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[Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr

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MessageSujet: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Ven 26 Juin 2015 - 15:20

Le labyrinthe d'Ekha


1er Samùn 1248

Mise en Contexte
Au fin fond de la plaine isolée, on raconte qu'un labyrinthe aurait été bâti autour de la tombe de l'illustre Ekha un ancien riche qui aurait été enterré avec sa fortune. Vous avez entendu parlé de cette légende il y a peu ou durant votre enfance, mais quoi qu'il en soit, aujourd'hui vous avez décidé de vous y rendre. Après un long voyage, vous arrivez enfin devant le labyrinthe qui vous propose trois entrées, faites attention, car on raconte que ce labyrinthe fait de haies serait vivant et qu'il s'amuserait à changer le trajet vers la tombe d'Ekha.

Déroulement de la Quête
La quête se décompose en 3 parties, une introduction, le temps passé dans le labyrinthe et on finit avec la découverte du trésor.

Votre premier message consistera à nous dire pourquoi vous avez décidé de venir en ces lieux, puis vous arrivez devant l'une des trois entrées proposées. Il vous faudra alors nous dire laquelle vous choisissez, tout en la mettant entre cette balise :[ hide ] l'entrée ... [ /hide ]

Un maître du jeu postera entre chacun de vos messages une petite mise en contexte que vous devrez reprendre, mais ne vous limitez pas à répéter ses propos. Nous vous invitons fortement à contrôler également la quête en allant plus loin que ce nous vous proposons.



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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Sam 27 Juin 2015 - 2:16

C'était une chaude journée d'été à Saona; Ailse venait d'avoir treize ans. Elle commençait tout juste à se remettre de la perte de sa mère. Elle souriait presque autant qu'avant, et l'on pouvait parfois apercevoir sur son visage le bref éclat d'un sourire sincère, pur, et sans une once d'hypocrisie. Son père espérait qu'elle oublierait vite, et qu'elle vive sa vie sans être gênée par ce fardeau qu'elle s'était imposée. C'était son rôle à lui de porter ce poids, sa faute à lui, pas à elle. Il était parti, plus tôt dans la matinée, sans doute pour aller boire. Ailse ne savait pas où, mais elle ne s'en faisait pas pour lui. Pas vraiment.

Elle avait passé sa journée avec sa cousine Ceirdra, à jouer et à discuter. Les deux filles étaient proches, et Ceirdra semblait aimer la soutenir et la défendre si besoin était. Elle lui avait montré sa clairière, son endroit secret qu'elle seule connaissait. Elles avaient mangé là, un repas préparé par son oncle et sa tante puis, le soleil commençant à tomber sur l'horizon, s'étaient séparées.

Ailse était rentrée chez elle uniquement pour trouver la maison vide. C'était étrange. D'habitude, son père rentrait avant la nuit. Il savait qu'elle n'aimait pas être seule, dans leur habitation à l'écart de la ville. Il ne savait pas cependant que cette angoisse était liée à la mort de sa mère et aux cauchemars qu'elle faisait sur ce jour. Et Ailse préférait que cela reste ainsi. Elle ne voulait pas inquiéter son père inutilement.

Elle attendit une heure, faisant les cent pas dans la pièce principale, et ne le voyant toujours pas arriver, décida d'aller le chercher. Il devait sans doute être évanoui, ivre, dans une de ses tavernes favorites, où bien trop saoûl pour retrouver son chemin, il avait choisi de dormir à la milice. Mais elle voulait quand même s'assurer qu'il allait bien, même si les risques à l'intérieur de Saona étaient minimes comparés à ceux de la forêt.

Aussi elle enfila une cape marron, trop grande pour elle, qui lui appartenait, alluma une torche et s'aventura sur les passerelles de la capitale, prête à faire la tournée de tout les pubs de la ville s'il le fallait.

Elle commença par l'établissement d'un ami de son père, où elle savait qu'il aimait passer du temps. Il était aussi souvent fréquenté par des membres de la milice, qui pourraient peut-être lui donner des informations utiles. Malheureusement un coup d’œil lui suffit pour constater que cela ne serait pas aussi facile. Elle s'y attendait un peu. Après tout, ce qu'on cherche est toujours dans le dernier endroit auquel on regarde...

“- Hé, ce serait pas la fille de Cansídhr, là-bas ?”

Ailse tourna la tête en direction de la voix, réagissant à la mention de son nom de famille. Un homme, probablement la quarantaine, carquois sur le dos et arc appuyé contre le comptoir, discutait avec le tavernier, tout en lui lançant des coups d’œil plus ou moins subtils. Ailse ne le reconnaissait pas, mais sa tenue et son armement indiquait que c'était un milicien. Probablement un collègue de son père, s'il connaissait leur nom. Peut-être pourrait-il l'aider.

Ailse s'avança vers eux, captant leur conversation. Si, c'était bien la fille de Saniel Cansídhr. Oui, elle venait souvent ici, pour écouter des histoires, manger un morceau avec son père, ou avec des amies. Sa vie. Rien d'exceptionnel, ni de hautement secret. Elle s'assit sur le tabouret à côté des deux hommes et posa la question qui l'avait faite venir jusque dans cette taverne.

“- Excusez-moi... Vous travaillez bien à la milice, non ? Vous connaissez mon père ? “

L'archer lui sourit, vida sa chope d'une seule traite et tourna son siège pour se retrouver face-à-face avec la jeune fille. Il se pencha en avant et lui répondit d'une voix claire, à peine voilée par l'alcool.

“ - Bien sûr que j'le connais ton père ! Un type bien, honnête, et un bon tireur. On est dans la même brigade. “

L'espoir d'obtenir une piste tangible, solide, de cet individu semblait à portée de main à Ailse. Elle s'avança un peu et sourit. Elle avait appris qu'un sourire pouvait ouvrir n'importe quelles portes à une jolie fille, et même si elle n'aimait pas tromper ou mentir, elle pouvait faire des exceptions. Uniquement quand cela concernait ceux qu'elle aimait.

“ - Et...vous sauriez pas où il est ? “

Le milicien réfléchit quelques instants, puis adressa un autre sourire à Ailse.

“ - Non, désolé. Il a juste dit qu'il finissait et qu'il irait boire un coup, mais j'pourrais pas te dire où. “

Ailse était déçue. Plus de piste. Elle devrait repartir, au crépuscule, avec la seule vacillante lueur de sa torche pour guide – c'était la nouvelle lune – en évitant les ivrognes et les recoins mal famés. Sans arme. A treize ans. Son interlocuteur avait dû lire sa déception sur son visage, car il reprit, d'une voix plus douce.

“ - T'inquiètes pas pour lui, va. Il ira bien, il sait se défendre. Oh, tu sais quoi ? Attends-le ici, il passe toujours boire avec nous après le service. Et s'il est pas là quand j'aurait fini mon repas, j'viendrais avec toi le chercher. Ca te va ? “

Ailse se reprit, sourit, et opina. C'était sans doute le meilleur plan possible. Elle risquerait moins si quelqu'un l'accompagnait, et il connaissait les tavernes fréquentées par les miliciens. Et s'il tentait quoi que ce soit, peu importe combien elle la craignait, elle savait que sa Vérité la protégerait. Elle demanda donc un verre d'eau et s'assit plus confortablement, écoutant le tenancier raconter une autre de ces histoires dont il avait le secret.

“ - Il y a longtemps, fort longtemps, dans un minuscule hameau de la Plaine Isolée, vivait un homme très riche. On raconte qu'il était si riche que des piles de pièces d'or montant jusqu'au plafond étaient visibles dans toutes les pièces. Il était si riche qu'il mangeait dans des assiettes en or, utilisait des couverts en argent et buvait dans des verres en diamant. Il était si riche que ses vêtements étaient fait dans le plus rare des tissus, et teintés des couleurs les plus vives et les plus chères. Il était si riche que sa maison était faite entièrement de marbre. Il était si riche qu'il avait ses propres autels, chefs-d’œuvres sanctifiés par chaque représentant de chaque Dieu, voire par les Dieux eux-mêmes. Il était si riche que lorsqu'on entrait dans son coffre, l'éclat de son or se comparait à celui du soleil à son zénith. Son nom était Ekha.”

Ailse écoutait, captivée autant par l'histoire que par le talent de conteur et la voix du tavernier. Elle pouvait voir dans son esprit la maison d'Ekha et sa pâleur immaculée, ses richesses étincelantes emplissant tout les recoins, et Ekha lui-même, seul à sa grande table avec ses couverts dorés.

“ - Mais Ekha était un homme très seul. Tous convoitaient sa fortune, aussi ne faisait-il confiance à personne. Il n'avait ni femme, ni enfants, et approchait de l'heure de sa mort. Et il ne voulait pas que son incommensurable trésor soit perdu, volé, ou pire, finisse dans les mains des dirigeants de sa confrérie. Alors, afin de conserver éternellement ses biens, il fit construire un immense labyrinthe, et fut enterré en son centre avec toutes ses richesses. Et tout ceux qui ont essayés de violer sa sépulture, guidés par leur cupidité, n'ont plus jamais été vus dans le monde des vivants...”

Ailse frissonna à ces mots. Le conteur termina par les paroles habituelles – qui serait assez brave pour déjouer les pièges mortels de ce labyrinthe maudit, qui réussirait à ramener la fortune d'Ekha chez lui – mais elle ne l'écoutait plus. A la porte, en uniforme, l'arc sur le dos, se tenait son père. Un grand sourire illuminant son visage, elle se leva et se jeta dans ses bras.

“ - Papa ! J'étais inquiète ! T'aurais pu rentrer plus tôt, ou au moins envoyer quelqu'un me prévenir ! “

Presque sept ans plus tard, Ailse se souvenait encore de ces histoires, et de celle qu'il lui avait raconté ce soir-là. Ekha et son labyrinthe. Elle n'avait jamais été avide d'argent, mais dans sa situation actuelle, ça serait sa meilleure chance. Son père avait accepté de la laisser partir à condition qu'elle lui prouve qu'elle pouvait se débrouiller seule, qu'elle pouvait se sortir de situations dangereuses, qu'elle pouvait s'occuper d'elle-même.

Elle avait alors repensé à cette légende, cette histoire qu'il avait juré vraie de vraie. Elle en parla à son père, lui dit que si elle réussissait à revenir du Labyrinthe d'Ekha vivante, alors ce serait une preuve suffisante. Son père accepta, sachant très bien qu'il ne pourrait retenir sa file à ses côtés jusqu'à la mort, et que tout ce qu'il pouvait faire pour elle était de lui donner toutes les armes dont elle pourrait avoir besoin.

Alors elle partit, à l'aube, un sac de vivres sur l'épaule, une gourde à la ceinture, son arc et ses flèches dans le dos et sa dague à la cuisse. Elle ferait la route à pied, autant par choix que par obligation – elle n'avait aucune monture, et chevaucher une proie ne lui plaisait guère.

La route fut longue et épuisante, semée de dangers divers et variés. Animaux sauvages, bandits, rivières en crue, incendie à l'auberge. Cette soirée-là était mémorable. Un type très enthousiaste payait des tournées générales lorsqu'elle arriva, trempée et fourbue après une journée particulièrement longue. Il l'accueillit chaleureusement, lui faisant de la place près du feu, lui payant à boire, discutant. Bien entendu, cet être infâme avait un tout autre but derrière la tête.

La nuit tombée, alors qu'Ailse dormait, il révéla ses véritables intentions. Il s'introduisit subrepticement dans sa chambre et s'approcha de son lit, avec l'idée de s'amuser un peu avec la demoiselle avant de la tuer et de voler ses biens. Cependant, son ouïe affûtée et son instinct de chasseresse la réveillèrent à temps. L'abominable individu ne s'avoua pas vaincu pour autant, et sortant son couteau, un vieux bout de ferraille rouillé ressemblant plus à un pieu, tenta de la poignarder.

Ailse n'avait pas sa dague, et son arc ou sa Vérité ne lui servirait pas à cette distance. Aussi, elle croisa les bras devant elle, espérant détourner le coup et avoir le temps de saisir le manche de Mirlis qui traînait sur le meuble à côté. Mais le violeur n'était rien de plus qu'un vulgaire amateur, et son coup de couteau était maladroit. Au lieu d'atteindre l'épaule ou le flanc, il allait lui transpercer le cœur.

La lame se brisa sur un étrange bouclier jaune pâle apparu brusquement et couvrant les bras d'Ailse. L'horrible pervers en fut pétrifié de stupeur. Ailse en profita pour le repousser, le renversa et saisit sa dague. Le lâche s'enfuit sans demander son reste, faisant tomber dans sa course désordonnée une des torches qui éclairaient le couloir. Ailse eut le temps de s'habiller et de s'enfuir, mais de justesse. Elle ne put rien faire pour ceux qui restèrent emprisonnés dans le bâtiment en flammes, cependant elle se doutait que tous étaient du même acabit que son agresseur. Aussi ignora-t'elle simplement les cris de ces meurtriers et reprit sa route.

L'aube la vit en train de manger, assise sous un arbre au bord de la route. Elle avait passé un virage particulièrement serré un peu avant, et la marche de nuit associée aux événements de l'auberge l'avaient définitivement épuisés. Alors qu'elle allait s'allonger sur une grosse branche, pour n'être la proie ni des voleurs ni des bêtes sauvages, elle entendit une voix qu'elle reconnut instantanément. Le type d'hier soir. Apparemment, il s'en était tiré, et il avait amené des amis à lui pour se venger.

“ - Elle ne doit plus être loin ! Elle va voir cette salope que le grand Aer Leocir ne se laisse ridiculiser par personne ! Personne ! “

Ailse soupira et tira son arc, encochant une flèche, prête à blesser le premier de ces mécréants qui passerait le tournant de la grand-voie. Et à peine quelques minutes plus tard, la tête d'un des affreux apparut dans son champ de vision. Elle ouvrit les doigts, relâchant sa corde et libérant son silencieux projectile. Un bruit sourd suivi d'une chute amenèrent un sourire de satisfaction sur son visage. Toutes ces années d'entrainement avaient porté leurs fruits, finalement. Sa visée était excellente. L'homme se releva, la hampe de sa flèche fichée dans son bras droit. Un danger de moins. Ses camarades arrivèrent en courant, regardant tout autour d'eux pour repérer le tireur. Comme s'ils avaient une chance d'apercevoir ne serait-ce que la pointe en acier de ses flèches.

Son deuxième trait vint se planter profondément dans la cuisse d'un autre acolyte, et ses deux tirs suivants mirent à terre les deux autres complices. Seul son assaillant, cet Aer, était encore debout. Plus pour longtemps. Elle descendit souplement de son poste de tir et s'avança sur la route, l'arc à la main, la corde contre la joue, sans aucune flèche encochée.

Le bandit lui rit au nez, croyant qu'elle venait pour se rendre. Il la menaça, aussi, des pires tortures qu'il puisse imaginer. C'est-à-dire pas grand-chose de réellement terrifiant. Ailse sourit, et répondit d'une voix calme et détachée.

“ - Tu as fini ? Bien. Tu as vu ce qui est arrivé à tes petits copains ? Tu vas repartir, avec eux, et ne plus me chercher. Ensuite, une fois que tu seras loin, je rangerais mon arc et je repartirais de mon côté. Et tout se finira bien. “

Bien entendu, il s'écroula de rire à sa proposition, arguant qu'elle n'avait même pas de flèches prête à être tirée et qu'il l'atteindrait avant qu'elle ait pu en saisir une. Elle sourit et ouvrit les doigts, libérant sa Vérité. Une flèche jaune pâle, luisante et étrangement empennée, alla transpercer son bras de part en part avant de se ficher dans le sol derrière lui. Son air bravache disparut en quelques secondes, laissant place à la terreur la plus absolue.

“ - La prochaine ira dans ta tête. Reconsidères-tu mon offre généreuse ? “

Le vil voleur s'enfuit la queue entre les jambes, suivit par ses associés criminels boitant et trébuchant. Ailse repositionna son arc dans son dos et s'appuya contre l'arbre qu'elle venait de descendre. Une seule flèche était habituellement chose aisée, mais la fatigue de son voyage avait rendu le coût plus élevée que la normale. Elle prit note de ces détails, se rappelant aussi qu'il lui manquait maintenant six flèches. Elle devait être plus prudente et plus économe. Peut-être même prendrait-elle la journée pour reconstituer son stock de munitions.

Elle finit par arriver devant le Labyrinthe. Une structure immense, tentaculaire, faite de haies si hautes qu'elles lui bloquaient entièrement la vue. Elle n'aurait pas d'autre choix que de s'en remettre à son sens de l'orientation une fois entrée. Au moins elle était arrivée jusqu'ici. Elle était sûre que son père n'avait pas cru une seule seconde qu'elle irait jusqu’à l'entrée du dédale végétal. Il avait dû bien rire, les premiers jours, en imaginant sa fille rentrer trempée et blessée, disant qu'elle préférait rester dans la forêt des Mirlis. Il avait eu tort. Sa volonté était intacte. Elle ramènerait une preuve de son périple, quelque chose qu'il ne pourrait nier, et lui prouverait que ce n'était en rien des paroles en l'air. Que ses intentions n'avaient pas changées, qu'elles ne changeraient pas. Qu'il ne pourrait pas la retenir chez eux éternellement, peu importait à quel point elle lui rappelait sa mère où à quel point il voulait la protéger. Ailse était capable de prendre soin d'elle-même seule.

Elle reporta son regard sur l'obstacle devant elle. Trois entrées s'offraient à elle. Celle de droite semblait étroite et sombre, et Ailse aurait juré y avoir aperçu un serpent. Et elle haïssait les serpents. Elle passa à la suivante. L'entrée du milieu n'était guère plus rassurante, et le sol semblait être fait de boue, et prêt à se dérober sous ses pas. La dernière entrée, à sa gauche, n'était en rien plus engageante que ses sœurs. Elle avait même cru y voir quelque chose bouger. Elle frissonna, pas rassurée. Ce labyrinthe était vraiment effrayant. Et dire qu'il se finissait dans une tombe ! Ailse commençait à penser qu'elle aurait peut-être dû choisir une tâche plus facile, pour sa première vraie aventure. Que son père avait raison lorsqu'il lui disait de ne pas se précipiter au-devant du danger la tête la première. Ceirdra aussi lui avait fait remarquer qu'elle était trop téméraire, lorsqu'il s'agissait de sa propre personne. Peut-être avaient-ils raison. Peut-être devrait-elle faire demi-tour...

Elle secoua la tête et se ressaisit. Elle était arrivée jusqu'ici, après tout ! Et aucun d'eux ne l'en avaient cru capable ! Si elle se dégonflait maintenant, alors tout ça, tout ce chemin, ces dangers, ses belles paroles...Tout ne serait que du vent. Elle aurait fait tout ça pour rien. Elle serait une lâche, une peureuse. Non. Elle ne renoncerait pas. Elle allait triompher de ce maudit labyrinthe – ou de ce labyrinthe maudit, peu importait – et elle allait revenir chez elle. Elle prouverait à tous qu'elle était parfaitement capable de s'en sortir sans aide. Qu'elle était assez forte pour les protéger. C'était son tour de veiller sur eux. Et elle ne faiblirait pas. Elle se l'était juré. Tout ce qu'elle avait fait, ces années de tir à l'arc, de traque dans la forêt, qu'elle finisse par une proie abattue ou non, son entrainement...Son unique but était de protéger ceux qu'elle aimait. Et si elle ne pouvait pas se protéger elle-même, comment pourrait-elle s'occuper des autres ?

Sa volonté ravivée et plus forte que jamais, Ailse empoigna son arc, plaça une flèche sur la corde et, restant sur ses gardes, prête à armer et à tirer au moindre mouvement suspect, s'enfonça dans le sombre et maléfique labyrinthe d'Ekha, à la recherche du trésor légendaire...


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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Sam 27 Juin 2015 - 18:56

« Alors que vous continuez votre avancée depuis près de trois jours dans le labyrinthe, vous n'avez croisé aucun monstre malgré les cris stridents qui s'élevèrent à plusieurs reprises, vous vous rendez compte que cela fait maintenant un certain temps que vous n'avez plus rien entendu. Il n'y a plus aucun bruit et pourtant vous sentez toujours ce regard sur vous qui ne vous a pas quitté depuis votre entrée dans le dédales de couloirs. Au fur et à mesure que vous avancez le silence se fait de plus en plus profond, jusqu'à ce que vos yeux se posent sur ce qui semblerait être de loin un tombeau de pierre grise. Alors que vous vous dirigez vers la tombe, une ombre noire commence à se matérialiser devant vous, prenant peu à peu la forme d'un humain.

Il s'agit de la silhouette du gardien de ce labyrinthe qui se trouve dans un endroit inaccessible. Il aime se jouer des intrus en leur faisant peur, s'amusant à envoyer son esprit vers ceux qui s'approche trop près de la tombe. »



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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Dim 28 Juin 2015 - 21:26

Les allées de haies étaient étrangement vides. Se pouvait-il qu'il s'agisse d'un piège ? Que des ennemis l'attendent à un tournant, ou un carrefour, là où elle ne pourrait pas survivre à une embuscade, même avec sa Vérité ? Ou bien y avait-il quelque chose de si terrifiant au bout de son chemin que tout les autres êtres vivants avaient soit fui soit été tués ? Cette pensée la fit serrer son arc plus fort. Quoi qu'il puisse y avoir dans ce labyrinthe, elle ne lui donnerait pas la satisfaction de se laisser tuer sans se battre !

Ailse continuait à avancer, lentement, scrutant chaque recoin et chaque haie pour se prémunir d'un hypothétique danger. Le sol boueux laissait parfois apparaître une dalle de pierre usée et fendue, preuve que ces lieux existaient depuis bien longtemps. Elle se demanda un bref instant si elle ne devrait pas trouver les squelettes d'autres aventuriers plus malchanceux un peu plus avant dans le dédale, mais chassa bien vite cette pensée. Pour l'instant, sa seule préoccupation devait être ce qui pouvait lui arriver maintenant, pas ce qui pourrait peut-être se produire dans quelques heures.

Elle crut voir un mouvement sur sa droite et se retourna, l'arc pointé sur sa cible. Qui n'était rien d'autre qu'une haie agitée par le vent. Elle éclata de rire. Cet endroit...Cette atmosphère avait vraiment un drôle d'effet sur elle. Elle devrait faire plus attention, la prochaine fois. Dans son soulagement, elle ne se rendit pas compte d'une chose: le vent ne soufflait pas ici. Et les haies bougeaient de manière étrangement désynchronisées.

Elle continuait d'avancer, ne s'arrêtant ni pour boire ni pour manger. En territoire inconnu, et potentiellement hostile, son père lui avait suffisamment répété, si tu t'arrêtes de bouger, tu es morte. Aussi elle suivait ce conseil, gardant toujours une main sur son arc, prête à tirer. Elle allait triompher de ce lieu maudit, et elle allait rentrer chez elle, de préférence sans une égratignure. En tout cas, sans une égratignure récoltée en combat, se dit-elle alors qu'une branche mal taillée fouettait son visage, laissant une fine marque rouge sur sa joue.

Au fur et à mesure que les heures s'écoulaient, Ailse se rendit compte que quelque chose d'étrange se produisait sous ses yeux. Le soleil changeait de place. Elle s'arrêta, interdite. Comment le soleil pouvait-il changer de place ? Le pouvoir de ces lieux était-il si puissant ? Et plus important... Elle s'était guidée au soleil toute la journée ! Si le soleil bougeait aléatoirement, alors... Alors elle était perdue dans le Labyrinthe ! Non, calme-toi Ailse. Respire un grand coup, remet-toi à avancer. Si tu ne bouges plus tu es morte. Réfléchis. Le soleil à une trajectoire fixe. Ce qui veut dire que tu a dû relâcher ton attention, ne serait-ce qu'un instant. Ou alors...Les légendes sont vraies, et ce labyrinthe change de forme en permanence.

Ailse se remit en marche, essayant de se réorienter dans la direction du centre du labyrinthe. Le vent se faisait plus fort, et les branches de haies cinglant sa peau plus nombreuse, comme si... Comme si le labyrinthe voulait l'empêcher de prendre ce chemin. C'était totalement idiot, bien sûr. Impossible. Elle ne déniait pas que les plantes aient une vie – comment le pourrait-elle, en tant qu'ancienne ? - ni même qu'elles puissent communiquer, si tant est que la bonne personne leur parlait. Mais de là à ce qu'elles la guident vers...Vers quoi ? La mort ? La sortie ? Le centre ? Qu'elles poussent plus nombreuses pour la blesser... Non, c'était idiot.

Néanmoins, elle repassa son arc sur son dos, prenant soin d'en ôter la flèche au préalable, et tira sa dague, s'en servant comme d'une machette, taillant les branches, tel un explorateur d'un autre âge. Rapidement, le sol fut jonché de brindilles qui craquaient sous ses pas, et le vent s'arrêta. Les quelques mètres suivant, un détail la frappa. Il n'y avait plus de branches sur son chemin. Le silence était revenu, plus calme et plus lourd qu'au début de son entrée. Comme si le fait qu'elle ait tranché les branches avait eu un effet sur les haies. Et sans doute était-ce le cas. Après tout, si les plantes avaient une conscience, pourquoi ne ressentiraient-elles pas la douleur ?

Elle garda néanmoins sa dague à la main, le labyrinthe se faisant plus sombre et plus étroit à chaque pas, elle doutait de pouvoir tirer à l'arc convenablement. Mais elle ne souhaitait pas non plus s'y balader insouciamment et sans défenses. Un cri surnaturel la fit sursauter, et confirma par la même occasion ses craintes. Elle n'était pas seule dans ce labyrinthe, et l'être capable d'émettre un cri de ce genre ne devait pas être pris à la légère. Elle serra plus fermement son manche en bois de Mirlis et continua sa route, se déplaçant le plus silencieusement possible.

La nuit tomba, mais les cris ne cessèrent guère, toujours les mêmes, ne semblant suivre aucune logique de déplacement. Une fois ils semblaient si proches qu'elle s'attendait à voir surgir une horreur innommable au prochain virage, une autre si lointain qu'elle se demandait si elle ne les avait tout simplement pas rêvés. Et il y avait ce sentiment étrange d'être observée, à chaque instant. Ce poids sur sa nuque, comme si quelqu'un marchait derrière elle et la fixait du regard. Cette sensation de brûlure qui ne la quittait jamais. Cette impression d'être observée. Mais quand elle se retournait, elle ne voyait que ses propres traces de pas, s'effaçant au fur et à mesure de son avancée.

Le deuxième commença de la même manière. Les haies avaient repris leurs attaques, et Ailse se surprit à les menacer de tailler droit au centre à travers elle si elles essayaient encore de la ralentir. Apparemment, ses mots eurent l'effet escompté, les brindilles s'écartant presque de son chemin. A la mi-journée, alors qu'elle avait réussi à se remettre sur la bonne voie, quelque chose la fit s'arrêter net. Un craquement sec, un son étrange, pas celui du bois sec auquel elle était habituée. Elle se pencha, tendit sa main libre et ramassa ce sur quoi elle venait de marcher.

Le cri qui suivit fut parfaitement humain, et chargé d'effroi. Elle avait laissé tomber l'objet, effrayée par sa découverte. Comme elle l'avait deviné, ce n'était pas une branche. C'était quelque chose de bien plus terrible, de bien plus macabre qu'une branche. Sa pâleur presque surnaturelle refléta un bref instant la lumière du soleil à son zénith, et Ailse recula, hésitante. Cet chose étrange, blanche et dure, effrayante, sur laquelle elle venait de poser le pied... C'était un os. Une main, probablement. Elle n'était pas une experte, mais c'était définitivement humain. Elle n'avait jamais vu ces os dans une des proies qu'elle chassait. Elle frissonna, sentant la température descendre. La sensation déplaisante d'être observée revint, plus forte et brûlante que jamais.

Elle fit quelques pas en avant, prudente, pour se rapprocher du carrefour proche. Là, au centre du croisement, se tenait la confirmation de ses soupçons. Un squelette, humain, ou au moins non-animal. Les os avaient l'air usés, pâles, comme si il ou elle était resté là dehors à pourrir et n'avait pas été déplacé depuis des décennies. Ailse frissonna, mais, prenant son courage à deux mains, s'approcha du défunt à pas de loup. Peut-être aurait-il quelque chose d'utile dans cette sacoche de cuir moisie à son côté.

Elle se pencha, essaya de dégager le bagage sans s'approcher inutilement près du cadavre. Rien à faire. Il était coincé, probablement sous une pierre, ou par le poids des os. Elle prit son arc, essayant de s'en servir pour repousser les os, ou tirer le sac, mais elle n'eut pas plus de succès. Elle se résolut donc à faire ça elle-même, et avec un certain air de dégoût, s'approcha du squelette blanchi par le temps.

Maintenant qu'elle en était si près, elle pouvait voir que qui que ça ait été, il n'était pas très grand, environ sa taille à elle. C'était plus probablement une femme qu'un homme. C'aurait pu être elle, même, si elle avait rencontré une des créatures maléfiques censées hanter les lieux. Ce qui était très bizarre. Où étaient-elles ? Est-ce que quelqu'un était venu içi avant elle et avait réussi à ressortir avec le trésor ? Elle espérait que cette personne ait pu oublier quelque chose dans la tombe, quelque chose qu'elle pourrait montrer à son père pour prouver qu'elle était aussi capable que lui de prendre soin d'elle.

Elle saisit le sac, le dégagea et se recula bien vite, ne tenant pas à rester près d'un mort, aussi vieux fut-il, trop longtemps. Elle ouvrit la besace et répandit son contenu sur le sol. De la poussière, principalement. Du tissu moisi et en lambeaux. Quelques pièces d'or, parfaitement intactes, mais qu'elle ne put reconnaître. Encore une preuve de l'ancienneté de ce squelette. Sans aucune valeur, sans doute. Ailse choisit d'en faire offrande à Uraang, dieu de la mort, au nom du cadavre inconnu à qui elles avaient autrefois appartenu. Rien d'autre.

Ailse reposa le sac à côté des ossements et se releva, encore tremblante. Elle sentit le regard sur sa nuque s'estomper quelque peu, mais toujours assez intense pour qu'elle le remarque. Les cris se faisaient de plus en plus rares, comme si au fur et à mesure qu'elle se rapprochait du centre, le silence des morts supplantait le bruit des vivants, inexorable. Elle était toujours seule, avec ce regard brûlant sur sa nuque, et elle commençait à devenir paranoïaque. Elle n'aurait jamais dû s'aventurer dans ce labyrinthe. C'était sans doute un piège, et elle allait mourir là. Seule. Tout ça pour prouver qu'elle en était capable. Quelle idiote elle faisait !

Elle avait repris son arc, et passait la moitié de son temps à regarder par-dessus son épaule, guettant un ennemi invisible, un péril irréel. Elle n'avait qu'une seule envie: que tout ça se finisse le plus vite possible. Qu'elle trouve ce pour quoi elle était venue, et qu'elle quitte ce lieu maudit. De préférence en courant. Ou mieux encore, si il existait un passage partant du tombeau et menant directement à l'extérieur...

La troisième journée fut encore pire que les deux précédentes réunies. Elle avait l'impression d'entendre des voix, des murmures indistincts provenant de partout autour d'elle. Des haies, des pierres, du sol, du soleil, du vent. De son arc et de sa dague. Du regard qui la suivait. Elle ne se faisait plus confiance, n'avançait que de manière mécanique. Ce labyrinthe infernal était sans doute l'épreuve la plus dure qu'elle ait jamais subi.

Elle ne s'arrêta pas non plus ce jour-là, ralentissant à peine pour saisir sa gourde presque vide, ne se préoccupant pas de se nourrir. Elle était extrêmement troublée, effrayée, presque... pas devenue folle, mais presque. Elle marchait non plus dans un Labyrinthe effrayant de vide et de silence, mais en équilibre à la frontière de la folie.

Heureusement, en fin de journée, elle put enfin se détendre. La fin de son parcours, son objectif ultime, la tombe d'Ekha, était en vue. Il lui suffisait simplement d'avancer jusqu'au centre du Labyrinthe. De franchir la frontière et de plonger dans la folie. Ou de repasser de l'autre côté. C'est à cet instant que le vent revint, plus violent que jamais. Ailse jurerait plus tard que les haies étaient en train de se refermer, de la piéger pour l'empêcher d'atteindre l'ultime demeure d'Ekha. Paniquée, elle se mit à courir, trébuchant sur des racines qui semblait sortir du sol comme par magie, son visage et ses bras couverts de fines coupures causées par les branches des buissons.

Elle accéléra encore, ignorant les chutes et les blessures, essayant d'échapper au vent, d'échapper aux haies, d'échapper à ce regard brûlant. Elle réussit à ne rien perdre, à ne rien briser. Un exploit étant donné le nombre de chutes qu'elle subit. Elle réussit à atteindre la place, entière, blessée seulement superficiellement. Un miracle...Ou peut-être tout cela était-il voulu ? Peut-être n'était-ce qu'un immense piège, pour attirer les voyageurs imprudents, les rendre fous, puis les tuer. Elle tendit son arc, une de ses flèches en chêne sur la corde. Elle ne se faisait pas encore assez confiance pour tirer une de ses flèches de Cioriel.

Elle s'arrêta, ne sentant plus le regard sur sa nuque, ne sentant plus le vent sur son visage, n'entendant plus rien, à peine le son de sa propre respiration. Comme si elle avait perdu son sens de l'ouïe, ou presque. C'était calme... Trop calme. Elle reprit néanmoins son avancée vers le centre de la place, très lentement, guettant n'importe quel mouvement, fut-ce la chute d'une goutte de pluie ou l'envol d'une mouche. Et recula bien vite, heureuse de ne pas avoir baissé sa garde trop vite.

Devant elle apparaissait une ombre, qui semblait faite de fumée noire. Elle leva son arc, tira sur la chose à forme humaine qui lui barrait la route. Sa flèche passa au travers de la créature sans faire de dommage. Elle continua à reculer, alors qu'un rire machiavélique résonnait dans ses oreilles.

“ - Tu crois vraiment que tes bouts de bois peuvent ne serait-ce que m'égratigner ? Petite idiote ! “

L'ombre avait maintenant fini de se former, et sa forme humaine, plus noire que la nuit, sans visage, était terrifiante. Ailse n'avait jamais été effrayé par les ténèbres ou la nuit, mais là... C'était quelque chose de complètement différent. Elle sentit la sensation de brûlure sur sa nuque se déplacer, disparaître puis englober tout son être. Et elle comprit que c'était cette chose, quoi qu'elle soit, qui l'avait épié depuis son entrée dans le Labyrinthe. Elle tira une seconde flèche, sans plus de résultat que la fois précédente autre que le rire de l'ombre.

“ - Tes efforts sont inutiles ! Tes armes ne peuvent rien contre moi ! Rampe devant moi, abandonne toute résistance, et peut-être consentirais-je à te laisser la vie sauve, misérable insecte ! “

Pendant un instant qui lui sembla durer une éternité, Ailse fut tentée d'accepter, de céder, de le laisser détruire ce qu'il restait de son esprit – parce que son rire résonnait directement dans sa tête – et de le laisser faire ce qu'il voudrait d'elle. Pendant un instant. Puis elle vit apparaître derrière ses paupières fermées les visages de tout ceux qui comptaient un tant soit peu pour elle. Ses amies, ses conquêtes – peu nombreuses mais existantes – sa famille. Ceirdra. Son père. Sa mère. Souriants, lui disant de ne pas céder, de continuer à se battre. Qu'elle pouvait y arriver. Qu'elle était forte, que cette créature ne faisait pas le poids face à elle.

En cet instant, un sourire de dément plaqué sur les lèvres, Ailse savait parfaitement ce que pouvait éprouver quelqu'un souffrant de troubles de la personnalité multiples. Elle n'était plus seule dans sa tête. Elle ne savait même plus si c'était sa tête ou celle d'une des autres personnes avec lesquelles elle discutait. Néanmoins, l'effet lui fut tout à fait bénéfique, puisqu'elle réussit à se reprendre et à se libérer de l'influence de ce monstre qui se trouvait à quelques mètres d'elle. Son sourire s'accentua encore, et elle redressa son arc, tirant une corde vide.

“ - Je vois... Tu ne me laisses pas le choix, vermine ! Je vais t'exterminer une fois pour toute. Hors de mon Labyrinthe ! “

Il s'avança encore, plus vite. Mais Ailse était plus rapide encore. Tout ce qu'elle avait faire, c'était ouvrir ses doigts suffisamment pour laisser partir sa corde. La flèche de Cioriel s'envola, tournant sur elle-même, émettant sa faible lueur jaune pâle. Elle sourit, même si elle savait que la blessure était inexistante, la lumière chassait les ténèbres. Et il avait fallu que cette chose s'en prenne à une héritière de la Vérité de Lumière. Elle rit à son tour, sa folie résonnant dans l'air. Elle lâcha un second projectile, puis un troisième. Sa limite atteinte, elle abaissa son arme, s'en servant comme d'un appui provisoire.

Elle leva son regard vers l'ombre, sifflante et crachante. Ses flèches de lumière ne l'avait peut-être pas blessées, mais elles avaient été bien assez efficaces pour la faire fuir, la queue entre les jambes.

Le soleil revint peu à peu, réchauffant sa peau, et sa tête se vidait des voix étrangères en même temps. Ailse s'effondra, vidée après ses trois tirs surnaturels. Elle dévora le reste de ses provisions les plus périssables, ne gardant que la viande séchée, et vida sa gourde. Elle avait repéré une source à l'entrée du labyrinthe, elle ne prenait aucun risque inutile. Elle ramassa son arc et se redressa lentement, toujours à l'affût. Aucun risque idiot, pas après ce qu'il venait de se passer. Elle était trop fatiguée pour être impulsive et téméraire, de toute façon. Elle avança doucement, un pied après l'autre, d'un pas mal assuré. Elle était peut-être incapable de décocher une seule flèche de Cioriel dusse sa vie en dépendre, elle avait réussi. Elle avait vaincu le Labyrinthe. Il ne lui restait plus qu'à prendre la preuve dont elle avait besoin et à rentrer chez elle. Son père serait bien obligé d'admettre sa défaite, alors. Elle serait libre. Elle irait ensuite raconter son aventure à l'ami de son père, devant un verre de vin, entourée de ses amies, avec sa cousine Ceirdra en première ligne, qui appréciait les récits de manière inversement proportionnelle à l'effort qu'il fallait fournir pour les accomplir. Tous seraient fiers d'elle. Elle aurait enfin prouvé qu'elle était capable de survivre seule. Qu'elle n'avait plus besoin d'être protégée. Que c'était à elle de protéger les autres, ceux qu'elle aimait. Ailse s'arrêta devant la tombe, et se pencha, prête à découvrir les trésors de ce lieu...

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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Lun 29 Juin 2015 - 0:49

« Alors que l'ombre disparaît, au même moment, un vieillard reprend connaissance dans le labyrinthe. Caché là où vous ne pourrez le trouvez, il se retient de lâcher un cri, jamais on ne l'avait forcé à abandonner son ombre. Voyez-vous c'est ce curieux personnage qui contrôle, ou plutôt s'occupe du labyrinthe et lorsque des intrus pénètres ces lieux il prend un malin plaisir à les terroriser, les perdant dans les couloirs infinis du dédale. Si le vieillard, à chaque fois envie de s'en prendre aux inconnus qui osent déranger le sommeil de son maître, il n'a jamais causé de réel tord, préférant laisser partir les voyageurs, se doutant qu'ils ne reviendront jamais après avoir trouvé le trésor d'Ekha.

Ainsi votre route est à nouveau sans danger et la tombe ne se trouve qu'à quelques pas. Lorsque vous arrivez à destination vous trouvez le couvercle de la tombe d'Ekha par terre, il est brisé en deux. Il semblerait que vous ne soyez pas le premier à être venu en ces lieux. D'ailleurs, il vous a suffit de regarder autour de vous et d'observer l'absence du trésor pour vous rendre compte que celui-ci avait du être emmené il y a de cela un bon moment. Il ne reste de la fortune d'Ekha, qu'une unique pièce que le squelette garde précieusement au creux de sa main. Libre à vous de dérober ou non l'objet au mort, mais une chose est sûre, vous n'avez jamais vu auparavant une telle pièce, celle-ci ne vous rappelle aucune monnaie que vous avez pu rencontrer au cours de vos voyages. La forme en relief semble être celle dragon.

Il ne vous reste plus qu'à sortir de cet enfer, ce qui risque de se révéler plus simple que vous ne l'auriez cru, car derrière la tombe se trouve une trappe ouverte qui mène à un escalier. Devant se trouve un écriteau où il est écrit "Partez avec votre trésor et ne revenez jamais ou vous périrez". Alors que vous vous enfoncez dans le tunnel qui mène à l'extérieur du labyrinthe, le vieillard qui vous a attaqué sort de sa cachette et s'approche de la tombe après s'être assuré que vous ne pouviez pu le voir. Il regarde avec attendrissement le squelette, puis il sort de sa poche une pièce identique à celle que vous venez d'emporter et la dépose dans la main d'Ekha. »



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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr Mer 1 Juil 2015 - 21:18

Le couvercle brisé de la tombe ne fit que confirmer l'hypothèse qu'Ailse avait échafaudé pendant ces trois derniers jours. Des gens étaient déjà venus ici. Le squelette, le Labyrinthe vide, l'absence de trésor, la tombe déjà ouverte... Elle n'était pas la première à avoir entendu cette histoire, manifestement. Elle devait quand même ramener une preuve de sa venue, et ce ne serait sûrement pas un bout de squelette.

Un éclat étrange attira son attention. Surmontant sa révulsion envers les cadavres – après tout, si ce labyrinthe aura servi à une chose, c'est bien celle-ci – elle se rapprocha encore et attrapa la main d'Ekha. Il s'avéra que l'éclat provenait d'une pièce métallique, qu'elle récupéra. Elle n'avait jamais rien vu de tel – en même temps, elle n'avait pas vu grand-chose du monde – mais elle était presque sûre qu'aucun peuple n'usait d'une telle monnaie. Sous ses doigts, elle sentait que la surface n'était pas uniforme. Elle plaça la pièce dans la lumière du soleil, et put y discerner un dragon en relief. Définitivement rien qu'elle n'ait vu ne se comparait à ceci. Elle sourit. Elle avait sa preuve irréfutable. Elle glissa son maigre butin dans sa sacoche et regarda autour d'elle, cherchant une éventuelle sortie de secours.  Elle ne fut pas longue à remarquer la trappe et son panneau derrière la tombe. “ Partez avec votre trésor et ne revenez jamais, ou vous périrez. “ Un message assez clair pour elle. Elle franchit les quelques pas qui la séparait de la sortie, un escalier descendant dans les ténèbres. Ailse hésita un instant puis, rangeant son arc, inutile dans une telle obscurité, elle descendit les marches. Alors qu'elle progressait lentement dans le noir, se guidant en faisant glisser sa main sur le mur, elle se fit la réflexion que pouvoir créer une source de lumière lui serait sacrément utile. Il faudrait qu'elle essaye, un de ces jours. Elle n'avait pas non plus tiré sa dague, et fut heureuse de ne pas en avoir eu besoin. Dans ces ténèbres, elle n'aurait même pas était capable de distinguer sa propre main.

Elle finit par émerger du tunnel à l'entrée du labyrinthe. La position du soleil lui confirma qu'elle n'avait passée que quelques heures dans ces galeries, chose étrange étant donnée la taille du Labyrinthe en surface. Elle décida de passer sa nuit ici, encore sous le contrecoup de sa Vérité, et elle pourrait en profiter pour refaire ses provisions. De plus, les alentours du Labyrinthe étaient aussi vide que l'intérieur. Elle ne risquait absolument rien.

Ailse reprit sa route à l'aube, créant déjà d'autres plans pour son futur alors qu'elle marchait, accordant moins d'attention aux alentours qu'à l'aller. Elle emprunta la même route qu'à l'aller, s'arrêtant aux mêmes endroits – sauf à l'auberge qui avait brûlée – revoyant les mêmes personnes. Bien entendu, personne n'avait prêté attention à une jeune voyageuse à l'aller, et il en fut de même au retour. Mais cela lui importait peu.

Elle atteint Saona au crépuscule, épuisée après avoir passé sa journée à courir, essayant d'échapper à un Kog'Karth. Elle savait qu'elle ne pouvait le vaincre, pas seule en tout cas. Et elle aurait appris quelque chose, si elle survivait. Eviter les lieux que tout le monde recommandait d'éviter. Pour sa propre sécurité. Son père était déjà rentré, probablement l'attendait-il tout les soirs depuis quelques jours. Il savait qu'elle devait rentrer à cette date environ. Il l’accueillit à bras ouverts, ne l'ayant pas vu depuis plusieurs mois. Ailse passa la nuit à lui raconter son aventure dans le Labyrinthe, le rassurant sur le voyage, lui montrant la pièce pour prouver son succès.

Elle passa le lendemain chez elle, soignant ses dernières blessures, avec sa cousine Ceirdra et quelques amies, rattrapant ce qu'elle avait manquée, racontant son histoire - en l'enjolivant un peu, bien sûr. Elle s'était rendu compte que ce qu'elle avait toujours clamée était vrai. La vie tranquille qui l'attendait ici n'était pas faite pour elle, pas pour l'instant en tout cas. Peut-être dans dix ou vingts ans deviendrait-elle gardienne, professeure ou Nascor. Pour l'instant, et son voyage l'avait conforté dans sa décision, elle avait besoin de partir. De voyager, de voir le monde, de découvrir ses merveilles. De rencontrer des gens, d'explorer des endroits abandonnés et oubliés depuis longtemps, d'en trouver les trésors et secrets. Elle avait fait son choix. Définitivement. La liberté...

834 petits mots pour finir
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MessageSujet: Re: [Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr

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[Quête] Le labyrinthe d'Ekha - PV. Ailse Cansídhr

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