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De retour au pays

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MessageSujet: De retour au pays Jeu 4 Juil 2013 - 22:05

Larm ferma les yeux quelques minutes, savourant le vent frais qui lui giflait les joues. Il respira à plein poumons l’air glacial de la haute altitude. Un manteau épais le protégeait en grande partie du froid, mais la brise arrivait tout de même à s’infiltrer de temps en temps. Un sourire vint égayer son visage habituellement figé. Il revenait chez lui, même après tout ce temps passé sur les routes, les Montagnes de Saphir était toujours son chez lui.
Il rouvrit les yeux et se plaqua un peu plus contre le corps chaud de sa monture, minimisant la prise des vents frais. Sa main droite quitta les attaches de sa selle et se posa contre les écailles noires de Shan. Larm tapa deux fois à cet endroit. Il sentit Shan frémir légèrement, lui indiquant qu’il avait compris. Larm eut juste le temps d’agripper sa selle, puis Shan se braqua soudainement vers le ciel.
A cause de la vitesse, Larm eut un instant le souffle coupé et se sentit écrasé contre le dragon. Pourtant, ses yeux pétillaient. Shan étendit ses ailes tandis que son corps basculait progressivement vers l’arrière. Puis lorsque sa descente s’amorça, il les plaqua contre son corps, et commença sa chute libre.
Larm sentit son sang ne faire qu’un tour, alors même qu’il savait qu’il ne risquait rien. Son cœur s’emballa alors que le couple qu’il formait avec sa monture avalait plus d’une dizaine de mètres à la seconde et que leur vitesse continuait d’augmenter.
Le sol se rapprochait à une allure folle, mais Larm savait que Shan maîtrisait tous les aspects de cette chute libre. Au dernier moment, alors que la gorge du jeune homme se nouait sous l’instinct, le grand dragon étendit ses ailes, freina brusquement sa descente et, jouant sur ses muscles puissants, redressa juste avant de percuter la roche des Montagnes de Saphir. Larm se redressa et tapota affectueusement son ami, le félicitant de ce magnifique piqué.
Shan gronda légèrement, puis ralentit encore. Ils approchaient d’un sentier peu fréquenté dans cette partie des Montagnes, sentier que voulait emprunter à pied Larm pour rentrer chez lui. Le dragon s’accrocha bientôt à la paroi, enfonçant ses griffes dans la roche et causant de mini éboulements sous lui.

— A plus tard Shan, veille sur moi.

Larm se laissa glisser de sa selle sur le sol tandis que Shan soufflait, évacuant un nuage de fumée. Larm sourit car cela équivalait à un petit rire chez son dragon. Shan veillait toujours sur lui, quoiqu’il puisse arriver.
Le jeune homme se mit à l’abri pendant le décollage du dragon, puis observa cette montagne d’écailles prendre son essor vers le ciel en quelques battements d’ailes. Ensuite, il rajusta son épée à sa ceinture et retira la lanière qui passait au-dessus de la garde et empêchait la lame de glisser de son fourreau en plein vol. Il déboucha aussi le haut de son carquois et glissa le bouchon dans une petite sacoche accrochée à sa ceinture. Les premiers vols avaient été épiques, et s’il avait retrouvé son épée, les flèches avaient été irrémédiablement perdues. Autant ne plus réitérer ces erreurs.

Larm prit alors la route de Ferèsis. Il en avait pour trois ou quatre heures, et il savait d’avance qu’il allait souffrir de cette marche glissante dans les montagnes, mais à force de trop monter son dragon, il se ramollissait, et avait décidé d’y obvier. Une grosse balade lui ferait du bien.
Le sentier était dans un plus mauvais état qu’il ne le pensait, et il passa son temps à essayer de ne pas basculer dans le vide à côté de lui. Le sentier devint plus praticable au bout d’une heure, mais il était à bout de force.

Larm, tu as du boulot.

Haletant, Larm s’assit sur une pierre pour reprendre son souffle. Il décrocha la gourde qui pendait à son côté et but une longue rasade d’eau. A peine avait-il rebouché qu’un bruit étrange attira son attention. Il raccrocha la gourde à sa ceinture et se leva avec précaution. Tout cela lui rappelait sa rencontre avec Shan.
Doucement et sans bruit, il dégaina son épée et se rapprocha d’un versant de la montagne, là où le sentier, bien plus large que celui qu’il avait emprunté jusqu’ici, faisait une courbe. La lame levée, il se concentra sur son ouïe pour tenter d’identifier ce qui l’avait alerté.
Des bruits de bottes. Des voix peut-être ? Il n’en était pas sûr. Rassuré que ce fussent des humains et non pas quelque bête sauvage, Larm baissa son épée, sans la rengainer toutefois, et s’éloigna du virage pour ne pas surprendre la ou les personnes qui arrivaient.





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Dernière édition par Larm Valden le Lun 8 Juil 2013 - 23:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: De retour au pays Lun 8 Juil 2013 - 4:14

Les talons de ses bottes claquaient aigrement sur les dalles de pierre. Un lion en cage n’aurait pas été aussi malheureux et agressif. Voilà plus de trois semaines qu’on tenait Clara captive au château et il n’y avait pas si longtemps qu’on lui avait donné l’autorisation de circuler hors de ses appartements. C’est cette blessure au bras qui était responsable de son emprisonnement. Son biceps, transpercé d’une flèche, n’avait pas encore totalement guérit. Les gardes avaient les déplacements de la jeune femme à l’œil. Déjà qu’à son habitude elle était sous haute surveillance, ça en devenait maladif !

La fille du Général déboula en trombe dans le grand vestibule, faisant tourner des regards intrigués en sa direction. Résolue à prendre un bol d’air frais hors des murs, elle s’était décidé à tenir tête aussi longtemps qu’il le fallait aux hommes de la garde, quitte à user de force ou de chantage. Elle avait noué sa longue chevelure en un chignon serré au raz de la nuque, revêtit un pantalon et une veste de lin. Une tenue sobre, confortable et qui laissait surtout deviner ses intentions. Un des soldats vint à sa rencontre.

- Mademoiselle Arnstven…

- Je sors.

Son ton ne laissait pas place à la réplique. Néanmoins, elle s’attendait à un monologue abrupt sur les ordres et directives du capitaine de la garde. Il n’en fut rien. Le soldat s’inclina rapidement, fit un pas sur le côté et laissa le champ libre à la jeune femme. Clara resta quelques secondes prostrée au milieu de la pièce, se demandant si c’était une méprise du garde, un test ou un oubli. Qu’importe, au fond. Elle fila sans demander son reste, le pied soudain très léger.

Exceptionnellement, elle n’avait pas emmené sa dague. Qu’une gourde à sa ceinture et quelques pièces, on ne sait jamais. Elle n’avait pas l’intention d’aller s’entraîner, son bras encore bandé ne lui permettrait pas de toute façon. Une marche, une longue marche, c’est tout ce qu’elle désirait pour se revigorer le corps et l’esprit. Un plein d’oxygène et de soleil. Lorsqu’elle passa devant les stalles, elle ne put s’empêcher d’éprouver une certaine mélancolie. Même si elle pouvait se procurer n’importe quel cheval en un claquement de doigt, sa jument n’était plus et la complicité entre une monture et son cavalier prenait du temps à se développer. Elle se remettrait en selle, mais pas aujourd’hui. Et puis, son père ne la laisserait pas monter avant que son bras ne soit totalement guérit.

La ville était très bruyante et elle débordait d’odeurs composites. Clara coupa à travers les rues, marchant d’un bon rythme, car la tranquillité de la montagne était ce qu’elle recherchait plus que tout. Elle sortait enfin des sentiers battus quand une boule de poils hirsutes lui tomba sous le nez. Un aboiement lui confirma qu’il s’agissait d’un chien. Autrement, l’animal ne ressemblait pas à grand-chose. On aurait dit un gros rat accouplé à un blaireau efflanqué.

- Ce que tu es laid.

Le cabot s’abaissa en agitant la queue, reluquant Clara avec intérêt. La jeune femme le repoussa gentiment du pied et s’engagea sur le chemin sinuant de plateau en plateau dans la montagne. Ce qu’elle redoutait se produisit et le chien errant se mit à trottiner derrière. Elle attendit quelques minutes, espérant qu’il finirait par s’éclipser, mais une laisse invisible semblait le retenir à ses côtés. Tout en marchant d’un bon pas, elle glissa un regard torve à la petite créature.

- N’espère rien de ma part, je n’ai ni nourriture ni le temps de jouer avec toi.

Réagissant à la voix de Clara comme à une bombe, le clébard aboya joyeusement et se mit à courir en rond autour de la fille du général, décrivant de larges cercles de poussière. Clara hésita entre l’étonnement et l’hilarité, se contentant finalement d’hausser un sourcil dubitatif. Ce chien avait décidément quelques cellules de griller au cerveau mais il était de plaisante compagnie.

Deux heures durant, la jeune femme bavarda au gros rat qui l’écoutait nonchalamment, agitant les oreilles et le museau de temps en temps. Il disparaissait parfois derrière les buissons pour revenir quelques minutes plus tard ou partait en fou à la poursuite d’une proie imaginaire. Clara avait vidé sa gourde, en partageant près de la moitié avec son camarade de fortune. Soudain, ce dernier se figea au beau milieu de chemin, la queue droite et une patte levée. Son museau reniflait l’air.

- Eh bien quoi, un autre lièvre à chasser ?

Le chien gronda sourdement puis s’élança sur le sentier, disparaissant de la vue de Clara au tournant de la route. Interloquée, elle se hâta de le rejoindre. Ce ne fut pas un lièvre qu’elle découvrit, mais bien un homme. Un peu trop grand pour la gueule du cabot qui avait décidé de sautiller jovialement autour de l’inconnu, la langue pendante. C’était plutôt un drôle de spectacle, surtout que l’homme semblait être sur la défensive. Étrangement, l’arme dégainée n’inquiéta pas Clara plus que nécessaire. Peut-être parce qu’elle ne ressentait pas le danger émaner du nouveau venu ou que les idioties du chien retenait toute son attention.

- Il n’est pas à moi, précisa idiotement Clara en pointant le chien

Heureusement. Par-là, elle ne prenait également pas en charge tout acte déplacé qu’aurait le cabot à l’égard de l’inconnu. Le trouvant justement trop instant, elle le chassa un peu plus loin. Le chien obtempéra et se mit à fouiner au bord du sentier. La jeune femme se retourna vers l’étranger, le saluant prudemment. L’épée toujours hors de son fourreau commençait à l’incommoder.

- Désolé pour le dérangement.

Elle lança un regard plus haut sur le sentier, d’où l’homme semblait venir. Une expression perplexe prit place sur son visage mais elle le dissimula merveilleusement bien. Il n’y avait aucun village par-là, hormis un minuscule hameau à encore une demi-journée de marche. L’inconnu semblait sortir de nulle part. Hasardeuse, elle se risqua à lui poser une question indiscrète.

- Pardonnez-moi mais… il n’y a rien d’où vous venez. Comment êtes-vous arrivé ici ?

Il aurait très bien pu prendre le même chemin qu’elle tout compte fait et avoir rebroussé chemin par la suite. Mais pour se rendre où et y faire quoi précisément ? Car l’homme ne semblait pas équipé pour une ballade en montagne, surtout pas avec cet attirail lourd et encombrant. Au même instant, le chien revint avec une grosse racine dans la gueule. Sa face était noircit de terre, signe qu’il avait creusé pour dégoter son magot. Il déposa son trophée au pied des deux humains et s’assit, relevant fièrement son petit minois décharné.

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MessageSujet: Re: De retour au pays Lun 8 Juil 2013 - 23:01

Larm, attendant l'arrivée des inconnus (s'ils étaient plusieurs) qui venaient de Ferèsis, s'interrogeait encore sur le fait de garder son arme au clair. Il était dans les Montagnes de Saphir, territoire des Arvèles, il n'avait pas grand-chose à craindre. Même si sa présence était incongrue en ce lieu, surtout équipé comme il l'était. Du coin de l’œil, il aperçut la silhouette noire de Shan dans les airs, qui volait à travers les nuages en restant toutefois discret. Le dragon veillait effectivement sur lui, et il lui faudrait moins de deux minutes pour intervenir si quoique ce soit arrivait. Larm arriverait bien à survivre deux minutes tout seul, non ?
Le jeune homme hésitait donc à rengainer son arme, toujours sur la défensive toutefois, lorsqu’un... truc déboula à toute allure de derrière les rochers et se mit à sauter joyeusement autour de lui. Des aboiements le renseignèrent sur le fait que cette boule de poils qui ne ressemblait pas à grand-chose était bien un chien, même si le doute était plus que permis au premier coup d’œil. Surpris et interloqué, Larm se demanda un instant s’il ne rêvait pas : que faisait un chien tout fou en pleine montagne ?
La réponse lui parvint une dizaine de secondes après, quand une jeune fille à peine essoufflée déboula presque aussi vite que le chien. Larm releva son arme par réflexe, soudain prudent. Règle numéro une : ne jamais sous-estimer les femmes d’Arvèles. C’était une très, très mauvaise idée. Si elle se méprenait sur ses intentions, cela pouvait devenir dangereux.

Larm détailla la nouvelle venue qui ne semblait pas plus impressionnée que ça par son épée pointée sur elle. Elle avait une dizaine d’années de moins que lui environ et était vraiment très belle. Elle avait de grands yeux sombres intrigants encadrés par une longue chevelure aux teintes allant du blond au brun. Larm sentit le rouge lui monter aux joues. En plus d’être belle, c’était une femme par définition. La timidité de Larm revenait au galop.

- Il n’est pas à moi.

La jeune femme venait de pointer le chien du doigt, chien qui continuait à courir en rond autour du jeune dragonnier en aboyant bêtement. Il n’avait pas l’air méchant ni enclin à mordre. Le trouvant sûrement trop encombrant, la belle l’éloigna du pied, et la boule de poils alla renifler les cailloux un peu plus loin.
Elle se tourna ensuite vers lui et le salua avec prudence. Son regard vers l’épée toujours dégainée semblait signifier que cela la dérangeait quelque peu d’avoir une arme pointée dans sa direction.

- Désolé pour le dérangement.

Avant qu’il ait pu répliquer, la jeune femme jeta un œil derrière lui mais aucune émotion ne s’afficha sur son visage. Puis elle lui posa une question, et Larm comprit la raison de ce coup d’œil.


- Pardonnez-moi mais… il n’y a rien d’où vous venez. Comment êtes-vous arrivé ici ?

Effectivement, même si ses souvenirs étaient imprécis quant à la géographie des alentours, il se souvenait que le sentier sur lequel il avait atterri ne menait qu’à un petit village isolé, qui n’était peut-être même plus habité depuis le temps, que ne rejoignaient que ceux qui avaient vraiment une bonne raison d’y aller. Son équipement inadapté criait au monde qu’il ne venait pas de là-bas.
Larm se racla la gorge pour chasser sa timidité, avec un peu de succès heureusement. Avant de répondre, il avait quelques formalités à régler.

— Je... Tout d’abord, veuillez m’excuser si je vous ai effrayée ou indisposée.

Sur ces mots, il rengaina doucement son épée et posa sa main sur le pommeau, calant son majeur entre les pics du croissant de lune qui formait l’extrémité de la garde. La jeune femme n’était pas armée et elle semblait si frêle qu’elle ne devait pas être dangereuse.

— Je suis arrivé en volant.

Il rougit tout en réalisant que dit comme cela, c’était vraiment stupide. Il donna donc un peu plus d’explications tout en se redressant inconsciemment de fierté.

— Pardonnez-moi, mes propos ne sont pas clairs. Je me nomme Larm Valden et je suis un dragonnier. Je voulais faire un bout de chemin à pied jusque Ferèsis, mon dragon m’a de ce fait déposé plus haut sur le sentier.

C’était déjà plus sensé et bien plus compréhensible. Son appartenance à la confrérie d’Arvèles ne lui semblait pas important au point d’être mentionnée, surtout depuis que Shan partageait sa vie : ils étaient libres et avaient bien l’intention de le rester. Larm fronça légèrement les sourcils en regardant la jeune femme.

— Et vous ? Il n’y a effectivement rien d’où je viens, pourquoi êtes-vous donc ici ?

Si elle était jeune et fragile, elle ne paraissait pas perdue pour autant. Les sentiers n’étaient pas sûrs par ici, et les éboulements étaient fréquents.
Quelque chose vint soudainement tapoter sa botte. Larm baissa la tête. Le chien était revenu lui sentir les pieds. Pourquoi tous les chiens reniflaient-ils les pieds d’abord ? Le jeune homme s’accroupit et caressa la tête du chien tout en surveillant les mouvements de la jeune femme du coin de l’œil. Le chien remua la queue de contentement puis trottina jusqu’à la jeune femme. Larm sourit.

— Il ne vous appartient peut-être pas, mais il semble vous apprécier tout particulièrement.

Larm se redressa, l’attitude beaucoup plus détendue que lors de l’arrivée de la jeune femme. Il n’y avait aucun danger immédiat, et au pire, le combat au corps à corps ne le gênait pas, même si avec son équipement au final un peu trop encombrant (pourquoi avait-il oublié d’enlever son manteau exactement ?), ses mouvements seraient fortement ralentis. Mais bon, il n’y avait aucune raison qu’ils en arrivent là.






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MessageSujet: Re: De retour au pays Mar 9 Juil 2013 - 5:22

Clara avait l’habitude de se faire reconnaître à chaque coin de rues. Vraisemblablement, cet homme n’était pas de Ferèsis ou alors, il n’y avait pas mis le pied depuis longtemps car il ne semblait pas savoir qui elle était. Autrement, il aurait abaissé son arme sur le champ. Certains auraient pu le prendre comme un affront pur et simple mais pour Mlle Arnstven, c’était l’occasion d’échapper au cadre étouffant de son rang. Elle dévisagea l’inconnu sans se dissimuler. Pourquoi s’en serait-elle cachée ? La cicatrice que l’homme arborait sur son œil fut ce qui retenu le plus son attention. Elle essaya de ne pas trop le montrer, mais Clara était une femme curieuse et parfois un peu effrontée.

Je... Tout d’abord, veuillez m’excuser si je vous ai effrayée ou indisposée.

La fille du Général haussa un sourcil, surprise par cette entrée en matière. Quelques semaines plus tôt, elle était tombé sur un rustre (qui lui avait cependant sauvé la vie, il fallait l’avouer) et maintenant, c’était le parfait gentleman ? Clara sentit poindre un léger doute mais elle se contenta d’esquisser un petit mouvement du menton pour chasser les excuses de l’homme. Ce dernier rengaina enfin son épée et Clara ne remarqua sa tension que lorsque ses épaules s’affaissèrent légèrement. Blessée et sans aucune arme, ce n’était pas le moment de tomber sur une mauvaise rencontre. En cas de besoin, il y avait toujours son nouveau chien de garde…

Je suis arrivé en volant.

Vraiment ? Cette fois, les deux sourcils de Clara se soulevèrent. Elle cligna des yeux et un fin sourire fleurit sur ses lèvres. L’étonnement et la moquerie s’y mélangeait très subtilement. En volant, et quoi encore.

Pardonnez-moi, mes propos ne sont pas clairs. Je me nomme Larm Valden et je suis un dragonnier. Je voulais faire un bout de chemin à pied jusque Ferèsis, mon dragon m’a de ce fait déposé plus haut sur le sentier.

La jeune femme tilta tout en restant de marbre, un sourire narquois toujours collé au visage même s’il n’exprimait plus grand-chose. Un dragon. Clara se souvenait d’en avoir vu un survoler de haut la cité lorsqu’elle n’était encore qu’une enfant. À ce moment, elle n’avait même eu conscience de ce que cet animal représentait. On lui avait simplement dit qu’il devait être tué car il dévorait le bétail des fermiers. Puisque qu’à cette époque elle préférait les moutons aux reptiles gigantesques, cette solution extrémiste lui avait paru des plus normales. Non, les dragons ne lui disait rien et elle ne leur apportait pas une grande importance même si ceux-ci rôdait parfois dans les Montagnes de Saphir. De nouveau, elle dévisagea l’inconnu, ou plutôt Larm Valden, et elle dut se retenir pour ne pas sourire d’avantage. Lui, un dragonnier ? Elle aurait imaginé homme plus imposant.

Et vous ? Il n’y a effectivement rien d’où je viens, pourquoi êtes-vous donc ici ?

- Je...

À peine le temps de dire un mot qu’elle fut interrompue par le gros rat venu trottiner de nouveau entre leurs jambes. Plus elle le regardait, plus elle le trouvait écœurant. Quels genres de bêtes avaient pu être ses géniteurs. Son enthousiasme lui donnait pourtant un certain charme, tout à son avantage.

Il ne vous appartient peut-être pas, mais il semble vous apprécier tout particulièrement.

Clara se passa le revers de la main sur le front, dégageant quelques mèches rebelles qui s’était échappé de sa coiffure. Une petite grimace agacée traversa son visage avant de s’attendrir.

- Oui, il me suit depuis ce matin. On dirait bien qu’il m’a adop-

Le chien l’interrompu à nouveau lorsqu’il se mit à aboyer comme un forcené en direction du ciel. Son petit corps frêle sursautait à chaque aboiement. Au-dessus de leur tête, une ombre passa. Clara n’aurait pas pu la manquer et il ne s’agissait pas d’un gros nuage. Elle se baissa, agrippa fermement le cabot par la nuque et lui siffla un ‘’ça suffit’’ sec et autoritaire. Le clébard s’écrasa aussitôt, les crocs sorti, mais n’émit plus aucun bruit. Clara laissa s’écouler quelques longues secondes de silence, déglutit et releva les yeux vers l’homme.

- Vous êtes vraiment venu en volant, alors. Je ne vous croyais pas.

Elle résista à l’envie de fouiller le ciel des yeux. Se redressant, elle s’essuya les paumes sur les pans de sa chemise et croise ensuite les bras sur sa poitrine.

- Pour répondre à votre question, je prenais un peu d’air, tout simplement.

Elle fit une pause, lorgnant Larm de façon sceptique. Elle aurait du se présenter à son dire, lui dire un nom tout au plus. Mais elle ne voulait pas dévoiler son identité, pour une fois qu’elle pouvait jouir du fait d’être une personne normale de qui on ne se méfie pas trop. Clara, dans sa fierté disproportionnée, aimait prouver aux gens sa valeur. Sans sa dague, accompagnée d’un chien errant et arborant des habits qui ne laissait aucunement deviner son état financier, elle avait une couverture parfaite.

- Je ne suis pas certaine que d’emmener un… dragon à Ferèsis soit très prudent.

À vrai dire, Clara n’y connaissait rien en matière de dragon. Les seules ressources qu’elle avait étaient les racontars de soldats gonflés d’orgueil et de villageois effrayés. Les dragons n’avaient pas bonne presse, en général. La jeune femme ne comptait pas laisser cet inconnu passer les murs, aussi avenant soit-il, avec une bête sanguinaire à ses côtés.


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MessageSujet: Re: De retour au pays Mer 10 Juil 2013 - 17:21

Pendant que Larm parlait, il avait remarqué que la jeune femme semblait intéressait par la cicatrice qu’il arborait à l’œil et qui était d’ailleurs la plus visible parmi celles qu’il avait. Le jeune homme avait l’habitude de ce comportement à chaque fois qu’il s’arrêtait dans une ville ou un village, et cela ne lui faisait plus ni chaud ni froid.
Larm plissa légèrement les yeux devant le sourire narquois de la jeune femme à l’annonce de son rang. Dragonnier. Il comprenait tout de même sa retenue : les dragonniers ne couraient pas les rues et restaient souvent loin des villes. Aucune attache, peu de liens, une liberté infinie. Ce n’était que récemment que Larm avait repris l’habitude de s’arrêter de temps en temps dans des villes. Les dragonniers devaient passer parfois pour des associables.
A moins qu’elle ne le crut pas, ce qui semblait également vraisemblable. De plus, les dragons n’avaient une très bonne réputation à Ferèsis, raison pour laquelle il avait également voulu que Shan le dépose, sans toutefois le lui avouer. Mieux valait éviter les ennuis au maximum.

Le chien, qui avait interrompu la jeune femme avant qu’elle ne puisse répondre, continuait à faire la fête à sa nouvelle amie. Le visage de celle-ci balançait entre agacement et attendrissement. Comment ne pas sourire devant une telle boule de poils de toute façon ?

- Oui, il me suit depuis ce matin. On dirait bien qu’il m’a adop-

Le chien se mit à aboyer. Instinctivement, Larm baissa sa main gauche sur son fourreau et sa main droite esquissa un mouvement vers la garde. Puis il se figea. Le chien aboyait vers le ciel. Une ombre passa parmi les nuages. Larm fronça les sourcils. Shan descendait trop bas, sûrement inquiet de voir que son dragonnier était accompagné. Finalement, il faudrait peut-être qu’il lui dise pourquoi il devait rester à l’écart tant que Larm serait à Ferèsis. Le jeune homme ne pouvait pas laisser son dragon prendre des risques pour rien.
La jeune femme attrapa le chien et le fit taire immédiatement, même si l’animal grognait toujours.

- Vous êtes vraiment venu en volant, alors. Je ne vous croyais pas.

Larm fit un geste de la main pour lui faire comprendre que ce n’était rien. Après tout, qui l’aurait cru du premier coup sans preuves ? A Ferèsis, il devrait peut-être seulement se présenter comme un Arvèlien lambda, cela vaudrait mieux.

- Pour répondre à votre question, je prenais un peu d’air, tout simplement.

Elle s’était redressée, fière et digne. Ses vêtements simples et passe-partout n’arrivaient pas à cacher totalement qu’elle était de bonne naissance, ou tout du moins, qu’elle avait reçu une bonne éducation. Larm passa une main dans ses cheveux. La réponse de la jeune femme ne le satisfaisait pas vraiment, elle était trop simple et à ses yeux, signifiait que la jeune femme ne voulait pas en dire plus. C’était son choix. Tout comme celui de ne pas dire son nom pour le moement.

- Je ne suis pas certaine que d’emmener un… dragon à Ferèsis soit très prudent.

Larm sourit doucement.

— Je sais, ils n’avaient pas une très bonne réputation quand je suis parti et ça n’a pas dû évoluer depuis. Shan restera à l’écart de la ville tant qu’il ne m’arrivera rien. Je ne vous dirai pas qu’il n’est pas dangereux et qu’il n’y a rien à craindre, mais tant qu’on ne lui donnera pas une bonne raison de s’énerver, il ne fera rien.

Larm préférait mettre les choses au clair de suite : certes, Shan n’était pas aussi gentil et calme que le chien qui fixait toujours le ciel d’un œil inquiet, mais il n’était pas comme ces dragons sauvages qui volaient le bétail à tout bout de champ. Shan était impétueux, vif, mais ce n’était pas un fou furieux. Bien sûr, auprès d’une foule effrayée, les mots n’auraient aucun poids, mais Larm espérait tout de même rassurer la jeune femme : le dragon ne tuerait pas tout le monde juste pour le plaisir.
Le jeune homme demanda alors.

— Voulez-vous de voir de plus près ? Il ne pourra pas se poser à cause de la fragilité du terrain mais pourra s’approcher suffisamment.

Larm en profiterait également pour dire au dragon pourquoi il devait rester loin de la ville, même s’il savait d’avance que cela ne lui plairait pas.
Le jeune homme avait proposé cela à la jeune femme sans vraiment réfléchir. Depuis que son âme et celle de Shan ne faisait plus qu’une, il ne pouvait comprendre que les dragons puissent encore effrayer le peuple.

— Je vous jure qu’il ne mangera pas le chien, dit-il pour plaisanter.

Larm regarda le ciel et se mordit la lèvre. Shan n’était pas prudent. Sa silhouette se découpait souvent, et de façon plus ou moins nette sur le blanc des nuages.





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MessageSujet: Re: De retour au pays Mer 10 Juil 2013 - 19:44

De toutes les rencontres qu’elle aurait pu faire aujourd’hui, celle d’un dragonnier était certainement la plus insoupçonnée. À vrai dire, Clara ne savait que penser de tout ceci. Intriguée, elle restait d’une part sur la défensive et, de l’autre, démontrait un intérêt non feint. L’homme sourit doucement.

Je sais, ils n’avaient pas une très bonne réputation quand je suis parti et ça n’a pas dû évoluer depuis. Shan restera à l’écart de la ville tant qu’il ne m’arrivera rien. Je ne vous dirai pas qu’il n’est pas dangereux et qu’il n’y a rien à craindre, mais tant qu’on ne lui donnera pas une bonne raison de s’énerver, il ne fera rien.

La fille du Général fut agréablement surprise par une telle franchise. Elle pencha légèrement la tête, jaugeant Larm d’un autre œil. Il n’en restait pas moins qu’un dragon était… un dragon. Clara repensa à la nuit fatidique où elle avait perdu sa jument. Elle n’aurait pu avoir un cheval aussi bien dressé et respectueux des hommes mais un animal, soumis à la pression d’une forte peur et de son instinct sauvage, finissait toujours par se trahir. Chassez le naturel et il reviendra au galop, n’est-ce pas ce que l’on dit ? Si ce Shan, car c’est ainsi que l’homme semblait l’avoir affectueusement nommé, restait à distance de la ville, il ne devrait pas y avoir de problème. Elle réfléchissait à cette question, se demandant si elle n’aurait pas mieux fait d’en avertir les gardes pour qu’ils ne passent pas à l’offensive à la première rumeur d’un dragon. Il ne suffisait que d’un esprit échauffé et mal informé pour que tout parte en vrille. Occupée par ses pensées, elle entendit la proposition du dragonnier d’une seule oreille et quelques secondes lui furent nécessaires pour bien l’assimiler.

Voulez-vous de voir de plus près ? Il ne pourra pas se poser à cause de la fragilité du terrain mais pourra s’approcher suffisamment.

Les grands yeux expressifs de Clara trompèrent son imperturbabilité. Quelque chose monta rapidement en elle, un sentiment d’appréhension mêlé à de l’excitation. Quelqu’un de plus sage ou avec un peu plus de retenue aurait refusé ou se serait sentit obligé de refuser. Même, aurait accepté mais ce serait sentit idiot et peut-être coupable, coupable de vouloir observer quelque chose qui lui échappe, un animal tellement plus grand que lui, dans tous les sens du terme. Mais pas pour l’imprudente Clara. Inutile de rappeler que pas grand-chose ne l’effrayait et qu’elle dévorait les émotions fortes comme un véritable élixir de vie.

Je vous jure qu’il ne mangera pas le chien

Clara esquissa un petit sourire nerveux. En regardant son compagnon de fortune, elle se dit que ce ne serait pas une très grande perte. Elle se retourna vers Larm, fébrile, puis lança un regard vers le ciel. Il y avait bien une masse sombre qui semblait nager au-dessus des épais nuages blancs.

- Si vous me jurez également qu’il ne me mangera pas moi non plus, ajouta-t-elle pour clore la plaisanterie et détendre l’atmosphère

Le vent ne se traduisait qu’en une brise délicate. Avantageux pour le dragon car il profitait ainsi de la barrière naturelle des nuages pour se dissimuler. Le cabot, tout comme Clara, suivait les déplacements de l’ombre noir. Il s’était assis et ne grognait plus, il semblait simplement troubler. On aurait dit un chat qui suit une mouche des yeux. La jeune femme glissa sa main sur sa cuisse, par réflexe, mais ne sentit pas la présence rassurante du pommeau de sa dague. Même si elle l’avait eu en sa possession, elle ne s’en serait pas servie. Ce n’était qu’un geste inconscient pour se tranquilliser. Elle se rapprocha de Larm sans relâcher sa vigilance. Mieux valait être proche d’un dragonnier si son animal passait dans les environs. En fait, la jeune femme se sentait plus en sécurité aux côtés de quelqu’un qui s’y connaissait. Normal comme réaction. Mais même si ce geste était justifié, elle sentit un petit malaise la prendre à la poitrine. Elle regarda l'homme du coin de l’œil.

- Clara, souffla-t-elle simplement

C'était certes court, même très court comme présentation, mais amplement suffisant pour l'instant. Elle chassa de nouveau les mèches qui lui tombaient devant les yeux et scruta le ciel.


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MessageSujet: Re: De retour au pays Mer 10 Juil 2013 - 22:41

Larm l’avait visiblement surpris avec sa proposition. Le visage de marbre de la jeune fille venait d’être trahi par ses yeux si expressifs. L’idée avait de quoi séduire en effet : peu de gens avaient observés un dragon d’assez près et en étaient revenus vivants pour s’en vanter. Shan était dangereux, mais sa liaison à un humain avait tempéré ses instincts et il n’avait plus envie de croquer tout ce qui passait à sa portée.
Le chien s’était assis et observait le ciel en silence, mais d’un air tout de même inquiet. Il sentait au fond de lui qu’il y avait quelque chose de bien plus gros que lui là-haut, quelque chose de bien plus instable.

- Si vous me jurez également qu’il ne me mangera pas moi non plus.

Larm laissa échapper un petit rire et se détendit complètement. La jeune femme se rapprocha de lui tout en scrutant le ciel. Voulait-elle se rassurer ? C’était compréhensible. En cas de problème, il serait le seul à pouvoir gérer le dragon.

- Clara.

Ce ne fut qu’un souffle, si bref que Larm faillit ne pas l’entendre. Il tourna la tête vers la jeune fille et sourit.

— Enchanté. Ne vous inquiétez pas, Shan ne trouve pas les humains très à son goût.

Il ne rigolait qu’à moitié. Deux ou trois fois, Shan avait dû aider Larm à se débarrasser de bandits. Jamais le dragon n’avait touché aux corps. Était-ce par égard pour son dragonnier ? Larm n’en avait aucune idée.

— Autant vous prévenir, Shan n’est pas très amical au premier abord, mais il ne vous fera rien.

Sur ces (très) rassurantes paroles, Larm porta une main à sa bouche et émit un simple sifflement très bref vers le ciel. L’ordre était simple : approche.
L’ombre noire dans le ciel disparut un court instant. Puis un joyeux rugissement retentit, et Shan commença sa descente en piquet. Les nuages se retrouvèrent chassés de sa trajectoire tandis que l’énorme masse du dragon tombait du ciel. Les yeux de Larm restaient rivés sur ce spectacle.
Le jeune dragon ralentit cependant rapidement sa course en ouvrant complètement ses grandes ailes vertes d’eau. Le vent s’y engouffra et gonfla la membrane, lui faisant rapidement perdre de la vitesse. Lorsqu’il fut à une cinquantaine de mètres au-dessus d’eux, il se mit à battre doucement des ailes pour corriger sa trajectoire tout en descendant.
Puis il se retrouva à leur hauteur, battant régulièrement des ailes pour rester sur place. Larm fit un pas. Le dragon se trouvait à quatre ou cinq mètres du bord mais le vent qu’il soulevait autour des deux arvéliens était impressionnant. Larm mit sa main en visière pour se protéger du vent. Voir un dragon d’aussi près était rare, et c’était un spectacle magnifique.

— Ne t’accroche pas à la falaise Shan, le terrain est trop instable.

Le dragon gronda pour faire comprendre qu’il avait saisi. Larm se tourna vers Clara. Le chien avait subitement reculé et geignait derrière ses jambes, complètement terrorisé.

— Je vous présente Shan. Shan, voici Clara, rajouta-t-il en désignant la jeune femme.

Le dragon observait de ses yeux entièrement bleus l’arvélienne en face de lui. La méfiance se lisait dans la tension de ses muscles déjà sollicités pour son maintien dans les airs. Larm secoua légèrement la tête.

— Ne crains rien Shan, elle ne me fera pas de mal.

Maintenant, le moment fatidique. Comment allait réagir le dragon ? Larm prit une grande inspiration.

— Shan, tu devras rester à l’écart de la ville, bien plus que d’habitude. Il ne faut pas que l’on te voit. Les dragons n’ont pas une très bonne réputation par ici, et tu pourrais provoquer une grande panique parmi la population.

Un grondement sourd et menaçant monta du poitrail de la créature. Toutes ses écailles frémirent.

— Je sais, ça ne te plait pas, mais il faudra bien t’y faire, je peux veiller sur moi-même sans ton aide pour cette fois.

Non, décidément, le dragon n’était pas ravi. Larm comprit ce qu’il allait faire lorsqu’il vit les articulations des ailes du dragon pivoter tandis que son cou se tendait vers l’avant.

— Non, Shan, tu provoquerais un éboulement !

Le dragon stoppa son avancée avant de commettre une catastrophe, au grand soulagement du jeune dragonnier. Des cailloux ricochaient contre la pierre derrière ce dernier, soulevés par la puissance des ailes du dragon.
Larm se tourna vers Clara avec un petit sourire penaud.

— Pardon, il est un peu susceptible.

Larm regarda Shan du coin de l’œil. En plus de ne pas s’accrocher à la falaise, le dragon devait veiller à ne pas rugir ni à gronder trop fort, sinon, les vibrations pourraient effectivement déclencher un glissement de terrain.




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MessageSujet: Re: De retour au pays Jeu 11 Juil 2013 - 1:45

Le rire du dragonnier calma la jeune femme sans pour autant lui enlever cette boule au fond de la gorge. Cette simple ballade s’avérait être, finalement, plutôt mouvementée.

Enchanté. Ne vous inquiétez pas, Shan ne trouve pas les humains très à son goût.

Parce qu’il en avait déjà gouté ? Plus ou moins rassuré, Clara acquiesça mais une ride anxieuse s’était logée entre ses fins sourcils.

Autant vous prévenir, Shan n’est pas très amical au premier abord, mais il ne vous fera rien.

La fille du Général jeta un coup d’œil sceptique en direction de Larm. Même s’il n’était décidément pas des plus sécurisant, il avait le mérite d’être franc. Parée à toute éventualité, Clara écouta le sifflement du dragonnier tout en fixant le ciel. Un rugissement résonna après coup sur les parois rocheuses de la montagne, faisant se dresser les cheveux sur la nuque de Clara. Le dragon tomba soudain d’entre les nuages et fila comme une véritable torpille vers le sol. Les rayons du soleil, trouvant leur chemin à travers la trouée des nuages, se reflétèrent sur les écailles sombres. Le corps effilé ressembla alors à un immense onyx effilé en chute libre. Alors qu’il se rapprochait du sol, le dragon déploya brusquement de grandes ailes verdoyantes. Hypnotisé par cette prestation, Clara se rendit compte qu’elle avait oubliée de respirer. Elle avala une grande goulée d’air alors que la bête descendait à leur hauteur. De puissantes bourrasques, provoquées par le battement des ailes, leur envoyaient des rafales de vent. Malgré cela, la jeune femme n’aurait détourné le regard pour rien au monde.

Ne t’accroche pas à la falaise Shan, le terrain est trop instable.

Clara sentait le sang affluer dans tous ses muscles, les préparant au combat ou à la fuite. La réaction biologique était tout à fait normale, l’adrénaline fit donc son chemin dans le corps de la jeune femme, accélérant son rythme cardiaque et sa respiration. À ses côtés, Larm semblait parfaitement calme. Ce dernier se tourna vers elle, visiblement ravi.

Je vous présente Shan. Shan, voici Clara.

Clara n’avait aucune idée de ce qu’elle était censé faire pour saluer une bête de cette taille. Dans le doute, elle resta plantée là sans bouger ne serait-ce qu’un cil. Elle se contenta de fixer le dragon, enivrée par tant de puissance. Les yeux de Shan étaient d’un bleu profond et envoutant. La jeune femme cru pouvoir si noyer si elle les contemplait trop longtemps.

Shan, tu devras rester à l’écart de la ville, bien plus que d’habitude. Il ne faut pas que l’on te voit. Les dragons n’ont pas une très bonne réputation par ici, et tu pourrais provoquer une grande panique parmi la population.

Cet ordre ne sembla pas plaire au dragon. Un grondement menaçant confirma son désaccord. Clara résista à l’envie de reculer, spécialement lorsque Shan fit mine de se poser sur la corniche.

Non, Shan, tu provoquerais un éboulement !

Larm était peut-être menu face au dragon mais son autorité envers lui déstabilisa la jeune femme. Elle se demanda quel sorte de lien étrange les unissaient pour les ordres et la communication soient si impeccablement respectées. Ça n’avait certainement pas dû se faire du jour au lendemain. Mater un dragon ne devait pas être aussi évidement que de dresser un cheval ! L’homme se tourna vers elle, un sourire penaud au visage.

Pardon, il est un peu susceptible.

- Hn, fit simplement Clara en guise de réponse

Larm humanisait un peu trop son dragon au goût de Clara. Mais qu’est-ce qu’elle savait, elle, en matière de dragon ? Rien du tout. Elle sentait le museau du chien appuyé sur sa cheville et osa momentanément détacher ses yeux de ceux de Shan pour regarder le cabot. Ce dernier abaissa les oreilles et montra de petites canines jaunit et grognant. Comme si le regard de Clara s’agissait d’un signal, il bondit sur ses quatre pattes et se précipita vers le dragon en aboyant comme un demeuré. Sentant le danger, la jeune femme s’élança sans même réfléchir à la suite de ce sale clébard suicidaire.

- Non ! Cria-t-elle à l’intention du chien

La menace de Shan semblait déjà l’en avoir dissuadé et il s’écrasa au sol en couinant. Un grognement guttural fit vibrer l’air. Clara releva les yeux et vit la grande gueule du dragon s’entre ouvrir, dévoilant deux rangées de crocs aiguisés. Elle était si près que l’haleine tiède de la bête lui balaya le visage. Les écailles de l’animal se hérissèrent et sa mâchoire se banda alors que ses yeux perçants se posaient sur la boule de poil plaqué au milieu du sentier

- NON ! Cria de nouveau Clara un peu plus fort, à l’intention de Shan cette fois

L’opposition de la jeune femme n’eut aucun effet, si ce n’est que de faire tourner la tête du dragon vers elle. Tout cela ressemblait plus à une méthode d’intimidation qu’autre chose. Néanmoins, ses jambes manquèrent de près se dérober sous elle. Mais Clara était un peu trop téméraire et elle ne manqua pas de confronter le regard dominant de Shan. Intérieurement, elle pria Larm d’intervenir. Toute l’action s’était déroulée en quelques secondes à peine, mais une de plus pouvait faire tout dégénérer. ‘’ Shan n’est pas très amical au premier abord, mais il ne vous fera rien.’’ Comme pour envenimer la chose d’avantage, le chien s’était remis à grogner, la queue entre les jambes. La jeune femme se maudit de s’être interposée. Ce clébard pouvait bien se faire croquer si c’est ce qu’il cherchait !

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MessageSujet: Re: De retour au pays Jeu 11 Juil 2013 - 20:59

- Hn

Bon, visiblement, Clara n’avait pas l’air très rassurée, ce qui était bien normal face à une telle masse imprévisible garnie des crocs et de griffes acérées. Shan s’était néanmoins calmé et observait de nouveau la jeune femme avec attention. Il était vrai qu’il n’avait pas croisé beaucoup d’humains depuis sa naissance, exception faite de ceux qu’il avait tués depuis, ce qui n’était pas vraiment une référence, car ces hommes n’étaient plus très reconnaissables après être passés entre les pattes du dragon.
Larm allait parler lorsque le chien, dont il avait complètement oublié la présence, s’élança brusquement en aboyant après le dragon. Ce dernier tendit vivement son cou et approcha sa tête de la corniche.

- Non !

Clara s’était élancée après le chien par pur réflexe. La boule de poils s’écrasa vivement au sol. Shan entrouvrit la gueule devant la jeune femme et gronda, dévoilant une superbe dentition juste devant le nez de la demoiselle. De sis près, cela avait de quoi surprendre. Shan se fit soudain agressif et tous ses muscles se tendirent, comme près à l’attaque, les yeux fixés sur le chien.

- NON ! cria Clara.

Shan tourna la tête vers elle, attiré par ses cris. Leurs regards se croisèrent.
Tout s’était déroulé en quelques secondes à peine, et Larm n’avait pas eu le temps d’intervenir, trop surpris par l’intervention du chien. Le jeune dragonnier analysa la tête en un rien de temps. Clara fixait Shan dans les yeux et ne semblait pas encline à baisser le regard, alors que Shan tentait seulement d’intimider la jeune femme et « son » chien. Méthode typique pour asseoir sa domination. Sauf que là, Clara avait l’attitude de quelqu’un en train de le défier. Shan découvrit encore plus ses crocs, de la fumée sortit de son museau.
La situation s’envenimait de plus en plus, et tout ça à cause d’un stupide chien qui n’avait pas compris que devant lui se dressait une bête bien plus forte et dangereuse que lui. Larm sentit un léger malaise monter en lui. Certes, il contrôlait Shan, mais dans une certaine mesure. Leur relation était faite de compromis de chaque côté. Il ne pourrait pas toujours retenir le dragon de faire ce qu’il voulait. Il fallait désamorcer la situation, et tout de suite.
Larm s’élança, s’interposant entre la jeune femme et le dragon. Son poing partit de lui-même et cogna le coin de la gueule du dragon. La peau de Larm céda sous les coupantes écailles, mais ces dernières étaient trop petites pour couper profondément.

— Shan ! Ca suffit maintenant !

La tête du dragon partit sur le côté mais revint rapidement en place. Un coup de poing humain n’était rien face à la puissance des muscles du cou du dragon. Cependant, cela eut quand même l’effet escompté. Le dragon gronda de nouveau, de mécontentement cette fois, mais se calma bien vite lorsque l’odeur du sang parvint à ses narines.
Larm laissait pendre sa main blessée : cela ne faisait pas très mal, mais ça pissait le sang comme cet endroit du corps était très vascularisé. Encore deux ou trois cicatrices à rajouter à la collection.
L’attitude du dragon se fit soudain toute penaude et Shan avança sa tête pour vérifier que Larm allait bien. Son museau vint flairer la main blessée et sortit une petite langue timide pour lécher le sang. Puis il redressa légèrement la tête et donna deux petits coups dans la poitrine du jeune homme. Ce dernier caressa les écailles du dragon dans le bon sens avec sa main valide.

— Ce n’est qu’une égratignure, ça guérira, mais tu dois apprendre à te contrôler Shan, ou ça pourra être pire la prochaine fois.

Le dragon modula un doux grondement d’excuse, presque plaintif. Larm leva les yeux au ciel.

— Grand beta. Va !

Larm caressa affectueusement une dernière fois le museau de la créature puis recula. Le dragon se ramassa sur lui-même et modifia l’angle de ses ailes pour reculer. Lorsqu’il fut assez loin, il se laissa tomber et reprit son essor plus bas, épargnant un déluge de vent et de cailloux aux deux jeunes gens. Larm regarda sa silhouette filer vers le ciel puis se tourna vers Clara. Il regarda d’abord le chien.

— J’ai rarement vu un chien aussi suicidaire.

Puis il releva son regard azur vers Clara.

— Excusez ce petit… Imprévu.

Plutôt gros imprévu qui aurait pu mal tourner si Shan avait attaqué de suite. Heureusement, il n’en était rien. Certes, tout ceci n’avait pas fait la meilleure des impressions sur la jeune femme en face de lui, mais lorsqu’on a un gros dragon en face de soi, le maîtriser et prévoir ses réactions n’est pas chose aisée.




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MessageSujet: Re: De retour au pays Mer 17 Juil 2013 - 0:56

Un clignement de paupières et Larm se trouvait devant elle. Son dos large bloqua le visage menaçant du dragon à la vue de Clara mais elle vit néanmoins le coup de poing partir sans hésitation. L’impact sonna un peu creux, comme quand on frappe un vieux tronc d’arbre. Même si ce n’est pas elle qui avait reçu le coup, la jeune femme en eut le souffle coupé. Larm avait-il vraiment osé donner une droite à son dragon ? La relation était solide car Shan se calma plutôt que de s’enhardir d’avantage.

Clara chercha le chien du regard, hagarde. Elle sentait la colère monter, car, évidemment, n’importe qu’elle émotion forte qui la submergeait se traduisant avant tout en de la colère. De la colère pour cet idiot de cabot, pour ce dragon et pour elle-même. Elle prit une grande inspiration pour se détendre. Un parfum acre et métallique lui chatouilla les narines. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour comprendre de quoi il s’agissait. En baissant les yeux, la fille du Général vit la main de Larm rouge de sang. Même en sachant que la blessure devait être anodine, Clara n’en restait pas insensible. Un petit malaise la prit à la poitrine, d’autant plus lorsque le dragon approcha son museau de la plaie et la lécha d’un air penaud.

Ce n’est qu’une égratignure, ça guérira, mais tu dois apprendre à te contrôler Shan, ou ça pourra être pire la prochaine fois.

Shan avait subitement changé de comportement, passant du loup à l’agneau. Cela stupéfia la jeune femme. Elle ne s’attendait pas à voir un dragon soumis et éploré. En fait, elle ne s’était pas attendue à voir un dragon du tout !

Grand beta. Va !

Dans d’autres circonstances, Clara aurait pu s’attendrir d’un tel spectacle. Le dragon fila en moins de deux puis remonta vers le ciel nuageux, disparaissant de leur vue. Larm se retourna vers elle puis glissa un regard au chien resté, sagement cette fois, à l’écart.

- J’ai rarement vu un chien aussi suicidaire.
- Autant pour moi
- Excusez ce petit… Imprévu.

Clara sourit légèrement. C’était plutôt elle qui aurait dû s’excuser. Enfin, ç’aurait été à ce sal cabot s’il savait faire autre chose qu’aboyer comme un véritable imbécile.

- Vous avez une bonne droite, mais pas la peau aussi dure que celle de votre dragon.

La jeune femme attrapa la main de Larm et l’inspecta sans y avoir été invitée. Elle tenait à y jeter un œil. Elle palpa les doigts et les jointures ouvertes mais aucun os ne semblait être cassé. Du bout des ongles, elle dénicha un petit bout d’écaille noire qu’elle retira adroitement. Elle le balança sous le nez de l’homme, les sourcils froncés sous la concentration.

- Il vous a même laissé un petit cadeau.

Elle continua son inspection, semblant soudain très professionnelle. Il fallait avouer qu’elle ne s’y connaissait qu’en surface. Des soldats blessés, elle en avait vu passer, mais ce n’est tout de même pas elle qui leur prodiguait les soins. Le chien était revenu fouiner entre leurs jambes et semblait impatient de repartir. Clara le repoussa du bout de pied et releva les yeux vers le dragonnier.

- Je dois retourner vers Ferèsis, on fait un bout de chemin ensemble j’imagine ?

Après un petit moment d’hésitation, elle ajouta :

- Merci… pour l’expérience hors du commun. C’est un très beau dragon.

Malgré la menace, Clara ne pouvait que reconnaître la splendeur d’un tel animal. Il faisait sensation, c’était incontestable. Certainement une grande source de fierté pour un dragonnier. La jeune femme relâcha la main de Larm, satisfaite de son examen sommaire. Même si la blessure était mineure, il ne fallait pas la sous-estimer. Une petite infection rendrait entaille bénigne en un véritable clavaire.


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