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La profondeur insondable des Limbes

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Neustro

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MessageSujet: La profondeur insondable des Limbes Ven 22 Déc 2017 - 11:01

Auxane
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« La profondeur insondable des Limbes »
Les chutes de Veroni - 26 Virgonès 1248
Tu observes depuis longtemps les longues stalactites qui se sont formées de part et d’autres des chutes. A quoi cela est il censé correspondre ? A quoi est ce que cela te fait penser ? Tu n’en sais rien, tu ne sais plus rien. Un voile gelé autour du joli visage d’une femme ? Une métaphore de ce monde où ceux qui vivent en marge se retrouvent durcis par les éléments avant de se briser lorsque les pressions et les contraintes sont trop fortes ? As tu donc fais tout ce chemin pour pouvoir admirer dans une cascade le paradoxe de ta condition de chevalier de la mort détruit par la mort elle même ?

Tu soupires, épuisé, avant de te lever. Enfin, tu essaies de te lever car plus aucun de ted muscles ne semblent vouloir t’obéir. Déboussolé par tes pensées, tu n’avais pas fait attention que tu n’avais pas bougé depuis ton arrivée ici. A présent, tu prends conscience du froid environnant et de la buée qui sort de ta bouche à chaque expiration. Une larme coule le long de ta joue, seule marque de la douleur causée par le froid intense, tes muscles raidis et tes pensées tortueuses. Est ce réellement possible d’oublier le froid au point de gelé sur place ? Tu n’en es pas certain mais il semblerait que tes compétences de médecin aient elles aussi été enterrées sous une épaisse couche de glace.

Tu jettes un nouveau coup d’œil à la cascade, prend une grande inspiration puis tu poses tes mains dans la neige pour te relever. L’absence de sensation dans tes doigts te pousse à réagir. Si tu ne veux pas geler sur place, il va falloir t’activer. D’un pas raide, les mains dans les poches de ton pantalon pour les réchauffer, tu t’éloignes petit à petit de cette merveille de la nature que sont les chutes du Déoli.

Alors que tu marches, ton esprit se tourne vers ce que tu as vécu dans les terres interdites. Les souvenirs te reviennent petit à petit, d’abord dans confus mais il semblerait que tu puisses retracer une partie de ce qu’il s’est passé là bas désormais. Une chose est sûre, si tu ne peux pas détruire les Récléyès pour sauver les quatre confréries unies, tu dois au moins essayer de te sauver toi-même. Après cela, peut être pourras tu sauver des vies ? Mais quelles possibilités s’offrent à toi ? Qui saurait t’offrir la grâce des dieux ou la vie éternelle ? Un alchimiste ? Ou bien chasseur de trésor ayant trouvé une gemme ayant un pouvoir de cette puissance ?

Tu es absolument certain qu’il existe au moins une personne en ce bas monde capable de te sauver ou de t’apporter quelques connaissances pour te faire avancer dans ta quête du Salut. Et peu importe où elle se cache, peu importe ce que tu devrais faire, tu te dois de la trouver et d’apprendre, ta vie en dépend.


Dernière édition par Drake Val Ary le Jeu 4 Jan 2018 - 10:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Mar 2 Jan 2018 - 14:52

Le 26 Virgonès 1248


Les chutes. Madène ne savait pas comment elles s'appelaient, ni même si elles avaient un nom : les habitants du coin parlaient simplement “des chutes” sans précision. Elle n'avait pas idée de l'endroit où elle se trouvait, elle ne savait pas comment elle était arrivée là ni comment ce lieu pouvait s'appeler. De toute façon, ça ne l'intéressait pas. Tout ce qui occupait la partie pratique de son esprit concernait son prochain repas et la prochaine nuit. Le climat glacial de la région était une vraie difficulté pour elle. Depuis quelques semaines – du moins elle le pensait – elle avait réussi à se procurer de quoi ne pas geler sur place. Elle avait pu gagner quelques pièces dans un village proche de la Fête, mais elle n'avait plus la tête à bonimenter les clients. Avec cet argent, elle avait acheté des vêtements en laine chaude dans une friperie, et volé des bottes fourrées sur un marché. Ou l'inverse, elle ne se souvenait plus vraiment. Toujours est-il qu’elle souffrait moins du froid, et que cela lui donnait plus de temps pour réfléchir à autre chose.

Quand elle n’était pas en train de penser à comment se nourrir, elle ressassait sans cesse ce dont elle avait été témoin. L'image de la femme en train de brûler vive ne s’effaçait pas facilement de sa mémoire et restait gravée sur ses paupières lorsqu'elle fermait les yeux. Si elle était Récleyès… On lui avait rabâché toute sa vie que la cinquième confrérie était le Mal Absolu, des hérétiques capables de toutes les cruautés qui avaient renié Mère Nature et les dieux et qui avaient bien mérité leur extinction totale. Et elle y avait cru. Tout le monde en était persuadé, et les prêtres dans leur grande sagesse avaient forcément raison.
Elle avait perdu confiance dans la plupart des dieux et avait suffisamment souffert de la main d'hommes de foi pour ne pas regretter les rues de Karnès, mais elle n'avait pas remis en cause cette haine des Récleyès, principalement parce qu'elle n'y avait jamais repensé. Mais si ce peuple était aussi sauvage qu'on le disait, pourquoi Emilie s'était-elle laissée faire ainsi ? Quelque chose ne collait pas, mais elle n'arrivait pas encore à mettre le doigt dessus.

Elle s'arrêta de marcher d'un pas automatique lorsqu'elle se retrouva face à un mur. Elle leva la tête et s'aperçut qu'il s'agissait en réalité d'une petite maison, qui formait avec ses voisines l'entrée d'un petit village. Un coup d'oeil au soleil qui avait commencé à disparaître derrière l'horizon et un frisson glacé plus tard, elle décida que s'arrêter ici pour la nuit était une sage décision. Un rapide tour du hameau, lui apprit qu'il n’y avait qu’une unique auberge, et que celle-ci devait proposer des prix abordables vu l'état d'entretien de l'endroit. Elle disposait cependant d'une petite écurie qui hébergeait visiblement plus de chèvres que de chevaux, mais qui lui permettrait de passer une nuit abritée sans être obligée de dépenser l’entièreté de sa fortune. Elle soupesa sa petite bourse avec une grimace. Si elle mangeait ce soir, elle serait obligée de mendier le lendemain, à moins qu'un client superstitieux de l'auberge veuille qu'elle lui dise la bonne aventure. Elle avait un peu perdu la main avec les vivants ces derniers temps, mais les autres lui parlaient mieux. Elle arriverait peut-être à quelque chose.

Prenant son courage à deux mains, elle poussa la porte et entra dans la pièce principale enfumée. L'odeur de bière et de graillons mélangée à la transpiration n'était pas très accueillante mais promettait une chaleur bienvenue. Quelques clients lui jetèrent un coup d'oeil passager mais son apparence piteuse ne retint pas leur regard. Elle hésita quelques secondes puis s’avança jusqu'au comptoir.

Je voudrais de quoi manger, s'il vous plaît. Et dormir dans l'étable, si possible.

Elle montra à la tenancière ses quelques pièces. Après l'avoir détaillée des pieds à la tête d'un oeil inquisiteur qui s'arrêta sur ses vêtements trop grands et dépenaillés et ses cheveux sales, la femme hocha la tête d'un air entendu, vraisemblablement habituée à ce type de demande.

Pour trois pièces de cuivre tu auras un repas froid, et pour deux de plus on t'ouvrira l'écurie pour la nuit.” Comme Madène opinait sans rien dire, elle ajouta : “Le paiement se fait en avance, et tu pourras aller t’asseoir où tu veux, on t'apportera ce qu'il faut.

Avec une dernière pointe résiduelle de réticence, la jeune femme plaça avec soin les cinq pièces demandées sur le comptoir. Il ne lui restait presque rien, pas suffisamment en tout cas pour une deuxième nuit ainsi, et elle doutait même d'avoir assez pour un repas le lendemain. Elle s'écarta pour trouver une place. Tous les sièges près du feu étaient déjà occupés. Il restait une table libre dans un coin, loin du foyer mais à l'abri des courants d'air. Elle s'y dirigea et pris place dos au mur afin de pouvoir garder un oeil alerte sur la porte et la salle. Elle commença à se détendre légèrement lorsque l’aubergiste lui apporta sa commande. La nourriture était froide et simple, mais la patronne ne se moquait pas de ses clients : le pain était frais, le fromage moelleux, et le jambon bien sec était goûtu. Elle devait même lui trouver un air particulièrement déguenillée, car elle avait ajouté à ce repas une généreuse chope de thé brûlant. Madène la remercia à mi-mots et s'y réchauffa les mains avec soulagement. Puis, la faim la tiraillant, elle lâcha la boisson pour attaquer son repas.


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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Jeu 4 Jan 2018 - 10:23

Auxane
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« La profondeur insondable des Limbes »
Les chutes de Veroni - 26 Virgonès 1248
Marcher. Marcher encore et toujours pour faire fonctionner ce corps qui ne demande que la mort. Que tout cela s’arrête, que le froid de tes doigts disparaisse, que la brûlure du sang circulant de nouveau dans tes membres s’atténue. Tu ouvres les yeux pour voir où tu te trouves mais tu n’aperçois rien devant toi, rien que la lande déserte et quelques arbres tordus par le vent violent. Une rafale vient te bousculer et tu peines à garder l’équilibre. Ta vision se brouille alors que le vent t’arrache des larmes que tu ne pensais plus avoir. Après une longue expiration pour te donner du courage, tu te plies pour résister à la violence des éléments et reprends ta longue marche.

Tu te fiches bien de savoir où elle te mène. Pour le moment en tout cas. Tu t’en soucieras plus tard, lorsque ton corps ne criera plus grâce et que tes pensées seront redevenues claires. Par où commencer ? Tu as déjà cherché partout où tu pouvais, tu as tenté de soigner un enfant à Karnès, tu as rencontré une médium à la Fête de la Vérité et par deux fois tu as combattu les Récléyès pour aider les quatre confréries à vaincre ces traitres et assassins.

Alors que ton corps se réchauffe, tu commences petit à petit à y voir plus clair. Peut être faudra t il que tu rejoignes la ville ? Là bas tu pourras espérer croiser quelqu’un qui pourra te venir en aide. Mais avant cela, il faut que tu dormes et que tu manges. Tu rouvres les yeux, plus longtemps cette fois, pour observer le paysage autour de toi. Une colonne de fumée s’élève d’un hameau à quelques centaines de mètres de là. Tu soupires, cela te semble si loin … Mais tu n’as pas vraiment le choix, tu ne trouveras certainement pas mieux et plus près de toi dans ces environs désertiques.

Après des minutes qui te semblaient être une éternité, tu pousses la porte d’un établissement donc la porte d’entrée est surmontée d’une chopine. Tu n’as pas lu l’écriteau mais le panneau et les odeurs te persuadent que tu es au bon endroit. La chaleur est si grande à l’intérieur que tu suffoques. Est ce que l’on ressent lorsque l’on est jeté dans les flammes ? Personne n’en est jamais ressorti pour te raconter … Tu reprends ton souffle puis regarde autour de toi. Une table d’hommes te regarde du coin de l’œil. Est ce ton apparence, tes bras nus malgré le temps glacial ou tes tatouages qui les interpellent ? Peu importe après tout, le savoir ne remplira pas ton estomac.

Tu t’approches du comptoir, c’est toujours là que l’on obtient les informations intéressantes. « Bonjour Madame. » Ta voix, enrouée et rauque, te surprend. La dame qui te fait face ne semble pas étonnée, elle, comme si cette voix correspondait à l’image qu’elle avait de toi. Elle te répond gentiment puis tu lui expliques ta requête : « Je voudrais un endroit où dormir et de quoi manger … Mais je n’ai pas grand-chose … » Tu fouille au fond de tes poches et réussi péniblement à rassembler cinq pièces de cuivre. « Pouvez vous quelque chose pour moi pour cette somme ? C’est tout ce que j’ai. » La longueur de ton monologue t’étonne, depuis combien de temps n’avais tu pas fais une phrase aussi longue ? Tu ne pensais même plus en être capable.

La tavernière regarde tes pièces et désigne quelque chose derrière toi. « Je peux vous servir comme à la jeune femme qui vient d’arriver : un repas froid et une place dans l’écurie. Pour ce qui est de la grange, vous devrez partager. » Tu hoches doucement la tête, trop content à l’idée d’avoir un toit au dessus de la tête et à manger dans ton assiette pour faire le difficile. « Vous pouvez aller vous installer, je vous amène votre repas. » Tu acquiesces de nouveau et te tourne vers la grande salle.

Elle est bien remplie en cette fin de journée, les gens étant probablement attirés comme toi par la chaleur d’un bon feu et la perspective d’un vrai repas. Ton premier réflexe est de chercher la jeune femme dont la propriétaire des lieux t’a parlé. Elle semblait pointer une table sur le côté de la pièce. Tu dévisages les personnes assises, chercher une demoiselle solitaire. Tu ne tardes pas à la trouver. Des cheveux hirsutes, noir de jais, une allure aussi peu soignée que la tienne. Pas étonnant que la propriétaire ait fait immédiatement le rapprochement entre vous deux.

La jeune femme est seule à sa table mais tu ne t’approches pas tout de suite. Tu aurais aimé te persuader que c’était uniquement parce que le comptoir est plus proche du feu que sa table mais tu sais qu’il y a autre chose. Tu la connais. Tu ne sais pas d’où mais tu es certain que tu la connais. Prudent, tu t’approches d’elle et t’assoies en face d’elle. Tu n’oses pas lui demander la permission, de peur qu’elle te la refuse. Tu brûles d’envie de savoir d’où tu la connais. Mais alors que tu l’observes de plus près, l’Être s’agite dans ton esprit. Il ne s’était pas manifesté depuis si longtemps ! Son absence était un vide apaisant et son retour, bien que discret, n’est pas de bonne augure : peu importe où et comment tu as rencontré cette femme, cela ne s’était visiblement pas bien passé. « Je vous connais … »

Qu’espères tu ? Qu’elle te dise où est ce que vous vous êtes rencontrés ? Qu’elle te réponde et que sa voix t’aide à la resituer ? Mais alors que tu lui parles, un souvenir te revient. La douceur de l’air, son regard profond, comme possédé, alors qu’elle répond à tes questions. « Vous êtes la médium de la Fête de la Vérité, n’est ce pas ? » Tu n’es pas sûr de toi mais tu as l’impression d’avoir juste, d’avoir réussi à remettre les choses à leur place.

Pendant que tu la détailles encore, cherchant un détail pouvant infirmer ou confirmer ton hypothèse, la dame à qui tu avais passé commande en arrivant t’amène ton repas. Tu hésites mais ne tiens pas longtemps avant de céder à l’appel de la nourriture. Tu détaches ton regard de la femme aux cheveux noirs pour te concentrer sur le contenu de ton assiette. Du pain, du fromage et du jambon, tu n’aurais pas pu rêver mieux, même dans tes rêves les plus fous. Sur le rebord, une grande tasse brûlante qui semble à l’odeur, contenir du thé. Elle n’avait pas dit repas froid ? Tu jettes un regard au plateau de ton interlocutrice, si l’on peut se permettre d’appeler ainsi la victime de ton monologue, et y aperçois un contenant similaire au tien. Cela doit être la surprise de la maison, bienvenue par ces temps glacials !

Tu lances un sourire à la gérante et la remercie à voix basse pour le repas et sa qualité avant de couper un morceau de fromage que tu engloutis avec un peu de pain. C’est délicieux ! Tu savoures les yeux fermés ce délice. Tu n’es pas pressé, n’est ce pas ? C’est si agréable que tu aimerais faire de ce moment une éternité. Mais, ta bouchée avalée, tu reviens dans le monde réel et porte de nouveau ton regard sur la jeune femme. A t elle parlé lorsque la femme est arrivée ou lorsque tu mangeais et tu ne l’as pas entendu ? Ou n’a t elle pas ouvert la bouche depuis que tu es arrivée à sa table ? Tu lèves les yeux vers elle, n’ayant pas l’intention de perdre une miette de ses paroles, si elle venait à en prononcer.
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Lun 8 Jan 2018 - 22:12

Combien de temps depuis qu'elle avait mangé un repas aussi bon ? Des jours ? Des mois ? Des années ? Impossible de savoir. Elle se souvenait seulement que cela avait eu lieu dans les allées ensoleillées de la Fête de la Vérité, dans un lieu étincelant de nouveauté, où tout lui semblait étrange et inconnu, mais si agréable. La suite avait rapidement viré au cauchemar, comme tout dans sa vie, mais elle chérissait le souvenir de ces premiers jours hors de l'enceinte étouffante de Karnès comme un moment merveilleux où pour la première fois de sa vie elle avait vraiment été libre, loin des regards et des méchancetés de son peuple.

Après avoir passé des jours le ventre vides et les membres gelés, cette simple chère lui était d'une douceur sans pareil. Et ce thé… il était presque incolore, infusé bien trop de fois, ne conservant de son goût initial qu'une légère âpreté. Mais il était chaud et semblait à ses papilles comme à ses mains être un élixir divin. Façon de parler puisque les dieux n'avaient jamais rien fait pour les humains que faire pleuvoir des calamités sur leurs têtes. Elle fronça les sourcils et tenta de chasser cette sombre pensée de son esprit. Elle n’allait pas gâcher ce moment si doux en ressassant les mêmes idées que depuis des jours. Il fallait profiter de cette accalmie jusqu’au bout. Rien ne pourrait ternir cette soirée.

Quelqu’un s’assit en face d’elle. Non. Elle ne releva pas immédiatement la tête, espérant que cette personne n’était pas réelle et ou qu’elle allait s’évaporer dans l’air comme tant de gens qui l’importunaient. Il avait cependant l’air bien tangible, vue la manière dont il avait fait bouger la table en s’installant. Qui sait, peut-être qu’en gardant les yeux rivés sur sa nourriture, le visage protégé par ses longs cheveux en rideau, elle allait réussir à oublier sa présence ou à le faire partir pour avoir la paix. Elle en retenait presque sa respiration ; peut-être qu’en se concentrant assez fort sur sa tasse…

Malheureusement, l’homme décida de l’aborder, sa voix rauque comme le gravier. Comment ça, il la connaissait ? Elle ne connaissait personne ici et se rassurait de son anonymat. Qui était-il pour venir ainsi troubler sa paix et briser ses certitudes sécurisantes ? Quoi ? un client de la Fête de la Vérité ? Oh non… ça ne pouvait que mal tourner. Elle n’avait pas assez de chance pour que devant elle ne se trouve pas l’un des deux clients avec qui cela s’était mal passé. Et il n’avait pas le ton méprisant et la présence aristocratique de Nathaniel. Cet homme ne pouvait être que ….

Elle releva la tête et faillit tomber de sa chaise en sursautant. Misère. C’était bien lui. Celui qui l’avait tuée. Non. Ce n’était pas elle qui était morte, c’était cette autre femme. Il l’avait tuée et ensuite il l’avait frappée, elle. Comment l’avait-il retrouvée ? Pour quelle raison ? Peut-être qu’il voulait finir ce qu’il avait commencé à la Fête. Dans ce cas, pourquoi restait-il si calme en face d’elle, et pourquoi acceptait-il la nourriture qu’on lui apportait comme s’il n’existait rien de meilleur en ce monde ? Ses vêtements en mauvais état était rapiécé, il était maigre, ses cheveux poussiéreux n’avaient pas dû voir un peigne depuis des lustres. Loin de voir leurs similitudes à cet instant, Madène se demandait au contraire comme comment un tel miséreux avait pu lui faire aussi peur. Finalement, peut-être que c’était cette femme, qui l’accompagnait. Elle scruta les alentours, détaillant la pièce avant de revenir sur lui. Elle ne voyait aucune trace de sa femme. Elle avait dû se lasser de le tourmenter et partir.
Il reporta son attention sur elle, et soudain elle se sentit oppressée par le poids de ce regard plein d’attentes.

Qu’est-ce que tu fais là ? Tu veux quoi ?

S’il l’avait suivie jusqu’ici, elle avait une mauvaise nouvelle pour lui. Elle avait changé depuis leur dernière rencontre. Elle ne s’enfuirait pas cette fois-ci comme elle l’avait fait alors.

J’ai rien pour toi.


Madène: #99ccff
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Mar 16 Jan 2018 - 16:31

Auxane
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« La profondeur insondable des Limbes »
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Lorsque la jeune femme t’accorde enfin son attention, tu ne peux t’empêcher de sourire. Tu n’avais pas imaginé qu’elle passerait soudainement de son attitude renfermée à une ouverture en vue peut être d'une discussion et cette petite victoire égaie encore un peu plus ta journée, déjà rendue belle par le repas délicieux – bien que froid – et le thé brûlant.

Mais, tu ouvres de grands yeux lorsqu’elle prend enfin la parole. Sa voix, plus rauque que dans tes souvenirs, est tranchante et ses mots plus durs que ce à quoi tu t’attendais. Tu restes un instant interdit lorsqu’elle te dit qu’elle n’a rien pour toi. Tes sourcils se froncent devant cette agression dont tu ne comprends pas la raison. Tu n’as rien fait d’autres que d’entamer la conversation, pousser par la curiosité. Pourquoi cette réaction de défense ?

Tu recherches dans ta mémoire mais l’Etre s’agite. A t il également le pouvoir de te cacher tes propres souvenirs ? Tu tentes de te remémorer votre rencontre mais le seul qui te revient est sa voix t’invitant à rentrer dans sa tente. Que vous étiez vous dit ? Tu cherches son regard, qui te fixe toujours de son regard mauvais. Que s'était il passé ? Elle doit s'en souvenir, il faudrait que tu lui demandes mais elle n'a pas l'air très réceptive, encore moins pour une requête de cet ordre. Tu soupires, cela devra attendre que la mémoire te revienne ou que la jeune femme accepte de discuter.

« Je ne suis pas venu vous demander quoi que ce soit. »
C'est la vérité, tu ne cherchais qu'un endroit pour survivre à la nuit glaciale qui se prépare. D'ici, vous entendez toujours le vent hurler à travers le mur mais tu seras à l'abri du froid, de la tempête et des précipitations. « Je ne suis d'ailleurs pas certain que vous puissiez quoi que ce soit pour moi. » Pour cela il faudrait qu'elle soit une déesse ou un personnage du même acabit, capable de miracle digne des livres. Mais tu n'as devant toi qu'une médium pouilleuse et congelée qui ne daigne même pas faire la conversation. « Je cherche de l'aide mais je ne pense pas que vous puissiez me la fournir. » Dois tu lui dire l'objectif de ta quête ? Le comprendra t elle ? Non, pas pour le moment, il est encore trop tôt, elle ne t'apportera rien.

Peut être sera t elle plus bavarde s'il en vient à la faire parler d'elle ? Tu lui retourne donc la question qu'elle t'a posé quelques instants plus tôt « Et vous ? Qu'est ce que vous faites là ? » Tu la détailles durant une poignée de secondes. « Qu'est ce que vous cherchez dans une contrée si désolée ? » A part un endroit ou dormir et quelque chose à se mettre sous la dent bien sûr.
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Ven 19 Jan 2018 - 17:47

Il ne répondit pas immédiatement. Pourquoi ne répondait-il pas ? Elle avait presque l'impression qu'il ne se souvenait pas vraiment de leur première rencontre. S'il en avait eu le moindre souvenir, il n'aurait pas eu un air aussi surpris sur son visage. Elle se sentait outrée par cette idée. De quel droit allait-il dans le monde, dispensant violence et peur et continuait ensuite sans conséquence à ses actes, sans remord ou mémoire ? Elle-même devait vivre tous les jours avec ce qu'on lui avait fait subir, mais les autres… Elle finirait bien par trouver un moyen de prendre sa revanche sur ces gens – pas Drake qui n'était qu'un événement ponctuel – qui lui faisaient vivre le martyr depuis des années et qui la suivaient où qu'elle aille.

Et lui. Son attention se recentra sur Drake lorsqu'il finit par lui répondre. S'il n'avait rien à lui demander, que faisait-il ici, et à sa table qui plus est ? Elle n'était pas près de croire à son innocence. N'importe qui pouvait tenir ce discours mais tous n'auraient pas la même vérité contenue dans leurs paroles. Cependant… il avait l'air suffisamment piteux pour l'intriguer. À la Fête de la Vérité, même s'il ne lui avait pas paru particulièrement aisé, il lui avait semblé vivre correctement. Il ne lui avait même pas demandé combien d'argent elle demandait et lui avait donné une somme plus élevée que ce qu'elle lui aurait réclamé spontanément. Elle se demandait ce qui avait pu le changer à ce point.
Elle resta un moment interdite par sa réponse. Il était bien culotté de la prendre de haut comme ça ! C'était lui qui était venu lui demander de l'aide et des réponses avant de lui faire une démonstration de sa violence.

Si je peux rien pour toi, pourquoi tu es venu me voir ?

Elle n'était elle-même pas certaine de ce à quoi sa question faisait référence. Finalement, que ce soit pour ce soir-là à l'auberge ou à leur dernière rencontre à la Fête de la Vérité, l'interrogation était la même. Il y avait quelque chose de louche avec cet homme, et elle aurait préféré ne jamais avoir à nouveau affaire avec lui. Cependant, quitte à l'avoir en face d'elle, autant avoir des éléments de réponse. De toute façon il n'avait pas l'air sur le point de la laisser tranquille. Pourquoi voulait-il savoir des choses sur elle ? Qu'est-ce qu'il allait faire de cette information ? Quelque chose de malsain, c'était sûr. Il savait probablement déjà pourquoi elle était là. Une idée lui traversa soudain l'esprit : peut-être que cette conversation qu'elle ne voulait pas avoir était le prix à payer pour pouvoir enfin vivre sa vie en paix. Si elle répondait, il aurait ce qu'il voulait et il arrêterait de la suivre.

Je m’abrite.
La précision qu'il ajouta par la suite lui fit comprendre qu'il ne parlait pas de sa présence dans l’auberge, précisément. Elle se referma un instant. Qu'est-ce qu'il voulait, pourquoi toutes ces questions ? Sa résolution lui revint rapidement en tête, et elle fit un effort pour ouvrir la bouche.
Je cherche quelque chose. Depuis la fête. Pourquoi ?

Elle ne lui dit pas franchement la vérité, qu'elle fuyait quelque-chose autant qu'elle cherchait, qu'elle avait du mal à mettre le doigt dessus.


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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Dim 21 Jan 2018 - 18:40

Auxane
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Tes réponses n’ont pas l’air de satisfaire ton interlocutrice. Son regard, d’abord mauvais, est devenu perçant, comme si elle cherchait à lire tes véritables desseins au fin fond de ton âme. Et s’il y a bien une personne sur Madelle capable de faire cela, c’est bien elle ! Tu as souvenir qu’elle était médium et qu’elle pouvait invoquer les morts. Pourquoi ne pas invoquer les dieux ? Alors qu’elle te demande pourquoi tu es venu la voir, tu comprends qu’elle n’a pas l’air disposée à t’aider … Pourtant, comme un éclair de génie, la réponse t’apparaît soudain, évidente et claire comme de l’eau de roche. Si elle peut lire dans les esprits, peut être pourrait elle savoir quel est le mal qui te ronge et surtout, comment le résoudre ? Peut être pourrait elle savoir ce que tu devrais faire pour accéder au Salut tant désiré ?

Mais alors que cette idée germe dans ton esprit torturé, la jeune femme reprend la parole. Elle cherche quelque chose depuis la Fête de la Vérité. Tu ne t’étais donc visiblement pas trompé, vous vous étiez vu à ce moment là. Mais elle ne te dévoile pas ce qu’elle recherche. Tu aurais peut être pu l’aider mais tu ne t’étonnes pas : elle te déteste et n’a pas confiance en toi. On ne confie pas n’importe quoi à n’importe qui !

Pourquoi poses tu la question ? Par curiosité, tout simplement. Pour engager la conversation, pour percer le mur de haine auquel tu fais fasse. Tu hausses les épaules et te décides enfin à répondre. « Je suis venu simplement parce que je pensais que deux êtres perdus comme ceux que nous sommes pourraient peut être se tenir compagnie. » C’est bête ? Oui, peut être, sûrement même ! Mais c’est la vérité. « Que cela aurait pu être agréable pour accompagner ce délicieux repas. » Agréable ? Un mot alléchant pour désigner quelque chose que tu ne connais plus. Manger ce plat est agréable, oui. Mais tuer des Récléyès, est ce agréable ? Nécessaire serait peut être plutôt le terme qui convient.

Tu soupires et te lances à tâtons, à la recherche d’une façon correcte de formuler ta requête. « Je cherche de l’aide. Je cherche le pardon des Dieux, mais je désespère d’y arriver un jour … » Peut être que la manière directe sera la meilleure ? « Toi qui sait lire dans les âmes, je t’en supplie, aide moi … » Si cette puissante femme ne peut rien pour toi, peut être que personne ne le peut. « Aide moi, je t’aiderai en retour, autant que possible. » Tu n’es pas certain de pouvoir faire quelque chose pour elle mais tu te dois de tenter, de lui proposer. Tu n’es pas impoli au point d’exiger de l’aide sans rien en retour ! Même si tu ne possèdes pas grand chose d’autres que tes poings, ta haine et éventuellement tes compétences de Neustro et de tatoueurs …
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Jeu 25 Jan 2018 - 18:42

Ha ! Agréable. Il n'y avait rien d’agréable à avoir un agresseur à sa table qui venait troubler la sérénité d'une soirée paisible et abritée. Dans quel monde vivait-il pour que cela lui semble une chose possible ? À moins que… depuis le début il se comportait comme si rien ne s'était passé. Peut-être qu'il ne se souvenait pas ? Cela lui semblait difficilement possible dans la mesure où il semblait bien se souvenir d'elle, il avait forcément aussi la mémoire des événements. Pourtant, plus cet ersatz de conversation avançait, plus elle se demandait s'il n'était pas sincère dans ses intentions – pour l'instant du moins.

Cela n'effaçait pas pour autant ses geste, et elle ne pouvait rien pardonner tant qu'il n'avait pas au moins présenté des excuses et un semblant d'explication. Mais elle n'était pas dupe : c'était un homme et comme tous ceux de sa sorte il n'avait jamais aucun remord. Pas pour ses semblables en tout cas, puisqu'il lui indiqua rechercher le pardon des Dieux. Ha ! Elle ne retint pas un rire acide alors qu'il continuait son plaidoyer. Il était plus naïf qu'elle n'aurait pu l'imaginer s'il pensait vraiment que les dieux s'intéressaient à sa petite personne et avaient juste un peu de pitié pour les humains. Les dieux les avaient abandonnés depuis longtemps et ils ne reviendraient pas. Son errance lui avait au moins montré cet élément de réponse. S'ils n'étaient pas venus en aide à Emilie sur son bûcher, c'est qu'ils ne faisaient plus attention aux habitants de ce monde.

L'homme qui lui fait face lui paraît soudainement pathétique, presque risible. Il est tellement plein d'espoir, de détermination et d’attente. Il ne se rendait pas compte avec la même clarté qu'elle que sa quête était vaine, qu'il ne trouverait jamais ce qu'il cherchait, et qu'il ferait mieux d’abandonner tout de suite, de trouver un autre but pour sa vie. Elle se revoyait à sa place, pleine de dévotion pour Mère Nature, prête à tout pour lui rendre hommage. Elle avait traversé tous les jours la moitié de Karnès pour se rendre sur son petit autel poussiéreux oublié de la plupart. Elle avait sacrifié ses maigres possessions pour les déposer en offrandes et tenter d’attirer le regard bienveillant de la déesse sur le monde. Et qu'est-ce qu’elle avait reçu en échange ? La misère, des moqueries, des insultes. Des coups. On l’avait chassée de chez elle, forcée à fuir la cité avec qui ? Une étrangère, qui avait montré plus de bonté que tout son peuple si dévot. Non, la proximité divine n’était pas quelque chose à rechercher.

Je peux pas t’aider. Personne peut. Ils sont partis et nous ont abandonnés depuis des lustres. Mieux vaut se débrouiller seul, parce qu’ils t’apporteront jamais rien de bon, ils apportent que le malheur. Le monde pourrait crever sans qu’ils réagissent, ils sont inutiles à ce point ! Les dieux sont partis et ils feraient mieux d’être morts pour tout ce qu’il font pour nous !

Elle s’interrompit brusquement, les yeux écarquillés, et jeta des regards inquiets autour d’elle. Elle s’était emportée, sa voix était devenue de plus en plus forte jusqu’à presque crier. Malgré le brouhahah ambiant de la salle, quelques regards peu amènes s’étaient tournés vers leur table. Elle baissa la tête et voûta ses épaules, se faisant le plus petite possible. Soudainement ces regards inquisiteurs la transperçaient comme une lame enfoncée loin dans son âme, et elle ne supportait plus ce poids. Elle finit cul-sec sa tasse de thé qui commençait à refroidir, empila sur ce qui lui restait de pain les quelques morceaux de fromage et de jambon qu’elle n’avait pas eu le temps de manger et elle s’enfuit à l’extérieur, pour aller se réfugier au fond de la grange.


Madène: #99ccff
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Ven 2 Fév 2018 - 12:12

Madène
900 mots
#009966
« La profondeur insondable des Limbes »
Les chutes de Veroni - 26 Virgonès 1248
Le visage de ton interlocutrice se décompose peu à peu, montrant son désaccord évident avec tes dernières paroles. Qu’as tu dis qui ne lui aurait pas plus ? Qu’as tu fait qui l’aurait offensé ? Un rire jaune lui échappe soudain et tu comprends que tu ne t’es pas trompé. Tes yeux s’écarquillent alors que tu tentes de comprendre ? Serait ce de la moquerie ? Tu sais bien que ta quête sera difficile et que ce que tu cherches ne se trouvera pas sous le sabot d’un cheval mais tout de même ! Mais le Salut en valait la peine et tu préfères passer le restant de tes jours à la recherche de la Rédemption que de mourir en esclave d’Uraang, condamné à tuer des innocents pour le plaisir d’un dieu. Oh, mais tu as tué ! Tu as parcouru les Terres Interdites avec pour unique but d’ôter la vie. Mais tu as tué pour sauver, pour épargner les vies des humains des quatre confréries unies et c’est là ton rôle de Neustro, même si tu ne l’avais pas imaginé ainsi en t’engageant dans cette voie.

Tu commençais à désespérer d’obtenir une réponse ou au moins un semblant de discussion avec la jeune femme mais sa tirade est au-delà de tes espérances. Un monologue, plus long que tous les mots rassemblés que tu l’avais entendu prononcer jusque là. Tu entends sa fougue, son énergie. Sa haine aussi. Cela aurait été parfait, si ses mots avaient été différents. Les Dieux nous auraient abandonné ? Tu secoues la tête, perdu, interdit, refusant d’y croire. Tu as reçu des ordres d’Uraang lui-même ! C’est lui qui t’a commandé durant ta première vie. Ou du moins … Son prêtre … Aurait il menti ? Se serait il joué de toi ? Tu te lèves brusquement, t’opposant à cette hypothèse. Mais tu ne dis rien. Et si elle avait raison ? Ou étaient les Dieux lorsque tu massacrais sans relâche ? Personne n’était là pour les sauver. Ou étaient les Dieux lorsque tu t’es mis à chercher leur pardon. Tu avais supposé que ce silence te disait que tu n’en faisais pas assez mais et si … Et si jamais il signifiait vraiment que tu n’étais pas entendu ? Qu’ils n’étaient pas là ? Qu’ils n’en avaient rien à faire de toi ?

La jeune femme baisse les yeux et courbe le dos, comme abattue par un poids trop lourd pour sa maigre carrure. Tu as bien des épaules plus larges mais tu n’es pas certain que cela suffirait à soulager sa peine. Tu te rassoies, plus calme toi aussi. Tu te sens soudain fatigué, comme vidé des émotions qui te faisaient vivre : la foi, l’espoir, le rêve … Lorsqu’elle finit son plat et se lève tu restes un instant abasourdi. Tu ne sais plus qui croire, plus quoi croire. Et si elle avait raison ? Et si tu te trompais ? Mais quel moyen aurais tu de vérifier ? A part mourir à nouveau ? Peut être la solution est elle là. Tu as vu Uraang, la première fois. Il t’avait redonné la vie pour te remercier de tes services. Peut être que les réponses de la vie se trouvent lorsque celle ci se termine.

Lorsque ton interlocutrice se lève, tu hésites un instant. Dois tu la suivre ? Non, pas pour le moment. Tu n’as pas finit ton repas et tu as matière à réfléchir. Après une longue expiration, tu te saisis de la grande tasse et sirote ton thé en repensant aux dire de la jeune femme. Tu as beau la confronter à tes convictions et à ton expérience, tu ne sais pas si tu dois lui donner tort ou raison. Aucun autre dieu que celui de la Mort, qui attendait un service de ta part, ne s’est intéressé à toi. Comment savoir ? Tu termines ton repas avec ces pensées pour seule compagnie, incapable de trouver une issue à ces réflexions. Peut être la jeune femme aura t elle, elle aussi, une expérience à partager qui te guidera ?

Après avoir terminé ton pain, ta viande et ton fromage, tu es repu mais pas entièrement satisfait. Ce bon repas ne suffit pas à masquer le goût amer qu’à laissé votre discussion. Est-ce que personne ne peut vraiment plus rien pour toi ? Si Uraang a été là, d’autres pourraient être là aussi. Cette considération est comme un baume au cœur pour toi et tu décides de t’en satisfaire. Peut être te faudra t il te concentrer sur un seul sauveur à la fois et non prier tous les dieux ? Tu songes à la Déesse de la Justice, sûrement la plus à même de définir ce que devra être le chemin de ta repentance. Satisfait par cette décision, tu te lèves et salues la propriétaire de la taverne. Elle ne te répond pas mais tu ignores qu’elle t’a vu t’énerver et s’inquiète de te savoir en sa demeure. Mais elle ne dit rien et te laisse rejoindre l’étable.

A l’intérieur, tu ne cherches pas à reprendre le contact avec la médium tout de suite. Tu commences par apprêter ce qui te fera office de lit, à savoir une botte de paille défaite sur lequel tu poseras un drap posé sur le côté par la maîtresse des lieux. Comment amenez la discussion pour connaître son vécu ? Comment peut on expliquer une vie en quelques phrases à un inconnu ? Tant de variables, tant de décisions qui vous on fait prendre un tournant inattendu. « Vous n’avez vu un dieu ou quelque chose qui vous donne envie d’y croire ? »


Dernière édition par Drake Val Ary le Sam 24 Fév 2018 - 19:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La profondeur insondable des Limbes Mer 7 Fév 2018 - 21:38

Le calme et le silence relatif de l'étable étaient un soulagement après la frayeur que venait de lui faire la salle remplie de monde de l'auberge. Il y faisait froid en comparaison et elle frissonna, mais elle se rapprocha des quelques animaux, un cheval, une vache et deux chèvres. La taille des deux premiers était impressionnante au premier abord, mais leur caractère placide la rassura vite. Le cheval la chatouilla avec son museau très doux, cherchant avec une feinte brutalité un peu de nourriture sur elle. D'un seul coup elle relégua tout ce qu'elle avait vécu ces dernières semaines à un arrière-plan lointain de son esprit et se surpris à glousser lorsque l'animal enfouit ses naseaux dans son manteau à la recherche d'une carotte. Elle maintint hors de portée de ce gourmand les provisions qu'elle avait de l'auberge.

“Désolée. Je peux pas t'en donner. J'ai besoin de tout ça moi.”

Hésitante au début, elle caressa la peau veloutée entre ses narines, étonnée qu'un animal si imposant puisse être si délicat. La vache était moins joueuse et l'intimidait un peu plus mais comme elle ne faisait pas un geste dans sa direction, elle ne la craignait pas. Les chèvres l'avaient entourée également à la recherche d'une caresse. Un peu submergée par cette soudaine demande d’attention, Madène s’écarta un peu, promettant aux bêtes de revenir bientôt. C’était la première fois de sa vie qu’elle avait l’impression que quelqu’un appréciait activement sa compagnie.

Un sourire sincère aux lèvres, elle partit explorer la grande à la recherche de l’endroit idéal pour y faire son nid pour la nuit. Elle n’avait comme affaires que ce qu’elle avait sur elle, c’est-à-dire pas grand chose outre ses vêtements : une gourde, son éternel poignard. Elle trouva cependant sur un tabouret à l’entrée une pile de draps un peu abîmés mais propres qui semblaient avoir été mis là exprès. Elle avait presque oublié ce que c’était que de dormir dans un lit. Elle attrapa le premier et le porta à son visage, inspirant profondément. L’odeur lointaine du savon lui rappela les étendages éparpillés dans Karnès qui répandaient une odeur de propreté dans la cité.

Elle trouva un petit coin parfait. Éloigné à la fois de la porte et des fenêtres, dissimulé derrière une botte de paille entière qui le protégeait à la vue du reste du bâtiment. Elle forma une sorte de paillasse avec une botte défaite, et posa le drap toujours bien plié à une extrémité pour lui servir d’oreiller. Un regard par la fenêtre lui apprit que la nuit était tombée, mais elle n’était pas certaine d’avoir envie de dormir tout de suite. Elle retourna vers l’entrée, mieux préparée cette fois à accepter la compagnie des animaux. Elle ne remarqua qu’à ce moment que Drake était là lui aussi, mais préféra l’ignorer pour le moment. Il ne lui avait pas parlé et elle s’en satisfaisait. Elle avait peur de sa réaction par rapport à ce qu’il s’était passé dans la salle à manger. Elle était en train de caresser le cheval quand il finit par rompre le silence. Sa question étonna Madène, pas parce qu’il reprenait la conversation comme si pas une seconde n’était passée, mais parce qu’il était étonnamment calme et sincèrement curieux de la réponse. Elle réfléchit longtemps.

J’ai vu ce que faisaient leur serviteurs, les mendiants battus, les pauvres gens jetés en pâtures aux vers du désert. J’ai vu des gens bien prier de toutes leurs forces et mourir dans la rue et des ordures être épargnés par la maladie. J’ai vu des criminels jugés innocents au nom de Séliope.” Son dégoût était palpable lorsqu’elle prononça ce nom. Elle s’était mise à trembler. Elle leva des yeux brillants vers Drake et planta son regard dans le sien. “Si les dieux sont présents, ils méritent que la haine.


Madène: #99ccff
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