AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Se servir de sa raison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar


Alchimiste

Messages : 123
Xp's : 395
Date d'inscription : 26/08/2016
Présentation : Pour vous servir
Carnet : Ses voyages

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Se servir de sa raison Lun 19 Juin 2017 - 22:16

Le 24 Sorn 1248

Le temps qu’Elerinna avait passé éveillée depuis l’opération ne se comptait qu'en minutes. Le guérisseur qui l'avait amputée la gardait dans un état de sommeil drogué qu'il surveillait de temps à autre pour la soulager de la douleur. Jonas, arrivé quelques heures plus tôt à l’auberge, avait pris en main toute l’intendance et préparait le voyage qu'ils allaient entreprendre à la demande de la jeune femme. Elle avait insisté pour qu’ils s’éloignent d’Arnlo le plus vite possible, mais aucun des trois ne savait où aller. Pour l’instant, ils ne pensaient qu'à quitter la région dans une direction quelconque et improviser: le temps de la décision viendra bien assez tôt.

Le 8 Malièr 1248

Jonas s’occupait d’ouvrir la vieille bâtisse inoccupée, et de son côté, Rhys dételait Ivoire du chariot occupé par Elerinna. Le soleil commençait à descendre sur l’horizon, ils avaient passé la journée depuis l’aube sur la route, et tout le monde était soulagé d’enfin arriver à destination. La bâtisse était ancienne, le verrou avait résisté avant que la rouille ne cède et le laisse tourner. Les volets émettaient un petit nuage de poussière dès qu’on les ouvrait. Les meubles étaient poussiéreux mais en relativement bon état malgré le manque d’usage. Cette retraite serait bien loin de leur train de vie de la capitale, mais ils seraient isolés et en sécurité.
Et surtout, le grand laboratoire installé au sous-sol était en parfait état de marche.

Les deux hommes aidèrent Elerinna à se transporter jusque dans la salle à manger. Jonas s’activa pour allumer un feu dans la grande cheminée qui faisait face à la porte. Rhys faisait des aller-retours entre la pièce et la carriole pour décharger les quelques affaires qu’ils avaient emportées avec eux, mais ses gestes étaient lents, son esprit ailleurs, et ses yeux fixés sur l’emplacement de la jambe manquante de la jeune femme dès qu’il était à proximité. Son compagnon savait que ça ne servait à rien de l’interrompre quand il était comme ça : il avait une idée derrière la tête, et il la ruminerait jusqu’à ce qu’il puisse la mettre en pratique.

Il n’avait parlé de rien, ni avant ni pendant le trajet. C’était pourtant cette idée qui lui avait fait demander à son professeur s’ils pouvaient utiliser son ancienne demeure comme refuge, mais il n’avait pas voulu donner de faux espoirs à Elerinna s’il n’était pas capable de lui donner quoi que ce soit de plus concret qu’un vague concept. Les dix jours de voyages avaient cependant été suffisants pour que son idée prenne une forme plus concrète, même s’il était encore bien loin de sa réalisation. C’était un projet fou, inédit. Extraordinairement complexe. Sa lyre, la prunelle de ses yeux, paraîtrait un objet de seconde zone en comparaison. Mais la jeune femme pourrait marcher s’il était à la hauteur. Et il le serait.



La nuit avait fini de tomber, la cheminée ronflait grâce aux mains experte de Jonas et le feu commençait à purifier l’air renfermé de la pièce. Ils avaient le ventre plein : aucun d’eux n’était un as en cuisine, mais la nourriture simple qu’ils avaient réussi à préparer était chaude et nourrissante et c’était tout ce qu’on lui demandait d’être.
Une fois le repas terminé, ils s’installèrent dans des fauteuils près de l’âtre. Rhys se positionna face à Elerinna. Il avait encore des réticences à lui parler d’alchimie, le secret était engrené depuis longtemps. Mais elle lui avait fait une confiance aveugle depuis le début, et il était ridicule de ne pas lui rendre la pareille. Elle ne trahirait pas cette confession. Il prit une inspiration et se lança :

Elerinna. Je pense que je peux vous permettre de marcher à nouveau.


Rhys: #9966cc
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Noble

Messages : 115
Xp's : 196
DC : Elvire Delarosa
Date d'inscription : 23/07/2016
Age : 17
Présentation : Présentation ~
Carnet : Carnet ~

Feuille de personnage
Vie:
15/100  (15/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Occupée en ce moment
MessageSujet: Re: Se servir de sa raison Mer 21 Juin 2017 - 23:52

Je meurs de chaud. Je me tourne et me retourne dans l’espoir de trouver une position confortable, mais rien n’y fait : je vais donc devoir m’accommoder de cette chaleur épuisante…

Il y a à peine un mois de cela, j’ignorais encore qu’il était physiquement possible d’accumuler tant de fatigue ! Dire que je me suis toujours plainte des nuits blanches passées à l’atelier : je n’avais définitivement pas conscience du véritable éreintement. Je ne parle pas de celui qui creuse les cernes, ou de celui qui me pousse à user de davantage de poudre pour dissimuler mon teint ; mais bel et bien de celui qui me tue à chaque seconde, m’empêchant d’effectuer le moindre mouvement tant le simple fait de bouger est épuisant. Aujourd’hui, je suis contrainte de fuir ma ville natale pour me rendre à un endroit dont je ne connais l’existence que grâce à de nombreux ouvrages de géographie. Les chutes de Veroni. Un endroit charmant, d’après ce que l’on en dit. J’espère pouvoir enfin y trouver le repos.

Nous avons voyagé sans cesse depuis plusieurs jours, étouffés par la chaleur qui surplombe le continent. Enfermée dans ce petit chariot - certes, protégée du soleil - j’ai l’impression de suffoquer. Pourtant, je ne suis vêtue que d’une immonde toge empruntée à l’auberge où nous avons résidé. Malgré cette chaleur, je passe la plupart de mon temps à somnoler (sans pour autant dormir) pour essayer d’oublier la douleur, la fatigue et l’amertume qui me gagne au fil des jours. Parfois, j’ouvre les yeux et je crois voir le visage d’un bon ami qui m’apporte de quoi me nourrir. Puis je me rallonge après avoir mangé. De toute façon incapable de me lever ou de monter à nouveau sur un cheval, je ne vois pas de meilleure occupation pour tuer le temps. C’est dans cet état d’esprit que je me saisis difficilement de la gourde qui traîne à quelques centimètres avant d’en boire plusieurs gorgées. Un thé à base de pavot ; je ne peux plus m’en passer pour trouver le sommeil. Le guérisseur m’a bien indiqué de ne pas en abuser, mais, après tout, je n’ai plus rien à perdre. Je ferme lentement les yeux, sans même me rendre compte que je me suis endormie.

**

Je suis réveillée par une voix qui m’indique que nous sommes arrivés. Elle me semble si lointaine. Elle me parvient aux oreilles comme un bourdonnement de moustique : je n’y fais pas attention. D’ailleurs, je ne ressens pas le besoin de me redresser : de toute façon, je n’en ai pas la force et j’ai encore sommeil. Fichez-moi la paix.

Je ne comprends réellement la situation que lorsque les deux hommes viennent me saisir au niveau des bras pour m’installer sur un fauteuil. Je me demande même comment j’ai atterri dans cette vieille bâtisse délabrée. Certes, elle n’est rien face au domaine, mais je demeure intimement rassurée d’avoir un toit sur la tête, aussi poussiéreux soit-il. Encore dans le vague, j’avale une partie du repas que l’on m’apporte. Je ne parviens pas à finir mon assiette : ce n’est pas mauvais, mais je n’ai pas le cœur à manger. Ni à parler, d’ailleurs. Lorsque Rhys et Jonas m’adressent la parole, je ne réponds que par de courtes phrases ou des mouvements du visage. Je ne commence à retrouver mes esprits que lorsque le mal refait son apparition, progressivement, mais douloureusement. Ma main se pose instinctivement sur ce qu’il reste de ma cuisse. Je cligne plusieurs fois des yeux avant de poser mon regard las sur la silhouette qui me fait face. Rhys Songsteel. Je vous écoute avec une attention certaine, cependant peu convaincue d’être en mesure de tenir une conversation.

- Elerinna. Je pense que je peux vous permettre de marcher à nouveau.

Allons. Êtes-vous en train de vous jouer de moi ? A ça, je vous réponds d’un haussement des sourcils, involontairement condescendant. Disons que je ne suis pas de la meilleure humeur qui soit, ne m’en tenez pas rigueur. Je ne vous lâche pas du regard, instaurant un silence de quelques instants. Je ne peux pas vous croire. Vous mentez. Fatiguée, je finis par déclarer :

- J’ai beau y réfléchir, Rhys, je ne vois pas de quelle façon un simple barde pourrait faire repousser ma jambe. Je détourne le regard. Et puis, je vous en prie, cessez ce vouvoiement ridicule. Je ne suis plus une dame. Rien de plus qu’une roturière, messire.



Elerinna : #D8BFD8
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Alchimiste

Messages : 123
Xp's : 395
Date d'inscription : 26/08/2016
Présentation : Pour vous servir
Carnet : Ses voyages

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: Se servir de sa raison Dim 2 Juil 2017 - 22:12

Voir Elerinna dans un tel état rendait Rhys malade. Une part de lui se maudissait d’avoir choisi ce jour-là d’interrompre sa route pour la trouver dans les fourrés. Cette même part lui avait soufflé de fuir à chaque étape du trajet, mais il n’avait jamais pu se résoudre à la laisser dans cet état. Il ne l’avait donc pas fait et allait rester vaille que vaille. Et ce n’était pas grâce à la conversation de la jeune femme : elle était tantôt trop sédatée par les drogues antalgiques, tantôt rendue trop irritable par la douleur pour leur adresser plus de quelques mots.

Il soupira et se pinça l’arête du nez, soudainement très las. Il pensait comprendre sa souffrance, entre le mariage, la blessure, la perte de sa jambe. Il était vraiment désolé pour elle, il acceptait en conséquence son épuisement, son manque de patience et sa mauvaise humeur, bien loin de lui l’idée de lui en tenir rigueur. Cependant, supporter cela n’en était pas moins éprouvant. Balayant d’un geste l’usage condescendant de son prénom et sa reprise sur la forme d’adresse employée, il prit un instant pour répondre, déployant des trésors de patience pour maîtriser son intonation afin de ne pas trahir son agacement.

Attendez, écoutez-moi. Il ne s’agit pas de faire … repousser votre jambe.” Il n’ajouta pas qu’il doutait que même le plus compétent des neustro puisse accomplir un tel miracle. Puis, jetant son dernier reliquat d’hésitation au feu : “Non, je parle d’alchimie. Je ne sais pas encore exactement comment, mais je pense qu’il doit être possible de créer une prothèse capable de la remplacer.

Il lança un regard en coin à Jonas qui s’était redressé, visiblement intrigué et intéressé par l’idée. Rhys, incapable de contenir son agitation, se leva, se frotta le visage et commença à faire les cent pas devant la cheminée. Il réfléchissait encore à la chose. Dix jours de voyage n’avaient pas suffi, il n’avait pas pu coucher ses réflexions, ses calculs, ses schémas, ses formules, sur le papier. C’était extrêmement frustrant de ne pas avoir pu donner un peu plus de corps à son inspiration. Et encore plus de ne pas pouvoir donner un espoir un peu plus concret à Elerinna. Il aurait toujours pu ne rien lui dire pour l’instant et attendre d’avoir un peu plus de matière avant d’en parler, mais il ne supportait plus le désespoir palpable qui émanait de la jeune femme depuis des jours et des jours.

Il va falloir prendre des mesures précises : on ne veut pas que vous boitiez. Il faut aussi songer aux articulations, la mobilité, il faut trouver un matériau suffisamment solide et durable pour ne pas avoir à changer la prothèse trop souvent, mais assez léger pour que vous n’ayez pas de difficultés à marcher, et…

Il s’interrompit, réalisant juste à cet instant qu’il était en train de réfléchir à haute voix. Retenant son enthousiasme il revint s’asseoir face à Elerinna. Il fit un geste pour lui prendre les mains mais se ravisa, se contentant de la regarder franchement.

Comment croyez-vous que j’ai choisi notre destination ? Je vous en prie, laissez-moi au moins le bénéfice du doute. Je vous promets d’être capable de le faire.


Rhys: #9966cc
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Noble

Messages : 115
Xp's : 196
DC : Elvire Delarosa
Date d'inscription : 23/07/2016
Age : 17
Présentation : Présentation ~
Carnet : Carnet ~

Feuille de personnage
Vie:
15/100  (15/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Occupée en ce moment
MessageSujet: Re: Se servir de sa raison Ven 14 Juil 2017 - 21:31

Un alchimiste, capable de me faire marcher à nouveau. Emerveillée par vos paroles, je reste sans voix quelques instants. Je ne sais pas encore si je dois me réjouir ou contenir mon enthousiasme. Je me suis jurée de vous accorder ma confiance. Vous m’avez tout de même sauvée d’une mort imminente. En revanche, vos propos me semblent bien trop beaux pour être vrais. En êtes-vous réellement capable, Rhys ? Je vous en prie, ne me donnez pas un faux espoir. Sans la moindre condescendance dans la voix, simplement de la surprise, les yeux fixés sur votre personne, je déclare avec hésitation :

« Attendez un instant… Êtes-vous en train de me confier que vous êtes alchimiste ? »

Comme tout Parlèms qui se respecte, je n’ai jamais porté la moindre considération aux alchimistes. Ils ne m’ont jamais effrayée non plus. Cela ne m’est pas propre, l’éducation Parlèms est faite ainsi. Vous le savez, Rhys Songsteel. Moi-même travailleuse, l’on m’a toujours inculqué que le travail n’était pas fait pour les nobles. Aussi, le mariage passé, j’étais censée arrêter la couture pour embaucher du personnel à l’atelier. Je vous ai toujours considéré comme un noble, barde à vos heures perdues, et voilà que vous m’avouez être un alchimiste. Avez-vous seulement idée du choc que vous venez de me procurer ? A vrai dire, je comprends la raison pour laquelle vous vous êtes caché du regard de la société Parlèms. Les choses ne sont pas simples à Arnlo, votre réputation en aurait très certainement pâti. Certaines personnes de confréries diverses méprisent l’alchimie à tel point que cette profession en est devenue dangereuse. Alors, je me sens flattée que vous m’ayez fait une telle confidence, en revanche, je ne sais pas de quelle façon réagir face à une telle nouvelle. Je n’ai pas envie de vous froisser, mais je ne sais pas tempérer mes propos. La douleur me rend irritable, mais je tâcherai de me montrer correcte avec vous. Si l’alchimie peut me sauver, je n’ai aucune raison de mépriser cette discipline. C’est cependant toujours sous le choc que je tourne mes yeux en direction de votre acolyte.

« Vous aussi, Jonas ? »

L’homme me répond d’un hochement de la tête. N’êtes-vous donc pas embarrassé de m’avoir menti de la sorte ? J’en suis outrée. Je pousse un profond soupir, venant gratter l’arrière de mon crâne, réfléchissant à l’attitude à adopter. J’ai l’impression d’avoir été menée en bateau depuis tout ce temps. Je suis également profondément vexée que vous ne m’ayez pas jugée digne de confiance avant cela. Mais la société Parlèms est faite de requins et de commères : je ne suis moi-même pas certaine de ma capacité à conserver un tel secret. Je lève de nouveau mon regard dans votre direction, un léger sourire au coin des lèvres. Voilà des jours que je n’avais plus esquissé le moindre sourire.

« Comment avez-vous pu me cacher quelque chose d’aussi important tout ce temps ? Vous êtes décidément un véritable cachotier. »

Je prends finalement un instant pour assimiler tout cela. Peut-être êtes-vous réellement capable de remplacer ma jambe ? Vous avez l’air d’avoir la volonté de faire les choses correctement. Si vous parvenez à un tel miracle, vous pouvez être certain que je ne vous regarderai jamais plus de la même manière. Peut-être êtes-vous réellement mon ange gardien, après tout…

« Bien, maintenant soyez honnête avec moi, je vous prie. Pourquoi m’avez-vous amenée jusqu’ici ? Jonas, êtes-vous de mèche avec Rhys ? Et surtout, êtes-vous réellement capable de fabriquer une telle prothèse ? En quoi est-ce que tout cela consi… Ah ! Ramenez-moi du pavot, je vous prie ! »

Si mon moral s’est soudainement apaisé, la douleur est toujours bien réelle.



Elerinna : #D8BFD8
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Alchimiste

Messages : 123
Xp's : 395
Date d'inscription : 26/08/2016
Présentation : Pour vous servir
Carnet : Ses voyages

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: Se servir de sa raison Mar 18 Juil 2017 - 23:54

Dans le temps que mis Elerinna à répondre, Rhys pouvait presque voir les rouages tourner dans son esprit. Il se demanda ce qui allait sortir de sa réflexion : allait-elle seulement le croire ? Ou bien allait-elle penser qu’il se moquait d’elle ? Elle finit par reprendre la parole ; le silence n’avait duré que quelques secondes mais il avait paru bien long à Rhys, qui était comme suspendu en l’attente d’un jugement. Pourtant, elle n’était pas méprisante dans sa réponse, juste ébahie. C’est vrai, il n’avait pas été direct, et il comprenait qu’elle soit surprise au point de se demander si elle avait bien compris. Il lui répondit d’un hochement de tête, toujours un peu sur la défensive. Il savait pertinemment comment la plupart des Parlèms réagissaient à la mention des alchimistes : c’était d’ailleurs la raison principale pour laquelle il gardait cet aspect de sa personne caché. Sa réputation avait été savamment instiguée pour qu’il paraisse sophistiqué et intéressant, mais surtout inoffensif et prévisible. Si quiconque découvrait sa capacité à faire de l’alchimie, tout s’effondrerait autour de lui.

Il s’apprêtait à essayer de lui trouver une explication quand elle se tourna vers Jonas, l’air interloqué. Elle avait compris tout de suite. Cette finesse d’esprit était ce que Rhys appréciait habituellement chez elle mais il devait bien avouer que pour cette fois-ci, il s’en serait peut-être passé. S’ils lui avaient dit avant qu’elle ne devine la suite, l’aurait-elle mieux pris ? Dans ses petits souliers, Jonas se contenta d’hocher la tête d’un air penaud. Que répondre à cela ? Elle semblait tellement déçue, ou choquée, difficile à dire. Commençait-elle à regretter son accointance avec de “simples” alchimistes, l’un deux fut-il un noble ? Pourtant elle avait développé un sourire, un vrai, vue ô combien rare ces temps-ci. Finalement, cette confession avait eu du bon. Il accueillit sa remarque avec un sourire et un petit salut.

Ma chère, qui croyez-vous est à l’origine de toutes les rumeurs sur moi ?

Mais apparemment tous ces aveux avaient réveillé son intérêt pour le monde, et elle n’allait pas les laisser s’en tirer avec juste cette révélation. Tant mieux, il était fort satisfait de lui expliquer ce qu’il avait prévu, et si cela se faisait après une récapitulation de ce qu’ils avaient fait depuis son opération, ainsi soit-il. Cependant la première question s’adressait pas vraiment à lui. Jonas lui adressa un regard caressant avant de répondre à Elerinna.

De mèche ? Oui, on peut dire ça...

Malgré un petit sourire en coin, Rhys préféra revenir au sujet principal :
Nous sommes venus jusque là car notre maître a abandonné dans cette demeure tout un laboratoire en état de marche avant de venir habiter Arnlo. La maison est isolée et loin de votre époux, personne ne viendra vous chercher ici. Donc avec le matériel approprié, oui, je pense en être…

Au cri d’Elerinna il s'interrompit et se leva à-demi pour la soutenir. De son côté, Jonas, plus efficace, s'était déjà précipité pour lui apporter un peu du lait infusé d’opium. Il mit le gobelet dans les mains de la jeune femme avant de s’eclipser à nouveau et de lui apporter quelques instants plus tard un torchon trempé d’eau froide. Ils n’avaient pas les moyens pratiques d’avoir de la glace pour calmer la douleur et l’inflammation, mais ils avaient un puits à quelques mètres de la porte des domestiques dans la cuisine. Il écarta d’un mouvement de coude Rhys, resté sur place parfaitement inutile, pour prendre le bras d’Elerinna.

Voulez-vous que je vous aide à rejoindre votre chambre ?


Pendant que les deux autres se dirigeaient vers la pièce d’à côté, Rhys tira une petite table près de la cheminée et sortit de son paquetage de quoi écrire et un rouleau de parchemins qu’il déploya, profitant du rayonnement lumineux de la flambée qui brûlait encore avec vigueur. Armé d’une bouteille remplie de thé, il commença à y inscrire des schémas et formules alchimiques qui devaient à terme donner une prothèse.
Alors que l’aube pointait, il s’étira. Il ne manquait que les mesures d’Elerinna et il pourrait passer à la fabrication d’un prototype. Tout n’était pas calculé pour l’instant, mais il avait besoin d’un modèle en trois dimensions pour poursuivre. Épuisé, il laissa toute sa pile de parchemins en plan pour gagner son lit.


Rhys: #9966cc
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Se servir de sa raison

Revenir en haut Aller en bas

Se servir de sa raison

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Dans la vie courante, dans ses relations avec ses pareils, l'homme doit se servir de sa raison, mais il commettra moins d'erreurs s'il écoute son coeur.
» Débat: Et si Marx avait raison?
» Vraie Raison du Départ de Batista
» l'âge de raison
» 2x07 : "Servir ou mourir"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Madelle :: Le Monde des Humains :: Les Chutes de veroni-