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Le poignard bleu de Hildebald

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MessageSujet: Le poignard bleu de Hildebald Mer 4 Sep 2013 - 15:23

Ferèsis comptait à son actif plusieurs forges de renoms. En raison de l’abondance de pierres et de métaux dormant dans la Montagne de Saphir, les artisans de la cité avaient, à leur disposition, nombre de matériaux de qualités pour pratiquer leur art. Un de ces artisans, répondant au nom de Hildebald, était réputé pour ses créations uniques et personnalisées. Son atelier se situait à l’extrême Ouest de la cité et c’est en ce matin chaud de Talien que Clara s’y rendit avec la ferme intention d’en ressortir  une arme neuve au poing. La forge était une petite bâtisse à air ouverte. Vu la chaleur qui s’y dégageait, il ne pouvait en être autrement, mais à cette heure de la journée, la température n’était pas encore très élevée. De ce fait, d’épais pans de peaux et de toiles brunes fermaient l’atelier, faisant office de murs. Clara repoussa une des lourdes toiles pour pénétrer la forge. Il y faisait étonnement clair. Dans un coin, l’immense fourneau se réchauffait déjà, alimenté de charbon de bois et relié à un gros soufflet. Sur une étagère, une petite statuette noir du dieu Vaog siégeait silencieusement. Un homme était accoudé à une enclume, fixant les flammes. Derrière sa camisole maculée de suie, la fille du Général devinait une musculature de titan et un dos puissant comme celui d’un cheval. L’épaule droite semblait légèrement bossue, sûrement à cause des mouvements répétés que devait exécuter le bras. Clara s’avança calmement, au même moment ou le forgeron tournait la tête en sa direction. Il fit un mince sourire, à peine visible derrière sa barbe fournit. Ses petits yeux marron pétillaient au-dessus de ses grosses joues rougies.

- J’ai ben l’honneur de voir cette dame là que je crois être, la mam’zelle Arnstven ? lança-t-il de façon enjouée tout en exécutant une révérence maladroite

La jeune femme ne put s’empêcher de sourire à son tour, touchée par le soudain enthousiasme du forgeron et amusée par la gaucherie de sa courbette.

- C’est bien elle. Vous êtes Hildebald, c’est bien cela ?
- Hildebald, oui, c’est bien lui ! Répéta le forgeron sur le même ton

Il attrapa la main de Clara pour lui donner une solide poigne. Clara du retenir une petite grimace alors qu’elle sentait le cartilage de ses jointures craquer comme du verre. Cette poignée de main lui fit cependant un énorme plaisir. Elle préférait largement cet échange vrai et franc à une stupide révérence de courtoisie. Quand sa main meurtrie fut de nouveau libre, elle agrippa une bourse de cuir dans la poche sa cape et la laissa tomber sans plus de préambule sur le coin de l’enclume. Les pièces cliquetèrent mélodieusement dans le ventre du sac. Comme Clara n’avait pas pour habitude de tourner autour du pot, elle se lança dans la seconde.

- Je veux un poignard.

Hildebald prit la bourse dans sa grosse patte d’ours, la soupesa en prenant un air approbateur et la lança sur une table un peu plus loin. Il ne semblait pas être du genre à passer par quatre chemins lui non plus. Il avança vers le fourneau et appuya à deux reprises sur le soufflet. L’espace d’un instant, les braises devinrent incandescentes et elles illuminèrent son gros visage, faisant chatoyer des reflets roux dans sa barbe frisé.

- J’veux ben faire c’que la dame veut, mais je me demande pourquoi elle a besoin d’un de mes poignards alors qu’elle a toutes les armes qu’elle veut au château, demanda le forgeron en allant chercher ses outils
- Je ne veux pas d’une arme empruntée, et encore moins d’un poignard vieux et rouillé ayant passé par toutes les mains de la garnison.
- Mam’zelle veut d’la qualité, ironisa gentiment l’homme en revenant vers elle
- C’est pour ça que je viens vous voir.

Clara avait l’intention de partir. Plier bagages et prendre le large. Elle n’en n’avait fait part à personne, pas même à sa nourrisse, mais écrirait une lettre avant son départ pour ne pas qu’on la cherche. Pour se lancer dans les grandes terres de Madelle, elle devait se montrer un tant soit peu équipée. Un bon équipement de voyageur comprenait prioritairement une arme, un couteau, n’importe quoi, quitte à ce que ça coupe du gibier ou un bout de fromage plutôt que des artères humaines. Cette arme, Clara n’était pas pour la substituer à l’inventaire de l’armée. Et quant à s’en faire confectionner une, autant qu’elle soit de qualité. Hildebald reprit position contre l’enclume et plissa ses petits yeux bruns en direction de la jeune femme. Il se gratta le menton.

- Pour une belle dame, faut une belle lame, rigola-t-il, fier de sa rime. Pourquoi pas du Cristal de Feu ? J’en ai réservé une p’tite quantité pour qua-
- Non ! Non pas de… cristal. De l’acier.
- Pourquoi d’l’acier ? fit Hildebald, ses épais sourcils relevés
- Il doit absolument y avoir du fer dans l’alliage de la lame, insista Clara en croisant les bras sur sa poitrine

Le forgeron haussa ses larges épaules, se releva puis disparu dans le fond de l’atelier. Il farfouilla dans un barda de retailles de métaux, créant une cacophonie de cliquetis et de tintements métalliques. Pardessus le boucan, il lança :

- Va pour d’l’acier alors ! D’l’acier de Ferèsis, le meilleur qui soit mam’zelle, vous trouverez pas mieux, c’moi qui vous le dit !

Il revint avec un morceau grossièrement taillé de cet acier prisé des combattants, le tendant à Clara pour qu’elle puisse l’inspecter. Elle effleura le métal granuleux du bout des doigts, curieuse. Une fois poncée et polis, la lame serait lisse et parfaitement tranchante. L’acier de Ferèsis, comme on l’appelait, était plus tranchant que l’acier normal et aussi plus solide ; il constituait donc un matériau de choix pour la confection des armes. Plus onéreux mais décidément un bon investissement. La jeune femme approuva le choix du forgeron d’un hochement de tête et ce dernier se mit au travail. Il plongea le morceau de métal dans les charbons de bois dégageant désormais assez de chaleur. Hildebald se frotta de nouveau la barbe et regarda Clara, songeur.

- Pardonnez mon indiscrétion mam’zelle mais… pourquoi est-ce que la lame du poignard doit absolument contenir du fer ?
- Pour ma Vérité. Je peux chauffer le fer.

L’homme ouvrit des yeux admirateurs et fit une moue approbatrice. Il sembla s’imaginer la redoutable puissance que prendrait n’importe quelle arme, comportant un alliage de fer, dans les mains de la jeune femme. Cependant, il ne posa pas plus de questions, respectant la réserve de Clara. Après un certain temps, il releva la tête, l’air concentré.

- Allez donc faire une tour mam’zelle, ce sera pas prêt avant plusieurs heures encore c’t’affaire-là. Vous inquiétez pas, ce sera l’plus beau poignard en ville.
- Merci Hildebald, j’ai confiance…

Clara s’apprêtait à sortir quand elle pensa à un dernier tout petit détail. Elle se retourna
vers le forgeron, soucieuse.

- Juste une dernière chose…
- Mam’zelle ?
- Ne mettez pas trop de… fioritures. Pas de pierres précieuses ou d’or ou… enfin, je ne veux pas qu’il est l’air d’appartenir à quelqu’un avec beaucoup d’argent. – elle marqua une courte pause et, remarquant les points d’interrogations dans les pupilles de son interlocuteur, ajouta – C’est pour une raison de transparence, vous comprenez… je ne voudrais pas qu’on s’en prenne à moi à tort à cause de cette arme. En voyageant, il faut se montrer prudent.

Hildebald acquiesça avec un clin d’œil complice, semblant plus que d’accord avec cette sage affirmation. La jeune femme pu prendre congé pour le reste de la journée, confiante mais surtout très impatiente de voir le travail finit.


Dernière édition par Clara Arnstven le Mer 4 Sep 2013 - 20:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le poignard bleu de Hildebald Mer 4 Sep 2013 - 15:34

Le reste de la journée, Clara la passa aux autres préparatifs de son départ. Dans sa lancée, elle s’acheta une cape grise doublée de fourrure pour les jours plus frais, de nouvelles bottes aux semelles souples et des gantelets de cuir pour la longue chevauché. Elle consacra plusieurs heures à l’achat d’une nouvelle monture. Le décès de sa jument lui pesait encore dans le ventre. Les propriétaires la laissèrent faire plusieurs essaies, ventant tous les mérites de leurs chevaux comme étant les meilleurs. Le dévolu de Clara tomba finalement sur un petit hongre alezan de 9 ans au regard doux et au pied solide. Son dernier cheval avait été une bête nerveuse et parfois impulsive, ce qui pouvait convenir pour les sports, mais la jeune femme avait maintenant besoin d’une monture fiable supportant les longues journées de randonnée dans des climats variables et dans des températures parfois difficiles. Il lui fallait un cheval expérimenté te de sang-froid.

- Lui !? s’étonna le palefrenier en pointant l’animal. Mademoiselle, c’est un batard ! Laissez-moi plutôt vous proposez cette magnifique jument, elle court plus vite que son ombre !
- Non, fit fermement Clara en caressant la croupe de l’alezan. Je veux celui-ci.
- M-mais, mademoiselle… ce n’est pas un cheval qui convient à une dame de votre rang ! Il ne lève pas la tête plus haut que son garrot et il est si petit et trapu qu’il ne sauterait même pas par-dessus un bosquet de fleurs…
- Vendu, s’amusa Clara en versant trois pièces dans les mains du palefrenier au visage dépité

En effet, le cheval était rond et petit mais son ossature était solide et ses sabots énormes. Le genre de monture qui se faufile dans les terrains accidentés aussi bien que des chèvres de montagne. Clara du acheter une nouvelle selle avec un arçon beaucoup plus large s’ajustant au dos musclé de l’équidé. Avec cela, elle ajouta des sacoches de portages se combinant au dossier de la selle. À la fin de la journée, ses poches étaient quasiment vides mais son cœur était rempli d’allégresse. L’excitation du départ se faisait de plus en plus ressentir. Elle fit travailler sa nouvelle monture dans le manège, satisfaite de son achat. Après l’avoir mis au box, pensé, nourrit et abreuvé, elle se mit en route vers la forge. En chemin, elle pensa à un nom pour le cheval mais rien ne lui venait.

Les peaux et les toiles autours de l’atelier avaient été relevées. Une chaleur cuisante s’échappait de la forge mais elle était prometteuse d’un travail achevé. En arrivant à la table de confection, la jeune femme eut la chance d’observer Hildebald apposer la touche finale au poignard. Il avait fier allure. La lame pâle reluisait doucement, contrastant harmonieusement avec le manche d’un blanc pur. Ce n’était pas du marbre mais Clara n’aurait su dire la pierre. Le forgeron, du bout d’un petit piquet, taillait sur la garde de gracieux motifs. La fille du Général fut étonnée par la minutie dont était capable d’aussi
grosses mains.

- Magnifique… murmura-t-elle, résistant à l’envie de prendre dans ses mains le produit finit
- Il manque la touche finale.

Le travail de taillage terminé, Hildebald revint avec un mortier remplit d’une poudre bleu vive. Le forgeron y trempa l’index et en badigeonna la garde, faisant pénétrer le gominé dans les ciselures. Il essuya ensuite précieusement le manche et l’enduit d’un vernis transparent avant de la passer au-dessus des flammes. Le vernis durcit aussitôt.

- La poudre bleue, qu’est-ce que c’est ? questionna Clara, intriguée
- Un champignon séché. Il a c’te teinte bleu là au naturel mais j’ai… oublié l’nom. J’enduis ensuite d’un vernis spécial, recette secrète ! Et contrairement à la peinture, qui aura d’ailleurs jamais des couleurs aussi vives mam’zelle, le bleu perdra pas son éclat. Ça va rester beau d’même ! Prends-le, il est tiède.

Hildebald tendit le poignard à Clara, se voulant modeste. Mais dans le fond de son regard, la jeune femme pouvait voir la grande fierté qu’il en retirait. Elle ne cacha donc pas son admiration en prenant l’arme. Le point d’équilibre était parfait… Le bleu céruléen serpentant finement dans le manche d’une blancheur irréelle faisait du poignard une véritable œuvre d’art. Clara était émue, mais ça, elle ne le laissa pas paraître.

- Merci infiniment…
- Faut pas oublier l’étui mam’zelle. C’tait un plaisir.

Le forgeron lui tendit un étui sur mesure de cuir blanchit. Clara s’empressa de l’attacher à sa ceinture et d’y glisser le poignard. Elle se sentait fin prête.  Une douce fébrilité lui réchauffa le bas du ventre et elle accorda un dernier remerciement sincère au forgeron avant de quitter l’atelier. Le soleil se couchait déjà. Le cœur lourd et léger à la fois, Clara se rendit au château sans se presser. Elle prit rapidement le dîner du soir puis s’enferma dans sa chambre pour les derniers préparatifs. Son inventaire prenait lentement forme au fond de ses sacs. Elle voyagerait léger mais sa monture pourrait porter pour elle le matériel plus lourd et plus encombrant. Tard le soir, elle rédigea une lettre à la lumière d’une chandelle. Elle s’appliqua, sachant que ce serait les dernières paroles qu’elle échangerait avec son père avant un très long moment… Lorsque ses paupières devinrent lourdes de fatigues, elle finit par aller se glisser sous sa couette en duvet d’oie, fraiche et moelleuse. Malgré cela, le sommeil tarda à l’emporter. Elle ne pouvait s’empêcher de refaire, pour une centième fois, son inventaire. Au bout de quelques heures, la fatigue eut finalement raison d’elle. Juste avant de plonger dans ses rêves, la jeune femme sut comment elle appellerait sa nouvelle monture. Hildebald. Derrière le voile noir de la nuit, le soleil approchait lentement, celui qui déclencherait une journée décisive dans la vie de Clara.
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