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[Quête]Snif, snif, bouhouhouhou !

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MessageSujet: [Quête]Snif, snif, bouhouhouhou ! Mer 1 Juil 2015 - 0:51

Snif, snif, bouhouhouhou !


Mise en Contexte

12 Rosendas 1248
L'enfant de six-sept ans qui pleure attire votre attention. La petite puce, vêtue simplement, n'ose pas rentrer chez elle, malgré le fait qu'il soit tard. Elle a perdu la si jolie barrette que maman lui a offert et va se faire gronder. La retrouverez-vous pour elle ? Elle est presque sûre de l'avoir perdue dans le grand parc de Déoli. A moins que ce ne soit chez Madame Cristen, la gentille vendeuse de délices sucrés. Ou peut être est-ce Valis, le garçon qui l'embête tout le temps qui l'a ramassée ? Elle ne sait pas.
Directives(s)
Nul besoin de mj, amusez-vous !



Dernière édition par Cassandre le Jeu 2 Juil 2015 - 1:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête]Snif, snif, bouhouhouhou ! Mer 1 Juil 2015 - 18:29


Winter
[Quête] Snif Snif Bouhouhouhou !


J’étais seule aujourd’hui et j’avais bien l’intention de profiter de ce répit social pour prendre un peu de bon temps et découvrir la ville où je me trouvais, Déoli, et en particulier ses nombreux étals et échoppes, accompagnée de ma fidèle bourse plus ou moins pleine. J’avais entendu, depuis le fond de ma Mer de Glace, beaucoup d’histoires sur cette ville et notamment sur son temple, le Temple des Rosa. Mon père me comptait souvent sa beauté ainsi que la foule en pèlerinage qui s’y pressait chaque année. Il n’aimait pas plus que ça les foules mais adorait survoler la ville avec son dragon pour voir ces centaines et milliers de Namès -il me semble, je ne suis pas très douée avec les races humaines- s’y presser pour respecter les Dieux dans le silence envoûtant et une calme allégresse. J’aimerai y faire un tour mais pour le moment je n’ose pas en approcher. Sûrement que j’irais plus tard, une fois que j’aurais fait le tour de la ville. Je suis curieuse de quelle façon y sont représentés les Dieux. Par leur forme humaine ? Avec ou sans leurs symboles ? Comment sait-on quelle est leur apparence ? Est-ce une connaissance qui nous vient des oracles ? Ou peut-être des rares élus qui ont vu un Dieu de leurs propres yeux ? Ah moins que cela ne soit que pure invention, ce qui ne m’étonnerait nullement. Ce n’est pas très compliqué et cela vous donne un pouvoir immense de pouvoir prétendre que vous connaissez les Dieux.

Je marche parmi la foule quelques temps, appréciant la façade travaillée des bâtiments ainsi que le calme qui règne étrangement sur la ville. De nature plutôt solitaire, je dois avouer que je n’ai pas visité beaucoup de villes mais une chose est sûre, ce calme plat n’est pas habituel ! A Jioki comme à Thalis, les gens parlaient, criaient pour attirer les clients crédules, riaient fort, s’interpelaient voir même se battaient dans les auberges. Ici, les humains murmurent, sourient en silence et se saluent simplement d’un signe de main ou de tête. C’est alors que je remarque la population qui m’entoure : des humains et exclusivement des humains. On dirait d’ailleurs qu’ils viennent tous du même endroit : les cheveux très blonds, la peau très blanches, des tenues et robes toutes aussi immaculées … Ma robe noire m’apparaît ici comme un fardeau et mes cheveux de jais, qui ont toujours fais ma fierté, me poussent aujourd’hui à me camoufler sous ma capuche. Ma différence est si évidente et les regards que l’on me lance si étonnés et noirs que cela finit par m’agacer et je me débrouille pour tenter de passer dans les petites ruelles pour passer inaperçue. Mais le monde est partout et je fini par tenter de recouvrir de givre ma robe –ou du moins une bonne partie-, pour être un peu moins voyante. Mais les gens continuent de me fixer et je tente de me fondre un peu plus encore dans les ombres à chaque pas.

Je finis par trouver -enfin !- quelques ruelles qui semblent désertes. Le silence que j’y trouve est différent de celui de la ville. D’oppressant et inhabituel, il est devenu rassurant et libérateur. Je rabats ma capuche sur mes épaules et enlève le givre de mes vêtements, à mon grand soulagement étant donné la dépense d’énergie phénoménale requise pour masquer une si grande surface. Je soupire et m’assoie contre un bâtiment, fixant les motifs décorateur ornant le bois des fenêtres de celui qui se dresse devant moi. Je reste ainsi un moment, quelques minutes sûrement, avant d’entendre un bruit étrange mais loin d’être inconnu. Mon cœur se presse dans ma poitrine. Je ne saurais dire à quel événement il correspond tant il est faible mais quelque chose me dit qu’il est annonciateur de quelque chose de tout à fait désagréable. Une fois encore, c’est peut-être ma curiosité qui me perdra. Je me lève, époussette mes vêtements, vire les plis d’un revers de main et marche vers la source du bruit.

A mesure que je m’approche, sa cause devient évidente. Ce sont des pleurs. Et à mesure que je m’approche, je pense pouvoir dire qu’il s’agit de pleurs d’enfant, une fille sûrement, quoi qu’il pourrait s’agir d’un jeune garçon. Ils ont une voix si aigue et ridicule lorsqu’ils sont encore jeunes ! J’hésite … Je ne suis ni sociable, ni chaleureuse, ni même réconfortante. Le désespoir des gens me désarçonne la plupart du temps. Le souvenir de l’homme de Thalis qui avait perdu sa fille me revient en mémoire. Je l’avais aidé, lui. Mais ce n’était pas pareil … je ne l’avais pas réconforté, j’avais seulement été payé grassement pour ramener un collier. L’enfant de l’autre côté de ce mur -car je sais que je suis toute proche désormais- ne me payera pas. Si je me montre, je ne pourrais plus m’enfuir, je n’en aurais jamais le courage. Il faudra que je le réconforte sans rien attendre en retour. Je soupire et franchit l’angle de la rue.

Une toute petite fille se tient là, sanglotant, les genoux serrés contre sa maigre poitrine. Elle semble si petite que je ne lui aurais pas donné plus de six ou sept ans peut-être. Elle ne semble même pas m’avoir remarqué, si bien que je me demande une nouvelle fois si je vais fuir. Mais je n’en fais rien. En fait, pour être exacte, je ne fais rien du tout. Je me contente de la fixer en soupirant de nouveau. Ce bruit lui fait lever la tête. Elle me lance un regard suppliant, les yeux mouillés de larmes, les joues trempées marquées de trace de sel. Bon bah au moins je suis fixée. Je ne peux plus me dérober désormais. Sa bouche remue doucement, comme si elle parlait d’une voix inaudible ou qu’elle cherchait à trouver son courage pour parler. Je la regarde puis cherche moi aussi mon courage pour lui parler. Non pas qu’elle me fait peur ! Mais je sais que lorsque je lui parlerai, je perdrais ma liberté de m’enfuir.

« Qu’est ce qui peut rendre une si petite fille si malheureuse ? »

Elle continue de me fixer avec ses petits yeux et sa bouche armée de ses mouvements spasmodiques. Bientôt, ses lèvres semblent convulsionnées tant elles bougent vite pour ne finalement rien dire du tout. La patience n’est pas ma première qualité et je me demande combien de temps je vais devoir attendre avant qu’elle ne se décide. D’ailleurs, la question est aussi est-ce que je vais attendre et est-ce qu’elle va se décider. Quelques secondes passent avant que le premier son ne sorte de sa petite bouche toute fine :

« Ma … ma ba-… ma ba- … ma barre- … »

Elle sanglote si fort et sa poitrine est soulevée par tellement de tremblements qu’elle n’arrive même plus à parler. Je soupire et m’agenouille devant elle, les sourcils froncés :

« Excuse moi petiote mai je ne comprends strictement rien de ce que tu baragouines. »

Elle me fixe avec un air effaré et ses sanglots -qui s’étaient stoppés pour qu’elle puisse m’entendre semblerait-il- reprennent de plus belle. Je soupire et essaye d’être plus délicate cette fois :

« Je veux bien t’aider mais je dois comprendre ce qui ne va pas tu sais. »

Elle fait alors un effort évident pour calmer les sursauts de sa poitrine. Je souris. Au moins, elle fait des efforts pour me faciliter la tâche, c’est déjà ça. Une fois qu’elle s’est à peu près calmée, elle essaye de m’expliquer d’une voix plus calme même si quelques tremblements viennent encore l’agiter de temps à autre :

« J’ai perdu ma barrette … Je ne peux pas rentrer chez moi sans, Mère me punira si fort ! »

A cette pensée, ses sanglots reprennent si forts que je me demande si elle s’arrêtera un jour. J’essaye de l’enjoindre à se calmer mais je ne suis pas très douée avec les enfants, tant et si bien que je ne vois pas grande amélioration, voir pas d’amélioration du tout après mes paroles. Je m’assois à côté d’elle. Je n’ai pas envie de la prendre dans mes bras mais je n’ai pas envie non plus de passer la nuit ici. J’essaye de lui parler gentiment et calmement, tout en réfléchissant à son problème. Tout ça pour une barrette ? Ca me semble quand même exagéré ! Je détaille la petite fille. Comme les autres, elle a une peau de lait et une chevelure hirsute couleur de blé. Sa robe blanche est tâchée par endroits, sûrement à force de la voir assise par terre et appuyée contre un mur. Quelle idée de mettre une robe blanche à une enfant si jeune ! Cela me paraît aussi stupide que de jouer avec échec avec le Ténébreux et espérer que la robe en ressorte blanche me paraît à peu près aussi probable. Mais je pense que ce n’est pas à moi de juger cette curieuse coutume des Namès de ne revêtir que du blanc. Peut-être y a-t-il une explication rationnelle qui m’échappe.

« A quoi ressemble ta barrette ?

- Elle est noire et dessus il y a des fleurs en tissu blanches et des perles bleues et roses. »

Je soupire. Retrouver du blanc dans une foule de Namès reviendrait à chercher du jus de pomme dans la mer … C’est invisible et introuvable à moins d’avoir de grands moyens, et encore ! Alors que la petite fille cesse de pleurer pour me regarder avec un intérêt et un espoir renouvelé. Fichtrebleu ! Voilà que désormais elle me regarde comme si j’allais la sauver ! Je déteste ça mais elle m’inspire de la pitié et je n’aime pas laisser les autres dans la misère alors que je pourrais leur apporter mon soutien. Moi contradictoire ? Oui, peut-être. Une idée me traverse l’esprit : peut-être pourrais-je avoir une récompense ! Mais un détail me chiffonne : si une barrette décorée de tissu est si importante peut-être bien que c’est parce que ses parents n’ont pas les moyens de lui en acheter une autre. Je soupire, pour une fois que j’avais l’occasion de gagner honnêtement de l’argent, c’est raté. Je me tourne vers la petite fille :

« Tu sais où tu l’as perdu ? »

A peine ai-je posé ma question que je me fais la remarque qu’elle est stupide. Si elle savait où était sa barrette, cette dernière ne serait pas perdue. La petite semble hésiter. Elle reste silencieuse quelques secondes, le regard fixé sur un point quelque part sur le bâtiment face à nous. Lorsqu’elle reprend la parole, je sens bien qu’elle n’est pas sûre d’elle mais il semblerait qu’elle fasse des efforts pour se souvenir :

« Non je … Enfin, je suis allée acheter des bonbons et après je suis allée les manger au parc … Peut-être que c’est là que je l’ai perdu. »

Ses sanglots reprennent alors de façon tout à fait inattendue. Surprise, je me penche sur elle et l’enjoins à me raconter ce qui la tracasse. Elle peine à reprendre son souffle tant sa maigre poitrine est ballottée dans tous les sens.

« Si c’est Valis qui l’a retrouvée je ne la récupérerai jamais !

- Qui est Valis ?

- Un garçon qui fait le pèlerinage avec nous … Il est très méchant avec moi ! Il m’embête tout le temps en me tirant les cheveux où en me cachant mes affaires ! S’il a retrouvé ma barrette il ne me la rendra jamais ! »

Désormais elle pleure si fort que je comprends directement que rien de ce que je ne pourrais faire ou dire ne la calmera, à moins de trouver la barrette avant lui, si ce n’est pas déjà trop tard. Une autre idée me traverse alors l’esprit. Sur son épaule apparaît un petit Lùinwê aussi limpide que l’eau d’une source, si petit qu’il tiendrait dans sa main minuscule. La petite fille hurle et se dégage et essayant de chasser avec force mouvements de poignets la statuette de glace. J’éclate de rire et, étonnée par ma réaction, elle s’arrête pour me dévisager, ne sachant trop comment réagir. Je fais alors mine de souffler sur ma main et l’Oiseau du Bonheur redécolle pour aller voleter autour d’elle. Un sourire ravi étire ses lèvres. Elle est finalement très mignonne, une fois ses yeux secs et sa fine bouche ornée d’un sourire.

« Un Lùinwê ! Comment tu as fait ça ?

- Je t’expliquerai si jamais tu acceptes mon marché : tu arrêtes de pleurer et moi je t’aide à retrouver ta barrette. » dis-je en souriant.

La petite fille me sourit timidement et secoue la tête de haut en bas pour sceller notre accord. Je me lève et l’invite à me montrer le chemin en tendant le bras :

« Je te suis ! Allons chez le marchand de bonbons, comment s’appelle-t-il ?

- Madame Cristen ! » crie-t-elle en prenant ma main et en m’entraînant à sa suite.

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MessageSujet: Re: [Quête]Snif, snif, bouhouhouhou ! Mer 1 Juil 2015 - 21:01


Winter
[Quête] Snif Snif Bouhouhouhou !


Il nous faut quelques minutes pour atteindre l’échoppe bariolée qui trône au bout d’une rue presque déserte. Il est déjà tard et les ombres des bâtiments commencent à plonger la ville dans la pénombre. Nous devons nous dépêcher, dans quelques heures il fera nuit. La petite et moi toquons au carreau mais il semblerait que la propriétaire du magasin soit déjà rentrée chez elle. Nous cherchons une solution, toquons plus fort et tentons de forcer la porte mais rien à faire … L’échoppe refuse obstinément de nous laisser entrer. Je soupire et regarde le loquet en demandant si ma vérité pourrait nous permettre d’entrer sans casser la vitre car je doute que la valeur de la barrette soit supérieure au coût des réparations de cette baie vitrée. Alors que j’observe avec attention, je remarque que le loquet n’est pas très sophistiqué. Je me demande si c’est parce que nous sommes dans la ville du Temple et que les voleurs n’agissent pas ici. Ils ont tort à mon avis. Les pèlerins ne respirent pas la richesse et la ville est loin d’être opulente mais les étals sont nombreux et les prêtres richement décorés. Mais peut-être que même le pire des voleurs a assez de jugeote pour ne pas s’attaquer aux représentants des Dieux eux-mêmes.

Je reporte mon attention sur le verrou. La porte, qui semble être un peu cassée comme si elle avait été malmenée par de nombreux clients voulant entrer hors des horaires d’ouverture, était légèrement entrouverte, uniquement retenue par un loquet tordu. Bien que je sois loin d’être experte en crochetage, il semblerait qu’il soit assez simple. Pour ce que j’en vois du moins. Je me tourne vers la petite et lui désigne le mécanisme en lui expliquant mon plan. La petite me regarde avec de gros yeux, visiblement choquée que je lui propose de ‘braquer’ le magasin de bonbons. Sa bouche ouverte comme celle d’un poisson me fait sourire et je lui demande si elle veut essayer. Elle me considère avec un air sérieux et mâture que je n’aurais pas soupçonné chez elle avait de me déclarer :

« Soit, je peux essayer mais je te préviens : je n’y crois pas du tout et si on nous découvre, on va se faire gronder ! »

Je regarde autour de nous. Quelques Namès vont et viennent mais très peu font attention à nous. Tant mieux ! Je me demande où ils sont tous passés. Peut-être sont-ils allés au Temple où sont-ils rentrés chez eux pour le souper. Je me demande s’ils prient constamment, lorsqu’ils marchent en longue procession ou avant de manger par exemple. La voix aigue de la petite fille me tire de ma rêverie :

« Quel est ton nom ?

- Win.

- Win la Voleuse ? »

Je plisse les yeux. Je n’aurais pas dit ça comme ça. Je ne pense pas être réellement une voleuse, quoi que je sois coupable de quelques larcins. J’ai toujours entendu parler des guildes de Voleurs par mon père qui les décrivait comme des fainéants : il me racontait souvent qu’il en avait rencontré un, une fois et que ce dernier lui avait expliqué qu’il voulait car il ne voulait pas trouver de travail honnête et surtout, pas de travail régulier. Il voulait pour que chaque journée soit différente, pour l’adrénaline, pour pimenter sa vie et, surtout, pour que les riches soient moins riches et que les nobles hautains descendent de leur piédestal. Ce point de vue me plait, bien que j’ai passé une rude journée après l’avoir avoué à mon père. Il répétait que ce n’était pas digne de mon éducation. Il aurait aimé me voir devenir Dragonnière seulement, je ne crois pas que cela soit réellement ma voix. Je suis trop … froide, lointaine… J’aime la solitude et je déteste avoir à consoler les gens et retirer des vies, même si c’est pour en sauver d’autres, me répugne. Mais je crois qu’il faudrait que je rencontre réellement un Voleur avant de me lancer corps et âme dans cette voie.

« Et toi ? Quel est ton nom ?

- Lehmina. »

Je souris et la regarde passer petits doigts fins dans la fente de la porte pour tenter de soulever le loquet. Elle essaye par trois fois avant de retirer ses doigts rougis et de m’annoncer d’un air déçu :

« C’est fermé, Win … Je ne pourrais pas récupérer ma barrette …

- Laisse moi essayer.

- Mais tes doigts sont au moins dix fois, non, cent fois plus gros que les miens !

- Oui mais je suis Win la Voleuse n’est ce pas ? » dis-je en accompagnant mon sourire d’un clin d’œil.

J’invoque alors un petit lutin de glace comme j’en ai l’habitude et lui chante ma demande dans la langue des glaces. Le lutin avance sa petite main dans la fente de la porte, comme Lehmina un peu plus tôt. Mais là où ses doigts étaient trop gros, ceux du lointain pouvait s’affiner à volonté, perdant des lamelles de glace à chaque frottement avec les bords de la porte, il finit par pouvoir glisser ses fins membres de glace jusqu’au loquet. Il lui fallut essayer plusieurs fois avant de déverrouiller la porte. Lehmina poussa un cri de joie et se mit à sautiller sur place en balançant les bras en l’air comme un poulpe furieux.

« T’as réussi, Win !

- Evidemment ! »

J’éclate de rire à mon tour, étonnée des possibilités inestimées qu’offre la maîtrise de la glace. Nous jetons un coup d’œil autour de nous et pénétrons dans l’échoppe. J’ouvre alors des grands yeux émerveillés en tous points semblables à ceux de l’enfant qui m’accompagne. Des milliards de gâteries sucrées ornent les murs comme un arc-en-ciel après la pluie. Une odeur capitonnée m’atteint. Des fleurs fanées décorent le comptoir composé d’une simple planche de bois mais je doute que quelqu’un le remarque. Il y a plus de couleurs dans cette salle qu’il ne m’a été donné de voir dans toute ma courte vie ! Je n’aurais jamais cru que de simples sucreries puissent donner quelque chose de si beau à voir ! Lehmina s’approche furtivement d’un étage particulièrement appétissant mais je la retiens par l’épaule.

« On a une mission à accomplir, Lehmi. Nous ne sommes pas là pour voler.

- C’est étrange comme recommandation venant de la bouche d’une voleuse !

- Je ne suis pas une voleuse … » je soupire.

Même si, il faut l’avoue, ces jolies choses semblent nous appeler pour les manger. Mais je sais que même un voleur de carrière -si l’on peut appeler cela une carrière- n’en ferait rien : leurs larcins ne font pas souffrir les pauvres et j’ignore la situation de cette Madame Cristen mais je me doute que si elle croulait sous l’or, elle ne se contenterait de tenir une minuscule boutique de sucreries dans une rue éloignée du centre. Je serre son épaule entre mes doigts pour obtenir son attention :

« Lehmi, cherche ta barrette sur le sol. Et ne touche pas aux bonbons ! Le Lùinwë te surveille de toute façon, et on ne peut pas tromper l’oiseau du bonheur ! »

La petite grogne, lance à regard mauvais à l’oiseau de glace qui s’est posé sur le comptoir et s’agenouille pour chercher sous les tables et les récipients qui contiennent des sucres d’orges. Je m’approche du comptoir et entreprends de fouiner un peu, au cas où quelqu’un l’aurait trouvée par terre et ramener à la vendeuse ou même si elle l’avait trouvée elle-même en nettoyant son magasin. Je dois me faire violence quand des tonnes de billets (plus que je n’en ai jamais vu !) s’étalent sous mes yeux. A croire qu’elle ne ramasse jamais sa caisse ! Cependant, je ne touche pas à l’argent et continue de farfouiller dans les tiroirs. Au bout de vingt bonnes minutes de recherche, nous devons nous rendre à l’évidence : la barrette n’est pas là. La mine déconfite, Lehmina me rejoint en me demandant ce que nous allons faire désormais.

« Tu m’as dit qu’elle se trouvait peut-être au parc n’est pas ? »

La petite fille agita la tête, faisant danser ses mèches couleur du sable. J’hoche la tête à mon tour en réfléchissant. Je ne sais pas où se trouve le parc mais elle saura me dire les chemins qu’elle a emprunté. Nous sortons et tirons la porte derrière nous. Le loquet retombe suite à l’impact. Je m’en réjouis. Je m’en serais voulu si j’avais appris qu’elle avait été cambriolée par notre faute ! Nous nous retournons dans la rue quand un garde nous aborde.

« Je peux vous aider ?

- Euh non non, merci bien. »

Je suis un peu étonnée de son intervention mais je ne dis rien. Il port les armoiries de la ville de Déoli et doit crevé de chaud sous son armure, pauvre de lui ! Je rapproche Lehmina de moi, en espérant qu’elle ne dira rien. Je sais parfaitement que nous n’avions pas le droit de rentrer ainsi dans cette échoppe et je me demande ce que le garde a vu et ce qu’il compte faire. Je garde donc, aussi étonnant que cela puisse paraître, un silence poli.

« Cette échoppe est fermée à cette heure-ci.

- Nous avons vu. »

Il s’avance entre nous et pousse la porte … qui lui résiste, verrouillée. Ses sourcils se rejoignent pour se transformer une ligne d’incompréhension. Il nous regarde tour à tour, pousse une nouvelle fois la porte puis, comme elle refuse de s’ouvrir, s’en éloigne pour se replacer devant nous.

« Que faisiez-vous à l’intérieur ?

- Nous sommes venues voir Madame Cristen » j’enchaine aussi rapidement que je le peux pour que Lehmi ne puisse prendre la parole. « Je suis sa cousine et voici ma fille, Laona. Nous sommes venus lui passer le bonjour.

- Madame Cristen n’habite pas ici.

- Certes, mais elle est reste très souvent dans son arrière-boutique pour lire sans être importunée.

- Comment êtes vous entrer ? » Son air est soupçonneux, son nez plissé comme s’il cherchait à flairer le mensonge. « La porte est verrouillée.

- Avec la clef bien sûr ! » Je lui sers un sourire innocent. « Elle nous l’avait donné pour que je passe lui rapporter les sous que je lui avais emprunté. Je les ai posé dans sa caisse et ai fermé de l’intérieur pour que le double de ses clefs ne lui manque pas plus longtemps.

- Alors rentrez vite chez vous désormais. » Il nous dévisage mais n’a rien à nous reprocher. « C’est l’heure de prier, pas de traîner dans les rues.

- Bien évidemment ! Bonne soirée à vous ! Et que les étoiles vous guident ! »

Nous déguerpissons sans demander notre reste et surtout, sans tenir compte de son air d’incompréhension qu’à provoquer ma bénédiction -tirée d’un livre sûrement ! Nous marchons jusqu’au coin de la rue puis Lehmina s’écroule de rire sur le sol. Je la rejoins et il nous faut quelques minutes pour retrouver la capacité de parler :

« Trop forte Win ! Ahah tu aurais dû voir sa tête à la fin ! Il voulait nous arrêter mais il ne pouvait pas ! Comment as-tu fait ?

- Le talent que veux-tu ? »

Un sourire s’étend sur mes lèvres alors que nous nous levons pour rejoindre le parc.

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Dernière édition par Winter C. Eliwën le Jeu 2 Juil 2015 - 1:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête]Snif, snif, bouhouhouhou ! Mer 1 Juil 2015 - 23:43


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Elle me guide à travers un dédale de rue, regardant attentivement sous ses pieds si elle ne trouve pas sa broche. Pendant ce temps, elle babille tant et si bien que je commence très sérieusement à envisager de lui concocter un bâillon de glace. Mais je décide de garder mon énergie et ma salive en me contentant de l’écouter d’une oreille distraite :

« Tu sais, nous faisons ce pèlerinage tous les ans avec ma famille ! Même ma trèèès vieille grande tante nous accompagne ! Nous venons de très loin ! Nous habitons dans une petite maison, isolée avec quelques autres. Dont celle de Valis ! Notre village se trouve plus du côté de Terna, vers la montagne ! Nous avons une vue magnifique et – »

Je perds un peu le fil et me concentre un peu plus sur la route sous nos pieds pour être sûre de ne pas louper la barrette si elle s’y trouve. Je rassemble dans ma tête les questions que j’ai sur les Namès. Quitte à ce qu’elle parle, autant qu’elle parle pour dire quelque chose d’intéressant ! Sans quitter le sol des yeux, je lui demande gentiment, tout à fait consciente de la couper :

« Pourquoi les Namès font le pèlerinage ?

- Tu t’en fous de ma vie c’est ça ?

- Oui. »

Au moins c’est dit. Je n’aime pas mentir de toute façon ! Elle paraît un peu vexée, ce qui est sûrement compréhensible, et se mure dans le silence. Je souris, j’éprouve un plaisir pervers à la voir tenter de paraître digne et offensée alors que je vois bien qu’elle brûle d’envie de parler.

« Si tu réponds à mes questions je répondrais aux tiennes.

- Une chacune alors ? » me demande-t-elle après un temps de réflexion.

J’acquiesce et l’écoute. Elle me raconte qu’il est très important pour les Namès -les Sages Hommes comme elle dit- de le faire chaque année si l’on s’en sent la force physique. Elle m’explique les prières et qu’ils tentent d’honorer chaque dieu sans favoritisme. Je ne sais pas différencier ce qui est propre à sa famille et ce qui est commun aux Namès en général mais je l’écoute néanmoins me décrire l’intérieur du temps, les prières autour d’un feu de bois puis le jour où sa mère lui a offert sa barrette pour ses dix ans. Ce chiffre m’étonne car elle est si petite et si frêle que je ne lui en aurais donné bien moins ! Mais cela explique toutes ces phrases que je trouvais bien mâtures pour une fillette de six ans. Cette barrette est chez elle un symbole d’unité, d’une sorte d’appartenance aux Namès et aux familles qui respectent le pèlerinage annuel. Je comprends alors son importance, d’autant plus que Lehmina m’explique qu’elle se transmet de générations en générations. Elle se tourne alors vers moi :

« Qu’es-tu toi ? Tu n’es pas une Namès comme moi. »

Je souris. Nous arrivons au parc désormais. Je la laisse me guider dans les allées en réfléchissant à la manière dont je vais lui expliquer d’où je viens et ce que je fais là. Nous examinons six bancs disposés en cercle quand je commence mon historie :

« Je ne suis pas une Namès et je ne suis même pas humaine tu sais. » Elle se retourne avec de grands yeux mais je continue de chercher dans le sable. « Je suis une Héléo, une fille d’Eliosa, la Déesse de la Mer. »

Elle s’écarte pour aller chercher au pied d’un arbre et je la rejoins pour en examiner la base à la recherche de sa broche mais tout est vert et marron ici, pas de blanc à l’horizon. Elle semble réfléchir à ce que je viens de dire, aussi j’en profite pour me taire.

« Elle n’est pas ici » chuchote-t-elle en reprenant le chemin. « Je ne savais pas qu’il existait des enfants de la Mer. » Elle semble chercher ses mots désormais : « Tu vis vraiment sous l’eau ?

- Je peux, si je veux » je réponds avec un sourire. « Ma mère habite sous l’eau.

- Et ton père ? » Elle hoche immédiatement la tête. « Non laisse, ça me regarde pas. » Je sais qu’elle aimerait savoir mais je garde le silence alors elle continue : « Vénère-tu tous les Dieux ? »

Je la regarde. C’est une question intéressante. Je me mets à chercher la barrette avec plus d’intensité, pour me laisser le temps de réfléchir. Nous examinons des bancs où elle s’est assise, des arbres où elle a grimpé et même l’herbe où elle a marché mais la barrette reste introuvable. Je vois bien que la petite désespère mais je n’ai pas de solution pour le moment et le parc est immense. Depuis plusieurs minutes déjà, des lutins de glace -minuscules pour pouvoir être nombreux- nous accompagne dans nos fouilles mais leurs chants tristes m’indiquent qu’ils n’ont toujours rien trouvé.

« Tu sais, quelqu’un l’a peut-être trouvé …

- Sûrement. » Elle pousse un soupir déchirant. « Si c’est Valis je ne la retrouverai jamais …

- Pourquoi l’aurait-t-il ? Et comment aussi ?

- Il passe son temps à me suivre et à m’embêter. Si je l’ai fait tomber il l’a sûrement vu et ramassé.

- Alors pourquoi cherchons nous dans ce parc immense si tu sais qu’elle n’y est pas ? »

Je commence à monter le ton. Je suis fatiguée, je ne serai pas payée, j’ai raté l’heure du dîner et voilà qu’en plus nous cherchons en vain ! Lehmina baisse piteusement la tête et s’excuse avant de tenter de se justifier :

« Je ne voulais pas aller chez lui et j’espérais que …

- Bon fini d’espérer on y va ! Allez hop ! »

Je la pousse devant moi et elle reprend le chemin de la ville. Je soupire : voilà que pour couronner le tout nous faisons demi-tour ! Il fait presque nuit désormais et je sais qu’il va falloir nous dépêcher de rentrer. La petite marche quelques minutes en silence avant de me demander d’une petite voix :

« Tu m’en veux ?

- Un peu.

- Tu ne répondras pas à mes questions alors.

- … Je ne vénère pas tous les dieux » dis-je après un soupir. « Je trouve que ça ne sert à rien. Pourquoi prier pour la déesse de la perfidie ou le dieu de la désolation ?

- Pour qu’ils soient cléments ?

- Je pense qu’ils s’en fichent et qu’ils agissent uniquement selon leur humeur.

- Qui pries-tu alors ? »

Je marque un nouveau temps d’arrêt. Nous sommes arrivées parmi les maisons désormais. Lehmi me traine dans les rues jusqu’à une belle bâtisse. Je comprends à la façon dont elle s’arrête devant que nous sommes parvenues à destination.

« Je prie Worgen car la glace et la solitude sont mes éléments, je prie Ethaliel pour qu’elle m’aide à créer mes statues, je prie Poliote pour sa sagesse et son indépendance, Je prie Séliope pour la Justice et je prie Eliosa car c’est notre Mère. »

Je me demande si l’enfant médite mes paroles ou si elle cherche à gagner du temps avant de devoir affronter Valis. Je comprends qu’il y a un peu des deux lorsqu’elle me lance d’une voix sans appel :

« Tu as tort. »

Puis elle monte les quelques marches et actionne le heurtoir.

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MessageSujet: Re: [Quête]Snif, snif, bouhouhouhou ! Jeu 2 Juil 2015 - 1:38


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Il se passe quelques instants avant que des bruits de pas ne se fasse entendre dans la maison, légers comme ceux d'un oiseau. Contre toute attente, ce n’est pas un majordome maigrelet qui nous ouvre mais un jeune garçon bien bâti qui doit avoir une douzaine d’année. Il a la peau très foncée et des cheveux très noirs et porte une tunique rouge brodée de fils jaunes et un pantalon aussi sombre que sa chevelure. Ça change des Namès tout de blanc vêtu que j'ai vu tout au long de la journée ! Mais peut-être qu’il sort de chez lui habillé en blanc, après tout, nous venons le déranger chez lui, au du moins, là où il loge durant le pèlerinage. Lehmi manque de s’étrangler en le voyant et j’en conclus que cela doit être le fameux Valis dont elle m'a rabattu les oreilles toute la journée. J’essaye de le voir par ses yeux d'enfants. Valis est assez grand, costaud, peut-être même effrayant pour elle de par sa carrure et sa couleur. Elle est si fragile et si peu habituée à la différence ! Bien qu'elle soit étonnamment ouverte d'esprit, je dois le reconnaitre. Je continue de jauger le garçon. Peut-être pourrais-je le qualifier de beau, aux yeux d’une gamine tout du moins car pour moi, le qualificatif mignon s’appliquerait avec plus d’exactitude. Et encore.

Je m’apprête à parler quand un homme tout aussi noir de peau et de cheveux vient se placer derrière Valis. Incontestablement son père. Même forte carrure, même yeux noirs perçants. Il nous détaille et avant que nous n’ayons pu dire quoi que ce soit, il déclare d’une voix étonnamment grave, avec un fort accent que je n’ai jamais entendu jusqu’à maintenant :

« Je suis Trendis. » Il me dévisage un instant. « Vous semblez venir de loin Dame Héléo. Puis-je vous être utile ? »

Il est fort poli mais je n’ai absolument plus envie de parler tant j’ai l’impression qu’il m’aplatira d’un coup de poing au moindre mot de travers. Je suis surprise cependant qu’il ait reconnu que je suis une héléo. Je n’ai pourtant plus mes lutins de glace à mes côtés depuis un moment. Cependant, le Lùinwë volette toujours discrètement. Peut-être que cela lui a mis la puce à l’oreille. Ou peut-être est-il juste doué ou connaisseur. Je le fixe dans les yeux et me présente à mon tour.

« Bonjour, je m’appelle Win et nous sommes à la recherche d’une barrette. Noire ornée de fleurs blanches et de perles bleues et roses. Lehmina a soulevé l’hypothèse que votre fils pourrait l’avoir trouvé.

- Pourquoi l’aurait-il trouver ?

- Ils étaient au même endroit cet après-midi, lorsqu'elle l'a perdue. »

L’homme me tient un instant sous son regard profond avant d’inspecter la pauvre petite Lehmina de la même façon. Il se tourne alors vers son fils et sans même un mot, ce dernier sort la broche de sa poche. Lehmi pousse un cri en la voyant couverte de boue, les fleurs de tissus froissées et pliées dans tous les sens. Les larmes lui montent aux yeux et je me mets à prier pour qu’elle ne pleure pas. Mais je pense qu’elle n’en fera rien, pour ne pas donner une raison à Valis de se moquer d’elle. Pourtant, devant nous, les yeux fixant le sol et les épaules voutées, il ne pas l’air guère impressionnant et ne ressemble pas à un caïd. Il tend la broche à son père puis, comme il ne bouge pas, me la tend.

« Je ne crois pas que cette broche soit celle de la Dame Héléo, Valis. »

Son ton est si froid et autoritaire que je n’ose même plus cligner des yeux. Tout penaud, le jeune garçon se trouve bien obligé de s’avancer vers Lehmina et de lui tendre en s’excusant de l’avoir laissé s’abîmer dans sa poche. La petite baisse les yeux et le remercie vaguement. L’Homme noir nous fixe l’une et l’autre, nous souhaite une bonne soirée et faire sa porte brusquement. Nous descendons quelques marches et Lehmi me fait tournerà droite, dans la direction opposée à celle d'où je suis venue.

« Pas très chaleureux.

- Je n’imaginais pas son papa comme ça. C’est peut-être pour ça que Valis est méchant et ne rit jamais. »

Je hausse les épaules. Je ne sais pas et je m’en contrefous. Cependant la petite, marchant dans une direction qui est sûrement celle de sa maison, semble chercher mon approbation. En fait, elle semble même accabler, comme si cette révélation la touchait personnellement ou changeait sa vision du monde. Je soupire et regarde la rue sombre devant nous pour ne pas voir ses yeux larmoyants :

« Tu devrais aller lui parler, c’est sûrement un bon gars au fond. »

C’est à son tour de hausser les épaules. Mais nous sommes arrivées chez elle désormais. La maisonnée est moins impressionnante que celle de Trendis et Valis mais elle reste tout à fait correcte, à la limite du luxe pour une fille comme moi qui n’habite qu’une masure au fond de l’Océan. Elle me saute au cou et m’embrasse sur la joue en me remerciant chaudement. Elle monte les marches menant aux perrons et, avant d’ouvrir la porte, se retourne et me lance :

« Je prierais tous les Dieux pour toi, Win la Voleuse. Et que les étoiles te guident ! »

Elle sourit et disparaît en agitant vivement sa petite main couleur de lune, me laissant avec la nuit, les étoiles et ses conseils pour seule compagnie.

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[Quête]Snif, snif, bouhouhouhou !

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