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Se servir de sa raison

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MessageSujet: Se servir de sa raison Lun 19 Juin 2017 - 22:16

Le 24 Sorn 1248

Le temps qu’Elerinna avait passé éveillée depuis l’opération ne se comptait qu'en minutes. Le guérisseur qui l'avait amputée la gardait dans un état de sommeil drogué qu'il surveillait de temps à autre pour la soulager de la douleur. Jonas, arrivé quelques heures plus tôt à l’auberge, avait pris en main toute l’intendance et préparait le voyage qu'ils allaient entreprendre à la demande de la jeune femme. Elle avait insisté pour qu’ils s’éloignent d’Arnlo le plus vite possible, mais aucun des trois ne savait où aller. Pour l’instant, ils ne pensaient qu'à quitter la région dans une direction quelconque et improviser: le temps de la décision viendra bien assez tôt.

Le 8 Malièr 1248

Jonas s’occupait d’ouvrir la vieille bâtisse inoccupée, et de son côté, Rhys dételait Ivoire du chariot occupé par Elerinna. Le soleil commençait à descendre sur l’horizon, ils avaient passé la journée depuis l’aube sur la route, et tout le monde était soulagé d’enfin arriver à destination. La bâtisse était ancienne, le verrou avait résisté avant que la rouille ne cède et le laisse tourner. Les volets émettaient un petit nuage de poussière dès qu’on les ouvrait. Les meubles étaient poussiéreux mais en relativement bon état malgré le manque d’usage. Cette retraite serait bien loin de leur train de vie de la capitale, mais ils seraient isolés et en sécurité.
Et surtout, le grand laboratoire installé au sous-sol était en parfait état de marche.

Les deux hommes aidèrent Elerinna à se transporter jusque dans la salle à manger. Jonas s’activa pour allumer un feu dans la grande cheminée qui faisait face à la porte. Rhys faisait des aller-retours entre la pièce et la carriole pour décharger les quelques affaires qu’ils avaient emportées avec eux, mais ses gestes étaient lents, son esprit ailleurs, et ses yeux fixés sur l’emplacement de la jambe manquante de la jeune femme dès qu’il était à proximité. Son compagnon savait que ça ne servait à rien de l’interrompre quand il était comme ça : il avait une idée derrière la tête, et il la ruminerait jusqu’à ce qu’il puisse la mettre en pratique.

Il n’avait parlé de rien, ni avant ni pendant le trajet. C’était pourtant cette idée qui lui avait fait demander à son professeur s’ils pouvaient utiliser son ancienne demeure comme refuge, mais il n’avait pas voulu donner de faux espoirs à Elerinna s’il n’était pas capable de lui donner quoi que ce soit de plus concret qu’un vague concept. Les dix jours de voyages avaient cependant été suffisants pour que son idée prenne une forme plus concrète, même s’il était encore bien loin de sa réalisation. C’était un projet fou, inédit. Extraordinairement complexe. Sa lyre, la prunelle de ses yeux, paraîtrait un objet de seconde zone en comparaison. Mais la jeune femme pourrait marcher s’il était à la hauteur. Et il le serait.



La nuit avait fini de tomber, la cheminée ronflait grâce aux mains experte de Jonas et le feu commençait à purifier l’air renfermé de la pièce. Ils avaient le ventre plein : aucun d’eux n’était un as en cuisine, mais la nourriture simple qu’ils avaient réussi à préparer était chaude et nourrissante et c’était tout ce qu’on lui demandait d’être.
Une fois le repas terminé, ils s’installèrent dans des fauteuils près de l’âtre. Rhys se positionna face à Elerinna. Il avait encore des réticences à lui parler d’alchimie, le secret était engrené depuis longtemps. Mais elle lui avait fait une confiance aveugle depuis le début, et il était ridicule de ne pas lui rendre la pareille. Elle ne trahirait pas cette confession. Il prit une inspiration et se lança :

Elerinna. Je pense que je peux vous permettre de marcher à nouveau.


Rhys: #9966cc
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MessageSujet: Re: Se servir de sa raison Mer 21 Juin 2017 - 23:52

Je meurs de chaud. Je me tourne et me retourne dans l’espoir de trouver une position confortable, mais rien n’y fait : je vais donc devoir m’accommoder de cette chaleur épuisante…

Il y a à peine un mois de cela, j’ignorais encore qu’il était physiquement possible d’accumuler tant de fatigue ! Dire que je me suis toujours plainte des nuits blanches passées à l’atelier : je n’avais définitivement pas conscience du véritable éreintement. Je ne parle pas de celui qui creuse les cernes, ou de celui qui me pousse à user de davantage de poudre pour dissimuler mon teint ; mais bel et bien de celui qui me tue à chaque seconde, m’empêchant d’effectuer le moindre mouvement tant le simple fait de bouger est épuisant. Aujourd’hui, je suis contrainte de fuir ma ville natale pour me rendre à un endroit dont je ne connais l’existence que grâce à de nombreux ouvrages de géographie. Les chutes de Veroni. Un endroit charmant, d’après ce que l’on en dit. J’espère pouvoir enfin y trouver le repos.

Nous avons voyagé sans cesse depuis plusieurs jours, étouffés par la chaleur qui surplombe le continent. Enfermée dans ce petit chariot - certes, protégée du soleil - j’ai l’impression de suffoquer. Pourtant, je ne suis vêtue que d’une immonde toge empruntée à l’auberge où nous avons résidé. Malgré cette chaleur, je passe la plupart de mon temps à somnoler (sans pour autant dormir) pour essayer d’oublier la douleur, la fatigue et l’amertume qui me gagne au fil des jours. Parfois, j’ouvre les yeux et je crois voir le visage d’un bon ami qui m’apporte de quoi me nourrir. Puis je me rallonge après avoir mangé. De toute façon incapable de me lever ou de monter à nouveau sur un cheval, je ne vois pas de meilleure occupation pour tuer le temps. C’est dans cet état d’esprit que je me saisis difficilement de la gourde qui traîne à quelques centimètres avant d’en boire plusieurs gorgées. Un thé à base de pavot ; je ne peux plus m’en passer pour trouver le sommeil. Le guérisseur m’a bien indiqué de ne pas en abuser, mais, après tout, je n’ai plus rien à perdre. Je ferme lentement les yeux, sans même me rendre compte que je me suis endormie.

**

Je suis réveillée par une voix qui m’indique que nous sommes arrivés. Elle me semble si lointaine. Elle me parvient aux oreilles comme un bourdonnement de moustique : je n’y fais pas attention. D’ailleurs, je ne ressens pas le besoin de me redresser : de toute façon, je n’en ai pas la force et j’ai encore sommeil. Fichez-moi la paix.

Je ne comprends réellement la situation que lorsque les deux hommes viennent me saisir au niveau des bras pour m’installer sur un fauteuil. Je me demande même comment j’ai atterri dans cette vieille bâtisse délabrée. Certes, elle n’est rien face au domaine, mais je demeure intimement rassurée d’avoir un toit sur la tête, aussi poussiéreux soit-il. Encore dans le vague, j’avale une partie du repas que l’on m’apporte. Je ne parviens pas à finir mon assiette : ce n’est pas mauvais, mais je n’ai pas le cœur à manger. Ni à parler, d’ailleurs. Lorsque Rhys et Jonas m’adressent la parole, je ne réponds que par de courtes phrases ou des mouvements du visage. Je ne commence à retrouver mes esprits que lorsque le mal refait son apparition, progressivement, mais douloureusement. Ma main se pose instinctivement sur ce qu’il reste de ma cuisse. Je cligne plusieurs fois des yeux avant de poser mon regard las sur la silhouette qui me fait face. Rhys Songsteel. Je vous écoute avec une attention certaine, cependant peu convaincue d’être en mesure de tenir une conversation.

- Elerinna. Je pense que je peux vous permettre de marcher à nouveau.

Allons. Êtes-vous en train de vous jouer de moi ? A ça, je vous réponds d’un haussement des sourcils, involontairement condescendant. Disons que je ne suis pas de la meilleure humeur qui soit, ne m’en tenez pas rigueur. Je ne vous lâche pas du regard, instaurant un silence de quelques instants. Je ne peux pas vous croire. Vous mentez. Fatiguée, je finis par déclarer :

- J’ai beau y réfléchir, Rhys, je ne vois pas de quelle façon un simple barde pourrait faire repousser ma jambe. Je détourne le regard. Et puis, je vous en prie, cessez ce vouvoiement ridicule. Je ne suis plus une dame. Rien de plus qu’une roturière, messire.



Elerinna : #D8BFD8
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