AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Que le ciel nous tombe sur la tête

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar


Alchimiste

Messages : 231
Xp's : 810
Date d'inscription : 26/08/2016
Présentation : Pour vous servir
Carnet : Ses voyages

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
3/9  (3/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Que le ciel nous tombe sur la tête Mar 10 Avr 2018 - 11:16

Que le ciel nous tombe sur la tête


Le 23 Daeymo 1248

Un nouveau coup de tonnerre retentit, ne faisant plus sursauter que quelques personnes malgré sa proximité alarmante avec l'éclair que l'on a vu déchirer le ciel à peine quelques secondes avant. L'ambiance dans la salle principale de l'auberge est glauque à souhait, à l'image de la luminosité extérieure depuis le début de la pluie. Ce qui s'annonçait comme un banal orage estival dure maintenant depuis plusieurs heures et semble bien parti pour de transformer en véritable tempête. Je sirote mornement une bière insipide, assis au comptoir. Le gérant n'est pas de meilleure humeur que ses clients, et toute conversation a été tuée dans l'oeuf depuis longtemps. J'ai bien essayé d'égayer la soirée avec quelques chansons, mais l'impression de jouer face à une armée de tabourets vides m'a vite fait comprendre que c'était me fatiguer pour rien. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais pouvoir négocier le prix de ma chambre avec la musique.

Englué dans l'ennui, j'essaie pour le supporter de me rappeler pourquoi je suis ici, mais étrangement cela ne m'est d'aucun réconfort. Cela ne fait que souligner le fait que je suis coincé dans une auberge miteuse, empêché de poursuivre mon but par un orage apocalyptique. Un nouvel éclair, un nouveau coup de tonnerre quasi instantané. Je grince des dents. Je n'ai jamais particulièrement craint les tempêtes – la Plaine Isolée n'en manque pas, et il est plus facile de relativiser sur leur potentiel de destruction lorsque l'on a une maison construite par le meilleur architecte du continent qui ne menace donc pas de s'effondrer ou de prendre l'eau. Cependant je dois bien avouer que celle-ci est d’une violence qui n’a rien de rassurant.

Je regarde les clients autour de moi. Outre leur visage de trois pieds de long, ce qui les caractérise tous semble être la boue qu'ils ont traîné avec eux sur leurs vêtements. J'en ai du mal à les situer. Je pense que ce sont surtout des artisans du village, mais c'est difficile à dire. Ils sont tous gris et ennuyeux. La seule qui se démarque un peu est une jeune femme à la chevelure rousse flamboyante. Je n'ai pas l'impression de l'avoir remarquée un peu plus tôt, mais je ne l'ai pas non plus vue entrer. J'étais tellement concentré sur…sur rien, en fait. Je crois que mon esprit s'est totalement vidé pendant quelques minutes, comme au lendemain d'une soirée trop arrosée, et j’ai dû perdre quelques minutes de ma vie. Enfin, elles sont toujours moins gâchées dans les méandres de l’oubli que dans cette auberge.

Avec un soupir à fendre l'âme, je fais signe à l'aubergiste de me donner un autre morceau de son pain, qu'il vend comme du jour mais qui ne peut être que de la veille au moins. La nuit va être longue, surtout si le tonnerre nous empêche de dormir. Pourtant, mon plus fort souvenir de la vallée était plus… vivant, puisque je pense à cela. Il est étrange de se dire qu'un trou de mémoire peut constituer un souvenir, mais cela semble être le cas, finalement. L'image du visage perdu du marin – dont je n'arrive pas à me rappeler du nom immédiatement – me fait sourire discrètement, dissimulé dans ma chope.
lumos maxima


Rhys: #9966cc
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Espionne

Messages : 18
Xp's : 64
Date d'inscription : 11/02/2018
Présentation : Voir ici :3
Carnet : C'est par là !

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
0/9  (0/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: Que le ciel nous tombe sur la tête Sam 14 Avr 2018 - 15:14


Son pied, de botte de cuir chaussé, glissa dans la flaque, se tordant brusquement alors qu’une aspérité du terrain se dissimulait adroitement dans l’eau sombre. Avec un léger couinement de douleur, Sylhuna bascula sur le côté, se rattrapant de justesse pour ne tomber qu’en douceur dans l’herbe tendre. Un juron silencieux, quoi que pensé fortement, plus tard, elle s’assit correctement, ôta sa chaussure et se massa doucement le pied endolori. En profitant pour souffler un peu, elle appuya un bras sur son genou relevé, admirant la vallée calme et ensoleillée. La journée était belle, les températures clémentes. Silence. Rien ni personne, elle était seule… et cela lui plaisait. Un vent doux, bien que forcissant, soufflait sur la plaine verte qui ondulait en vagues émeraudes. Le soleil était haut dans le ciel, lançant ses rayons aventureux sur la terre avide de sa chaleur. Et pourtant, alors que la jeune femme contemplait, apaisée, l’étendue déserte, une goutte d’eau fraiche lui tomba sur la main. Levant celle-ci à hauteur des yeux, elle la dévisagea d’un air mauvais, la défiant presque d’inviter ses camarades ; ce qu’elle fit quelques secondes après, alors que la Récleyès rejetait la tête en arrière, à la recherche des nuages coupables d’un tel affront. Lui tombant sur le front, la larme céleste glissa sur sa tempe lentement, laissant sur sa peau un indicible frisson de fraicheur. Ses mires de pâle fumée aux reflets azurés se posèrent sur les nuées qui la surplombaient, s’assemblant lentement en un sinistre présage de quelques averses glacées. Sublime spectacle que ces arabesques cotonneuses qui s’entremêlaient en d’extraordinaires jeux de lumières et d’ombres, que ces éclats d’argent blanc qui dansaient avec les nuages gris dans la salle de bal au bleu profond. L’air semblait se charger petit à petit de l’électrisante sensation que procure un orage d’été qui approche à grands pas, quelques roulements de tambour commençant à se faire entendre dans le lointain. Bientôt viendrait la danse des éclairs… mais d’ici là, il lui faudrait se trouver un abri, car elle n’atteindrait pas Krik de sitôt. Et la pluie fine qui commençait à tomber semblait fort décidée à lui donner raison sur ce point.

Se rechaussant pour se relever à la hâte, Sylhuna récupéra dans son paquetage sa carte, volée chez un érudit et, depuis, soigneusement annoté de symbole qu’elle seule comprenait. A en juger par le petit point noir dans l’étendue déserte, il devait se trouver un refuge non loin, dans lequel elle pourrait s’abriter. Abaissant sur sa tête la capuche de sa cape de voyage, elle s’en alla sous le ciel grondant. L’air sentait bon l’orage, l’humus mouillée, la pluie fraiche, suave, sucrée presque ; bientôt, la luminosité changea également, sinistrement forte, rais pâles filtrées au travers du plafond sombre. Puis vinrent les éclairs, brutaux et toujours plus proches, aveuglant dans leur terrifiante splendeur, incarnation pure de la force de la nature. Des lambeaux de fumée blanche s’élevaient par instant du sol, là où les perles d’eau percutaient violemment la terre chaude. Exaltée, la jeune femme s’arrêta un instant, tendant les paumes devant elle en offrande à ces giclées froides qui lui tombaient dessus, frémissante. Toujours plus fort, les souffles aériens venaient hurler à ses oreilles, impérieux, cherchant à la faire plier et s’effondre. Mais bien au contraire, il lui semblait que son corps entier vibrait d’une énergie que seule cette tempête qui se profilait pouvait lui apporter, et si elle n’avait craint de mettre en danger sa santé en s’attardant trop longtemps, elle serait volontiers restée plus longtemps, se gavant de cette vigueur qui brûlait ses veines et faisait briller ses yeux.

La porte de l’auberge grinça légèrement lorsque Sylhuna la poussa pour s’abriter de la météorologie peu clémente, mais ô combien impressionnante ; quelques visages se tournèrent vers elle, désabusés de voir une visiteuse de plus ou goguenards devant ses atours détrempés et sa chevelure de flamme qui lui tombait devant les yeux, collant à son visage comme autant de petits tentacules sournois et intrépides tandis que la masse sèche se ruait à l’air libre alors qu’elle abaissait sa capuche. Un enfant glapit à ses oreilles lorsqu’un nouveau coup de tonnerre résonna ; pivotant, elle le dévisagea avec un dégoût non dissimulé, gravant en même temps les traits fatigués du père qui le tenait dans ses bras. Un enfant. Peureux. C’est attaché à un arbre qu’il devrait être, pour se forger l’esprit et endurcir son cœur, affrontant les voiles aqueuses qui révélaient les courants du vent, plutôt que de venir irriter les adultes présents.

Faisant fi du silence ambiant, elle regarda autour d’elle, fixant ses repères, notant la disposition des tables, observant les individus et constatant les liens entre eux au travers de leurs quelques interactions. Rembrunie, ce fut avec une certaine déception qu’elle constata qu’un silence pesant régnait dans les lieux. Les quelques conversations se réduisaient à d’imperceptibles chuchotis nerveux, les regards étaient inquiets et les visages rébarbatifs. Eh bien… Elle n’allait guère tirer grand-chose de cette population-là. Soit. Ce fut donc vers le comptoir que ses pas la menèrent. A l’aubergiste face à elle, elle demanda une pièce sûre où laisser son paquetage et changer ses vêtements mouillés. Tout comme elle ce fut dans un murmure qu’il lui répondit, car parler à haute voix revenait dans le silence lourd des lieux à hurler ; de toute évidence d’aussi mauvaise humeur que la plupart de ses clients, il l’informa que les chambres étaient pleines et qu’elle devrait donc faire comme tous les autres, attendre dans la grande salle. Retenant de justesse quelques acides remarques à son encontre, Sylhuna se résigna donc à s’assoir au comptoir, une lyre pour voisine, sentant quelques élancements dans sa cheville. Mais rien ne semblait ni foulé ni brisé, aussi ne s'inquiétait-elle pas outre mesure de ces picotements légers. Devant la bière insipide qui lui fut amenée, elle se fit tristement la réflexion que poursuivre son voyage sous l’orage aurait peut-être été une meilleure idée… Très certainement, même, alors que le seul enfant de la pièce, dans ses fripes sales et dessous sa chevelure en désordre, commençait à pleurnicher. Est-ce qu’un jet de chope résoudrait le problème ? Fort peu probablement. Soufflant silencieusement, elle laissa retomber la tête vers ses mains jointes sur le bord du bois rayé par les nombreux passages de clients, fatiguée d’avance des heures à venir. Au moins échapperait-elle, cette nuit encore, à ce maudit sommeil peuplé de lacs sans fonds et mains blafardes qui lui effleurait la gorge en une menaçante caresse. Se détournant un instant de l’objet de leur attention, ses prunelles se posèrent sur l’instrument de musique de son voisin… remontèrent jusqu’au visage, étrangement souriant, de celui. Le dévisagèrent d’un œil imperturbable, jusqu’à qu’il détourne de sa chope. Sans préavis, un sourire aimable et resplendissant – et, chose rare, presque sincère − se dessina sur les lèvres rosées de la demoiselle. Le voilà, son sauveur. Avec un brin de chance, il saurait tirer quelques mélodieuses notes de son instrument, qui lui feraient oublier qu’en elle naissait d’assassines envies.

-Veuillez m’excusez, mais seriez-vous, par quelque hasard, barde ou ménestrel ?

Qu’il chante, par Sydilia, qu’il chante et fasse fuir quelques instants la monotonie des lieux !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Alchimiste

Messages : 231
Xp's : 810
Date d'inscription : 26/08/2016
Présentation : Pour vous servir
Carnet : Ses voyages

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
3/9  (3/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: Que le ciel nous tombe sur la tête Dim 15 Avr 2018 - 15:41


Je suis en train de me demander s’il est possible d’occuper toute une nuit sans mourir d’ennui simplement en repassant dans son esprit ses souvenirs les plus amusants et les plus agréables, quand la demoiselle que j’ai repérée un peu plus tôt, assise à côté de moi, me tire de mes réflexions. Je m’extirpe plus ou moins facilement des images que je pouvais presque voir dans ma chope pour me tourner vers ma voisine, essayant de reconstituer sa phrase. Je n’ai pas bien intégré le début, mais l’essentiel a percé ma compréhension. Je jette un coup d’oeil à mon instrument, posé entre nous – pour être honnête, je lui ai fait occuper le siège à côté de moi pour me séparer des autres clients et de leur apparente amabilité chronique. Cela n’a pas marché avec celle-ci mais au moins elle a le sourire et ne semble pas allergique à la politesse.

Je suis musicien, en effet. Je suis ravi que mon art vous intéresse, malheureusement il ne semble pas le bienvenu dans cette salle.” Je lance un regard évocateur autour de nous, pour lui faire comprendre que le silence qui a pris racine ici n’est pas de mon fait. J’aurais volontiers tenté de jouer à nouveau si je n’avais pas craint de me faire éjecter de l’établissement sous la pluie torrentielle qui s’abat sur ce pauvre village. Je n’ai pas besoin de gagner ma croûte et je tiens bien trop à mon petit confort et accessoirement à ma santé pour tenter une telle chose.

J’imagine pourtant la scène avec une étonnante facilité, peut-être à cause de mes précédentes rêveries éveillées. J’irais m’installer à nouveau sur la petite estrade au coin de la salle, qui existe forcément pour une raison. Je commencerais par une chanson populaire appréciée des enfants, une ballade amusante racontant les aventures d’un chevalier affrontant un dragon. Cela détounerait l’attention du môme qui, je l’avoue, me fait un peu grincer des dents en ce moment. Une fois attiré, il applaudirait, et lui, il se permettrait de dire “Encore ! Encore !” Bientôt, les adultes se joindraient à lui pour écouter et profiter de la musique. L’ambiance s’allègerait, et la soirée passerait plus vite, la météo oubliée au moins pour un moment …

Malheureusement ses aînés ne paraissent pas partager mon avis sur la meilleure manière de passer une soirée de tempête, et leurs visages sombres ne me donnent pas vraiment envie d’essayer. Au lieu de cela, je hausse les épaules en une sorte d’excuse.
Avec un instinct presque surnaturel que je soupçonne d’être propre aux félins, Sable, jusque là dissimulé par l’étui, semble comprendre qu’on menace de le séparer de sa lyre. Le gila eggret se déroule légèrement, s’étire, se lève, s’étire à nouveau, et se penche sur le comptoir, le nez tendu vers la main de sa voisine, la reniflant comme s’il avait le droit de respirer son odeur pour la juger. Une fois apparemment satisfait de ce qu’il a pu sentir, il se réinstalle plus confortablement sur ce qui lui sert de coussin. Je le gratte affectueusement entre les oreilles, m’attirant un ronronnement audible : de la magie et des caresses, le félin a tout ce qui lui faut pour être le plus heureux du monde. C’est avec un soupir las que je reprends la parole :

Croyez-moi, j’ai déjà essayé de négocier tant avec lui...” – en désignant le gila eggret – “... qu’avec eux.” – en montrant cette fois-ci la salle d’un signe de tête. “Je crains que tous préfèrent la situation comme elle est en ce moment-même…


Rhys: #9966cc
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Que le ciel nous tombe sur la tête

Revenir en haut Aller en bas

Que le ciel nous tombe sur la tête

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» GRAVITY † quand le ciel te tombe sur la tête
» une plume qui tombe du ciel
» une plume tombe du ciel....
» ϟ Thaïs ● Quand une étoile tombe du ciel et finit dans l'oubli... ;
» Parce que l’argent ne tombe pas du ciel [Abandonné]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Madelle :: Le Monde des Humains :: La Vallée d'Accro-