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[Quête] L'aventure ne fait que commencer !

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MessageSujet: [Quête] L'aventure ne fait que commencer ! Jeu 10 Juil 2014 - 18:41

L'aventure ne fait que commencer !


Mise en Contexte
Alors que la soleil est au plus haut dans le ciel, deux étrangers s'approchent de vous. Il s'agit de Namès vivant en marge de leur société, leur détachement face à la religion et leur envie de découvrir le monde les à obliger à quitter la capitale. Lorsqu'ils remarquent vos cornes...et votre queue, l'un d'eux n'a qu'une idée en tête, vous laissez rôtir au Soleil, après tout, vous êtes un enfant du Feu. Cependant son compagnon n'est pas du même avis, il s'agit du fils du chef de clan, il prend la décision de vous ramener au campement.

Lorsque vous arrivez, nombreux sont ceux qui s'écartent de votre chemin. Ils connaissent bien les Liares, depuis des décennies les Namès doivent essuyer les assauts de leurs ennemis du Nord. Ainsi, lorsqu'ils vous voient arriver dans leur campement, les clameurs s'élèvent, certains réclament votre départ imminent, mais lorsque le chef arrive, un silence de plomb s’abat. Il vous scrute, vous examinant sous toutes les postures, puis il se dirige vers son fils. Les deux hommes semblent s'échauffer, après quelques minutes, le plus jeune s'approche de vous et vous mène à une tente.

Vous allez être soigné, le clan Namès a l'intention de vous remettre sur pied, mais en échange, dès votre rétablissement, ils vous demanderont leur aide. Leur hospitalité n'est pas gratuite, il vous faudra pénétrer Karnès afin de récupérer les enfants qui leur ont été enlevés par la confrérie, sous prétexte que leur mode de pensée n'est pas respectable et qu'il met en danger les leurs.


Déroulement de la Quête
Le 1er message devra reprendre la rencontre avec le clan Namès, il est possible de continuer l'écriture jusqu'au rétablissement.

Lorsque vous entrerez dans Karnès, un Mj viendra vous guider afin de mettre des obstacles sur votre chemin.

Vu la santé du personnage et l'énergie dépenser lors de la guérison, il lui est impossible de contrôler sa Vérité. Le combat devra être physique.

Si aucun Namès n'est gravement blessé et que tous les enfants sont ramenés sain et saufs chez leurs parents, un bonus de 1pp sera accordé.
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MessageSujet: Re: [Quête] L'aventure ne fait que commencer ! Dim 13 Sep 2015 - 0:31

Ambiance!

7 Ciorel, 4 jours après l'attaque du convoi raté.

La respiration du cheval est lourde, pesante. Chaque pas lui coûte un peu plus de sa maigre énergie qui lui reste. L'encolure basse, les naseaux dilatés et les rennes ballantes autour de sa tête trempée de sueurs, il renifle le sol miséreux du désert à la recherche d'eau ou d'un peu de nourriture. Ses brûlures superficiels sont recouvertes d'une croûte purulentes, il est amaigrie par le manque d'eau et de nourriture des quatre derniers jours qu'il a passé à marcher, se souvenant d'où il venait, rebroussant chemin de l'horreur qu'il avait vécu. En bon animal: il écoutait son instinct de survie.
Ses sabots s'enfonçaient dans le sable, il tremblait à chaque pas. Son dos était surchargée de deux corps inertes qui le pesaient depuis le début de cette marche interminable dans le désert.
Un cadavre tiède, à la putréfaction encouragé par les chaleurs de la journée puis le froid de la nuit, replié vers l'avant, cachant un autre corps encore vivant, encore animé d'une fébrile vie qui se débattait dans l'inconscience la plus sombre. Le cadavre avait tout de l'équipement d'un Liar pauvre, un soldat de seconde main, un mercenaire tout au plus, le visage inexpressif et sa peau qui pelait au rythme des heures, tombant par petit lambeau à chaque pas de la monture fatiguée.
Il avait le dos hérissé d'une flèche, correctement enfoncée dans son corps, ayant perforé son poumon et frôlé son coeur. Son agonie avait été de courte durée, il s'était étouffé, noyé dans son propre sang qui avait envahis son poumon.
Bien sûr, la flèche seul n'aurait pas été aussi rapidement mortelle. Néanmoins, les mouvements de galop de la monture, puis du trot incertains pour se terminer dans une marche maladroite et tremblantes, avait charrié le corps de mouvements brusques puis lent et répété: la pointe de la flèche avait déchiré la paroi du poumon; permettant au sang de s'y engouffrer et de noyer son propriétaire.
Avait-il souffert? Peut-être pas. Il s'était endormit dans le même sommeil que l'autre corps avec l'illusion et l'espoir que le cheval prendrait à gauche. A gauche petit, le petit chemin qui montait en pente douce vers les lacs de laves et de goudrons, se rapprochant du repaire de la Rébellion, de la civilisation Liar où il aurait pu avoir des soins... Lui et Émilienne.

Il était mort. Maintenant depuis trois jours. Il ne s'était pas réveillé pour constater leur perdition, il n'avait pas pu corrigé sa trajectoire et maintenant, c'était -hélas- trop tard pour faire machine arrière. Il était mort. Son corps voûté au-dessus de celui d'une autre Liar, jeune, inconsciente.
Sans le savoir, sa mort et sa présence sur cette monture de fortune préservait Emilienne d'un trouble mortel qui aurait eut raison d'elle en quelques heures. Le corps ainsi recroquevillé en tente cadavérique autour et par-dessus celui de la jeune Liar cornue: il aspirait les effets dévastateurs du soleil ainsi que du climat désertique dans lequel elle errait. La préservant d'un coup de chaleur, Emilienne avait pu survivre tout ce temps.
Elle ne survivrait certainement pas plus. Pas sans aide. Pas sans eau. Pas sans nourriture. Pas sans soins, pas sous cette chaleur, pas avec ce sable qui s'incrustait dans sa peau à chaque coup de vent brûlant qui la touchait.


Des ombres dansaient à son approche, leurs formes et couleurs déformés par les ondes de chaleurs. Ils marchaient prudemment, mesurant chaque pas, faisant attention à leur direction et minimisant chaque geste pour préserver de l'énergie. Ils étaient vêtues des pieds à la tête de draperie légère aux couleurs élégantes et clairs pour pallier aux chaleurs suffocantes. Ils étaient trois, deux formes grandes et élancés, marchant avec précaution, les voileries bleus entourant leur visage, cachant tout sauf leurs yeux fatigués et plissé par la lumière. La dernière forme était plus petite, sans doute plus jeune, plus maigre aussi et il ne possédait pas de voilerie au visage, laissant libre à n'importe quel observateur de remarquer sa peau hâlé et ses yeux sombres. Il bougeait avec plus de maladresse, moins de méthode, épiant les environs avec envie, maîtrisant sa bougeotte pour ne pas subir le joug de l'astre du jour.

Il s'arrêta net en voyant l'image presque hallucinatoire du cheval se débattant avec son fardeau et ses blessures pour continuer de mettre un sabot devant l'autre. Il écarta légèrement les bras, cligna plusieurs fois des yeux avant de se tourner à moitié vers les deux autres formes: fantômes bleus azur et beiges hantant le désert.

« Ooooooooyyyyel! Ooooooyeeel! »

Cria-t-il en allongeant les syllabes, avant de déglutir, il fit un grand geste du bras pour attirer l'attention avant de pointer ce qu'il avait vu.
Les deux formes le rejoignit à petit pas, avec un entrain mesuré. Jamais de précipitation dans le désert, jamais de mouvement brusque. Il faut calculer, mesurer, observer et agir seulement en cas de nécessité.

« Qu'est-ce ?
- Un cheval mon oncle. Il semble monté.
- Par un petit homme, un gros petit homme. (La personne à la voix masculine plissa les yeux) Le cheval bouge, pas le cavalier.
- Est-il mort, mon oncle ?
- Nous allons le vérifier. Le cheval est vivant, une nouvelle monture ne serait pas de trop. »

L'homme conclut la discussion en s'approchant le premier de ce cheval monté par un petit homme, un gros petit homme selon lui. Ils ne prirent pas longtemps pour être à la hauteur du cheval, attestant que ce n'était pas un mirage. L'adolescent trotta jusqu'à ce dernier, saisissant les rennes. Il lui parla à voix basse, le complimentant pour son courage et sa détermination, lui promettant de l'eau et du grain à manger pour bientôt.

Les deux adultes restaient à deux mètres de tout ceci, le regard interdit. Bien que leur visage était masqué, ils étaient pris d'un cruel dilemme devant l'horreur qui se présentait à eux. Le désert avait frappé, mordant à pleine dent ses victimes.

« Il y a deux personnes. (Affirma le premier. Il passa les mains à sa taille, en décrocha sa gourde faîtes d'une peau étanche et propre, fermé d'un bouchon et d'un lien de cuir) Donne de l'eau au cheval. Il est faible. Je vais vérifier les cavaliers. »

Attester leur mort plutôt, étouffa le second homme. Il lui hocha la tête en signe d'approbation et ce dernier se mouva avec sa lenteur calculé vers le cadavre protecteur.
Il ne fallut pas longtemps pour qu'il sache qu'il était trépassé depuis plusieurs jours; l'homme voilé ne s'attarda pas de complaintes et de commentaires, poussant le cadavre en arrière avant de le tirer au sol.
Le bruit fit faire un pas de côté brusque au cheval, un hennissement faible sorti de son museau. Il tremblait, de peur et de faiblesse.
L'adolescent prit soin de le rassurer et l'homme fouilla le corps désormais au sol.

« Ce sont des Liars.
- J'avais remarqué. Regarde celle-ci. (Le second lui répondit en lui pointant d'un index les cornes d'Emilienne, puis l'index glissa vers sa queue inerte, pendant entre ses jambes) As-tu déjà vu un Liar pareil ?
- Non, Oyel. Il n'a pas d'eau ni vivre, l'équipement est perdu.
- Laisse-le ici alors. Les charognards s'occuperont de lui. (Il cracha au sol avec dédain, renifla brusquement)
- Gnnn... »

La complainte soupiré franchit les lèvres brûlé d'Emilienne; les deux adultes eurent un mouvement de recul, léger sursaut. L'adolescent ouvrit la bouche en un petit "o", regardant tour à tour ce qu'il voyait de la jeune Liar (son derrière recouvert de cuir bouillé, arraché et brûlé) et les deux adultes qui l'accompagnaient.

L'homme délaissa le corps de Phévol, brave rebelle mort et démit de ses fonctions de bouclier vétuste contre la chaleur, et vient s'approcher d'Emilienne. Il posa une main sur ses cheveux secs, brûlé par grosse poignée, en attrapa une touffe et tira pour relever le visage de cette dernière.
Elle gémit, faible et inconsciente, réflexe du corps plus que parole consciente.

« Elle est vivante.
- Le désert finira son travail. (Répondit l'autre, sans hésitations) Les Liars portent le malheur en eux. Ils sont violents, inconscients et imbéciles. Ils ne feront que nous apporter un peu plus de malchance. Descend-là du cheval et laisse-là pourrir avec l'autre Liar. (Une pause, il planta son regard dans l'adulte qui venait de relâcher les cheveux d'Emilienne et de toucher ses cornes avec précautions) Que fais-tu ? Ne m'as-tu pas entendu ? (Persiffla-t-il)
- Si, Oyel, je t'ai entendu. Elle est mourante.
- Qu'elle meure. (Insista l'homme, un peu plus méfiant) Je n'ai que faire des Liars et de leurs maux. Ils nous attaquent et n'ont pas de pitié, pourquoi en aurais-je ?!
- Parce que celle-ci est différente. (Asséna-t-il, sec)  Regarde mieux, Oyel. Et souviens-toi de ce qui est dit de Simuis, la Déesse Incandescente, de ses apparitions! »

Finit-il avec de l'empressement dans la voix, sa gorge le serrait. Simuis n'était pas une déesse protectrice, elle était sulfureuse et destructive, punie pour avoir dévoilé de multiples secrets aux Liars, se condamnant et les condamnant à payer le prix de la Déesse. Mais il savait, lui, amoureux de légendes et contes, que Simuis apparaissait dans la peau d'une Liar noire comme la nuit, possédant une queue fourchue.
Là résidait le salut d'Emilienne: sa queue. Pour un Namès, aussi proche de la religion soit-il, c'était un signe. Un signe qu'il ne pouvait ignorer, peut-être que les Liars sont belliqueux, arrogants et violents, mais Simuis était autoritaire et ingénieuse: puissante.
Si lui, Namès, avait trouvé la fille de la déesse ou son apparition, il ne pouvait la jeter au désert comme une malpropre, laissant charognards et créatures des chaleurs la ronger et s'en repaître. Peut-être, aussi, pouvait-il employer l'aide salutaire qu'il offre à cette Liar, à la forcer à lui rendre, à son tour, un précieux service.

Son compatriote renâcla, produisit de multiples bruits de mâchoire ennuyé et entêté, contrarié. Mais il ne put que se plier à l'évidence même: cette Liar possédait une queue et une pair de corne, comme dans les contes et légendes autour de Simuis. Il y avait là une troublante ressemblance.

« Que veux-tu en faire, une fois sauvée ? Elle va mettre notre camp à feu et à sang! (Avertit-il, dans un dernier effort de faire renoncer son ami à la décision de la sauver)
- Sauvons-là et elle pourra nous sauver. (Sans hésitation, il répondit) Nous avons des problèmes que nous ne pouvons pas affronter, faute de moyens. C'est une Liar. Elle est courageuse, forte et violente... Si... Si elle est aussi la fille de Simuis, alors elle sera assez intelligente pour nous rendre ce service et voir tout l'intérêt qu'elle y a trouvé. (Il passa sa langue sur ses lèvres, vérifia que son voile était bien attaché et attendit la réponse, une boule dans la gorge) Je veux revoir mes enfants, Oyel. Je veux les voir à la maison, avec ma femme.
- ... (Il mesura le pour et le contre, pesta en silence) Bien. Elle vivra dans ta tente, n'aura pas le droit de sortie, ta femme s'en occupera et toi aussi. Tu l'attacheras à son lit jusqu'à ce que nous sachions si elle est aussi ingénieuse que sa présumée mère.... Ou si elle n'est qu'une engeance débile de cette race violente. »

Il rendit son jugement, cracha sur le côté après avoir décroché son étoffe devant sa bouche.

« Je te souhaite que tu ne le regrettes pas, Memmayel. »

Finit Oyel avant d'ordonner le retour à leur campement de nomades.

Le chemin de retour fut lent, mesuré. A rythme régulier, le cheval et Emilienne furent abreuvés. Pour économiser les dernières forces de la monture, le Namès répondant au nom de Memmayel portait Emilienne contre lui et sa draperie. Il était en sueur quand il arriva enfin au campement de sa tribu.

Oyel n'avait pas décoché un mot de tout le voyage, et l'adolescent dispensait de nombreux murmures réconfortant à la monture, cachant maladroitement son intérêt pour la jeune Liar que son aîné, avait appelé, "Fille de Simuis".

Le campement était installé sur une toute petite oasis du désert. Un point d'eau moyen mais suffisant pour la tribu qui comptait une vingtaine de membres adultes ainsi que trois adolescents en fin de croissance. Les tentes possédaient des couleurs brunes, dépourvus de décoration extérieur, monté à l'aide de bois et de grandes toiles ainsi que de cordage.
Une douzaine de tentes petite à moyenne s'agençaient autour d'une plus grande, imposante qui se trouvait au plus proche du point d'eau. Les montures des Namès étaient accrochés à la végétation, mise au calme et nourries matin et soir pour assurer leur bonne santé.

Le linge pendait au soleil entre les tentes moyennes. Quand Memmayel, Oyel et l'adolescent furent visible, quelques cris de joie et sifflement de bienvenu les accueillit.
Les curieux et curieuses s'approchèrent pour voir si les deux hommes étaient bien portant et si l'adolescent allait bien, découvrant la monture avec un oeil compatissant et bienveillant: ce cheval vivra. Il aura besoin de soin, mais il vivra.
De bonnes personnes le prirent en charge, le délestant de la selle aux étrier manquants, lui passant un licol de corde au lieu du filet de cuir chauffé par le soleil qui attaquait son poil et sa peau. Le cheval eut à manger, à boire et commença un long sommeil réparateur.
Il avait réussi, il était arrivé.

Le petit attroupement se scinda très vite en deux pour laisser passer Memmayel, dans un brouhaha discret de murmures, de questionnements, de consternations.
Il avait dans les bras une Liar. Une Liar! Les cornes et la queue ne firent l'objet que d'un peu plus de méfiance et suspicions, que d'espoir comme avait eut Memmayel en observant Emilienne.

La femme de Memmayel refusa de toucher la Liar et s'éloigna dans une tente voisine, chez une soeur, sans plus de cérémonies, promettant à son époux une grève de son "devoir conjugale" jusqu'à ce qu'il débarasse leur tente moyenne de la présence de cette Liar.
Le Namès tint bon et commença le routine des soins et médications, bandant les brûlures après les avoir recouvert de baume et cataplasme coûteux à sa tribu. Il lui donna à boire, à manger, et lui fit même la lecture pour rompre le silence de sa tente.
Et il attendit, que la "Fille de Simuis" se réveille pour prouver à toute sa tribu qu'il avait eut raison de la sauver, de la sortir du désert, qu'ainsi, sa tribu retrouvera ses enfants en instrumentalisant la puissance que refermait Émilienne.
1/5.


Dernière édition par Émilienne Ygard le Dim 13 Sep 2015 - 16:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Quête] L'aventure ne fait que commencer ! Dim 13 Sep 2015 - 14:04

(La même musique est conseillée pour la suite de la lecture de ce passage)

Du 7 Ciorel au 19 Sòrn.
_______________________________________________

La fumée de sa longue pipe courrait dans l'air avec lenteur. Les voluptes blanches dessinaient d'incroyables dessins surréalistes, il inspirait avec lenteur, soupirait la fumée avec une brève expiration et tournait les pages d'un grand et épais livre installé sur ses genoux croisés. Il était assis en tailleur sur des coussins vieillis ayant perdu leur confort d'antan, il avait mal aux fesses mais restait, l'habitude peut-être?! Il lisait avec précaution, chuchotant les mots dans l'air, racontant les récits du passé, les histoires entre les peuples et les dieux. Il décrivait les rituels, les offrandes et les préceptes de chacun avec un sérieux troublant.
L'air était brûlant dehors et la vie tournait au ralenti au campement de sa tribu. Les femmes étaient toutes rentrées dans la grande tente du chef, partageant du thé très chaud et épicé ainsi que des gâteaux au miel riche et quelques plats de viandes séchés. Les hommes se reposaient, les adolescents s'occupaient des chevaux et autres attelages de leur tribu pour ne pas perdre leurs bien précieux.
Le silence du désert planait. La sueur roulait sur son front, sa mâchoire, sa nuque et il l'épongeait régulièrement d'un petit linge pâle avec des gestes précis et lents.

Memmayel fumait et lisait. Cela faisait bien trois semaines que la Liare était arrivée, qu'il l'avait ramenée et elle n'avait toujours pas ouvert les yeux. Sa peau cendré aux reflets rougeoyants avait finit par se refermer, il n'y avait plus de traces de brûlures. Son moignon à l'épaule droite était continuellement bandé et humecté par des cataplasmes de plantes pour faciliter la guérison et prévenir les multiples douleurs d'une amputation aussi sauvage qu'elle avait vécu. Les lèvres et la langue de la jeune Liare avaient pu être sauvé de justesse, bien que sa langue garderait une certaine rigidité pour le futur, et sa couleur noirâtre.

Après les premières semaines de tumultes, une cousine de la femme de Memmayel céda aux suppliques de l'homme pour l'aider dans les tâches de soins et quotidiennes pour nettoyer le corps de la Liare et en refaire les bandages nécessaires à son bon rétablissement. Faolin l'aidait ainsi tout les matins et dans la soirée, nettoyant avec soin le corps de la Liare avec un savon solide fait de graisse animale et de musc épicé imprégné de l'odeur de plantes légères.
Elle avait réussi à démêler l'immense tignasse d’Émilienne, la tressant en de multiples nattes souples partant de son crâne et se rejoignant en une dernière grosse tresse qui lui arrivait au bassin. Après une autre semaine de ces nouvelles habitudes, Faolin se surprenait à chanter à voix basse à la Liare, priant les dieux protecteurs et guérisseurs de lui apporter leur soutien. Elle mettait de l'encens maintenant, au petit matin, au chevet de la Liare et lui décorait la queue de quelques liens de cuirs. Ces liens de cuir était tressée avec des perles et des fleurs récoltés et était changée tout les trois jours.

Memmayel remerciait le ciel d'avoir dans sa tribu, une femme aussi attentionnée et plus ouverte aux Liares que sa propre femme qui refusait de le regarder dans les yeux depuis qu'il l'avait ramené. Elle vivait à trois tente de ça, chez une soeur et ne se souciait plus de la santé de Memmayel. Il était fou, disait-elle, de ramener le danger chez eux et d'en prendre soin. Simuis n'était pas une déesse protectrice qu'on pouvait prier pour résoudre les problèmes, c'était une perverse déesse-démone qui était à l'origine de la cruauté du désert.
Mais le Namès ne perdit pas espoir, ni son objectif.

Trois semaines, se remémora-t-il. Trois semaines, l'état de santé physique visible de la jeune Liare s'était améliorée, qu'en était-il de son esprit ? Etait-il encore ici ? Il lissa des doigts des écritures de sa page, avec un soupire. Il retira la pipe de ses lèvres, longue pipe de bois souples vernis et travaillé sommairement, et posa son regard bleu azur sur le visage d’Émilienne.

« Fille de Simuis. Réveille-toi. Tu es en sécurité. »

Chuchota l'homme avec douceur et réserve.

Memmayel était un Namès typé de son clan: il avait la peau très mat, les cheveux très clair, l'or se mêlait au blanc dans des mèches lisses et souples encadrant son visage. Il arborait une coiffure très sobre des hommes de mains de sa tribu, ses voilages ne montraient pas un quelconque pouvoir ou statut. Il avait une mâchoire carré, prononcé, une bonne barbe entretenue et taillée avec soin encadrant son visage dans un cadre surréaliste.
L'or et le sombre se mêlait, rehausser des prunelles saphir de ses yeux.
Les mains caleuses et épaisses, sa peau recommença à glisser contre le papier avec soin et précaution, il reprit sa lecture, remit sa pipe à ses lèvres et recommença à chuchoter les écritures.

Émilienne entendait-elle ? Peut-être, peut-être pas, se disait-il. Mais parler des dieux ne fait de mal à personne, qu'aux hérétiques qui les fâchaient en les ignorant par égoïsme. Il fallait bien parler de quelque chose avec sa convalescente, et il était très proche des religions et de leur précepte, comme tout Namès.
Les Liare croyaient-ils en dieu ? Simuis, sans doute et c'était là la clef qui avait valu la survie de la jeune Liare.
Aux yeux de Memmayel, elle était la fille de la déesse. Il cauchemardait parfois de rêves terribles où Simuis le punissait, lui et toute sa tribu, avec une tempête de sable en fusion et de feu argents, d'avoir pu ignorer le mal de la Liare et l'avoir laisser au jugement du désert. Il se réveillait en sursaut, alors, confus et en sueur, s'assurant du regard qu’Émilienne était là, que la fille de Simuis avait été sauver des chaleurs meurtrières, de la faune sauvage de ce lieu et était en sécurité, entrain de guérir. Il se sentait alors soulager, remercia les dieux de l'avoir guider jusqu'à elle, et de lui avoir donner la force de ramener la Liare, allant à l'encontre des règles de sa tribu et de leurs préjugés.

Il passa la journée à lire et conter les légendes. Il recommencerait demain. Il sortit de la tente quand Faolin vient au début du soir, pour changer les vêtements de la Liare et la nettoyer avec une grosse éponge, le bloc de savon informe et une grosse bassine d'eau.

Memmayel marcha lentement vers l'oasis, pour passer de l'eau sur son visage aux traits tirés et marqué par les chaleurs étouffantes dans lesquels il vivait jour et nuit. Des adolescents avaient sorti des instruments de musiques de leur tribu et courait autour des adultes, les suppliant de jouer quelques morceaux pour la soirée. Le Namès sourit. Les dieux aiment la musique, les Hommes aussi.

Les adultes finirent par céder et se réunirent devant la grande tente principale de la tribu, le feu de camp avait été allumé en prévision du froid traître et mordant du désert. Ils jouèrent avec leur coeur, des airs laconiques puis joyeux, le sourire aux lèvres et le coeur dans les doigts. Memmayel observa et se ravit des sons produits. Son coeur léger, il se laissa voguer aux rythmes de sa tribu, oubliant son quotidien qu'était devenu le sien.

Faolin lui serra le coude, le visage figé dans une expression de trouble et de chocs léger. Un sourire tremblait sur ses lèvres qu'elle ne contrôlait plus sous le coup d'une émotion, ou d'un évènement. Quand elle capta l'attention de Memmayel, ce dernier se courba vers la bouche de la femme qui put lui murmurer à l'oreille:

« Elle a ouvert les yeux, Memmayel. Elle a faim et pleure. »

Il sourit, montrant ses dents blanches. Il remercia Faolin de l'avoir prévenu et lui demanda si elle pouvait préparer un plateau de vivres avec les restes du goûté des femmes de cet après-midi et le repas du soir qui se préparait, avec une grande gourde de sève d'arbres. Avec l'expérience des premiers jours de soins, le Namès avait remarqué que l'eau ne faisait pas bon ménage avec les Liares et il avait prié sa tribu d'obtenir de quoi l'hydrater... La lave serait trop complexe à garder au sein de la tribu, ils avaient opté pour de la sève d'arbres, issus du commerce Liare, qu'ils obtenaient au marché le plus proche.

Le Namès se retourna vers sa tente, avec plus d'entrain et de précipitation qu'à l'habitude.

Il souleva les pans de sa tente, se baissa pour entrer et attesta que la jeune Liare, était non seulement en vie, mais réveillée.

« Bonsoir Fille de Simuis. (Memmayel la gratifia de ce surnom affectueux et respectueux avant de s'avancer) Je suis Memmayel, un Namès. Ma tribu t'avons récupéré dans le désert, à la dérive sur un cheval avec un des tiens. M'entends-tu ? »

Emilienne baissa son regard gorgé de larmes silencieuses, se mordant les lèvres pour ne pas émettre le moindre son. Elle croisa Memmayel qui continua de s'avancer vers elle pour lui éviter de se tordre le cou à le regarder. Elle ne su plus comment dire "oui", sa gorge sèche et serrée refusait d'émettre le moindre son, sa langue avait le goût du charbon humide trop rigide pour parler. Notre héroïne hocha la tête dans un spasme, renifla bruyamment.

« Là, là. (Prononça le Namès avec calme et douceur, touché de voir que "l'horrible Liare maudite qui tuera toute sa tribue" n'était qu'une enfant apeurée, survivante d'une mort horrible) As-tu mal ? Une des miennes est partie te chercher de quoi manger et boire.
- Brr... Braaas.... »

Le son était désarticulé, mauvais son. Le mot était trop râpeux, trop rigide, provenait de la gorge plus que de sa bouche. C'était laid à entendre, disgracieux et dissonant. Memmayel posa une main sur l'épaule de la Liare et posa un doigt de son autre main sur ses lèvres.

« Ne parle pas. Ta langue et tes lèvres étaient brûlées, elles vont bien mais elles ont besoin de temps et toi aussi pour rapprendre à les utiliser. (Il marqua une pause et retira sa main de l'épaule de la Liare) Je comprends ta douleur. Je ferais un thé avec une plante qui endort celle-ci. (Emi' hocha la tête dans un nouveau spasme et la tourna vers le Namès pour ne pas le perdre de vue) Te souviens-tu de ton nom ? (Elle hocha la tête) De ce qui s'est passé ? (Elle secoua la tête après un temps d'arrêt, les larmes grossirent à ses yeux.) Ce n'est pas grave. Là, là... Ton esprit et ton corps ont été gravement blessé. Le corps va mieux mais l'esprit prend plus de temps. (Il essaya de l'apaiser avec des mots doux et des vérité que les religions et la médecine véhiculait) Essaye de ne pas bouger, s'il te plaît (la pria-t-il à mi-voix) les miens ont peur de toi. Tu es attaché au poignet gauche et aux chevilles à ta couche, je ne veux pas que tu te blesses. (Il désigna les liens de l'index, Emilienne essaya de bouger par réflexe avant d'attester de ses restictions, elle eut un hoquet de chagrin et de peurs, questionnant des yeux le Namès à ses côté) Non. Je ne te tuerais pas après t'avoir sauver et avoir autant dépenser pour toi, Fille de Simuis. »

Fille de Simuis, ces trois mots calmèrent le coeur d'Emi' sans qu'elle ne sache pourquoi. Elle crut à l'hônneté de l'homme et hocha plusieurs fois la tête dans ses tremblements de chagrin. La Liare ravale ses larmes à grande peine, chougnant misérablement, incapable d'arrêter son corps de trembler et de souffrir de crampes horribles. Ses muscles étaient du gros bois qui craquaient à l'intérieur même de son corps... Et son bras droit... Horrible torture, elle le sentait en feu, irradié d'une chaleur intenable, la brûlant inlassablement.
Elle n'essaya ni de parler - comment était-ce possible? Elle ne savait plus former des syllabes dans son esprit - ni de bouger. Elle crut l'homme sur parole et le laissa éponger la sueur de son front avec des gestes lents et calculés, montrant l'éponge et expliquant ce qu'il allait faire avant de joindre le geste à sa promesse.
Une femme entra alors dans la tente, avec un plateau chargé de l'odeur de nourriture qui tordit son ventre, le creusant à l'intérieur d'elle-même. La faim lui asséna un coup traître qui réduisit ses efforts d'arrêter ses pleurs, à néant.

« C'est Faolin, une cousine de ma femme. (Reprit-il de sa voix douce et râpeuse) Elle est celle qui m'a aidée à te soigner, te nettoyer et te donner à manger ces trois dernières semaines. Faolin, vient. Elle ne te voit pas d'ici. »

Il fit un geste à la Namès qui obtempéra, méfiante d'abord, avant de voir les larmes et l'expression d'animal blessé qui déchirait le visage juvénile de la Liare. Elle se fendit d'un sourire de compassion, de mère, maternelle à en dégouliner. Elle posa son plateau sur un petit meuble de chevet carré, de bois foncé. Elle s'assit sur les genoux en face, à la gauche d'Emilienne et lui passa le dos de la main sur le front.

« Elle est brûlante Memmayel.
- Elle a peur Faolin. »

Expliqua-t-il.
A deux, ils lui parlèrent doucement, à voix basse, pour essayer de la consoler et de l'amener à la réalité, l'éloigner des cauchemars des évènements qu'elle avait pu vivre et qui l'avait marquée ainsi au fer rouge. Ils la relevèrent délicatement pour l'assoir, le dos posé sur de multiples coussins brodé aux couleurs chatoyantes et lui donnèrent à manger, puis à boire. Ils firent le thé pour endormir les douleurs et la faire dormir, Émilienne sombra à nouveau.

Memmayel et Faolin la rallongèrent précautionneusement.
Les deux Namès sortirent de la tente quelques instants, la femme avait le plateau vide dans les bras et l'homme sa pipe qu'il bourrait, pensif.

« Elle est si.... (Faolin chercha ses mots)
- Jeune ? Faible ? Apeurée ? (Compléta l'homme) Comment croire qu'elle serait dangereuse ?!
- Tu as sans doute raison, Memmayel. (Pensive, la femme joua avec le plateau dans ses mains) Je reviens demain matin pour la laver et lui donner de nouveaux vêtements. Je n'avais pas vu que ceux-là étaient trop petits. Je vais trouer son pantalon pour sa queue.
- Merci Faolin. (Il prit la main de la femme, la serra et la relâcha) Vient avec du thé pour ses douleurs. Je m'occuperais de son repas. »

Ils s'entendirent d'un regard complice dans leurs actes se séparèrent.
Memmayel rentra de nouveau dans la tente, reprit son livre et sa pipe et fit la lecture nocturne à la Liare jusqu'à ce que le sommeil le rappelle à sa propre couche.


Une semaine, encore. Puis une autre. Memmayel se retrouva envahis d'une nouvelle énergie et espoir, le réveil de la Liare l'avait convaincue que son geste avait été le bon. Qu'il avait eut raison. Le bruit courut bien vite dans le camp de la tribu que la Liare s'était réveillée et n'avait rien de dangereux, qu'elle souffrait, mangeait, pleurait et parlait parfois avec le Namès qui s'occupait d'elle.
Ils parlaient religion disait-on, ils parlaient des Dieux. Memmayel ne faisait pas allusion à ce qui s'était passé avant à la Liare, il ne voulut même pas savoir son nom - et Émilienne avait beau lui dire - il préférait l'appeler Fille de Simuis, pour marquer son respect, sans doute, peut-être? La Liare avait abandonné le combat de faire valoir son identité.
Elle n'était plus attachée à son poignet, à une cheville d'une corde usée de trois mètre, lui permettant de bouger à sa guise. Elle ne se mit pas debout, trop faible encore et les crampes dans son corps était d'horrible heures de douleurs sourdes. Elle avait la sensation que ses os se brisaient sous la tension régnant sous sa peau.
Elle aimait bien Memmayel et Faolin aussi. Ils étaient tendre avec elle, ne la pressait de rien, lui laissait son rythme. Elle aimait parler des dieux, ça lui rappelait des choses, des odeurs de temples, des fresques fabuleuses, des... Choses bonnes, entourés de noir, de douleur, de frustration, de mépris et de solitude. Emilienne ignorait ça, n'en parlait pas à ses deux Namès de compagnie qui prenaient soin d'elle. Ils n'avaient pas mérité qu'elle s'épanche de cynisme, sarcasme, méfiance et violence non-mérité à leur égard.
Alors elle parlait religion.

Elle voyait parfois d'autres Namès passer la tête dans la tente. Aucun ne la saluait, ils la regardaient, sortaient la tête de la tête, pouffaient, ou commentaient de quelques mots la Liare à mi-voix, avant de repartir au petit trot. Hormis Memmayel et Faolin, elle n'eut aucun autre contact avec la tribu.
Le Namès lui apprit qu'elle avait un cheval et Faolin lui cousu deux tenues ainsi qu'une grande draperie bleu azur aux multiples plis et replis en prévision de sa première sortie dans le désert. Les tenues étaient sobres, mais bien faîtes. Sa queue avait sa petite entrée personnelle, brodée et délimitée avec des coutures et du fil doux pour ne pas la gratter.
Ni l'un, ni l'autre ne la questionna sur ses cornes ou sa queue. Pour Memmayel c'était le signe irrévocable qu'elle était Fille de Simuis, la seule, que c'était un honneur comme une marque de destinée qu'elle ne pouvait ignorer. Émilienne, elle, n'écoutait plus quand il partait dans ce genre d'explications et d'argumentaires.
Elle regardait ailleurs, oubliait la douleur et les crampes dans son corps, et revenait à elle quand la discussion retombait sur un sujet qui ne serrait ni son corps, ni son coeur, ni sa gorge.


Au bout de la sixième semaine alitée, et de la troisième consciente, Memmayel et Émilienne - plongés dans leur argumentaire autour de la religion et des dieux - se firent interrompre par une entrée fracassante et autoritaire dans la tente du Namès.

L'homme était imposant, de fortes épaules carré le rendant imposant. Il barrait une partie de la lumière qui entrait dans la tente. Il était escorté de deux autres hommes habillés de voileries et de draperies dans les nuances de bleus, décorés de quelques bijoux sobres d'or et d'argent et quelques perles. Il avait les poings serrés, et posa sur Émilienne un regard dur et sévère. La Liare avait sur les cuisses le grand livre de Memmayel, ouvert à une page de légende dont ils interprétaient le passage à deux, se lançant dans une jouxte cordial philosophique sur la moral de la légende et ce qu'elle apprenait aux Hommes.
A la vision du livre, la main de la Liare posée sur la page, l'homme grogna un peu plus entre ses dents serrés. Il dévisagea Memmayel qui se levait avec précaution, se dressant et se postant à la droite d’Émilienne.

« Ag'Brael, mon chef, que me vaut l'honneur de ta visite?
- Je ne veux pas t'entendre Memmayel. (Répondit le grand homme, la voix froide comme le métal) Je suis venu voir l'engeance maléfique que tu caches dans ta tente depuis six semaines maintenant. Celle que tu nommes avec prétention Fille de Simuis sans t'en assurer l'ascendance soi-disant divine. (Le chef Namès tourna de nouveau le visage vers la Liare) Enlève-lui ce livre sacré pour notre tribu, elle n'est pas digne d'y poser les yeux et encore moins ses sales mains.
- Elle sait lire, mon chef. Nous conversions autour des légendes et du message des dieux. Ce livre est sacré pour tout ceux qui acceptent l'existence des dieux et les louent, sa lecture ne lui est pas fermée ni sa vue. (Combattit Memmayel avec son calme et sa voix râpeuse.)
- Elle te dupe. (Grogna Ag'Brael) Les Liares sont des imbéciles ne sachant ni lire, ni écrire, elle ne fait que te conter de belles histoires inventés qu'elle trouve dans les images! (Sec, l'homme refusa la parole à Memmayel d'un geste de main autoritaire) Je ne veux plus t'entendre. (Il donna un coup de menton en direction d’Émilienne) Ton nom, Liare. (Exigea le chef Namès avec dureté)
- Émilienne. Ygard de mon nom de clan. (Elle referma le livre de sa seule main valide, Memmayel s'agenouilla pour l'aider et le récupérer quand elle le poussa vers son ami) Il y a des Liares qui savent lire et nous sommes un peuple pieux. (Notre héroïne redressa la tête, fit face.)
- Vous ne louangez que Simuis la Pervertie. Sa colère et sa puissance vous ont pervertis et ne vous ont laissé que le coeur propice à la culture de la haine et de la violence. (Ag'Brael grogna sa répondre avec suffisance)
- C'est vrai. Elle est notre déesse, notre symbole et ses préceptes sont ancrés en chacun de nous. Nous n'ignorions pas les autres dieux et leurs messages, aussi sourds soit mon peuple, nous savons qu'autre chose existe que l'intelligence de Simuis et ses flammes.
- Es-tu Fille de Simuis comme le pense mon prêtre ? (Il éluda la réponse de la Liare avec facilité pour asséner sa question perfide. Émilienne su que sa réponse serait capitale.)
- Il est dit de ma Déesse qu'elle est seule à avoir une queue lorsqu'elle parcoure les Terres de Madelle. Elle apparaît comme une Liare à la peau sombre comme du charbon, une queue fourchue se balançant derrière ses jambes et des cornes fabuleuses la couronnant de son statut de déesse. (Récita Émilienne avec soin. Elle plissa les yeux, médita quelques instants la suite de sa réponse avant de la prononcer avec calme et suffisance, la fatigue lui permettant de maîtriser ses émotions) Je suis seule Liare possédant une queue, ma race me l'a assez bien rappelée comme ça. Je suis née sur l'autel du temple de Simuis à la capitale Liare, ma défunte mère mourut des coups animés de colère de mon père, et je vécu de nombreuses années dans ce même temple. J'ai été châtié, chassé, blessé, meurtris de part ma queue et mes cornes, tout au long de ma courte et jeune vie. (Sa voix avait tremblé dans la rancoeur et la douleur de son passé, les images dansaient dans son esprit. Elle les chassa en serrant son poing.) Est-ce une réponse suffisante, Ag'Brael le Chef ? »

Les Namès restèrent interdits quelques minutes. Ag'Brael ne l'avait pas vu venir et notre héroïne se félicita - pour la première fois - d'avoir eut une vie si lamentable et difficile à cause du hasard de la génétique et de son destin noueux et mystérieux. Memmayel lui accorda un regard, puis un sourire d'empathie, le Namès voulant marquer son soutient et sa compréhension.
Depuis le début de leurs discussions théologique, ils n'avaient pas abordé la vie de la Liare ni sa queue ou encore ses cornes et encore moins son identité entant que Liare; ils avaient tout les deux ignoré le sujet, préférant se dire que le moment venu, Émilienne se confierait sans craintes ni ressentis.
Elle n'afficha aucun sourire et attendit, le visage tiré dans une fausse expression de calme. Les crampes dans son corps avait reprit, étirant la Liare de l'intérieur de part en part, lentement mais surement désormais. C'était une douleur énervante qui venait par cycle et s'endormait avec le thé et les bons soins du Namès à son chevet.

Ag'Brael desserra les poings un instant, prit de court. Il les serra à nouveau et s'assit sur le seul siège de bois que possédait la tente. Il posa bien à plat ses mains sur ses genoux, le dos droite et le visage aussi dur qu'au début de son apparition.
La Liare le suivit des yeux, sa queue bougeant à côté de sa couche au rythme de la douleur qui courrait sous sa peau.

« Tu te revendiques -
- Je ne me revendique de rien du tout. Je suis une Liare, avec une queue et des cornes. Je vivais reclus dans ma montagne, chassant quelques monstres et vivant de ce que la forêt me donnait. (Coupa Émilienne)
- Tu es guerrière ? (Émilienne haussa l'épaule en toute réponse) Ma tribu t'a accueillie, soignée, nourrie pendant six semaines. (Commença le chef avec lenteur mais pas moins d'autorité dans la voix) Memmayel avait idée de te proposer un marché pour nous remercier du temps, des vivres et des soins que tu nous as coûté; tu es une Liare, tu es forte de par ta naissance et intelligente; nous sommes des nomades sans prétentions, sans formations militaires et sans volontés de nous battre. (Continua-t-il) Nous avons perdu nos enfants deux semaines avant que Memmayel ne te trouve. Depuis huit semaines nous essayons par le dialogue et les prières de laisser l'ordre qui nous l'a enlevé de nous les rendre, en vain.
- Vous voulez que je m'en mêle et libère votre progéniture ? (Résuma la Liare avec un sourire crispé de douleur)
- Oui. (Ce fut Memmayel qui répondit, posant une main sur le crâne de la Liare, caressant ses tresses du pouce) Fille de Simuis, tu possèdes la force et la malice de nous les rendre... Nous sommes de pauvres nomades sans armes avec les prières comme seule arme. Notre Vérité n'est pas assez dense pour un combat de front et faire plier ces Hommes. (Il marqua une pause et sourit à Émilienne, contourna le lit pour verser dans une tasse, un peu de thé qui endort la douleur et lui tendit.)
- Merci Memmayel. (Dit-elle à mi-voix, buvant la tasse de thé avec lenteur de sa seule main) Je ne peux pas me lever. Ni me battre sans armes et... Je suis seule.
- Prends le temps qu'il te faut pour fortifier ton corps et ton esprit. (Convint Ag'Brael) Ca signifie que tu acceptes de travailler pour nous, pour le salut de nos enfants ? »

Notre héroïne tourna son visage vers Memmayel, qui tenait encore la théière élégante dans les mains, le regard dans le vide, des larmes perlant aux coins de son oeil droit. Elle pencha la tête et poussa la tasse vide vers son ami.
Le Namès sortit de sa rêverie, récupéra la tasse et la resservit. Emilienne avait besoin de deux à trois tasses de ce thé pour faire taire les crampes et les sensations de brûlures de son bras manquants. Avant, c'en était six, maintenant deux pendant les jours "avec".
La Liare suivit des yeux le Namès qui repartit s'asseoir en tailleurs près d'elle, à sa droite, caressant la couverture de vieux cuir du grand lire de légendes et de prières.

« Memmayel, as-tu des enfants ?
- Oui, Fille de Simuis. Et ils ne sont plus chez eux depuis longtemps maintenant. (La douleur transpirait dans son regard et pourtant sa voix ne trahissait rien. Le manque, la solitude, la sourde crampe au coeur qui vous serre. La Liare comprit tout ces signes.)
- Je te les rendrais. »

Promit-elle.


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MessageSujet: Re: [Quête] L'aventure ne fait que commencer ! Lun 14 Sep 2015 - 21:06

J'encourage l'écoute de cette musique pendant les dialogues de ce passage!

Du 19 Sòrn au 5 Malièr.
2 mois après l'attaque ratée du convoi.
___________________________________________________________________

La promesse d'Emilienne avait animé le camp d'espoir, chassant la peur et la méfiance qu'avait les Namès à l'égard de la Liare. Elle ne sortit de la tente que tardivement, une semaine après qu'elle ait prononcé les mots libérateurs pour la tribu nomade des sables. Durant toute cette semaine, la Liare se questionna et questionna le Namès, Memmayel, qui continuait de veiller sur elle avec l'aide de Faolin pour sa complète guérison.
Les échanges de religion tournaient désormais autour de philosophie, poussant la Liare dans sa décision, la retranchant derrière ses anciens boucliers, la lâchant sans vergogne dans ses peurs et ses craintes, lui rendant la vue lucide quand à sa situation et l'aventure dans laquelle elle avait accepté de se jeter corps et âme.

(...)

« Les Liares sont-ils tous aussi belliqueux ?
- Non. (Accorda Emi' avec amertume) Enfin, si peut-être ? Qu'est-ce que j'en sais, Memmayel. Je ne suis pas une Liare aux yeux des miens, et je ne suis pas humaine pour autant. (Balaya la Liare, un mauvais goût sur la langue) Pourquoi cette question, Memmayel ?
- Je ne connais pas bien ton peuple. (Concéda le Namès en s'asseyant en tailleurs sur son vieux coussin) Je n'en vois que le reflet rouge sang de la guerre. Tu es la seule Liare avec qui j'ai pu discuté, les autres ne font que nous piller, nous agresser et souhaiter notre mort pour leur survie. (Continua-t-il dans un chuchotement, servant le thé) Une tasse ? Tu sembles avoir mal.
- J'ai mal. Tout le temps. (Soupira la Liare, attrapant la tasse des mains mat de son ami avec soin) Ce sont les Liares. Comme ils sont. Ils ont la peur au ventre d'un Roi Tyran qui les pourchasse et d'une Reine perfide qui les assassine. (Elle haussa les épaules, fit quelques pas maladroits dans la tente, retrouvant ses jambes sans assurance) Je parle des citadins comme des nomades. Ils sont stupides, blessés depuis des années et ne savent rien faire que fuir ou survivre.
- N'êtes vous pas une race combattante ?
- (Émilienne ris, avec aigreur) Contre qui veux-tu combattre, Memmayel ? Sans éducation, sans savoir, la faim au ventre et le bâton qui te roue de coup ? (Elle déglutit) Pardon. Je ne voulais pas hausser le ton. (Elle baissa la tête, regarda son reflet dans le thé gluant routinier dont elle s'abreuvait le corps)
- Ce n'est rien, mon amie. (Il fit une pause et un sourire envers la Liare) Pourquoi combats-tu pour nous et pas pour les tiens ?
- Ce ne sont pas les miens. (La jeune Liare planta son regard dans celui du Namès, elle manqua de briser la tasse entre ses doigts. Elle la déposa. La colère lui fit avoir un vertige, sa Vérité muette depuis son réveil ne la laissait qu'un peu plus seule face à ses émotions.) Comment reconnais-tu les tiens, Memmayel ?
- Ceux qui me sont liés par le sang. (Il mit un premier argument avec sa même voix douce et râpeuse, hochant légèrement la tête)
- Mon père battit ma mère à mort avant de retourner à oppresser les autres Liare. Il le faisait déjà avant et a même extorqué ma mère pour ne pas avoir à souiller la capitale du sang de tout mon clan de naissance. (Lâcha-t-elle avec une colère à peine retenue, mais la voix basse)
- Oh. (Il massa sa barbe de trois doigts et regarda à nouveau Émilienne) Ceux que tu aimes ? Tes amis. (Précisa-t-il d'un signe de main)
- Ils sont morts pour les premiers. (Elle dodelina de la tête dans un hochement d'épaule, elle avait l'impression qu'elle parlait avec une lame de rasoir lui tailladant la bouche plutôt que sa langue) Tu es, toi et Faolin, ce qui se rapproche le plus de mes premiers amis. (Finit-elle, le coeur un peu plus léger)
- Oh. Et le temple où tu as vécu ?
- Ils m'ont chassé dés que la plus vieille prêtresse qui leur imposait ma vue le fut aussi. (Émilienne chassa la prochaine question de Memmayel de la main) Je ne veux plus parler de ça.
- Alors... Pour quoi combattez-vous, Liare ?
- Ils combattent pour un rêve, de l'espoir. (Emi' fit quelques pas dans la tente, regardant la sortie de cette dernière) Ils se disent que si le Roi tombe et la Reine aussi, alors tout changera. Sauf qu'ils n'ont personne pour tout changer. Ca sera le prince héritier qui prendra le trône, et le prince n'est pas mieux, ni la princesse. (La Liare massa son moignon d'épaule distraitement) C'est ce qui se dit. (Corrigea-t-elle à mi-voix, ne souhaitant pas assumer sa naissance à demi-royal) Ils ne pourront rien changer. La barbarie restera la barbarie, leur pays est voué à mourir à petit feu, à s'entre-déchirer entre les prochains tyrans qui voudront le pouvoir, l'opulence et le sang du peuple sur les mains. (Ce ne fut qu'un chuchotement qui sortit des lèvres de la Liare, juste assez audible pour le Namès)
- Tu ne parles pas de toi.
- Je combats pour moi. (Elle haussa les épaules, répliquant sans attendre) Pour survivre.
- Tu ne veux pas te venger ? (Il fit un geste de la main en direction des terres Liares)
- A quoi cela servirait-il ? (Emi' arqua un sourcil, faisant face à son ami) Suis-je assez forte ?! Non. Il me manque un bras et par Simuis, si je finis l'année en vie, je la louerais de tout ce que j'ai. (Elle se rapprocha de Memmayel) Je combats pour vivre. Tu m'as recueillie et apportée beaucoup. Ta tribu a été assez patiente pour me laisser guérir à mon rythme et payer mes soins avec vos possessions; personne n'a essayé de te tuer ou de me tuer dans mon sommeil. (Énonça-t-elle avec une telle facilité que le Namès en pâlit.) Je te dois la vie. Je vous dois la vie. Je n'aime pas avoir des dettes. Tu as été bon avec moi, je le serais avec toi. (Elle haussa les épaules)
- Poliote nous apprend à aller au-delà de nos perceptions, aider ceux que nous pouvons. (Memmayel eut une expression d'humilité qui fit sourire Emi') Tu ne me dois rien et ce n'est pas sage ni humble de t'extorquer ta force à peine remise. Tu le dis toi-même, mon amie, tu as perdu un bras, tu n'as pas d'armes ici, un cheval, pas d'équipement et pas de frères pour se battre à tes côtés. (Il secoua lentement la tête en poussant de petits "tss-tss")
- Tu n'attends plus rien de moi ? Tu n'es pas Poliote le Sage, personne ne peut être aussi calme que lui et détaché du monde et de sa cruauté.
- J'ai placé en toi mon espoir de revoir mes enfants. (Admit-il) Je sais que tu es la Fille de Simuis, à mes yeux, tu le seras toujours. (Reprit-il devant le petit gloussement moqueur de la Liare, un sourire jouant sur ses lèvres bronzées) La religion et ses histoires sont mon refuge et mon guide, et je dois continuer de les suivre vu que c'est elle qui m'a menée à toi et m'a fait de ramener à la vie: tu ne me dois rien. Si tu veux partir: pars, mon amie, tu es libre. Jamais je ne te châtierais de ce choix, personne ne le peut. C'est ce que le Libre Sage dirait.
- Qu'en dirait la justice ? (Émilienne reprit la discussion après une pause, faisant quelques pas, dessinant un cercle au centre de la tente) "Fais ce qui est Juste". Ce qui est juste est de vous donnez ce que je pense être la valeur de ce que vous avez sacrifié pour ma survie et moi-même. Je vivrais dans la honte si je pars maintenant, vous laissant avec vos problèmes et sans vos enfants.
- Là, c'est Simuis qui parle. (Rit Memmayel) Et pas Séliope.
- Eh! (Émilienne sourit) La Justice est plus à même de nourrir l'honneur que la connaissance. (Elle menaça - avec humour - de l'index le Namès qui ris un peu plus)
- La Balance des biens est Séliope, oui. Mais l'honneur et la honte n'appartiennent qu'aux combattants, Simuis l'Incandescente ne voudrait pas que sa fille se tâche de honte car elle a refusé le combat et l'affrontement avec sa vie, ou ses choix. (Le Namès eut un sourire en coin) Tu vois. Elle brûle et brille en toi.
- Memmayel... (Geigna la Liare avant de venir s'assoir devant le Namès, en tailleurs, sur le sol, légèrement plus basse que lui) Simuis m'a abandonnée.
- Non. (Il posa sa main sur la tête d'Emi, caressant les nattes et tresses de sa crinière noire avant de caresser l'écailles de ses cornes) Ce que tu prends pour son châtiment n'est que son défi, sa mise à l'épreuve. Simuis est grande, forte. (Souligna-t-il avec de l'espoir dans la voix) Elle ne peut pas avoir une fille lâche et faible, elle te montre la voix pour lui ressembler, pour s'élever à sa hauteur. (Sa main courra de la corne droite d'Emi, à son moignon d'épaule, et remonta à la joue de la Liare) Il n'y a pas que la queue qui fait de toi sa fille, mais le coeur et l'esprit. Seul Simuis aurait parlé avec un pauvre Namès nomade du désert pendant des semaines de religions, philosophie, juste pour apprendre comment le monde est. (Il fit un clin d'oeil, doux et tendre)
- Alors je pars combattre ? (Demanda Emilienne, regonflée, le coeur gonflé des mots du Namès et de sa clairvoyance)
- Seulement si tu le veux, si tu le peux.
- Simuis me dit de le faire, l'honneur et ceux que nous aimons doivent être protéger. (Une pause) Où sont vos enfants ?
- A Karnès, Fille de Simuis, la principale ville du Désert. »

La Liare prit trois jours de repos et de préparation supplémentaire auprès de Memmayel et de Faolin. Les Namès lui donnèrent des vêtements contre le désert ainsi qu'une tenue de tissu et de cuir qu'ils ont coud à partir des lambeaux de son ancienne. Ils lui donnèrent, comme promit, un cheval pour se déplacer. Ils lui confièrent aussi une gourde pour chasser les douleurs, un demi-bloc de savon, une éponge pour se laver ou laver le cheval, un peu de grain et de l'eau pour sa monture; Faolin lui fit plusieurs gri-gri qu'elle noua à la base de sa queue, faisant des bruits clairs et amusants à chacun de ses pas et aux mouvements de sa "seconde personnalité".

La veille du départ de la Liare, toute la tribu accorda un grand temps de prière aux divinités. Poliote fut présent, bien évidemment, supplié d'aider la Liare et ses blessures à guérir et à être forte, mais parmi les habituels dieux des Namès: il y avait une nouveauté. Quelques braves de la tribu - Memmayel comprit - avaient réussi à construire un petit autel de prière et d'offrandes pour Simuis. Il était fait de bric et de broc trouvé ça et là, mais la Liare fut touchée de ce geste et se promit de ramener les enfants aux Namès.

Ils lui firent, ensuite, lors du dîner où elle fut conviée à la grande tente pour son dernier soir avec la tribu, le résumé de toute cette histoire et l'affaire des enfants que Karnès et l'ordre qui y régnait leurs avait pris. La renseignant autant que possible pour qu'elle puisse agir correctement dés le lendemain, quand elle passerait les portes de la ville.


Si elle ne pouvait plus combattre pour les siens, ni pour elle, elle pouvait bien combattre pour ceux qui avaient besoin et l'acceptaient telle quelle.
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MessageSujet: Re: [Quête] L'aventure ne fait que commencer ! Lun 28 Sep 2015 - 23:48

Chaque jour, à l'aube et au crépuscule, les enfants des nomades sont guidés par des prêtresses de la déesse Demnia. Amenés dans un petit jardin, ils sont tous obligés de rester une heure durant pour prier chaque dieu du panthéon. C'est un rituel mécanique que la plupart de ces enfants ont fini par accepter. Les pleurs ont disparu, les plus jeunes sont désormais attentifs et s’efforcent de réciter les prières. Ceux qui sont plus grands se laissent aussi guider par ces prêtresses douces et fermes à la fois, il n'y a qu'une paire de lèvres qui ne se descellent jamais.

Cet enfant reste muet à chaque fois qu'on l'emmène ici, mais il ne se prive pas d'élever sa voix le reste de la journée. La plus ancienne des prêtresses et qui a des années d'expérience avec les pupilles du désert le garde près d'elle, lui fouettant le dos avec une baguette à chaque phrase qu'il refuse de répéter. Le gamin sert les dents, mais aucun sort ne sort. L'une des servantes de Demnia se retient d'intervenir, à chaque fois, elle préfère détourner le regard et prononçait un peu plus fort les paroles saintes pour couvrir le bruit de la baguette.

Soyez patient et attendez que les enfants terminent leurs prières du soir avant de les libérer. La ville est enfermée dans un quotidien qui ne change jamais et l'heure coïncide avec celle du changement de garde. Même si cet endroit reculé, peu surélevé par rapport au reste de la ville, n'est surveillé que par deux gardes, mieux vaut prendre toutes vos précautions, car une Liare sera abattue sans sommation. Les prêtresses seront prêtes à tout pour garder un maximum d'enfants avec elles, même si elles n'utilisent aucune violence, elles sauront vous empêcher de repartir.

Il vous faudra également faire preuve de douceur pour ne pas effrayer les plus jeunes. Les enfants ont entre six et onze ans. Celui qui ne veut pas desceller ses lèvres est plutôt grand, mais n'a que neuf ans. Le plus compliqué ne sera pas de faire descendre le long des piliers le petit groupe de huit gamins, mais de les convaincre de vous suivre.


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