lieux, les connaissait sur le bout des doigts et sans surprise, son esprit se mit à vagabonder dans ces ruelles qu'elle avait déjà exploré.
Ferèsis était sa maison. Si Hektor Marian Arnstven en venait un jour à perdre la confiance de son peuple, elle savait que malgré tout, elle ne vivrait pas ailleurs qu'ici. Du moins tant qu'il ne l'incitait pas par son silence et son absence à aller chercher un autre maitre ailleurs. Dans ce cas même, malgré sa promesse, elle n'était pas sûre de résister à l'envie de revenir un jour.
Ferèsis était son refuge. Même si elle aurait des regrets à quitter le château quoi qu'il se passe, elle s'imaginait très bien déjà avoir une maisonnette en ville, proche d'une des portes.
Elle avait pour ses routes pavés un amour d'amante, une tendresse qu'elle n'avait offert à aucun homme. Les contours de telle fontaine, là, attiraient toujours sans exception une caresse de sa part. Le bruit grinçant de l'auberge de la Pomme d'or lui était une symphonie douce à l'oreille, ici. Mais, plus que tout, elle aimait voir la cité vivre, bien qu'elle n'aimait pas la promiscuité.
Les marchands passant, avec leurs apprentis, les bras chargés de bonnes choses aux délicates senteurs à livrer là-bas rapidement, les lavandières aux mains pleines de savon et de linge, les gosses riant en se poursuivant donnaient tous à l'endroit un cachet unique. Même avant son agression à Kirk, elle n'avait pas réussi à retrouver là-bas ce qu'elle voyait ici et même si la guerre teintait les mouvements de tous, les lieux restaient charmants. Envoutants.
Oh, bien sûr, parfois tout ce qu'elle aimait l'étouffait et elle rêvait de partir, loin, vite. Mais jamais à jamais, tant que ce n'était pas pour s'entrainer. Ferèsis après tout avait toujours été sa vie, jusque là.

Elle pressa légèrement sa marche, avide d'arriver avant que toutes les boutiques aient ouvert... Si elle ne se trompait pas, aujourd'hui était jour de marché.


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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Mar 7 Juil 2015 - 1:36

Hors qui disait jour de marché, signifiait aussi bardes, installés ici et là aux endroits les plus stratégiques pour remporter quelques sous bien mérités de plus que leurs confrères moins chanceux ou trop en retard pour bien se placer. Journée de vente voulait aussi dire pickpockets qui ne se gêneraient pas pour faire fructifier leurs affaires grâce aux poches trop faciles d'accès d'innocents et ce malgré la présence de l'armée. Mais aussi odeurs plus machiavéliquement agréables les unes que les autres, délices trop beaux pour être vrais ou goûtés.
Le boulanger dit de la place centrale lui offrira-t-il une gourmandise lorsqu'elle passera par chez lui ? L'espoir excita ses  papilles gourmandes tandis qu'elle s'imaginait dévorer son maigre butin assise sur un muret tout en mirant la valse des artisans travailleurs. Elle n'avait pas vraiment faim, mais l'habitude agréable a cette facilité pour enchanter et exciter quiconque y songe avec bonheur.
Ses jupes toujours relevées d'une main pour éviter que la poussière de la ville ne se déposa dessus, elle se dirigea vers les ruelles les plus noires en s'admonestant. Elle allait faire une pause plus tard, après avoir vérifié deux trois choses, pas avant.

Malheureusement pour elle, sa première balade ne rima à rien. Les ruelles du fin fond de la ville au petit matin étaient vides, contrairement aux grands axes. Si deux trois poivrots effondrés dans leur coin en hoquetant troublèrent le silence qu'elle y trouva, elle perdit son temps plus qu'autre chose. Même les rats à cette heure désertaient ces pavés contaminés par des restants de vomis, de choses non identifiées et de senteurs désagréables, alors espérer y apercevoir des brigands ou des victimes relevait du songe éveillé.
Ce fut avec un soupir, les épaules affaissées, qu'elle reprit la route du centre et de son agitation. Elle était bonne pour y retourner encore et encore, elle le savait, mais sur le retour, elle fit quelques détours, pour vérifier les positions de garde fixes qu'elle connaissait. Elle nota avec joie qu'elle n'en n'avait oublié aucune, malgré ces mois passés à se lamenter. Le sourire revint sur ses lèvres et l'accompagna finalement jusque la place où les vendeurs avaient monté leurs tables éphémères.

L'endroit en question était devenu en son absence un océan de couleurs disparates : au marron grisâtre du sol se mêlait le blanc des toiles tendues par dessus les étals. Les fruits et légumes juxtaposés agilement sur des brocs plus ou moins stables rajoutaient des touches de vert, de bleu, de violet et de jaune. Là il y avait du rouge aussi, et de l'ambre dans les verres que remplissait le tonnelier dans le coin. Des tissus divers couvraient les tables et des paniers dans lesquels quelques œils curieux lançaient des regards. De petits miroirs scintillants illuminaient certains détails, modifiaient des nuances avec l'aide des bougies que l'on n'avait pas encore éteint.
Les habitants avaient commencé à envahir les pavés et leurs mises toutes différentes rajoutaient une nouvelle fois de la beauté au chaos ordonné du ballet des couleurs. Elle s'arrêta au coin d'une rue, telle une enfant perdue. Son regard s’agrandit de plaisir en percevant là un couple de soldats au repos vaquer, ici une petite fille se régaler d'un bonbon. Un instant, elle n'osa s'approcher, comme si ce monde n'était pas le sien, mais une gigantesque gâterie qui lui était refusée, à elle qui ne goûtait pas à la promiscuité.
Ferèsis était si belle. Merveilleuse, dans sa simplicité. Ce fut avec une appréhension étrange qu'elle finit par se remettre à marcher, craignant que sa présence inutile ne gêna les gens et l'harmonie subtile qui se dégageait du tableau devant elle.
Le froufrou de sa robe fit retourner quelques regards vers sa personne. Si certains étaient emplis d'animosité, d'autres étaient tendres ou rieurs. Elle en salua d'un sourire, d'autres d'un hochement de tête. Ses yeux pétillants répondirent à ceux de Mäari. Un coup d’œil lui apprit que la petite n'avait pas son chat avec elle. Quel dommage...
Chaque pied mis devant l'autre rendit son air heureux plus sincère encore. Par Mère Nature qu'elle aimait sa ville.

Un peu à l'écart de la grande place, avec une vue sur un bien joli espace à l'arrière, se trouvait donc la boulangerie du père de la maitresse du chat dont elle souhaitait se venger. Ce fut tout naturellement que son odorat l'y mena, avant qu'elle n'ait eu le temps d'y penser.
Le bâtiment était aussi sobre que son propriétaire ; par certains cotés, le tout lui rappelait Hektor. Tous trois lui paraissaient immuables : elle n'imaginait pas un monde où ils n'existaient pas. Elle savait que le maitre ès pains, tout comme son paternel, savait faire trembler les murs de sa baraque en hurlant, mais qu'il avait lui aussi parfois des gestes incongrus, ceux-là même qui prouvaient qu'il était humain. Par exemple il lui offrait parfois quelques douceurs et le restant de sa cargaison de ses précédents jours finissait fréquemment dans les poches des plus mal-lotis.
Sachant cela, elle ne fut donc pas surprise de trouver, assis à coté de la porte du boulanger, un homme à l'apparence repoussante. Ses habits étaient des loques depuis visiblement bien longtemps et leur porteur n'avait pas dû prendre de bain depuis une éternité. Ses cheveux poivre et sel tombaient sur son front en mèches éparses et boudinées par du gras non identifiable. Un semblant de barbe de tolv mal léché mangeait ses joues. Ses pieds nus montraient des traces de blessures, tout autant que ses mains et la fille du général sentit son cœur se serrer. Pauvre homme...
Ou pas. En le regardant bien, il avait un air fier que sa mise ne parvenait pas à camoufler. Son dos bien droit incitait les gens à se taire plutôt qu'à le calomnier. Son regard brillait d'une lueur indéfinissable : ni furieuse, ni tendre, ni haineuse, ni joyeuse. Nul sourire sur ses lèvres cachées, mais pas davantage d'air boudeur. Il ne disait rien, ne faisait pas la quête : aucun objet n'était devant lui pour récupérer des piécettes.
Peut-être était-il là uniquement pour avoir à manger ? Dans tous les cas, malgré tous ses déboires, il paraissait donc noble pour qui le mirait plus d'une seconde et même les autres.
Ou plutôt fou quand il ouvrait la bouche, ce qui expliquait l'état catastrophique de ses membres, mais la fille Arnstven ne le sut pas tout de suite.
Elle passa le seuil de la boutique, l'air affamée, après l'avoir salué d'un simple hochement de tête et l'oublia sitôt qu'il ne fut plus dans son champs de vision. Il n'était pas aussi important que la gourmandise qui la poussait à avancer.

La chaleur qui régnait entre ces murs était atroce : deux fourneaux allumés chauffaient l'air et rendaient moite la peau de tous ceux qui s'en approchaient. Elle pria pour ressortir vite : son corset déjà lui apparaissait trop serré dans cette fournaise.
Un apprenti qu'elle ne supportait pas se vit montrer les dents et Clara bougea félinement jusque atteindre son patron. Tel un matou attiré par un met suave, elle planta son regard quémandeur dans le sien lorsqu'il se retourna.
La force de la nature était occupée à pétrir ce qui serait plus tard du pain, mais en sentant une présence virevolta. Ses mains à pleines de farine restèrent suspendues dans le vide un bref instant avant qu'il ne lâcha un sourire en reconnaissant celle qui le dérangeait. Il épousseta ses poignets en penchant la tête.

" La fille de notre général a faim ?

- Bonjour Ivaen. "

Fit elle en hochant la tête.

" Viens par là, Fanelle a justement fini une fournée. "


La mention de sa femme, une matrone on ne pouvait plus respectable, rendit son regard mutin. La dite dame détestait la boulangerie. Elle disait n'avoir épousé son mari que par dépit, mais il était clair qu'elle ne pestait que pour les apparences. Chaque fois que l'homme avait besoin d'aide, son épousée s'empressait de surmonter son dégout avant même qu'il ne le demande et mettait sa main à la pâte. On se moquait tous à demi-mots de son amour bien trop flagrant qu'elle se refusait à accepter complètement.
Elle aurait en tout cas pu devenir une aide à temps plein chez son mari tant ses créations étaient toujours délicieuses. Les petites tartelettes du jour aux baies visiblement donnaient l'eau à la bouche rien qu'en les regardant.
Le propriétaire lorgna dans la direction de la descendante d'Hektor, l'incita à se servir avant d'élever la voix pour se faire entendre par dessus le crépitement des feux.

" J'aurais bien besoin de ton aide, Clara. Il faudrait porter le reste de ces demoiselles à l'auberge de la Coupe Bâtonnée, penses-tu pouvoir le faire pour moi ? Ça risque de salir ta jolie robe, mais Lien est malade et nous manquons de bras. "

La guerre lui avait sans doute aussi pris de potentiels apprentis, même si il ne le disait pas : elle n'aurait pas été étonnée d'apprendre que davantage de jeunes gens s'étaient engagés dans l'armée en entendant parler des conflits au sud.
Elle ne dit rien, sa bouche étant pleine d'un délice. Le jus des baies - puisque c'était bien cela - légèrement cuites fondait sur son palais tant et si bien qu'elle avait des difficultés à se retenir de ronronner. La chaleur pesante était oubliée : la nourriture était fantastique et Clara bien trop gourmande pour se laisser distraire par l'air.

" Et je ne trouve pas ma fille. "

L'homme lui laissait le choix entre retrouver son enfant ou servir de porteuse si elle voulait se montrer utile. C'était là une de ses grandes différences qu'il avait avec papa : il ne donnait pas l'impression de porter un jugement, quoi qu'elle fasse. Aussi, souvent, dans le passé, l'avait-elle aidé. Il ne lui demandait jamais rien de bien compliqué de toute manière et la payait en remplissant son ventre de merveilles. Comment alors refuser ?
Elle avait tout de même dit non, par plus d'une fois, pour des raisons aussi futiles que son humeur. Mais il ne le lui avait jamais montré si il lui en voulait : il n'avait pas arrêté de la nourrir quand elle venait fureter dans le coin et avait toujours pour elle un sourire.
Elle pouvait dénoncer Mäari, lui dire que sa chipie d'enfant flânait sur le marché et dévorait les étals du regard aussi surement qu'elle se goinfrait à présent de la tartelette, mais elle ne voyait pas l’intérêt d'être celle par la faute de qui la gamine serait grondée. Comme se rendre à la taverne ne la gênait pas et l'intéressait même, puisque c'était proche de certaines ruelles, elle se décida à jouer au garçon de courses.
Ivaen en parut heureux et s'occupa de rassembler les petits gâteaux dans un contenant qu'il lui tendit.

" Je t'ai glissé de quoi grignoter encore sur le dessus. Tu n'as pas besoin de ramener le panier, un de leurs gars s'en chargera. "

Elle se retrouva à la porte rapidement, une fois l'anse saisie. Les artisans avaient trop de travail et trop peu de temps pour discuter, aussi remit-elle à plus tard l'idée de s'entrainer à tenir une discussion correcte avec eux, juste pour vérifier qu'elle n'était pas en train de devenir complètement asociale, son papotage avec son père, dix jours plus tôt, lui laissant toujours des doutes.
Son chargement à un bras, son sac fourré dedans et sa jupe légèrement relevée de l'autre main, elle se dirigea vers la taverne qui attendait son précieux paquetage.
La différence de tempêrature entre l'intérieur et l'extérieur la frappa encore dès qu'elle mit un pied dehors, mais pas davantage que la disparition du goût de la tartelette disparue dans sa bouche.
Elle ne remarqua pas qu'elle était suivie, le temps de son trajet : trop perdue dans ses rêveries, dans sa joie d'être simplement là, peu habituée à devoir se montrer excessivement sur ses gardes dans les grandes rues tant qu'on ne l'approchait pas de trop près, elle ne perçut pas que l'homme mal habillé devant la boulangerie plantait ses pas dans la trace des siens...

Ce ne fut qu'en s'approchant de sa destination, lorsqu'elle commença à porter davantage attention aux bruits et à leurs provenances, lorsqu'il n'y eut plus les cris et le brouhaha du centre pour camoufler quoique ce soit, qu'elle sentit sa présence.
Maudissant ses jupons, incapable de courir, elle choisit alors de ralentir et laissa choir l’étoffe de ses jupes. Celle-là se mit à lécher le sol à chacun de ses pas avec délicatesse tandis qu'elle portait une main faussement distraite à son sac, prête à se saisir de sa dague.
Si l'homme - d'après la lourdeur de ses pas, c'en était un, ou une femme obèse - osait s'approcher pour se saisir de ses tartelettes, malheur à lui ! Elle ne comptait pas laisser ces petites protégées filer vers là où elles ne le devaient pas sans les défendre.
Bien qu'elle était en tenue de dame et pas encore tout à fait guérie, elle était presque sûre de gagner : un voleur de nourriture ne devait pas savoir bien se battre.
L'adrénaline étira son sourire, le rendit plus fin.
Elle ne remarqua pas qu'elle n'avait pas la trouille. Cet effroi gigantesque de prendre sa dague en main pour se battre véritablement contre quelqu'un s'était fait la malle, ce matin. Pas tout à fait, en vérité, pas totalement, mais si il subsistait en son sein, il était de taille menue et bien moins ardent que jusque avant le duel avec Hektor. Il se fondait avec la peur bénéfique, celle qui l'incitait à se montrer plus concentrée. Sans doute n'attendait-il que que l'homme se rapproche encore pour enfler, mais pour le moment il ne la tétanisait pas.

Son poursuivant ne l'accosta pas et la laissa passer le seuil de la taverne où elle se rendait en paix. Elle remit son colis à qui de droit puis ressortit en faisant attention. Son gâteau à elle dans la même main que son sac, ses autres doigts libres, elle était prête à tout... Sauf à ce qui l'attendait.

L'homme, les poings sur les hanches, avait pris place pile devant la porte. Il la toisa tandis qu'elle était à peine posée dans la rue, le menton levé avant de souffler, d'une voix forte :

" Moi, Nassar, déité des pâtisseries requiert une offrande, mortelle. "


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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Mer 8 Juil 2015 - 0:30

... Quelqu'un avait dû lui lancer une énième malédiction ou vérité un peu trop sadique et vicieuse, elle ne pouvait qu'en être sûre une vingtaine de minutes après s'être libérée de cette pseudo déité.
Depuis la rencontre avec Hektor et même avant, elle enchainait les emmerdes à vitesse grand V : entre le fait d'avoir été transformée en souris, celui d'être forcée de porter des robes ou encore celui d'avoir rencontré plus borné qu'elle ce matin et plus fou, elle ne savait plus trop où donner de la tête. Et maintenant ça. Une femme éplorée. Mais qui par tous les dieux avait quelques intérêts à la transformer en aimant à emmerdes vivant ?

Le vieux, elle l'avait regardé abasourdie un moment avant de l'inciter à dégager. Son gâteau lui appartenait, fallait pas déconner. Pourtant la créature mal fagotée n'avait pas compris qu'elle ne comptait pas partager : il l'avait suivie en silence malgré sa diatribe, une fois sa demande faite, son regard lourd posé sur elle.
Aller dans les ruelles avec un poursuivant au pas appuyé, même si il ne faisait mine de l'attaquer, l'avait desservie. Quiconque l'avait entendu s'approcher, lui, l'inconnu, avait fui avant qu'elle n'ait le temps de le voir. Et ses yeux qui ne quittaient pas son dos l'avaient complètement rendue dingue.
Incapable de mordiller sa tartelette - essayez donc de bouffer quand on vous fixe royalement ! -, Clara s'était retournée plusieurs fois vers le mendiant pour le tancer. Mais là encore, la saleté ne s'était pas démontée et avait continué à attendre qu'elle daigne accéder à sa requête. Après avoir hésité entre lui lancer sa dague ou son repas, la fille Arnstven avait fini par finalement lui offrir le second, dépitée.
L'homme était parti alors en la remerciant d'un ton majestueux et en lui assurant qu'il allait la bénir. Frustrée de s’être faite ainsi piquer son grignotage, la demoiselle avait continué à trainer un peu dans le coin avant de rejoindre le marché, désireuse d'éclaircir son humeur.

Boudeuse, elle n'avait pas eu le temps de récupérer son sourire. A peine arrivée aux premiers étals, là où les odeurs de friture et de pains titillaient le mieux les narines intriguées par ce grand rassemblement, une femme en pleurs avait traversé la foule.
Les badauds, attirés par le son de ses sanglots, tournaient la tête vers elle sans faire mine d'intervenir. La cause de ses larmes leur était inconnue et ne les regardait pas. Pourquoi alors esquisser le moindre geste à son égard ?
Peut-être était-ce à cause de sa jolie robe, ou parce qu'elle fut la seule à se montrer étonnée, dans tous les cas la dame effrayée se dirigea vers elle et vint lui saisir les bras, ses mots avalés par ses crises de sanglots.

" ... A disparu. "

L'une et l'autre ne se connaissaient pas, Clara en était sûre, sinon jamais la donzelle ne se serait adressée à elle. Elle chercha à se dégager, peu amène, peu émue par la détresse que l'on lui  confiait. Le contact des mains rendues moites par l'inquiétude la dégoutait, l'empêchait de se concentrer sur les choses importantes, comme éviter le contact avec les autres Arvèles.
Pas plus que le fou auparavant, la dame ne la laissa cependant se désister. Son regard noyé par l'eau salé qui coulait sur ses joues se planta dans le sien. Les doigts tremblants de la désespérée libérèrent bien la jeune guerrière pour rejoindre sa bouche et éteindre un hoquet, puis s’agripper à ses épaules à elle, mais ce moindre bouclier contre les réactions de Clara fit soupirer cette dernière. - Les gémissements de l'infortunée se firent plus aigus.
Trop d'attention était portée sur elles : on jetait des coups d’œil vers le couple étrange que toutes deux formaient. On s'apitoyait, sans doute, sur cette délicate damoiselle incapable de retenir sa tristesse. Pensait-on que c'était de sa faute, si la créature avait ses émotions en pagaille ? Pourquoi par les dieux l'emmerdait-on encore ?
Elle hésita à planter la femme là, sans préavis, pour aller se réfugier sur un de ses murets favoris, mais la faible mère tendit à nouveau ses paumes vers elle, en une prière muette.

" Je vais vous mener aux gardes. "

Soupira une énième fois la fille du général en la coupant, pressée de se débarrasser de ce nouveau fardeau non-voulu incompréhensible. Dire que la journée venait à peine de commencer !

N'écoutant que son grand cœur, Clara tint donc sa promesse et guida sa compagne déboussolée jusque l'emplacement d'un soldat... Vide.
Le trajet ne se fit pas sans peine, mais ce fut découvrir cela qui fit ronchonner le plus la blonde Arnstven. A un moment ou un autre, la malchance allait bien devoir foutre le camps. Loin d'elle. En attendant, elle devrait faire avec.
Se tournant vers la femme elle alla pour lui indiquer qu'elles devaient attendre quand elle s'attendrit, au moins un peu. La petite dame avait l'air toujours franchement très remuée, même après leur marche. Était-elle la parente d'un combattant de l'armée décimé à la guerre qui n'arrivait pas à l'accepter ? Elle avait parlé de disparition, après tout, cela pouvait coller et expliquer son état.
Elle contempla ses traits, ravagés par l'angoisse, sa chevelure couleur miel et ombre, son sourire absent. Pauvre femme. Cela devait être dur.

" Vous euh... Pouvez me parler, si vous voulez hein. Mais bon, sans pleurer. S'il vous plait. "


S'entendit-elle prononcer maladroitement avant de le regretter. Pourquoi, pourquoi se mêler d'un truc qui ne la regardait pas le moins du monde ? Un être sous les ordres de son père serait plus à même de la consoler, si elle ne se trompait pas. Elle ne connaissait rien à la guerre, elle, ni aux raisons qui faisaient qu'un homme ou un autre s'enrôlait.
Elle ne savait pas comment faire se tarir cette vague d'eau salée qui pissait sans s'arrêter du regard de son interlocutrice. Et en fait, elle s'en foutait en partie.

Oui. Mais c'était aussi l'occasion d'être utile et de vérifier qu'elle savait encore au moins un peu causer. De toute façon, le prochain poste de garde était trop loin et elle avait déjà trop marché pour l'instant. Elle n'avait donc pas le choix que de tenter de cajoler l'inconnue, en priant pour qu'on vienne rapidement la délivrer.


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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Lun 20 Juil 2015 - 22:43

La venue inespérée du garde, trop rapide et trop lente, coupa la bonne femme dans sa nouvelle logorrhée de lamentations. La dame, incapable de ne pas chialer, avait recommencé à geindre sans songer à rendre compréhensible ses dires au travers de ses sanglots. Tout au plus le mot " disparu " s'entendait-il distinctement aléatoirement au milieu de ses hoquets troublés et de sa respiration trop rauque.
Mal à l'aise, Clara se tourna vers le nouveau venu et pria muettement pour qu'il puisse y faire quoi que ce soit. L'homme le regard mi-perplexe, mi-rieur en percevant la fille de son général en si mauvaise position se prêta au jeu et ce bien qu'il sembla prêt à faire demi-tour pour se moquer de l'Arnstven auprès de ses compagnons de classe. La tristesse du troisième membre de leur trio était trop visible pour être laissée ainsi.

Ce fut avec une douceur inespérée qu'il prit la main de la créature bouleversée. Avec tout autant de tendresse, il s'adressa à elle. Son ton mielleux fut de ceux capables de guérir les chevaux trop souvent survoltés : mi-chuchotis, mi-caresse.
A force de délicatesse, il réussit là où elle avait échoué. Lui l'homme baraqué habitué à tuer et défendre fut bien davantage expert qu'elle, la solitaire qui ne voulait que aider.
Le petit éclat de victoire qui se lut dans son beau regard trop vert ne la surprit pas. Il allait sans doute aller répéter à qui voulait l'entendre que la gosse de l'actuel guide de leur clan n'était pas capable de calmer une foutue drôlesse. Les propos remonteraient sans doute aux oreilles creuses de son père car l'intimité dans l'armée n'existait point. Mais ne serait-ce pas l'équivalent que de le prévenir que la neige tombait parfois en hiver ? Il avait vu de lui-même son peu de capacités sociales. Alors qu'importait ?
Si son cœur se serra, elle remercia tout de même d'un soupir son nouvel allié tandis que la demoiselle leur racontait ses malheurs par le menu.

" Nous... Nous nous baladions et je... "

Bon. Ce n'était visiblement pas une histoire de guerre. Clara laissa s'envoler ses songes d'épopée en écoutant la pauvrette. Bordel, elle était presque déçue. L'homme lui avait-il alors faussé compagnie en ce jour bondé de marché ? Lui avait-il dit qu'il voulait s'engager, ce qui avait causé cette hystérie ?

" Il y... Il... "

Les lèvres de l'étrangère n'avaient jamais cessé de jouer à la corde à sauter : haut, bas, bas, haut. Clara se demanda un bref instant si elle ne préférait pas quand la saleté ne faisait que râler sans être compréhensible. Ses paroles étaient trop coupées, pire qu'elle devant son paternel. Et ce n'était pas peu dire.
Un geste de frustration lui échappa : elle fronça les sourcils en levant les yeux au ciel. La femme éclata en sanglots une énième fois. Si des cils pouvaient tuer, sans doute serait-elle déjà étendue là, sur les pavés peu droits, baignant dans une flaque gluante de son propre sang tant le soldat foudroya la vagabonde Arnstven de ses deux dagues émeraudes.
Sans attendre, il se remit ensuite à son travail : calmer l'innocente que l'on lui avait mené. Une fois encore, il y parvint et redonna à la délicate quelques couleurs et le courage qui lui faisaient défauts. Une menace muette fut adressée à la troisième personne de leur cercle, la fouteuse de troubles, pour l'inciter à se tenir tranquille tandis que la femme reprenait son récit dramatique.
Les pieds de Clara ne furent pas de l'avis du guerrier au cœur tendre et tapotèrent le sol en rythme en signe de rébellion : elle s'emmerdait sacrément là quand même et serait bien partie si parfois l'ignominie en larmes et pâmoison daignait arrêter de se saisir de ses manches. La créature avait de l'aide à présent, bien plus expérimentée qu'elle. Elle n'était pas un pilier de bar à qui l'on pouvait adresser toutes ses récriminations larmoyantes. Ni même un héros.
Elle laissait avec plaisir ces rôles ingrats à d'autres : le sien, celle de sale gosse incompréhensible, lui demandait déjà bien trop d'efforts. Et puis, par la faute de cette inconnue, voilà qu'elle ne pouvait pas se rendre à nouveau tout de suite dans les ruelles. Bon, l'état de ses blessures jouait aussi : elle risquait de les rouvrir si elle ne se reposait pas un peu avant de reprendre sa marche. Mais la bonne dame n'avait pas à le savoir.
Un coup d’œil devant elle lui appris qu'elle ne pouvait de toute manière pas fuir assez vite pour éviter que la mégère ne l'agrippe : le coin restait trop bondé. Ce fut donc par manque d'ouvertures qu'elle prêta davantage attention aux pleurs de l'éplorée.

" ... Disparu... "

Il allait falloir que le garde fasse traducteur. Ce à quoi il s'attaqua à faire en entendant le mot clairement. A la question " Qui a disparu ? ", Clara comprit qu'elle s'était plantée sur toute la ligne.
Ce n'était pas un gars. Ni un père. Ni une mère ou une sœur. Pas plus un lointain cousin.

" Ma... Ma fille. "

Les deux mots la firent s'arrêter de trépigner et ouvrir ses yeux un peu plus. Elle ne dit mot alors que l'infortunée poursuivait suite aux conseils du soldat.

" Elle a cin... Elle a cinq ans et elle est blonde. "


L'émotion qui lui tordit le cœur et remplaça l'impression de perdre son temps et son énervement, la gosse d'Hektor se refusa à l'analyser. Elle recula d'un pas, bouscula un gueux ou un autre qui passait par là. Sans s'excuser, après avoir dégluti, elle fourra ses bras dans les plis de ses jupes en percevant la mère tenter de la saisir encore.

" Je vais p'tre la chercher. Restez-là avec c' lui-la là. "

Fit-elle sèchement, un peu trop peut-être pour calmer et cacher son trouble. Les mots lui vinrent sans qu'elle ne les chercha : elle aurait tout dit, tout promis pour partir dès à présent. Son menton se leva pour désigner l'homme au service de leur peuple et, sans même offrir un dernier regard à la maman orpheline de son enfant, elle se détourna brusquement de l'étrange couple qu'ils formaient.

Son agacement s'était totalement envolé et ne réapparut pas en voyant la marée humaine à laquelle elle tournait jusque là le dos, si semblable à celle qu'elle avait jusque là devant.
Une gamine.
Bordel.
Il avait fallu que cela tombe sur elle ; les dieux étaient vraiment fâchés, à en croire tout ce qui lui arrivait. On la forçait à réunir une mère et son bambin quand le sien lui avait été enlevé prématurément. Même si elle n'en voulait pas, il n'en restait pas moins que les hypothèses liées à si il avait vécu ne cessaient de la tourmenter. Et si...
Et si par exemple il l'avait aimée, elle qui n'aurait jamais été une bonne mère, qu'auraient-ils fait ?

Inconsciemment, des doigts remontèrent sur son ventre et s'y plaquèrent tandis qu'elle traversait la foule. Elle s'était plantée sur toute la ligne, n'est-ce pas ? Et l'idée que l'enfant, innocente des pêchés de ses parents puisse être en train de pleurer la disparition de sa mère lui foutait un sacré nœud dans l'estomac.
Le sien aurait-il été blond, aussi ? Quelle importance cela faisait-il, maintenant ?


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Dernière édition par Clara Ana Arnstven le Mar 21 Juil 2015 - 3:11, édité 1 fois (Raison : correction)
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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Lun 20 Juil 2015 - 23:53

L' apprentie guerrière nommée Clara se reprit bien vite malgré elle. Perdue au milieu d'une quantité non négligeable d'individus de toutes sortes, la fille du général oublia ses propres problèmes mentaux pour se concentrer sur sa recherche équivalente à espérer retrouver une aiguille vivace et aléatoire dans une botte de foin.
Contrairement à un chien éduqué pour cela, incapable de se fier à son nez pour déterminer où la morveuse avait établi ses quartiers en perdant sa matrone, la jeune femme s'appuya sur sa vue et son ouïe et bientôt fut distraite dans sa tache.

Il y avait toujours tant à voir et entendre en ces jours trop pleins. Là une délicate poussait un cri de joie en se saisissant d'un délicieux pic à cheveux pile à sa convenance : l'objet avait été manufacturé par quelques mains agiles et ses courbes graciles représentaient une rose à peine éclose. Ici une petite se goinfrait d'un bonbon. Ce ne pouvait être celle qu'elle recherchait : malgré les sillons de larmes passées qui ornaient ses joues poupines, la petiote, bien que blonde, tenait la main d'une gironde et maternelle dondon qui la couvait de ses yeux marrons et heureux. Ailleurs, un homme à l'odeur d'aliments fris hurlait des invitations à gouter à sa marchandise aux passants peu motivés par les formes disgracieuses de ses produits.

L'Arnstven hésita à faire demi-tour après quelques pas de trop pour obtenir de la mère d'autres renseignements sur sa descendance. Un regard vers là d'où elle venait la fit cependant renoncer instantanément à son projet : la vague humaine aux couleurs multiples s'était déjà refermée derrière elle et l'engloutissait bien trop. Elle ne pouvait qu'avancer, il lui faudrait donc se passer des détails qu'elle souhaitait. Elle ne saurait donc jamais où le bambin avait été séparé de sa génitrice, ni ce que portait la demoiselle en culottes courtes ainsi que son prénom et celui de sa mère.
Haussant les épaules tout en maudissant son impulsivité et ses souvenirs qui l'avaient faite en cœur fuir trop vite, elle se remit à chercher une trace. N'importe quoi.

Ses déambulations sur la place ne menèrent à rien. Épuisée, désireuse de se reposer pour ne pas finir encore en sang dans les minutes à revenir, bousculée de partout et crispée parce qu'elle se retenait de crier à chaque main involontairement baladeuse, Clara Ana Arnstven se retrouva à un moment ou un autre bloquée contre un étal de joaillier.
Si elle demeura un long moment silencieuse, fusillant de son regard trop pale ceux qui l’empêchaient de mettre un pied devant l'autre, elle dût se résoudre à faire appel à cette caractéristique qu'elle n'aimait pas employer : la patience. Elle ne pouvait pas pousser violemment l’attroupement autour d'elle, ce serait bien malpoli, aussi ne pouvait-elle qu'attendre que ces messieurs et ces dames finissent leurs achats ou leurs menus tours curieux pour continuer sa quête.

Ses yeux se portèrent sur la marchandise que l'homme vendait à son coté, après qu'il eut grommelé assez fort un juron lorsque quelqu'un en renversa quelques pièces. Tandis que le marchand se trouvait à quatre pattes sous la table instable, elle se surprit à mirer plus en détail un menu médaillon - une amulette. Elle n'avait rien de bien spécial. Elle n'était même pas belle, contrairement à tout ce qui l'entourait. Les traits dorés dessus étaient trop grossiers, la pierre diaphane et inconnue en son sein mal taillée, les courbes pas assez pleines, les finitions mal dissimulées. Mais l'enfant tendit la main vers elle, plutôt que vers les créations artisanales bien plus travaillées qui paraissaient la narguer à quelques centimètres.
Avec délicatesse, son gant caressa les contours de l'objet aussi rudimentaire qu'elle dans un sens. Aucun d'eux ne possédaient de grâce ou n'avaient leur place là et pourtant ils s'y trouvaient... Quelle ironie. Elle se reconnaissait davantage dans ce vilain petit canard que dans le fin collier qui trainait là, au bout duquel était accrochée une minuscule Naïra ornée d'un gribouillis incompréhensible, mais majestueux et minutieux.

Après s'être mordue la lèvre inférieure, elle se saisit du bijou et, de l'autre main, porta son réticule sur le meuble pour sortir ses sous.

" Eh ne me vole... "

Le vendeur se redressa en grondant ces mots, mais s'interrompit en la voyant si bien vêtue et sortir une bourse. L'argent de poche qu'elle obtenait de Nourrice et sa mise allaient lui servir pour une fois. Sans réfléchir, pas davantage que d'habitude du moins, elle sortit quelques pièces du contenant puis envoya le reste à son interlocuteur aussi sec d'une branche décrépie.

" Ça doit payer le tout. "


Fit-elle sans chaleur en haussant les épaules avant de remettre son peu de monnaie dans son petit sac et d'y fourrer l'objet. Il hocha la tête, une lueur au fond de ses iris peut-être avide du surplus qu'il pourrait se faire, lorsqu'elle poursuivit :

" Si il manque quoi que ce soit, allez au château, et dites que Clara vous doit de l'argent "


Les remerciements plats et le sourire faussement charmeur qu'il lui offrit ne touchèrent pas l'enfant du général qui retourna à son activité première : chercher à se faufiler dans la foule et trouver un marmot trop jeune pour être seul de sexe féminin.

Son sac serré contre son sein, après un temps interminable, regrettant déjà son achat dont elle ne savait que faire, Clara finit par réussir son défi et reprit sa marche forcée, toujours aussi épuisée.
Nourrice allait lui en vouloir d'être tombée en admiration devant une babiole mal fagotée et lui reprocherait sans doute de ne pas avoir pris plutôt quelques bracelets ou de quoi agrémenter sa chevelure trop raide. Mais ce n'était pas comme si elle comptait la porter. Bien que vu son prix, il allait falloir qu'elle lui trouve une autre utilité que de servir de caillou pour faire des ricochets...

Un instant, elle eut à nouveau le désir de s'asseoir sur un muret et de ressentir encore les bosses et les creux de l'amulette sous son toucher, mais se reprit. Le réconfort ne venait qu'après l'effort et elle avait accepté une mission qui ne souffrait d'aucun délai. Il fallait qu'elle se montre courageuse et forte.
La santé mentale d'une petite fille en dépendait.


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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Mar 21 Juil 2015 - 1:48

Les heures passèrent. Si l'adrénaline la garda loin du désespoir et l'empêcha de trop songer à l'échec, ses mollets se mirent eux finalement à hurler que ses jambes et son bide gueulaient de douleur. Incapable de faire trois pas de plus à une vitesse correcte, Clara s'effondra contre un mur en soupirant. Tant pis pour la propreté de sa robe.

La gamine n'était sans doute pas allée aussi loin : il n'y avait pas de trace d'elle dans les environs et puis si sa maman l'avait perdue au marché, cela faisait une sacrée trotte de se rendre aux portes de la ville. Trop pour une petite seule.
A moins qu'elle n'ait été enlevée ? Non, sans doute pas, les rues étaient assez sûres à défaut d'être calmes en journée. Et puis les gardes pas loin auraient sans doute empêché tout adulte portant une enfant qui hurlait qu'on l'assassinait ou qu'on l'empêchait de rejoindre sa génitrice de franchir le seuil de la cité. Il fallait qu'elle fasse demi-tour sur ses pas. Encore. Ces mêmes soldats lui avaient promis après tout qu'ils n'avaient pas perçu de petite correspondant à sa maigre description.

Son estomac se mit à grommeler qu'il avait besoin d'être comblé et la demoiselle bien née se força à se redresser sur la plante de ses pieds maltraités. Les yeux à moitié fermés, elle se dépêcha dans la direction de la taverne la plus proche à qui-mieux-mieux. Il lui fallait du réconfort, finalement, avant la fin de l'effort, vraiment.
Son avancée fut lente, presque autant que celle d'une feuille trop légère que le vent ne savait pas où porter. Nonobstant cela, bientôt, après une courte éternité, apparut devant elle la porte ciselée, les fenêtres jaunies et les drapés anciens de la demeure de la Corne Brisée. Elle poussa la poignée sans entrain, mais se retrouva vite motivée par le fumet délicieux qui agrippa ses narines et ne les lâcha pas.
Plus guillerette, prête à dévorer tout ce qu'on lui mettrait sous le menton, la fille d'Hektor s'installa au bar et attendit qu'on la serve sans patience aucune...

... Lorsqu'elle ressortit, le ventre bien aise de s'être fait remplir par la tambouille frugale, mais extraordinaire des lieux - tout plat plaisant à un bedon affamé - , ce fut avec l'idée qu'il lui manquait un dessert pour finaliser ce festin de roi que presque tout le restant de sa bourse avait payé. Retrouver les douceurs de Fanelle, si elle en avait fait des nouvelles, ne pouvait qu'aller dans le bon sens : cela la rapprocherait du marché, tout en lui permettant de reprendre davantage de forces. Après tout cette dernière pause et les mets qui lui étaient associés avaient calmé la plupart des geignements gueulés par son corps éreinté.
Il ne restait rien qu'un peu de cacao ne pourrait guérir songea-t-elle à nouveau de bien bonne humeur...


" ... Marchons, avec notre Mère Nature, vers l’honneur et la gloire, Nos amours sont restés au pays, le voyage sera long, Mais nos lames scintillent, nos carquois sont légion. "


Le chant guerrier fut chuchoté quelques minutes plus tard avec insouciance, sans but de blesser, peut-être par un bambin sur son passage, pas loin. Ou du moins par un jeune adolescent dont la voix gracile n'avait pas encore mué et montait toujours dans les aigus avec une facilité déconcertante. Dans tous les cas, l'air s'installa dans sa tête trop blonde tandis que les couplets qui venaient après devenaient muets à ses oreilles au fur et à mesure qu'elle repartait vers la marée humaine.

" Nous partons nous battre et gagner la victoire. "


Sa bouche rougie par la joie d'avoir fait un bon repas articula la suite, sans la laisser s'élever à haute voix. Ce n'était là qu'une chanson comme tant d'autres qu'elle avait entendu par plus d'une fois provenir de la gorge des membres de l'armée. Et pourtant, la suite sonnait maintenant à son ouïe comme une remontrance légère, mais bien réelle. Elle s'était arrêtée dans sa quête pour se nourrir, quelle drôle d'idée.

" Par monts et par vaux, longeant les rivières et les champs. Portés par le soleil ou l’amour d’une belle, Nous avons foi en les Arvèles. Sur nous notre confrérie étend son bouclier, son glaive, et pourfend les récleyes.   "


Les soldats, eux, ne pouvaient stopper un combat pour prendre le thé, quelque soit leur état de santé... Et dire qu'elle voulait montrer qu'elle pouvait changer et ne pensait pas qu'à sa petite personne. C'était un peu raté, là, tout de suite. D'autres étaient à la guerre, tandis qu'elle trainait.

Se mordant la lèvre inférieure, elle accéléra le rythme de sa marche vers la place du marché en se jurant de ne pas aller profiter du petit plaisir qu'elle s'était promis. C'était bien le moins qu'elle pouvait faire.

" Ni pour l’or ou l’argent, pour nos terres nous luttons. À nos dieux, offrons notre bagage, Ni  les parlèms, ni les liares n’ont autant de courage ! Dame Nature est avec nous, à sa gloire nous chantons... "


Du courage, elle en manquait aussi grandement, ces derniers temps. Enfin disons qu'il paraissait la fuir au fur et à mesure qu'elle tentait de prendre des responsabilités. C'était pour éviter de partir, en partie, qu'elle avait demandé à son père de la prendre comme élève, mais aussi pour devenir plus utile. Pour éviter de se laisser aller à son désir de découvrir de nouveaux lieux, d'apprendre de nouvelles choses. Pour pouvoir rendre son père fier, mais aussi pour défendre ceux qui lui tenaient trop à cœur plus aisément. Elle avait échangé un rêve qu'elle n'était pas sûre de pouvoir réaliser et qui la tétanisait contre une proposition sérieuse à laquelle elle attendait toujours une réponse. Elle espérait aussi pouvoir retourner à sa chasse dans les ruelles, mais ce n'était sans doute pas là qu'elle trouverait la gamine qu'elle avait plus ou moins juré de chercher. Enfin, quoi que... Comment en être sûre ?
Elle avait déjà fait la plupart de la ville et elle n'avait pas réussi à tomber sur une seule gosse seule correspondant à ce qu'elle savait d'elle. Quant à celles accompagnées, d'après les vils coups d’œil qu'elle s'était pris et les horribles engueulades à demi-cachées, elles l'étaient par de bien proches parentes, à n'en pas douter.
Si elle ne montrait en tout cas pas davantage de tact dans ses prochains entretiens avec les ainées de ces petites, on allait finir par la croire pédophile. Ou pire encore, elle le sentait.
Peut-être raconterait-on bientôt aux bébés de tous âges que si ils devenaient peu sages, Clara viendrait les enlever et les torturer ? Après tout, ce ne serait pas la première fois que l'on la mettrait au niveau de ces saletés de fourbes de recleyes.


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Dernière édition par Clara Ana Arnstven le Mar 21 Juil 2015 - 3:21, édité 1 fois (Raison : correction)
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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Mar 21 Juil 2015 - 3:20

Ses pérégrinations la ramenèrent devant la pâtisserie qu'elle voulait éviter pour ne pas se laisser aller à la tentation de croquer quelques délices auxquels il était impossible de résister et de perdre ainsi davantage de ce temps tellement précieux qu'il lui manquait bien trop. Le mendiant, le Nassar, le faux dieu, avait retrouvé sa place d'origine ; le dos droit, il montait là la garde comme un fidèle chien de chasse attendant les restes d'une partie de mise à mort.
Lorsqu'il vit s'approcher Clara, son regard parut s'éclairer, mais ce n'était sans doute là qu'une illusion due à la course effrénée du soleil embrasé en cet l'après-midi clair.

" Je t'attendais, mortelle. "

Prononça-t-il d'une voix toujours trop forte, mais qui résonna bien moins que tout à l'heure. La fille d'Hektor ne put s'empêcher de grimacer en souvenir de la tartelette disparue.

" J'ai rien pour toi, l'vieux.
- Mais moi si, enfant et une nouvelle offrande me ferait le plus grand des plaisirs tout en me déliant la langue. "

Elle inclina la tête sur le coté, mira le frappadingue comme si elle cherchait à comprendre ce qu'il disait. Peut-être avait-il vu la gosse ? Ou savait-il du moins qu'elle la cherchait ? Oh et puis, elle n'avait rien à perdre en demandant, à part du temps.

" T'aurais pas vu d'abord une gamine blondasse, trop petite pour être seule et qui geignait sans doute comme un cochon qu'on égorge ? Elle doit être vêtue de culottes courtes d'assez bonne qualité, mais pas trop.
- Mes connaissances ne sont pas pour les oreilles mortelles qui ne me donnent rien en échange. "

Une fois encore, elle jaugea l'homme du regard. Si il avait des informations, elle pouvait appeler un garde pour lui faire cracher le morceau. Mais le temps de revenir sur ses pas ou de traverser en double-sens la marée humaine, il aurait sans doute disparu pour ailleurs.  Elle pouvait le torturer, mais ce serait vicieux et trop mal vu, même pour elle. Elle n'avait donc pas le choix que de lui faire plaisir : si il n'avait rien de bon à lui apprendre, tout ce qu'elle aurait perdu serait un peu de temps et quelques desserts qu'elle se serait bien mis sous la dent. Mais si il savait quoi que ce soit...
Elle songea avec un soupir que sa poursuite de la gamine perdue lui avait bouffé presque toute la journée pour des cacahouètes. Il n'y avait rien dans les auberges qu'elle avait visité depuis l'annonce de la matrone. Rien non plus dans les grandes rues. Ou dans celles moyennes.

" Je t'ai déjà filé une tartelette, l'vieux. "


Grommela-t-elle, trouvant que c'était déjà cher payé.

" En effet. "

Répondit-il avant de se mettre à fouiller ses poches comme si elle n'était pas là et pas prête à ronchonner davantage.

" Et j'aurai pour toi une double récompense lorsque tu daigneras te présenter à moi accompagnée par mon désir. Mais presses-toi. D'ici peu, j'irai bénir par ma présence une autre pâtisserie. "

Un vilain rire pas très agréable lui monta à la bouche en entendant ses propos et elle se mordit les lèvres pour l'empêcher de sortir. Le taré se prenait vraiment pour une déité et, si elle avait eu un peu plus de temps, elle se serait fait plaisir de lui montrer qu'il pouvait saigner et n'avait rien d'immortel.
Mais voilà, ces minutes, ces heures, elle ne les avait pas. Rien qu'imaginer la bien trop jeune tête blonde pleurer au milieu de ténèbres la fit se diriger d'un pas preste vers l’intérieur de la boutique. Il fallait retrouver cette pauvre moujingue et vite. Elle n'avait que trop tardé.

Ivaen si il fut surpris de la revoir ne le montra pas. Il semblait que cette journée était en effet une excellente pour lui et il n'avait pas le temps d'être distrait : l'homme avait plus de commandes qu'il ne pouvait en fournir. Il avait donc réengagé, au milieu du jour quand le soleil était au plus haut, trois anciens apprentis qui avaient changé de voie, le temps de palier à la demande trop fort. Même sa fille était revenue prêter main forte.
Les fours fonctionnaient sans interruption et les clients rentraient les bras vides au même rythme que d'autres sortaient, chargés de pains et de délicates attentions. Au fond de la boutique, les paniers pleins quelques instants auparavant s'entassaient à présent et ne contenaient plus que de l'air. La recette une fois la nuit tombée allait être bonne, trop sans doute pour une journée en temps de guerre.
Avisant une brioche, Clara la paya en regrettant de ne plus avoir un sou vaillant en poche à présent, la trancha en deux, puis ressortit offrir la moitié au dieu qui la remercia d'un grand sourire.

" Ta recherche se trouve là où tu étais, mais n'es plus et où les cartes s'amusent à se taper. "

Expliqua-t-il entre deux bouchées, crachotant des morceaux de son présent à chaque syllabe. Tendant son poing fermé, il rajouta :

" Tiens. C'est pour toi, mortelle, cela prouvera ma bonne foi. "

L'Arnstven n'y comprenant rien accepta cependant le présent en tendant sa paume gantée, prudemment. Sans mater la chose vraiment trop étrange ainsi donnée, après l'avoir fourrée dans son sac, elle se précipita vers le marché sans demander son reste... Le vieux lui foutait un peu la trouille, quand même, avec ses paroles sibyllines et son air trop bizarre même à ses yeux de marginale.


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MessageSujet: Re: [Quête] Pour l'amour d'une mère Mar 21 Juil 2015 - 4:11

... Le fou avait eu raison. Une fois encore. La surprise la laissa sans voix ; mi-émerveillée et tout autant épouvantée, elle demeura les bras ballants quelques instants tandis que la maman courait vers elle tout en relevant ses jupes, radieuse.
Elle avait retrouvé la chialeuse, sa gosse et la dondon, les trois en même temps. A la sortie de la Coupe Bâtonnée, après encore des heures de marche. Un petit goût amer et bien désagréable se répandit dans sa bouche et plus particulièrement sur son palais quand elle se rappela que c'était là en effet les sigles qui marquaient quelques jeux de cartes parmi tant d'autres. Bordel, qu'elle était idiote parfois. N'était-ce pas là d'ailleurs où elle avait mené les tartelettes ? Elle ne l'avait pas vérifié, une fois que la mère s'était mise à pleurnicher. L'endroit était trop mal situé. Trop mal fréquenté.
Elle se força à sourire en une grimace quand les deux matrones la remercièrent avec mille mots sympathiques. La nuit avait commencé à étendre ses voiles majestueux et voilait assez bien sa pseudo joie pour la rendre plus parfaite encore.

Les explications et les non-dits des deux femmes lui apprirent qu'elle avait bien vaqué pour que dalle durant tout le jour : c'était sans conteste l'enfant qu'elle avait croisé au tout début de ses recherches et qu'elle avait écarté qui se tenait là. Et la dodue dame qui comme avant lui tenait la menotte était son ancienne nourrice, d'où son regard si tendre et maternel.
La petite en la voyant au marché s'était précipitée vers elle, mais sa mère l'avait ainsi perdue de vue en faisant des courses et le flot de la foule les avaient éloignées davantage encore. Pile assez pour que la génitrice pique une crise d'angoisse en même temps que sa puinée.
Si le chagrin de la seconde avait trouvé une fin quand la main de sa si rassurante nourrice l'avait nourrie de cent et une douceurs, celui de sa mère avait subsisté jusqu'à ce que sa fillette apparaisse à nouveau devant elle et ce malgré la promesse bancale de Clara et la présence du soldat. Le trio avait marché en encadrant leur fugitive préférée, jusqu'à se trouver devant la taverne ici présente et avait décidé d'y diner avant de repartir se reposer. Leur rencontre à toutes quatre n'était que de la pure chance, donc, mais les deux ainées assurèrent à la jeune Arnstven qu'elles ne savaient comment la remercier.
Sentant pointer une migraine suite à toutes les péripéties de sa journée, la guerrière haussa finalement les épaules, un peu trop dégoutée pour cacher son envie de fuir.

" Veillez mieux sur elle. "


Se contenta-t-elle de grogner peu distinctement avant de filer, sourde à l'effusion de promesses que lui firent ses deux interlocutrices. Sans un mot de plus, trop fatiguée, déprimée de n'avoir pas même été capable de retrouver la gamine seule, elle reprit la route du château en remettant à demain son souhait de faire du vide dans les ruelles de Ferèsis.
Il lui fallait vraiment se reposer, cette dernière rencontre ayant fini de lui prendre le peu de motivation qui lui restait. Dire qu'elle s'était inquiétée toutes ces heures pour rien... Et qu'elle n'aurait sans doute que sa moitié de brioche à manger, vu combien elle allait être en retard pour le dîner !



Quelques jours plus tard, avec moult cajoleries, ce fut son frère qu'elle tenta de motiver pour offrir à leur père l'amulette étrange qu'elle avait payé. Avant de, finalement, l'accrocher à une des armes de sa salle d'entrainement, sans leur en toucher un mot à l'un comme à l'autre.


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