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À boire debout [PV Clégane]

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MessageSujet: À boire debout [PV Clégane] Lun 11 Nov 2013 - 22:11

Les gouttes froides tombaient lourdement sur son corps épuisé et détrempé, s’immiscent sous ses habits lourds d’eau, déclenchant à l’occasion ses frissons. Le premier jour du mois de Sòrn, bien maussade, ne se teintait d’aucun rayon de soleil et n’offrait qu’une pluie diluvienne qui ne cessait, cessait, cessait de tomber. Clara arriva aux portes de Krik à une heure inconnue, le ciel sombre étant intemporel. Et dans la ville, grise, ne résonnait que le son du déluge se fracassant contre les toits et le pavé. La jeune femme se laissa glisser de selle et bougea ses jambes ankylosées jusqu’à l’écurie la plus proche. L’odeur de la paille humide et des chevaux apportant une certaine chaleur à l’endroit fut un souffle de réconfort.

Une pièce versée au métayer et Clara dirigea Hildebald vers le fond de l’étable. Elle le déharnacha avec une lenteur qui trahissait sa fatigue, lui apporta une chaudière d’eau, de la moulée, passa même un tissu sec à la grandeur de son corps pour le sécher ne serait-ce qu’un peu. Cela terminé, elle jeta un pan de laine sur son large dos et enfoui son visage dans son encolure chaude. Ses crins drus, couleur de rouille, lui chatouillèrent la joue. La fille du Général resta ainsi contre sa monture de longues minutes, sans mot dire. Hidlebald, tout aussi éprouvé, ne broncha pas. Clara savait qu’elle en demandait beaucoup à son compagnon. Ce petit batard issu du Nord était loin d’être un athlète en quittant Férèsis. Si son dressage n’était pas au point, son cœur d’or et son caractère d’ange palliait à cette infortune. La jeune femme n’aurait pas pu demander mieux. Elle lui caressa doucement le chanfrein, sourit légèrement.

- On en vit des aventures, hm ? Qui aurait cru.

Hidlebald leva une oreille, sans plus. La jeune femme, non désireuse de regagner la pluie dans l’immédiat, s’attarda auprès de lui. Elle tâta tout ses membres, passa ses mains sur son poil cuivré jusqu’à ses pattes courtaudes. Elle leva ses sabots de montagnard, un à un, évaluant rapidement leur état. Rarement elle avait vu un cheval avec le pied aussi dur, tant mieux ! Comme l’avait prévenu le vendeur, Hidlebald n’était pas une monture très rapide mais il avait la capacité, et l’audace, de se faufiler partout. Il avait également gagné en masse musculaire, cela se voyait à son poitrail gonflé et à ses membres saillant. Clara lui donna une petite tape affective près du garrot avant de le laisser à son repos. Dehors, la pluie tombait toujours drue.

La jeune femme déambula dans les rues, morose. La température était responsable de son moral, fort probablement. Elle était étrangement nostalgique, mais aussi préoccupée. Ses bottes, usées, laissait s’infiltrer l’eau. Sa bourse, devenue légère, l’inquiétait. Combien de temps tiendrait-elle encore comme cela, à voyager d’un bout à l’autre du continent sans but précis ? La réalité la rattrapait sournoisement, mais elle la repoussait avec entêtement.

Au détour d’une route, Clara découvrit avec surprise un petit attroupement de personnes entassée autour d’un plateau surélevé. Quel genre d’évènement poussait les habitants à braver pareil déluge ? Elle releva la tête, plissa les yeux ; les gouttes gorgeait ses cils. Deux barres verticales, une poutre solidifiée, une corde. Un pauvre homme, en loques, debout sur un siège, fixant d’un air effaré le publique. La jeune femme sentit son cœur se serrer. À gauche du pilori, un petit monsieur tenait un manuscrit et parlait d’une voix forte et blasée.

- Rodrigue Dugon est accusé par décret de vol et de nuisance envers le Seigneur du compté et est condamné à la peine de mort par pendaison.

Il y eu des pleurs d’un nourrisson dans l’assemblée, c’est tout. Pas une autre parole, aucune protestation. Du fond de sa poitrine compressée, Clara sentit la haine ronger sa chair. Ces Seigneurs pédants, suffisants, immoraux ! Elle les détestait tous, définitivement. Au lieu de pendre les véritables malfaiteurs, violeurs d’enfants et assassins, on se régalait de la douleur d’un malheureux clochard qui n’avait manifestement dérobé qu’un peu de nourriture pour se sustenter. La misère des uns fait le bonheur des autres. Surtout des Seigneurs, salops richissimes se croyant au-dessus du peuple et des lois. Clara les méprisait, surtout depuis sa rencontre personnelle avec l’un d’entre eux, à Accro. Jamais elle n’oublierait cette nuit…

Le condamné passa fébrilement son cou maigre dans le nœud de la corde. Même d’où elle était, Clara le voyait trembler comme une feuille. La pluie et le froid n’étaient pas les uniques responsables. Sur ses cuisses, on pouvait voir un sillon foncé se dessiner, et ce n’était pas de l’eau… Sa gorge la brûlait, elle aurait eu envie de s’interposer, d’implorer, faire quelque chose, n’importe quoi. Mais pour une fois, elle resta de marbre. Trop d’ennuis déjà l’avaient frappée à se mêler de situations ne la regardant pas. Un goût amer lui resta en travers de la bouche. Le bourreau, resté en retrait derrière le clochard, s’avança et retira brusquement le siège. Il y eu quelques gémissements dans l’attroupement, des exclamations de surprises. Mais rien d’autre. Le pauvre homme se balança au bout de la corde, gesticulant comme un poisson hors de la rivière. Ces imbéciles n’avaient même pas eu la présence d’esprit de faire un nœud qui lui aurait cassé la nuque d’un coup sec, sans aucune souffrante. Au lieu de cela, il étouffait et mourrait à petit feu, dans l’angoisse, la douleur…

Clara se détourna, incapable d’en supporter plus. Elle ne voulait pas se souvenir de son visage, il l’aurait probablement hanté durant des années… Elle s’éloigna un peu et appuya ses coudes contre le mur d’une bâtisse, ferma les yeux. Mais les yeux fermés, d’horribles images lui revenaient. Celle du sang tiède courant sur ses mains, celle du regard exorbité de son agresseur qu’elle avait froidement tué. Ses paupières se rouvrirent aussitôt et elle fixa les rigoles de pluie se formant dans les fissures du sol. Si forte et pourtant si fragile à la fois. Ça la rendait malade. Le groupe se dispersait déjà mais elle resta prostrée ainsi à l’écart, reprenant un semblant de tête froide. Si son voyage lui dévoilait les beautés du monde, il lui imposait aussi ses ignobles cruautés.


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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Mar 12 Nov 2013 - 21:40

Les gouttes qui tombaient sur son armure le laissaient totalement indifférent. Il  arpentait les rues de Krik d’un pas ferme, un peu comme si rien au monde ne pouvait lui faire obstacle. Malgré son allure de chevalier, il n’en était pas un. Clégane avait été à plusieurs reprises la cible de regards indiscrets dont la signification se situait entre la crainte et le questionnement. L’eau qui s’écoulait le long de son armure nettoyait à chaque contact les traces de sang qui s’y étaient installées lors du probable combat qu’il venait d’achever.
Avec cette démarche, nul n’aurait pensé qu’il allait faire une halte dans la première auberge qu’il vit. Lorsqu’il entra, il y eut comme un malaise qui s’installa dans la salle. Le bruit ne cessa pas, mais les paroles d’autrui semblaient quelque peu méfiantes. Clégane s’avança vers l’aubergiste, retira son casque qui dévoila son visage ferme et demanda si une chambre était disponible. Le tavernier, non bouleversé par la situation dans laquelle il se trouvait, consulta son agenda. Il déplaça son index de haut en bas, de page en page.

«-Oui, la chambre 14, dit-il en relevant la tête, mais c’est pour une personne, compléta-t-il.
-Cela me va, je suis seul, répondit Clégane d’une voix naturellement grave, mais qui serait agréable à entendre pour beaucoup.»

L’homme chevaleresque emprunta alors l’escalier qui se situait sur sa droite. Il arriva dans un couloir parsemé de porte de part et d’autre de l’allée. Il avança tout en tournant la tête de gauche à droite pour lire le numéro de chaque porte devant laquelle il passait. Arrivée à la chambre 14, il inséra la clé précédemment cédé par l’aubergiste et entra. La pièce semblait légèrement humide, c’était surement dû au temps qu’il faisait dehors. L’ameublement était simple : Un lit en coin, une armoire en face, un bureau dans le seul espace qui restait disponible. Clégane se déplaça vers l’armoire, l’ouvrit, puis la fixa. Il commença à défaire son armure : maintenant que sa mission était terminée, il n’y avait aucune raison de la garder. Le jeune homme était désormais en tenue légère, malheureusement pas adaptée à la situation qui l’attendait dehors. Il plaça son armure dans l’armoire, sorti de la chambre, verrouilla et descendit les escaliers. Il traversa la salle principale de l’auberge sans prêter la moindre attention à quoi que ce soit. Clégane avait l’intention d’aller acheter une tenue plus adéquate. Il enjamba plusieurs rues et vit enfin le magasin qu’il désirait temps. Il pénétra à l’intérieur et fit face à un comptoir tenu par un homme trapu, il devait avoir la cinquantaine. Clégane expliqua en quelques mots ce qu’il cherchait. Le travailleur de cuir lui fit signe de patienter quelques instants. Après quoi, il revint avec un ensemble qui allait certainement plaire au jeune chasseur de monstre.  C’est avec un large sourire que Clégane alla essayer sa nouvelle tenue dans une loge, à quelques pas du comptoir. Lorsqu’il en sorti, c’est un homme à l’allure assassine que l’on put voir. Une armure de cuir noir munie de différentes sangles, d’une capuche, de bottes et de gants. Tout ce qu’il avait préservé de son aptitude chevaleresque, c’était son espadon. Il paya l’homme et sorti.

En franchissant le seuil de la porte, il vit un bon nombre de citoyens qui accoururent dans la même direction, tous. Intrigué, il suivi la meute. Tandis que beaucoup continuaient d’avancer, Clégane s’arrêta. Il vit plusieurs hommes sur une estrade et ne mit que très peu de temps pour comprendre qu’il s’agissait d’une pendaison. L’un de ces hommes entama quelques mots, mais Clégane était trop loin pour les comprendre. De toute façon, il ne semblait pas intéressé. Pour lui, il était évidant qu’un homme allait être tué pour une mauvaise raison, mais il ne pouvait rien y faire. Il fit un demi-tour et vit, là, une jeune fille affalé contre un mur, si la pluie avait été silencieuse, il aurait pu jurer avoir entendu cette jeune femme marmonner. Il s’approcha doucement d’elle, retira sa capuche et… senti une main lui accrocher l’épaule :

-Hé mec, t’aurais pas un peu d’argent ?! demanda un homme dont l’apparence était très proche de celle d’un clochard.
Clégane le fixa mais ne répondit pas.
-Allez, mec ! Fais un beau geste !

Son haleine ne trahit pas les pensées du jeune homme. Il décida finalement de l’aider. Il attrapa quelques pièces au fond de sa poche et lui offrit. Le clochard renifla la monnaie tel un chien qui renifle de la viande. Il ne sembla pas satisfait.


-Encore, j’en veux encore ! Ce n’est pas assez, morveux !

Le vieillard était devenu agressif. Clégane tenta de préserver son calme, mais le mendiant s’approcha de plus en plus de lui, d’un air agressif. Clégane recula de quelques pas :

-Écoute vieillard, les quelques pas de retrait que je viens de faire t'ont sauvée la vie une fois. Approche-toi encore de moi comme tu viens de le faire et ta vie sera écourtée.


Le vieil homme, aussi sourd qu’il le laissa croire, avança de nouveau. Clégane posa sa main sur la hampe de son espadon, prêt à la dégainer. C’est juste à ce moment précis que la milice urbaine arriva, à tout hasard. Ils attrapèrent le clodo et allait très certainement l’emmener dans une cellule de dégrisement. Ils firent juste signe de tête à Clégane, qui lâche son espadon. Avait-il réellement l'intention de le tuer ?

Ce petit accrochage avait  attiré quelques regards sur lui.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Mar 12 Nov 2013 - 23:22

Même si Clara ne se montrait pas attentive à ce qui se passait autour, le coin de son œil perçu tout de même un mouvement à sa droite. Quelqu’un approchait lentement et à peine relevait-elle la tête qu’il était déjà à sa hauteur, rebaissant sa capuche sans se soucier qu’il pleuve des cordes. La jeune femme nota aussitôt les yeux céruléens au milieu de son visage carré, impossible à manquer tant leur couleur était d’un éclat singulier. La surprise fut néanmoins de courte durée car déjà, un autre homme venait troubler la venue du premier. Un mendiant tout dépenaillé agrippa l’épaule du plus grand.


-Hé mec, t’aurais pas un peu d’argent ?!

Drôle de façon d’aborder quelqu’un pour la charité. Infructueuse, d’ailleurs, vu la réaction de l’encapuchonné qui resta de glace, un peu comme s’il n’avait rien entendu.


-Allez, mec ! Fais un beau geste !

Clara, n’étant pourtant pas mêlé au conflit, tiqua en sentant poindre de l’irritation. Elle l’aurait envoyé balader, ce rustre va-nu-pieds sans manière aucune. Sans être particulièrement intransigeante, il faut dire que la fille du Général n’était pas dans sa meilleure journée. Par contre, le grand homme semblait plus clément qu’elle ne l’était aujourd’hui et, toujours en silence, glissa une main dans sa poche et versa quelques pièces dans la paume sale du vagabond. Les yeux du gueux scintillèrent l’espace d’un instant mais d’avidité et non de satisfaction.


-Encore, j’en veux encore ! Ce n’est pas assez, morveux !

Menaçant, le mendiant s’approcha de l’inconnu avec la conviction d’un agneau se mesurant au loup. Inconsciemment, Clara se serra contre le mur, ne souhaitant pas se retrouver au centre d’une probable altercation. Brève, certainement, vu la différence de taille et de force entre les deux hommes. La jeune femme n’avait pas manqué de remarquer, au passage, l’arme pendant à la hanche de l’inconnu. La voix de ce dernier résonna, grave et lourde d’admonestation.


-Écoute vieillard, les quelques pas de retrait que je viens de faire ton sauvé la vie une fois. Approche-toi encore de moi comme tu viens de le faire et ta vie sera écourtée.


Aussi niais qu’il le paraissait, le gueux avança de nouveau. La fille du Général eut envie de lever la main pour empêcher une autre effusion de sang, une autre mort inutile en ce jour déjà bien assez taciturne. Puis, intervention divine ?, on ne le saura jamais, une poignée de gardes arriva sur les lieux. Ils étaient déjà présents, fort probablement, pour superviser l’exécution. Sans plus de consultations, la milice emmena le va-nu-pieds qui s’éloigna en déversant un chapelet de jurons et de protestations. Clara le regarda un instant, ahuri d’entendre de telles injures, certaines ne faisant même pas partie de son propre répertoire. Le calme revint, avec lui la pluie incessante et une poignée de regards indiscrets. L’Arvèle fit face à l’homme, charitable il est vrai, mais plutôt menaçant. Toujours plus patient qu’elle, c’était déjà ça.

- Je l’aurais occis bien avant, lâcha-t-elle sur un ton qui se voulait badin mais qui ne sonna ni chaud, ni froid

Non, elle n’aurait occis personne. Deux morts à son compte suffisait amplement… pour l’instant. La jeune femme du relever la tête pour discerner à nouveau le bleu des prunelles rivées sur sa personne. Elles semblaient presque se confondre avec l’eau ruisselant des murs. Quelques secondes avaient suffit à Clara pour effectuer un examen visuel et se faire une idée, plus ou moins juste, de qui elle avait à faire. Du coup, elle se souvint à quoi elle devait ressembler, elle ; peut-être pas la plus noble des dames qui soit ! Crottée de la tête aux pieds, les cheveux emmêlés, et la délicatesse de son visage balayée par les cernes et l’épuisement. Elle aurait lancé à la ronde qu’elle était la fille d’Hektor Le Lion, Chef suprême des Arvèles, qu’on lui aurait rit à gorge déployée sous le nez. De toute façon, elle ne cherchait pas à se faire reconnaître…

Clara prit une petite inspiration –si ce n’était une expiration- et lissa ses cheveux sur son crâne, dépêtrant son visage de mèches revêches. Ses yeux accrochèrent, sans le vouloir, l’estrade où on détachait la carcasse maigre et frigide du malheureux… Elle déglutit.

- Je ne souhaite pas rester dans les environs plus longtemps. Vous devriez en faire autant…

Sur ce, elle tourna les talons et s’éloigna d’une démarche trahissant, pour un œil observateur, son rang. Malgré toutes les courbatures, ses cuisses endolories par les heures de monte et ses pieds douloureux, la jeune femme n’arrivait jamais totalement à se départir de sa dégaine altière. Elle s’attendait à ce que l’inconnu suive derrière, la rue étant bloquée de toute façon à son autre extrémité par le pilori. Ce qu’elle aurait donné pour un ragout bien chaud et de quoi se sécher ! Même ses os pâtissaient de l’humidité. Si l’homme était venu l’aborder pour lui demander quoi que ce soit, elle avait déjà oubliée ce détail.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Mar 19 Nov 2013 - 21:04

Clégane fixa le gueux s’éloigner, trainant les pattes et lâchant un doux champ lexical scatophile. Le jeune chasseur de monstre en avait presque oublié ce qu’il avait prévu de faire avant l’arrivée du clochard.

- Je l’aurais occis bien avant, lâcha-t-elle sur un ton qui se voulait badin mais qui ne sonna ni chaud, ni froid

C’est cette voix féminine qui lui fit rappeler. Lorsqu’il se retourna, il vit là, devant lui, une jeune femme dont l’allure n’était pas sans rappeler celle du vieillard. Des cheveux dont chacun semblait vouloir son indépendance, des habits aussi terreux qu’un gladiateur après un combat dans la boue et un visage qui ne trahissait pas la fatigue qu’elle avait enduré. Pour le jeune Arvèles, c’était évidant : il s’agissait d’une voyageuse. En effet, elle n’avait pas la même odeur que tous les autres clochards qu’il avait pu croiser. Non, elle, elle sentait le naturel, comme si son corps s’était imprégné des odeurs que le vent des montagnes et des prairies transportait.
Ce n’est que quelques secondes plus tard que Clégane réagit à ce que la jeune femme venait de lui dire.

-Je ne l’aurais jamais tué. Je ne suis pas comme eux, dit-il en pointant du doigt l’estrade qui commençait enfin à se vider.


Effectivement, Clégane ne tuait que les monstres. La jeune fille défit les cheveux devant ses yeux d’un simple geste de main. Il y avait dans ce geste une souplesse de dame. Une souplesse et une justesse que seuls les nobles maitrisent. Sa façon de parler accentuait la chose. Ce pouvait-il que cette fille soit de haut rang ? Habillée comme cela, Clégane avait peine à le croire.

- Je ne souhaite pas rester dans les environs plus longtemps. Vous devriez en faire autant…

Sans même attendre la moindre réponse, la jeune fille tourna des talons et commença à s’éclipser. Du moins, c’est ce qu’elle semblait vouloir faire : sa démarche n’aurait pas trompé un aveugle. Elle déambulait sur la chaussée avec la grâce d’un ours après plusieurs mois d’hibernation. Clégane en connaissait la raison : la fatigue. Cette jeune fille avait probablement traversé un certain nombre de contrée. Il ignorait cependant la raison qui l’aurait poussé à faire cela, et à vrai dire, ce n’était pas son problème.

Clégane eu soudain l’image d’une fille qu’il aurait déjà croisé, quelque part, il y a quelque temps. Mais impossible pour lui de s’en souvenir concrètement. Si ! Ça y est ! Ce faciès… il lui rappelait celui de la fille du Général Hektor M. Arnstven ! C’était impossible ! Que ferait-elle là ? Si c’était réellement elle, il était de son devoir de la surveiller… du moins, c’est ce que pensait Clégane. Serait-il possible pour lui de partir sans en avoir le cœur net ? Non, cela lui hanterait ses pensées pendant un bien trop long moment. Néanmoins, il ne savait pas comment aborder le sujet et la fille s’éloignait petit à petit. Certes, le jeune Arvèles ne mettrait pas moins de quelques secondes pour la rattraper, mais il lui fallait savoir quoi dire.
Clégane s’arrêta de réfléchit et rejoignit la jeune femme. Une fois à sa hauteur, il fit un dernier pas, plus grand que les autres afin de se retrouver face à elle. Il ne la fixa pas plus d’une seconde et n’avait même pas pris la peine de faire attention à sa réaction :

-Vous êtes Clara, la fille du Général Hektor M. Arnstven, n’est-ce pas ? Je m’appelle Clégane Barathor, un Arvèles chasseur de monstre. Je suis désolé d’être aussi spontané que cela, mais je ne peux pas accepter de vous laisser seule, dans l’état dans lequel vous êtes… J’ai une chambre dans une auberge à quelques rues d’ici… laissez-moi vous l’offrir, je m’en prendrai une autre. Ceci et un repas. Vous en avez besoin.

Clégane aurait voulu se mettre à genoux, mais ce n’était pas adéquate à la situation, il ne voulait pas se donner en spectacle… une nouvelle fois.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Mar 19 Nov 2013 - 22:13

Des mots, grotesques. ‘‘ Je ne l’aurais jamais tué. Je ne suis pas comme eux. ’’  Clara reluqua l’espadon d’un drôle d’air mais ne releva pas la remarque de l’inconnu qui voulait, vraisemblablement, se donner bonne conscience. L’agitation se dissipait déjà, sans plus d’estime pour le malheureux. Sous le rideau opaque de la pluie, la jeune femme cru voir, l’ombre d’un instant, la silhouette décharnée et immobile d’Uranng se tenant près du pilori. Elle rebroussa chemin, l’altercation entre le gueux et le combattant déjà rangé dans un casier de sa mémoire.
Elle n’aurait quand même pas cru pouvoir s’en tirer aussi facilement. Un pressentiment la tenaillait déjà lorsque l’inconnu la rattrapa puis, sans avertissement, lui barra la route. L’Arvèle manqua buter contre son torse, elle qui progressait tête baissée, et se recula d’un pas, surprise et agacée à la fois. Elle sentit un regard la détailler rapidement, la reconnaître. S’en allant marmonner une imprécation, elle fut coupée par l’homme.

-Vous êtes Clara, la fille du Général Hektor M. Arnstven, n’est-ce pas ?

Pause. La jeune femme, dont les paupières étaient lourdes de fatigues, s’agrandirent soudain comme sous l’effet d’une morsure venimeuse. Quoi ? Comment ? Une gamme d’émotions dansa sur son visage, la stupeur, l’effarement, la panique. Si loin de Féresis, si loin ! Elle se croyait à l’abri des bouches et des oreilles indiscrètes, et encore plus des yeux. Quelle ironie du sort… Son cerveau n’avait même pas commencé à analyser la situation que l’autre continuait :

- … Je m’appelle Clégane Barathor, un Arvèles chasseur de monstre. Je suis désolé d’être aussi spontané que cela, mais je ne peux pas accepter de vous laisser seule, dans l’état dans lequel vous êtes… J’ai une chambre dans une auberge à quelques rues d’ici… laissez-moi vous l’offrir, je m’en prendrai une autre. Ceci et un repas. Vous en avez besoin.

La jeune femme resta prostrée ainsi de longues secondes interminables, à dévisager le grand gaillard. Une pulsion électrisa les muscles engourdis de ses jambes, lui hurlant de courir. Réaction habituelle à son tempérament irréfléchis mais une fuite ne lui aurait été d’aucune utilité, ne l’aurait avancé à rien. En somme, une fuite était bien la dernière chose qu’elle se devait de faire. Elle fronça les sourcils, se renfrognant d’un seul  coup, et bouscula son confrère avec impatience.

- Vous vous trompez de personne.

Elle fit cinq ou six pas avant de comprendre à quel point cette échappatoire était d’une stupidité ! et impossible, de surcroît. Ce Clégane n’avait mit qu’une fraction de seconde à la reconnaître, et elle allait s’imaginer quand niant tout bonnement son identité, elle s’en tirerait ? Un enfant de sept ans aurait mieux menti. Surtout que la fille du Général n’avait été d’aucune subtilité, à tirer toutes sortes de tronches étonnées. Un grondement contrarié monta dans sa gorge et elle se retourna pour faire face au problème.

Mais malgré une colère certaine, Clara ne vit cependant pas un problème. Elle ne vit qu’un homme de son peuple, loin de sa fratrie, tout comme elle. Un homme tout aussi surpris de la voir ici qu’elle l’était de le voir. Peut-être pas un allié, il était trop tôt pour l’affirmer, mais certainement pas un ennemi. Ne venait-il pas de lui proposer une chambre, un repas ? À cette pensée, le ventre de la jeune femme émit un grognement de protestation. Clara serra les dents, embarrassée. Comme elle avait un orgueil mal placé, elle pensa à refuser l’invitation. Mais elle accepta pour deux choses : De un, elle crevait de faim et n’avait presque plus un sous pour se payer une auberge et, de deux, elle pourrait garder un œil sur son confrère jusqu’à pouvoir déterminer ses réels intentions.

Elle revint sur ses pas, méfiante mais le regard dur. Par Taran, ce Clégane était vraiment grand, elle se cassait le cou pour le regarder ! Étrangement, même si elle était confiante de ses capacités et, avouons-le, un peu insolente, la perspective de passer quelques heures en compagnie d’une armoire à glace la rassura. Les rues étaient mal famées, les villages pas toujours très sûre pour les femmes, aussi assurée soient-elles. Épuisée d’être constamment sur le qui-vive, Clara avait grand besoin de se reposer sur une épaule conciliante. Si conciliant était cet homme.

- Vous êtes le premier à me reconnaître, mes félicitations, lâcha-t-elle amèrement, encore irritée, mais elle se radoucie. Si vous avez un tant soit peu de considération à mon égard… sachez qu’on ne doit pas être mit au courant de ma présence ici. Il en va de ma sécurité…

Qui mettrait volontairement en danger la fille du Général Hektor ? Quelqu’un de suicidaire, de mesquin, d’idiot. Clégane ne semblait pas faire partie de cette catégorie. Mais la vraie raison que Clara gardait pour soi était tout simplement qu’elle ne désirait pas qu’on sache son emplacement. Autrement, on aurait tôt fait de la ramené par la peau du cou à la Capitale. Du moins, c’est ce qu’elle s’imaginait. Elle jaugea le chasseur de monstres un bref instant et resserra sa cape détrempée autour de ses épaules.

- Je ne dirais pas non à… un repas.

Elle eut un petit sourire contrit et regarda autour d’elle, malaisé. Heureusement pour cet homme que personne ne passait à leur hauteur au moment où il dévoilait son identité, autrement elle se serait montré on ne peut plus belliqueuse. Mais ce n’était pas le cas. Tout allait bien. Elle n’était pas menacée… tout était sous contrôle, sous son contrôle. Elle inspira doucement, se semant au calme.


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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Dim 23 Fév 2014 - 23:32

-Je ne dirais pas non à... un repas.


Cette réponse fit sourire Clégane, mais il le masqua afin de ne pas mettre mal à l'aise à fille du Général, de son Général. Elle semblait avoir eut une certaine difficulté a accepter le fait d'avoir été reconnu... Il ne voulait pas en rajouter une couche.
Dans sa tête, tout était clair, il fallait qu'il garde un œil sur elle. Non pas pour la surveiller, mais bel et bien pour la protéger. Même si cette dernière devait probablement se sentir capable d'assurer elle-même sa protection, Clégane ne pouvait pas prendre ce risque. Si le Général venait à apprendre que l'un de ses sujets a laissé filer sa fille dans la nature, qui sait la réaction que ce dernier pourrait avoir.

Après un cours moment de réflexion, il fit signe à Clara de le suivre. Celle-ci s'exécuta sans contester. Ils marchèrent côte-à-côté ─ Quoi que Clara avait quelques pas de retard ─ et ne décochèrent pas un mot. C'était, allons dire, une question de sécurité : parler en public n'était pas la meilleure façon de rester discret. De temps à autre, Clégane pivota la tête pour s'assurer de l'état de sa protégée. Elle n'avait pas levé le visage du sol, comme si elle s'était amusée à compter le nombre de dalle sur lesquelles elle marchait. Mais là, ce n'était pas le cas. Son visage fatigué affichait clairement une expression pensive. C'est par ailleurs l'une des raisons pour lesquelles le jeune chasseur de monstre ne la dérangea pas.

Ils arrivèrent à la porte de l'auberge. Avant de rentrer, Clégane attrapa la capuche de la Princesse et l'abaissa davantage afin de masquer plus correctement son visage. Elle ne s'était, en effet, probablement pas rendu compte que le vent s'était glissé sous sa capuche et l'avait fait pratiquement remonté jusqu'au sommet de sa tête. Ils entrèrent ensuite. Les clients ne semblaient pas leur porter la moindre attention. Ainsi, ils en profitèrent pour accéder directement aux chambres, mais au moment d'emprunter les escaliers, une voix rugueuse les interpella. Clégane poussa, peut-être un peu trop brusquement, sa protégée dans les escaliers. En réalité, il voulait simplement l'inciter à les monter. Lorsqu'il se retourna, il vit, face à lui, deux hommes barbus, très certainement saoul. L'un posa sa chope de bière et s'approcha du chasseur de monstre.

-Hé, elle a l'air mignonne cette gamine. Combien tu la paies pour la nuit ? Parce que mon ami et moi sommes intéressés, vois-tu ! Nul doute que son haleine était semblable à une cuve de vin.

Clégane ne fut pas vraiment surpris de l'interprétation que cet homme avait eut de la situation. Bien que ça ne lui plaisait pas, il préféra rentrer de son jeu, afin de balayer tout soupçon sur l'identité de la fille en question.

-Elle est bien trop cher pour toi, retourne à ta table, tu as des verres à terminer.

Les ivrognes, peu friands de la réponse qu'ils venaient d'entendre s'approchèrent de Clégane de manière assez significative. Ils avaient préalablement posés leur chope pour se saisir d'une dague. Sans qu'ils puissent réellement réagir ─ probablement du à l'alcool ─ Clégane avait attrapé leur poignet respectif, pour ensuite exercer un pivot sur lui-même, le tout accompagné d'un mouvement de poignet. Les gueux se retrouvèrent au sol, démunis d'arme. Il les lâcha. L'un d'eux régurgita ce qu'il avait avalé quelques minutes plus tôt, il ne semblait pas avoir apprécié d'être secoué de la sorte. Le chasseur de monstre se mit accroupi, afin de pouvoir leur glisser un petit mot :

-Approchez-vous de ma chambre, et se sera la dernière chose que vous aurez fait de votre pathétique existence.

Après quoi, il se dirigea vers l'escalier sous le regard jaune des clients, rejoignit Clara, puis entra dans la chambre.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Jeu 27 Fév 2014 - 4:54

La jeune femme suivit son confrère en silence, d’une part engourdie par le froid et de l’autre complètement excédée. Ses paupières lourdes et violacées battaient avec difficulté sur son regard absent, l’averse accentuait son envie de se rouler en chien de fusil et de se laisser tomber dans une torpeur profonde. Elle ne se concentra que sur les bruits des pas de l’homme à ses côtés, le claquement répétitif des bottes sur le pavé l’incitait à continuer d’avancer. Clara ne s’expliquait pas ce soudain coup de barre, peut-être parce que la promesse d’un refuge et d’une protection avait fait s’évaporer l’énergie qu’elle déployait depuis des semaines pour se garder en sûreté. Pour une femme de son âge voyageant seule, il y avait tant de dangers. Plus qu’elle ne l’aurait imaginé.

Lorsque le grand brun s’immobilisa, la fille du Général sût qu’ils étaient arrivés. Elle ferma les yeux un court instant, soulagée. Alors elle sentit de chaque côté de sa tête la chaleur de deux grandes mains replaçant sa capuche. Trop léthargique pour buter contre ce geste inattendu, elle ne fit que relever la tête vers l’Arvèle pour le dévisager. Mais il n’en vit rien car il poussait déjà la porte de l’auberge pour les faire entrer. Mettre le pied dans la grande pièce bruyante, chaude et emboucané fut revigorant. Le bourdonnement des voix et l’odeur de viande grillée lui donnèrent un petit coup de fouet. Clégane semblait avoir très bien compris qu’elle désirait la discrétion avant tout car il la dirigeait déjà vers les escaliers menant aux chambres.

En marchant, Clara lorgna sur la soupe bouillante d’un client. Mais la nourriture pouvait bien attendre encore quelques minutes. Elle n’avait même pas mit un pied sur la première marche de l’escalier qu’un goujat les appréhendaient d’une façon grossière. Deux, plutôt. En jetant un coup d’œil derrière son épaule, la jeune femme sentit cette même large main la pousser pour qu’elle continue de monter.

-Hé, elle a l'air mignonne cette gamine. Combien tu la paies pour la nuit ? Parce que mon ami et moi sommes intéressés, vois-tu !

Ses poils se dressèrent sur ses avants-bras et elle s’immobilisa quelques marches plus haut, serrant la rambarde jusqu’à s’en blanchir les jointures. Elle pivota sur elle-même, prête à répondre à ces deux abrutis. Même sur le point de crever, Clara n’aurait su se départir de sa fâcheuse impulsivité. Heureusement, le chasseur de monstres fut plus rapide qu’elle.

- Elle est bien trop cher pour toi, retourne à ta table, tu as des verres à terminer.

Clara se raidit un peu plus. Non mais quel culot de la faire passer pour une prostitué. En avait-elle vraiment l’air de toute façon, vu la façon dont-elle était vêtue ? Mais ces deux hommes étaient probablement trop ivre pour s’attarder sur ces futiles détails. Encore une fois, elle allait répliquer d’une remarque cinglante à l’intention de ces trois crétins mais comme elle entre-ouvrait la bouche, l’un des soûlons dégaina en s’avançant et ses mots se coincèrent dans sa gorge. Elle savait pertinemment de ce qu’il s’agissait ; elle avait peur. Son esprit voyagea dans le passé, quelques semaines plutôt, la nuit où elle avait rencontré ce mystérieux Richard, où ils avaient été… Elle fut prise d’une soudaine nausée.

Elle voulue crier quelque chose, n’importe quoi, pour avertir Clégane. Mais c’était inutile car encore une fois, il avait été plus rapide. Dans la seconde, il fit une manœuvre astucieuse qui fit mordre la poussière aux deux picoleurs. Il s’accroupit près d'eux mais Clara n’entendit pas ce qu’il leur disait. Certainement le même genre d’avertissement prodigué au mendiant d’un peu plus tôt. La jeune femme resta immobile lorsque l’Arvèle passa près d’elle pour rejoindre le pallier supérieur. Elle regardait, sans vraiment les voir, les quelques clients les défigurant avec circonspection. Le grondement sourd de l’homme ivre s’essuyant les lèvres après avoir rendu ses tripes la remmena sur terre. Elle lâcha la rambarde sans lui accorder un regard et rejoignit le chasseur. Avant d’entrer dans la chambre, elle jeta un dernier coup d’œil vers l’escalier, s’attendant à voir surgir le visage furieux d’un des deux ivrognes. Mais personne ne vint. Alors elle entra, referma la porte, s’y appuya… et tira le loquet. Depuis l’agression, elle jouait la carte de la prudence.

Silencieusement, elle détailla le colosse au centre de la pièce. Non, personne ne viendrait se frotter à lui. Malgré tout, elle ne relâcha pas sa vigilance. Même si l’Arvèle lui avait fait première bonne impression, elle restait sur ses gardes même si elle avait la criante envie de se laisser aller pour quelques heures et de lui accorder une confiance aveugle. Elle l’avait fait une fois, et le pire était arrivé. Elle ne ferait pas la même erreur. Le bras lourds, la fille du Général se départit de sa cape trempée et la laissa sur le dossier de la chaise du bureau. L’humidité colla aussitôt à la peau nue de ses bras, lui arrachant un frisson déplaisant.

- Alors… fit Clara en allant s’asseoir à la tête du lit, qu’est-ce qui emmène un Arvèle aussi loin de sa patrie ? Ce n’est pas comme s’il manquait de monstres à chasser dans les montagnes de Saphir.

En disant ces mots, la jeune femme espéra que la question ne lui soit pas retournée. En effet, qu’est-ce qu’elle, fille d’Hektor le Lion, faisait aussi loin de Férèsis sans aucune protection, vêtue comme une voyageuse sans le sous. Elle avait connue de meilleurs jours. Fixant le bout de ses pieds, Clara résista à l’envie d’enlever ses bottes crasseuses et pleines d’eau pour soulager ses pieds. Elle avait l’intention de redescendre de toute façon, elle voulait manger. Vraiment, ce n’est qu’à cela qu’elle pensait depuis que le fumet de bœuf braisé était venu titiller ses narines. Quitte à recroiser les deux ivrognes. Machinalement, elle porta sa main contre sa dague accrochée contre sa hanche puis lança un regard furtif vers la porte.

- Qu’est-ce que vous leur avez dit ? demanda soudain la jeune femme en se retournant vers Clégane. Un instant, j'ai vraiment cru qu'ils vous auraient...

Si la jeune femme pouvait donner quelque chose à ce chasseur, c'était son exceptionnel sang froid. Une qualité qu'elle était loin de posséder.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Sam 1 Mar 2014 - 21:36

Clégane traversa la pièce pour se diriger directement vers la fenêtre. Il scruta rapidement l'extérieur pour vérifier que personne ne l'ait suivi. Rassuré, il tira les rideaux pour faire tomber l'ombre dans la pièce. Après quoi, il alluma une bougie orpheline qui patientait sagement sur l'unique bureau de la pièce. Le jeu d'ombre pervertissait légèrement son visage. L'Arvèles retira sa capuche afin de laisser respirer un peu sa mince chevelure. De son côté, Clara venait tout juste de se décoller de la porte qu'elle avait fermé quelques secondes plus tôt.

-Alors... qu'est-ce qui emmène un Arvèle aussi loin de sa patrie ? Ce n'est pas comme s'il manquait de monstres à chasser dans les montagnes de Saphir.

-Qu'est-ce que vous leur avez dit ? demanda soudain la jeune femme en se retournant vers Clégane. Un instant, j'ai vraiment cru qu'ils vous auraient...


Beaucoup de questions venant d'une fille si peu abordable, pensa Clégane. Il ne répondit rien, dans un premier temps, et se dirigea plutôt vers l'armoire, attrapa une couverture et la lança à la jeune princesse sans même la regarder. Non pas qu'il ne voulait pas, mais simplement que cela ne lui avait pas traversé l'esprit. Sans s'occuper de savoir si elle avait correctement receptionné la couverture, il ferma l'armoire et s'assit sur le bureau, un pied au sol, l'autre sur la chaise.

-Je ne devrais pas être obligé de répondre à une personne dont l'inconscience frôle celle d'un enfant. Mais je vais rester sage et je ne vais pas te retourner la question parce que je sais que tu n'auras pas de réponse, ou du moins... que tu ne m'en donneras pas de véridique.
Bref, je cherche un monstre particulier pour un alchimiste de Férèsis, il a besoin de ses dents qui renferment un liquide spécial. Et puis... pour les deux hommes en bas, je leur ai simplement fait comprendre qu'il ne fallait pas qu'il s'approche de la chambre.



L'Arvèles analysa d'un trait la jeune femme, une dague quelque peu camouflée à la hanche, un visage sale et fatigué et dans jambes flageolantes. Bref, il était tant pour que quelqu'un lui vienne en aide, elle n'aurait pas pu tenir longtemps comme ça. Non pas que Clégane se prenait pour un héros, mais il ne pouvait pas laisser la fille de son Général dans cet état, même si retarde sa mission. Il ne savait pas si elle accepterait son aide longtemps, mais tant qu'il pouvait la nourrir et lui permettre de dormir, ça lui suffisait. Il était évident que si elle était là, ce n'était pas par hasard et il y a peu de chance pour qu'elle accepte de rentrer à Férèsis avec lui.

Le chasseur de monstre ouvrit son sac et en sorti un pain relativement bien conservé, ainsi qu'un pot contenant une pâte à tartinée. Il les posa sur la table et regarda son hôte :

-Vous devriez manger ceci. Demain matin nous irons chercher quelque chose de plus conséquent, mais pour ce soir, c'est trop risqué. Je n'ai pas envie de vous laisser seule. Je vous montrerai également où prendre un bain chaud.

Tout en terminant sa phrase, Clégane attrapa d'autres couvertures dans l'armoire et lâcha au sol :

-Je vais dormir par terre, vous prendrez le lit. Si vous entendez le moindre bruit inquiétant, n'hésitez pas à me réveiller, même si de toute façon il a peu de chance pour que je dorme profondément. Ah, j'ai une question finalement : Que comptez-vous faire demain ?

Il avait posé cette question sans vraiment attendre de réponse, car il savait qu'au final elle allait encore errer de contrée en contrée... Sans réel but. Clégane cherchait simplement à lui faire prendre conscience de la situation dans laquelle elle était, sans parler de son père qui avait probablement envoyé mainte hommes à sa recherche. S'ils venaient à trouver le chasseur de monstre avec elle, celui-ci pourrait être accusé de complicité.

Clégane avait mis quelques secondes pour faire son lit improvisé. Il tourna ensuite le dos, se mit torse nu et pendit ses vêtements en haut de l'armoire pour qu'ils sèchent. Il se coucha ensuite dans l'espoir d'avoir une réponse concrète de la part de Clara, la Princesse des Arvèles.

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MessageSujet: Re: À boire debout [PV Clégane] Dim 2 Mar 2014 - 2:54

La jeune femme observa son confrère fouiller l’armoire. Il avait peut-être une détente rapide mais semblait paradoxalement être un homme réfléchit qui pèse ses mots avant de parler. Sans savoir pourquoi, cela énerva la princesse. Elle eut tout juste le temps de lever le bras pour attraper la couverture que ce dernier lui balançait sans réelle considération.

-Je ne devrais pas être obligé de répondre à une personne dont l'inconscience frôle celle d'un enfant. Mais je vais rester sage et je ne vais pas te retourner la question parce que je sais que tu n'auras pas de réponse, ou du moins... que tu ne m'en donneras pas de véridique.

Le visage de Clara se glaça. Elle n’aurait su dire si c’était la réplique cinglante du chasseur ou sa voix caverneuse qui lui avait coupé le soufflet, qu’importe, elle ne rétorqua rien, se contentant de le dévisager avec un mélange d’étonnement et de fureur. Il pouvait bien se foutre sa belle petite réflexion où elle le pensait. Cependant, elle prit sans broncher, de un parce que cet homme, aussi irritant puisse-t-il être, lui offrait gîte et sécurité et de deux… parce qu’il avait raison.

- Bref, je cherche un monstre particulier pour un alchimiste de Férèsis, il a besoin de ses dents qui renferment un liquide spécial. Et puis... pour les deux hommes en bas, je leur ai simplement fait comprendre qu'il ne fallait pas qu'il s'approche de la chambre.

- Hm, fit simplement Clara en guise de réponse, ne pouvant s’empêcher de lancer un énième regard inquiet vers la porte

Elle enroula la couverture de laine autour de ses épaules et bien que le tissu râpeux fût inconfortable contre sa peau, la chaleur en valait largement le prix. La flamme de la chandelle vacilla dangereusement lorsque Clégane déposa une miche de pain et un pot sur la table. La jeune femme sentit son estomac vide se contracter.


- Vous devriez manger ceci. Demain matin nous irons chercher quelque chose de plus conséquent, mais pour ce soir, c'est trop risqué. Je n'ai pas envie de vous laisser seule. Je vous montrerai également où prendre un bain chaud. Je vais dormir par terre, vous prendrez le lit. Si vous entendez le moindre bruit inquiétant, n'hésitez pas à me réveiller, même si de toute façon il a peu de chance pour que je dorme profondément. Ah, j'ai une question finalement : Que comptez-vous faire demain ?

Clara s’était levée pour aller attraper le pain. Elle l’avait engloutit avant que le chasseur ne finisse son monologue. Ce poing dans le creux du ventre lui fit plus de tord que de bien. Ne sachant quoi répondre dans l’immédiat, la jeune femme se contenta du silence. Elle observa Clégane se faire un lit de fortune à même le sol et retirer son haut pour le faire sécher. Dans la pénombre, la bougie faisait des jeux de lumière trompeurs contre son dos large, le faisant surement paraître plus imposant qu’il ne l’était réellement. En voyant le gaillard s’allonger sur les lattes dures, l’Arvèle se détendit légèrement.

- Les auberges sont toujours remplies de bruits inquiétants, vous savez… souffla-t-elle en le fixant avant de retourner s’asseoir sur le lit

La présence de deux âmes semblait avoir quelque peu réchauffé la chambre, ou peut-être n’étais-ce qu’une illusion. Clara ne ressentit cependant pas le besoin de se glisser sous l’édredon. En serrant la couverture de laine, elle s’adossa contre le mur.

- Demain, j’irai vers le Sud. Et après-demain, et encore le surlendemain. J’irai jusqu’aux Terres inexplorées, jusqu’à ce que mes jambes ne puissent plus me porter.

Sa voix se brisa et elle se tut. La pièce s’était chargée d’odeurs de bois humide et de cire chaude. Clara ferma les paupières en inspirant silencieusement mais aucune respiration ne semblait pouvoir lui fournir l’oxygène dont elle avait besoin pour faire taire les chimères turbulentes se démenant dans sa trachée. La jeune femme était visiblement ébranlée, perdue, mais n’osait se l’avouer. Son opiniâtreté aurait sa peau. Si elle se sentait encore vive de l’intérieure, son apparence extérieure était trompeuse. Depuis combien de temps n’avait-elle pas vu un reflet de sa personne ? Si elle s’était regardée dans l’oeil des autres, elle aurait certainement eut un choc. Déjà munie d’une frêle stature, les semaines de voyagement et les pauvres ravitaillements lui avaient creusé les joues et étiré la peau sur les os. Son teint était livide, sa posture tendue, ses membres bleuis et écorchés.

De toute évidence, elle fuyait désespérément quelque chose plus qu’elle n’en pourchassait une autre. Ce n’est que maintenant qu’elle commençait à en prendre conscience mais la simple idée d’avoir eu tort sur toute la ligne l’horrifiait, ainsi donc elle préférait ne pas y réfléchir. Elle irait au sud, et puis c’est tout. Pourquoi, elle ne savait pas, elle s’en fichait. Et rendu là-bas, que ferait-elle ? La jeune femme rouvrit les yeux. Toujours la même question, toujours aucune réponse. Elle regarda le torse de Clégane se soulever lentement au rythme de ses respirations. Il y avait dans ce geste naturel quelque chose d’apaisant, si bien que ses tourments s’apaisèrent quelque peu l’espace d’un instant. Deux nordiens, loin de chez eux, mais en présence du chasseur, Clara se sentait étrangement un peu plus près de la maison.

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