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[Quête] Le puits sans fond

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MessageSujet: [Quête] Le puits sans fond Lun 11 Nov 2013 - 3:26

Le puits sans fond


Mise en Contexte

[Afin d'élargir les possibilités, cette quête peut prendre place n'importe où hormis en Terres Liares et en Terres Inexplorées] Depuis quelques temps déjà, un petit hameau est aux prises avec d'étranges phénomènes. Un des puits, à l'orée du village, semble abriter quelques malines bestioles ou être le fruit d'une mauvaise plaisanterie. L'eau est devenu saumâtre et il y résonne d'étranges bruits chaque nuit, à ce qu'on dit. Dernièrement, un enfant y serait tombé et chaque homme ayant descendu dans le puits pour tenter de la trouver ne serait jamais reparu... Que se cache-t-il donc sous terre ? La fosse étant une source d'angoisse, les villageois s'y rendent régulièrement pour y jeter une pièce ou un peu de nourriture en guise d'offrande, espérant qu'ainsi, cette force inconnue les laissera tranquille. Mais au bon samaritain de passage, au héros qui descendrait comme tous ces hommes disparu dans le puits pour éclairer le mystère, les villageois seraient infiniment reconnaissant. Prenant une torche et votre courage à deux mains, vous descendez donc dans le cœur de la cavité...

Le déroulement de la quête :
- Votre premier message devra reprendre l'intrigue posée et s'arrêtera lorsque vous aurez atteint le fond du puits.
- J'interviendrai par la suite pour vous décrire ce qui s'y trouve.
- Le déroulement n'appartiendra plus qu'à vous mais il est toujours possible de demander une intervention du MJ.
- Si butin il y a, il vous sera octroyé à la fin de la quête. Que les dieux soient avec vous !


Dernière édition par Gédéon le Lun 18 Nov 2013 - 2:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête] Le puits sans fond Lun 11 Nov 2013 - 14:55

Satané Parlèms. Richard affichait une humeur des plus moroses, la tête agacée par le battement d’une migraine tel un marteau sur l’enclume. Il avait trop utilisé de sa Vérité – ou plutôt mal utilisée – à Arnlo… Et donc la fortune se vengeait. Il y avait de quoi penser que ce talent aux allures de malédiction était une erreur que Mère Nature s’essayait à réparer à coups de douleurs tant physiques que mentales… Et aux dernières nouvelles, Richard n’avait de penchants masochistes donc rechignait à y faire appel. Il fronça les sourcils en avançant plus vivement : le prochain adversaire, il le découperait promptement en morceaux avec sa flamberge. Tant pis pour la subtilité. Il n’était tout simplement pas d’humeur à perdre encore plus de temps que nécessaire.
Enfin malgré cette résolution nouvelle, cela ne l’empêcherait pas par la suite de manquer son retour d’une semaine encore à cause d’une rencontre impromptue, vers Accro… Mais c’est là un autre récit.

Actuellement, il se trouvait quelque part encore entre Arnlo et Terna. Ses pieds payaient le prix fort de sa participation à la course lors des festivités puisqu’il ne pouvait plus se permettre de dépenses inutiles en montures, du moins jusqu’au sud de la Plage des Astres ; il lui faudrait bien regagner sa patrie avec discrétion.
En attendant, il marchait. Cela n’était pas plus mal pour éviter de s’assagir et entretenait sa forme. Que ce long voyage ait amélioré ses capacités en plus de lui permettre de regrouper ces informations précieuses au sujet des Liares… Il faudrait de ce fait qu’il y retourne prochainement, y constater l’avancée des manigances politiques.

Ne connaissant guère les lieux, Richard songea à camper aussitôt que le soleil se teinta d’ambre. Le temps était doux aussi n’eut-il besoin de chercher un abri plus élaboré que le couvert d’un arbre et ses hauteurs. Les bêtes étaient rares toutefois, il avait pu apercevoir dans la journée des silhouettes sombres au loin : voyageurs ou pillards, l’un comme l’autre requéraient prudence.
Le Récleyés s’installa donc sur son perchoir, son baluchon coincé sous sa nuque en guise d’oreiller de fortune et sa cape déployée fit office de couverture ; il ne se sustenta pas, appréhensif à l’idée que la fragrance de la nourriture attirât quelques créatures affamées alors que la fatigue et sa migraine occupaient toute l’attention de son esprit. Et si son bleu acquis à Arnlo à cause de ce Faust lui arracha un rictus douloureux, Richard trouva rapidement le sommeil.
Peut-être fusse son instinct ou un bruit étrange mais il ouvrit subitement les yeux en pleine nuit. La lune était ronde, blanche et solitaire parmi son halo d’étoiles.
Minuit.
Richard resta un long moment immobile avant que son ouïe ne décèle le danger qui l’avait éveillé ; on s’activait non loin de son arbre et à ce qu’il percevait, il s’agissait d’un groupe équipé… Soit des mercenaires avec leur lot d’armes en métal, soit des voyageurs et leur cargaison. Mais pourquoi ces derniers se mouvraient de nuit ?
Donc… il aurait affaire à des bandits.

Etouffant un soupir agacé et fatigué, sa main se glissa jusqu’à sa hanche où était resté attaché le fourreau de sa loyale flamberge. La lame s’extirpa sans un bruit. Richard se préparait à l’affrontement car ces hommes ne manqueraient de remarquer sous son arbre cette grande ombre difforme projetée par la lune sur le sol herbeux… Sans elle, il aurait pu passer inaperçu.
Le corps tendu et l’ouïe fine, il glana de précieuses informations : gauche… droite… non.  Entre. Sud-est. Du coté des montagnes ? Un groupe d’au moins dix personnes pour faire un raffut pareil. A moins que ce ne fut une ruse ? Non. Pas de cheval. Donc un effectif supérieur à cinq. Du bois ? Des flèches donc, sans doute. Puis des épées sans fourreaux pour couvrir leur tintement rythmé. Tac tac tac. On avançait vite. Ils avaient ainsi un objectif… Peut-être n’étaient-ils pas des pillards, des bandits de la route finalement ? En fait…

« Qui que vous soyez, descendez de l’arbre ! Tout de suite ! »

Richard aurait poussé un long gémissement frustré si cela n’allait pas à l’encontre de sa personnalité. Toute son analyse n’allait servir à rien puisqu’il ne les attaquerait pas par surprise. D’où une certaine frustration qu’il maugréa en se laissant glisser jusqu’au sol.
Toutefois il put arborer un fin sourire fier : il faisait face à un bon groupe de huit personnes, tous prétendant être guerriers à ce qu’il voyait, avec leur matériel de combat -de mauvaise facture ceci dit.

« Qui êtes-vous ? le questionna l’un d’entre eux, le chef assurément.
- Un voyageur qui dormait tranquillement » répliqua Richard.

Il aurait voulu les aborder avec plus de tact et de diplomatie cependant son état mental faisait ses œuvres et exacerbait son franc parlé, apparemment. Les mots lui échappaient. Aussitôt pensés, aussitôt proférés. Ah damnée vérité…

« Votre identité, poursuivit le guerrier avec plus de froideur dans la voix.
- Et si je ne désire vous la dévoiler ? fit le Récleyés avant de se reprendre en catastrophe. Loin de moi toute volonté de paraitre désobligeant mais comprenez que j’effectue un voyage harassant et qu’une migraine s’amuse avec mon bon sens depuis un moment.
- Je serai compréhensif. Cependant j’aurai besoin de savoir qui vous êtes et ce que vous faites ici.
- Logique, en effet. Appelez-moi Edvart. Et je suis donc un simple voyageur : fouillez-moi si vous le voulez.
- Une simple inspection de votre matériel suffira, merci.
- Mais, reprit Richard, pourriez-vous à votre tour me renseigner sur votre identité… de groupe ?
- Certes, nous sommes un groupe venu de Faras pour venir en aide aux habitants d’un hameau non loin de Terna.
- Quel mal leur est-il arrivé ?
- Disparitions. Nous avons eu vent de rumeurs sur une malédiction qui frapperait le village et qui ferait disparaitre des personnes – comme nous leur sommes redevables, voici l’occasion de leur rendre la pareille. Aussi voyageons-nous aussi de nuit pour gagner du temps.
- Je vois, fit pensivement Richard. Inspectez-moi : je songe à vous accompagner. »

Et une demi heure plus tard, le Récleyés reprit la route aux coté du petit groupe de guerriers amateurs en direction de Terna. Toute histoire de malédiction avait la fâcheuse manie de titiller sa curiosité, puis cela ne lui couterait rien de passer par ce hameau : il comptait faire une halte avant de pénétrer dans la Vallée d’Accro de toutes manières.
Enfin il éprouva un certain soulagement à ne pas avoir eu à combattre un énième ennemi…

***
Ils atteignirent leur destination à l’orée de l’après-midi.
Il s’agissait d’un petit village tranquille qui bénéficiait de la situation prospère de Terna. Si l’ambiance devait y être joviale et bon enfant, les habitants que Richard croisait affichaient un air sombre. Certains mêmes étaient vêtus d’une tenue de deuil et les pleurs solitaires résonnaient ci et là…
Le Récleyés resta silencieux, respectant la tristesse générale. Il ne lui appartenait pas de venir les troubler…

« Etes-vous venus pour nous aider ? »

Cette petite voix appartenait à une enfant guère plus âgée de douze étés et les dévisageait avec un visage où le chagrin et l’espoir se disputaient. On pouvait encore discerner le sillon de pleurs, ses yeux rougis, l’humidité aux coins des manches de sa robe blanche… Le chef de leur groupe, Altair, s’agenouilla à sa hauteur et lui caressa la tête.

« Oui, nous allons éradiquer cette malédiction, petite. Aie confiance en nous et souris d’accord ?
- D’accord…
- Peux-tu nous expliquer ce qu’il s’est passé ? Ou alors nous faire rencontrer un adulte qui le saurait ?
- Non, non, je peux monsieur, fit-elle avec un aplomb insoupçonné. J’ai tout vu.
- Raconte donc à nous tous, mes compagnons et moi iront chasser tout ce malheur. »

Richard observait la scène avec un visage neutre mais il n’en pensait pas moins : Altair s’y prenait mal. Jamais il n’aurait dû proférer de telles promesses à cette gamine, pour la faire espérer… Car s’ils échouaient dans leur entreprise, qu’adviendra-t-il d’elle ? A jurer aussi aisément on blesse bien souvent… et on en vient à abimer les sentiments.

« C’est le puits. Il est maudit.
- Celui juste devant l’entrée ?
- Oui monsieur. On entend depuis un mois des bruits bizarres qui viennent du puits alors… alors avec Ren on est allés voir. Parce qu’on s’était dit qu’un animal y était peut-être tombé. Puis Ren il a voulu descendre voir ; il est très fort à la corde vous savez ! Donc il est allé en bas.
- Et il n’est pas remonté, finit Altair d’une voix douce.
- Non… »

Les yeux de la fillette s s’embuèrent un instant de larmes nouvelles mais elle les chassa aussitôt d’un revers de manche déterminé.

« Non monsieur. Donc je me suis inquiétée et je suis allée tout raconter à papa. Lui aussi est descendu mais n’est pas remonté. Puis oncle Jean. Même Glen le garde !
- Cela fait combien de temps ?
- Ren a disparu il y a deux semaines et Glen… (elle prit un air concentré) avant-avant-avant-hier.
- D’accord, merci petite. Maintenant ne t’en fais pas, on va s’en occuper et les ramener !
- Merci monsieur ! »

Pendant qu’Altair discutait, un autre homme était allé les annoncer au chef du hameau. Richard, lui, gardait un œil attentif sur toute la scène, adossé contre le mur d’une bâtisse. Il observait ces visages las, ces corps tendus ou avachis, ces bouches closes, ces pas trainants. Mis à part la petite, très peu d’enfants jouaient dans les rues : la perte d’un des gamins a dû éveiller la peur des parents pour leur progéniture.
On tira sur la toile de son pantalon.
Richard baissa le regard et vit la petite fille de tantôt.

« Qu’est-ce qu’il y a ? fit-il avec curiosité.
- Et vous… Pourquoi vous êtes là ? »

Il la regarda avec étonnement : les enfants ne cesseront de le surprendre avec leur grande attention et leur capacité à remarquer les plus petits détails qui échapperaient à tout adulte. Alors que tous les villageois le croyaient membre du groupe de Faras, elle, du haut de sa dizaine d’année avait tout de suite sut qu’il n’en faisait pas parti…

« Je suis un voyageur de passage, répondit-il mais comme la fillette ne semblait pas se satisfaire de cette laconique réponse, il poursuivit avec un sourire. Je les surveille, ces hommes venus éradiquer le mal.
- Un peu comme un ange gardien ?
- Un peu.
- Donc tu vas nous aider aussi ?
- Je… »

Se faire avoir par une gamine avait toujours été une épreuve difficile à accepter. Enfin Richard laissa échapper un petit rire et lui posa une main protectrice sur le sommet de sa tête.

« Je vais essayer. Tu sais… Il se peut que ces hommes n’arrivent pas à faire disparaitre la malédiction ou échouent à retrouver les disparus.
- Mais il a dit que…
- Oui, mais il voulait que tu ne pleures plus. Souvent les adultes mentent pour que les enfants sourient tu sais ? Il ne t’a pas dit ça par méchanceté. Le plus important est sa promesse : il fera tout ce qu’il peut pour la tenir, comme chacun d’entre nous ici.
- Donc je peux ne plus revoir papa ni Ren… ?
- Je ne te mentirai pas : c’est possible. »

Ainsi qu’il s’y attendait, elle fondit en larmes. Richard ignora les regards et prit la petite dans ses bras, un peu gauchement.

« Tu dois être forte. Je sais que c’est difficile mais… Rien n’est éternel tu sais ? Hais-moi pour t’avoir dit ça si tu veux. Mais je pense que tu as assez de courage pour affronter tout cela.
- Mais je peux pas m’empêcher de pleurer…
- Dis, tu penses que ton père est courageux n’est-ce pas ?
- Oui ! Le plus courageux !
- Lui aussi pleure de temps en temps… Même le plus grand des guerriers le ferait. Le jour où tu ne seras plus capable de le faire, cela signifiera que tu auras perdu ton courage.
- Pourquoi ? fit-elle en taisant ses larmes.
- Parce qu’on est courageux pour quelqu’un, et que l’on pleure pour quelqu’un. C’est ce qu’on appelle de l’empathie, de l’altruisme. Donc n’aie pas peur d’exprimer ta tristesse, tant que ça te permet de rester forte pour les gens que tu aimes.
- C’est compliqué mais je crois que j’ai compris…
- Comment t’appelles-tu au fait ?
- Joycelyn.
- Joli prénom ! Enchanté Joycelyn. Moi… je vais te dire un secret mais tu ne dois le dire à personne promis ?
- Promis !
- Tu verras, Altair ou les autres hommes du groupe m’appelleront Edvart mais mon vrai prénom est Richard.
- Pourquoi deux noms ?
- Tu te souviens de cette histoire d’ange gardien ? Eh bien s’ils apprennent ma vraie identité, je ne pourrais plus les surveiller avec discrétion.
- Je comprends.
- Sois forte, Joycelyn. Je te jure que je ferai tout ce que je peux pour retrouver tes proches. »

***
Cette conversation avec la petite fille l’avait plus perturbé qu’aucune discussion depuis son voyage. Il avait toujours été dans sa nature de venir vers autrui écouter leurs problèmes, qu’ils s’épanchent sur son épaule. Peut-être parce qu’il était général. Mais Richard préférait croire que ce trait de caractère était né de sa relation avec le ténébreux et que depuis leur rencontre, une volonté de prêter attention aux autres en est née…
Enfin.

Une journée était passée depuis que le premier homme de Faras fut descendu dans le puits maudit. Sans nouvelles. Altair hésitait à y aller de suite, de peur de rendre le souterrain encore plus étroit, ou d’y mourir et donc de laisser son groupe dépourvu de chef.
Un autre matin survint, un second descendit, personne ne revint. A cette allure, le puits deviendrait une grande sépulture… Sans compter que le village ne pouvait plus s’alimenter en eau, cette dernière étant polluée.

Au crépuscule du cinquième jour, Richard devança Altair et se proposa. Il avait confiance en ses capacités. Une brève passe d’armes fut nécessaire pour convaincre les survivants de renoncer si jamais il ne remontait pas : les autres avaient certes de la volonté, néanmoins manquaient d’expérience…

Ainsi Richard se retrouvait là, une torche vacillante à la main et les pieds plongés dans une eau saumâtre et puante.




Dernière édition par Richard Lëys le Lun 11 Nov 2013 - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Quête] Le puits sans fond Lun 11 Nov 2013 - 19:20

'' Un noir de poix et une odeur putride règne au fond du puits. Sous vos pieds se rompent des ossements, il semblerait donc que les disparus n’aient aucune chance d’être des survivants. Vous feriez mieux de réfléchir rapidement à une stratégie, à moins que vous ne souhaitiez rejoindre ces victimes dans la tombe. Les flammes de votre torche révèlent d’étroits tunnels creusés dans les parois du puits, réseau invisible de galeries souterraines. Certains sont même assez vastes pour qu’on s’y glisse. Érosion faite par l’eau ou œuvre d’habiles ouvriers ? Dans la noirceur, des billes brillantes vous dévisagent. Bruits de griffes sur la pierre, de couinements excités ; de petits Rhajacks [ Bestiaire ] parcourent les tunnels et ont déjà remarqué votre présence. Cette intrusion dans leur territoire n’est pas appréciée et c’est l’heure du goûté. ''
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Bras Droit

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MessageSujet: Re: [Quête] Le puits sans fond Lun 11 Nov 2013 - 22:58

[ATTENTION : CERTAINS PASSAGES VIOLENTS PEUVENT CHOQUER - ESPRITS SENSIBLES S'ABSTENIR]


Richard se raidit. Un sifflement au loin était venu accompagner un souffle glacial et putride. Il y aurait donc différentes entrées aussi larges qu’une porte, pour qu’ainsi un courant d’air vienne charrier les odeurs pestilentielles… Autant d’alternatives pour une fuite éventuelle.
Il tendit son flambeau aussi loin que son bras gauche le put, tentant ainsi de percer un peu de cette si lourde obscurité : rien d’autres que des murs suppurants d’humidité, de poussière et de saleté accumulée n’étaient visibles et les quelques centimètres d’eau au sol cachaient un mystérieux secret. Elle réfléchissait en effet toute lumière. Ce n’était pas de l’eau pure… Non plutôt un mélange de boue… et de sang ? Un frisson parcourut son échine et pourtant il s’accroupit afin d’étudier de plus près ce liquide. Son hypothèse avait de grands risques de s’avérer juste ; peut-être le feu trompait-il sa vision mais il discernait cette opacité propre au sang si familière à ses yeux de soldat…
Soudain, un reflet blanchâtre lui arracha un rictus.
Un fémur humain.
Il se tenait juste en dessous de l’ouverture du puits où plusieurs têtes surveillaient sa progression, et une corde le reliait encore à l’au-dehors de ce doux enfer souterrain. Richard s’éloigna de sa macabre découverte et éleva la voix ; les bestioles avaient de toute manière déjà détecté sa présence.

« Altair.
- Vous avez trouvé quelque chose ?
- Eloignez les enfants voulez-vous ? fit-il avant de reprendre sur un ton sombre. Un fémur adulte. »

Le silence qui accueillit son annonce montra qu’Altair était arrivé à la même conclusion que Richard et en avait tiré toutes les conséquences que cela impliquait. Pour qu’un fémur soit présent, cela signifiait dans tous les cas qu’une personne avait perdu sa jambe… Et pour que cela advienne, elle avait dû être attaquée et en mourir.
Mais comment cela était-il possible si proche de l’ouverture du puits ? N’avait-elle crié à l’aide ? Ne l’avait-on entendue ?
Non. Le plus plausible restait que cet os était un reste laissé par un prédateur dans le coin et qui avait trainé avec lui sa pitance. Image bien horrible, cependant qui semblait bien proche du véritable scénario. Donc chaque victime était allée un peu plus loin vers les profondeurs. Concernant les adultes, cela se comprenait aisément.  Mais le petit Ren ? Pourquoi ? Il aurait suffit de patienter à l’orée du souterrain et d’attendre que vienne un villageois alerte ! Surtout que la corde n’avait jamais été rompue ou relevée…

« Dites Altair… Qu’est-ce qui a attiré le gosse vers l’obscurité ?
- La curiosité ?
- Franchement, je ne pense pas qu’à douze ans on ait le courage nécessaire pour avancer… Ce souterrain est morbide, croyez-moi.
- Je ne sais pas. Fouillez les alentours pour voir s’il ne s’est pas terré dans un coin en sécurité.
- J’y comptais… Même si je ne crois pas à sa survie » finit Richard dans un murmure seulement audible par lui-même.

Il soupira longuement, afin de faire le calme dans son esprit ; sa migraine avait quant à elle disparu depuis hier soir aussi était-ce là un problème de réglé. Mais avant de s’enfoncer dans les profondeurs, Richard prit le temps d’écouter un peu plus attentivement les échos du souterrain. Il percevait le clapotis de l’eau… des pas feutrés qui la faisait chuinter… des couinements… des raclements sur la pierre… des rats ? Non ils seraient trop petits pour faire autant de bruit. Ce qui se déplaçait était autrement plus gros, presque autant qu’un homme debout.
Etait-ce la bête qui avait causé la disparition des villageois ?
Il reprit sa conjecture : il y avait soit une horde de créatures soit –Richard préférait cette éventualité- il n’y en avait qu’une mais énorme. Ce cas était plus confortable puisque grandeur impliquait difficultés à se mouvoir dans l’étroitesse du puits ; toutefois cela était peu envisageable.

« J’entends des créatures au loin… Et je pense fortement qu’il s’agit de rhajacks.
- Vous en êtes sûr ?
- Forte probabilité. Soit c’est une grande créature soit autant de petites. Qu’est-ce qui vivrait dans un souterrain où la seule subsistance possible serait des rats ?
- Je vais vous rejoindre.
- Non. Vous me gêneriez ; l’un ou l’autre finirait étêté si un combat s’annonce.
- … Je vous fais confiance Edvart… Faites attention à vous !
- Ne descendez pas, dans tous les cas. Ne le prenez pas mal mais… j’ai été soldat. Si je n’en viens pas à bout, aucun de vous n’y arrivera. Faites plutôt appel à des volontaires à Terna, des personnes compétentes et équipées.
- Cela ne me ravit guère mais… vous avez ma parole.
- Bien. »

Richard se décida alors à poursuivre plus loin, laissant derrière lui le cercle éclairé de l’ouverture du puits.

Sous ses pas lestes, des os craquaient de temps à autre ; il avançait avec précaution, afin que son pied ne se dérobe pas et qu’il ne termine avec une cheville cassée. La torche n’était pour le moment guère utile puisque le paysage se résumait à un étroit boyau longiligne. Il perdait ainsi la notion du temps et cette particulière expérience raviva aussitôt le souvenir de ses péripéties dans le labyrinthe d’Erka…
Une demi-heure ou deux heures plus tard, Richard fit enfin face à sa première embouchure : sur sa droite et sa gauche s’étiraient deux nouveaux chemins assez vastes cette fois pour au moins trois personnes. Le Récleyés opta aussitôt pour la gauche d’où un vent léger faisait onduler l’eau croupie. Et tandis que sa marche continuait, les petits cris semblables aux rats se firent plus distincts : il se rapprochait de son objectif.
Sa flamberge tirée au clair restait ferme et sûre dans la grande main du Général tandis que son fourreau battait nerveusement sa cuisse. Il gardait la torche en avant, afin que celle-ci dévoile les dangers avant qu’ils ne surviennent ; l’une des premières règles de survie était de toujours être au courant, toujours avoir appréhendé afin de pouvoir réagir le plus vite possible face à la menace.
Et il s’y forçait à cet instant, avec toute la volonté qu’il eut possédée…
Car depuis quelques minutes, son ouïe avait perçu des gémissements de douleur parmi les couinements animaux.

L’attaque survint aussi rapidement qu’il le craignait. Presque imprévisible, à peine sa flamme eut révélé l’ouverture sur une salle large qu’une vingtaine de regards argent étaient venus le dévisager… Puis sauter sur lui.
Richard se fendit d’une tranche prompte, et tailla ainsi le premier assaillant : il s’agissait bien d’un Rhajack. Il n’eut plus le loisir de s’y attarder que trois autres créatures virent relayer leur compagnon. Estoc, pivot, tranche, estoc. Les assauts s’enchainèrent à une vitesse ahurissante, même pour un soldat aguerri comme Richard ; il eut heureusement le réflexe de reculer dans le couloir afin de combattre le moins d’ennemis possible à la fois. Néanmoins cela s’éternisait.
Feinte, tranche, tranche, estoc, parade.
Revers, feinte, estoc.
Pivot, tranche.
Revers.
Son souffle commençait à devenir sifflant, tel celui de ces bêtes agacées qu’on leur tienne tête. A deux fois Richard commit des erreurs qui auraient pu lui couter la vie : la première, ce fut d’attaquer d’une tranche trop ample au point que sa lame est allée percuter le mur opposé dans une gerbe de crissements. Par bonheur ce bruit incommoda assez les rhajacks pour qu’il puisse se dégager. La seconde, son pied ripa sur un cadavre dissimulé par l’eau et il manqua de tomber.
Reste attentif et concentré damnation ! Ces foutus rats n’auront pas ta peau, alors que Jaste n’y est lui-même pas arrivé !
Alors il continua. Fendre, frapper, parer, pivoter, trancher, trancher, porter un estoc, se baisser, tailler, découper.
Il criait parfois, afin de se donne la force d’abattre son épée.
Il perdit rapidement le compte… et sa respiration de plus en plus douloureuse. Face à un danger de cette taille, il dut céder à sa Vérité et lui permettre de gagner en vitesse et en force ; dans la hargne du combat, Richard fracassa même sa torche sur le crâne d’un rhajack. De toute manière, elle le gênait plus qu’autre chose et sa vue s’était accoutumée à l’obscurité.
Du sang poissait sur ses vêtements déchirés. Il poussa un grognement lorsque des dents pointues virent arracher un peu de la peau de son mollet. La douleur s’ajouta au flot d’émotions ardentes et attisa encore l’ire de Richard…

Quand le dernier ennemi tomba, le Récleyés se laissa choir avec lui. Ses jambes ne pouvaient plus supporter son poids et même son fier bras retomba le long de son flanc, sans lâcher la flamberge. Ne jamais lâcher l’arme.
Son cœur battant à toute allure lui faisait mal. Moins cependant que la fulgurante migraine qui assaillit son cerveau : foutue vérité…
Il était assis, adossé contre l’un des murs du couloir, un cadavre encore chaud de rhajack sous ses jambes. Et sur toute sa droite en fait…
Il était chanceux. Vraiment. Si d’autres de ces rats étaient venus par derrière…
Bah. Il ne serait pas mort pour autant. Une promesse à tenir.

L’esprit embrumé et le pas incertain, Richard se convainquit au terme de plusieurs minutes à se relever ; il avait entendu des gémissements, plus tôt, non ? Peut-être n’était-il pas le seul survivant à ces monstres ?
Il revint donc vers la salle où l’affrontement avait commencé en crachant-cahotant tandis qu’une main assurait sa progression et sa stabilité. Ses yeux fouillèrent les ténèbres. Il ne vit qu’un monticule de trésors et de babioles jetées par les villageois et qui attiraient les rhajack comme des pies avec l’argent. Etait-ce cela qui avait attiré le jeune Ren ? Mais plus loi, Richard aperçut aussi un tas de cadavres humains, tous des adultes d’âge varié : un vieil homme qui devait être pourtant en pleine forme, un homme qui aurait pu être un père. D’autres méconnaissables et enfin, de simples os solitaires.
Tous… Tous morts ?
Puis il la vit. Une petite silhouette recroquevillée sur elle-même, protégée par un corps sans vie, dans une dernière étreinte.

« Ren ? » grogna Richard de sa voix abimée.

Un silence avant qu’une paire de yeux ternes ne viennent le chercher.

« Ren, par Mère Nature… Attends encore un peu, petit. »

Il usa le peu de force qu’il lui restait pour dégager l’enfant des cadavres sous lequel il était écrasé. Il arqua son dos en grimaçant, presque emporté sous le poids, et dut s’aider de ses deux bras… finalement le corps roula et l’air put s’engouffrer dans la forteresse humaine.
Richard eut un hoquet d’horreur.
Il avait vu des combats, vu des gens mourir sous ses yeux, des vies s’éteindre tranquillement ou arrachées au faite de leur jeunesse. Des corps mutilés également mais jamais son esprit n’avait encore pu concevoir qu’un enfant à peine plus grand que cela puisse avoir subi de telles souffrances…
C’était une chose affreuse de se dire qu’un si jeune être ne pourrait plus connaitre les plaisirs simples de l’enfance…
Même plus que cela…

« Je… »

Les mots lui manquaient. Il pensait avoir préparé son esprit au pire en acceptant de descendre pourtant.

« Ren… »

Richard baissa la tête. Ses bras enveloppèrent le corps chétif et le remontèrent, loin de ces témoins de la providence. Il sentait contre sa poitrine le battement ténu de ce petit cœur et ce filet de respiration contre son épaule nue. Il… Il ne savait plus quoi faire. De premières larmes naquirent au bord de ses yeux froids et il enlaça le petit Ren dans une étreinte désespérée.
Dans son esprit, la confusion régnait, néanmoins une question revenait, encore et encore.
Que faire… ?
Seuls dans cette cave obscure et hostile, Richard était en proie à un bien grand dilemme. Perdu, il berçait avec douceur l’enfant estropié, en silence, entouré de cadavres et de sang…

***
La lumière du jour lui tira une grimace de souffrance. On l’aida à remonter, tout gluant de sang noirâtre et aussi fétide que l’haleine de Tolv, mais vivant. Tout le monde se pressait autour de lui pourtant, la curiosité –et l’espoir- dominant le reste. Qu’était-il advenu des disparus ? Qu’y avait-il de si effrayant en bas ? D’où venait tout ce sang ? Etait-il blessé ?
Taisez-vous ! aurait-il voulu crier. Ses émotions le perturbaient encore, et un regard silencieux et un dernier râle ne s’effaçaient toujours pas de son esprit tourmenté. Avait-il fait le bon choix ? Ou avait-il prit la pire des décisions et mit fin à une vie qui aurait pu se poursuivre.. ? Non. Il ne devait pas sombrer dans les regrets. Il avait abrégé des souffrances qui l’auraient tué petit à petit avant même que le soleil ne revienne caresser son visage déformé.
Mais finalement, lorsque les voix se turent pour l’écouter, Richard prit une inspiration et fit simplement, en regardant la petite Joycelyn :

« Ils ont tous été vengés. »

- Fin du RP –

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