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Au gré de l'eau

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Le Chasseur

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MessageSujet: Au gré de l'eau Jeu 15 Juin 2017 - 23:33

La pierre à laquelle il venait de s'accrocher était bien plus écorchée qu'il ne l'avait présumé. De multiples épines minérales vinrent s'enfoncer dans sa paume et la pulpe de ses doigts. Elend grimaça tandis que quelques gouttes écarlates apparaissaient aux endroits où la roche avait apparemment percé l'épiderme du chasseur de trésor. Son instinct lui disait par réflexe de lâcher prise, bien sur son esprit savait que cela signerait son arrêt de mort. Sans  trop y réfléchir, il regarda par-dessus son épaule afin de voir la distance qui le séparait du sol. Sous ses pieds, qui ballottaient dans le vide, ne se trouvait qu'un tapis de nuage. Il étouffa un juron, quelle idée avait-il eu d'escalader cette montagne à mains nues ? Son regard se posa sur le parchemin se trouvant attaché à sa ceinture. Celui-ci, bien que roulé, avait les bords qui virevoltaient face au vent violent, il n'y avait aucun doute que si il n'avait pas été bien fixé, il se serait envolé. La simple vision du papier donna un regain de vigueur au Namès qui concentra ses forces dans son bras afin de se hisser un peu plus haut sur la paroi rocheuse. Les doigts de sa main libre se glissèrent dans une fissure, lui assurant une certaine stabilité. Il plaça sa jambe droite afin de bien se caler contre la montagne et lâcha la prise qui lui meurtrissait la main gauche. Pendu par un seul bras à la paroi, il jaugea les mètres qui le séparaient du sommet. Il poussa un soupir en voyant qui en restait une cinquantaine. Puis il reprit son ascension.

Après plus d'une heure d'alpinisme, il arriva sur un plateau qui semblait être aussi la cime du pic qu'il venait de gravir. Dans un ultime effort, il hissa la totalité de son corps sur le terrain plat et resta à terre quelques minutes afin de reprendre sa respiration. La face encore contre le sol, le chasseur de trésor remarqua un détail très étrange, il ne se trouvait pas sur de la roche. Enfin théoriquement si, mais elle était taillée, il n'y avait aucun doute sur l'origine humaine de la structure sur laquelle il se reposait. Il se releva d'un bond, et vacilla dangereusement près du vide avant de reprendre son équilibre. Se tenant la tête, il maudit intérieurement sa précipitation. Il voulut regarder ce qu'il y avait devant lui mais encore sous l'effet de son lever trop rapide, sa vision était floue. Il cligna des yeux plusieurs fois en attendant de voir mieux. Une fois sa vue éclaircie, il se trouva devant les ruines de ce qui devait être un ancien temple d'une taille des plus conséquents. Il s'avança vers une des colonnes brisées qu'il inspecta soigneusement, cherchant des indices pouvant indiquer de quand datait la structure et par qui cela avait pu être construit. Soudain son regard fut attiré par une lueur obscure qui semblait émaner de ce qu'il restait de la pièce principale de l'édifice. Elend se rapprocha lentement, il n'arrivait pas à croire qu'il y était vraiment arrivé. Il déplia religieusement la carte qu'il avait sur lui. Celle-ci indiquait grâce à des dessins assez grossier l'emplacement d'un temple ancien, et juste à côté se trouvait la représentation de l'artefact censé s'y trouver. Arrivant dans la pièce, il baissa le bout de papier pour se retrouver en face de l'objet peint sur sa carte au trésor. La fontaine d'Uraang. Un arbre en cristal d'un noir inégalable, semblant être taillé dans la nuit même, se dressait devant le chasseur de trésor. D'une de ses feuilles coulait un liquide presque aussi noirâtre mais contenant de multiples petits points lumineux tel un ciel étoilé.

Un grondement se fit entendre.

Le Namès se retourna rapidement mais ne fit face qu'au vide, en fixant un peu plus longtemps le néant, il crut percevoir un mouvement. C'était comme une ondulation du sol qui bordait le plateau où il se trouvait. Des yeux, il tenta de suivre le mouvement des yeux qui semblait faire le tour de l'édifice, un bruit de frottement commençait à se faire entendre. Il déglutit comprenant de ce qu'il en retournait, si la Fontaine n'avait pas été découverte, c'était surement parce qu'elle était protégée par quelque chose. Un souffle chaud lui caressa la nuque faisant virevolter ses longs cheveux d'or. Un énième soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il dégainait doucement une dague placée dans son dos et cachée par la cape bleue roi qu'il arborait depuis quelques années. D'un geste vif, il fit demi-tour et se mis en garde face à la créature. Il s'agissait d'une énorme wyrm à la couleur ébène celle-ci poussa un rugissement de tout le diables dévoilant ainsi ses crocs d'ébonites. Et avant qu'il ne puisse faire quelque chose lui cracha un puissant torrent d'eau qui le percuta de plein fouet.




***


De l'eau! Il allait se noyer pris dans le torrent, il devait s'en sortir! Il se démena les quatre membres pour s'en sortir avant de réaliser qu'il n'y avait pas de résistance et que seul son visage était mouillé. Il ouvrit les yeux, se retrouvant face à face avec un homme d'une trentaine d'année à l'air patibulaire. Celui-ci tenait un seau, désormais vide, dans ses mains et lui lançait un regard noir. Le jeune Namès déboussolé regarda autour de lui, il était entouré de caisses de marchandises, au-dessus de lui se trouvait une bâche en toile et sous ses fesses il y avait plusieurs planches en bois. Il n'avait pas besoin d'être un génie pour en déduire qu'il était à bord d'une charrette de marchand. Puis tout ce remis enfin en place. Il avait quitté Karnes depuis un peu moins d'un mois afin de partir à l'aventure et de chasser des trésors comme il l'avait toujours rêvé. Pour ce faire, il avait embarqué clandestinement dans une caravane de marchand afin traverser le désert de la Patience sans trop de problèmes. Pendant des jours, il avait utilisé sa Vérité afin de ne pas attirer l'attention des autres voyageurs et pour se nourrir en piochant dans leurs réserves. Une fois arrivée à l'orée du désert, il avait décidé de rester encore un peu avec eux jusqu'à Arnlo. Toutefois, fatigué d'avoir dû solliciter son pouvoir autant de temps et après s'être un peu relâché étant enfin arrivé dans la plaine isolée, il s'était endormi dans un des charriots. Et apparemment, aux vus du grabuge autour de lui, il ne s'était réveillé à temps et venait de se faire découvrir. Avec un soupir, il s'essuya le visage avec un bout de sa toge qui n'avait plus rien d'immaculé après ce périple puis se contenta de regarder dans les yeux l'homme qui l'avait forcé à se réveiller.


" On est arrivé à Arnlo?"


Vu la réaction de son interlocuteur, il avait mal choisi son moment pour poser sa question. L'homme avait maintenant la machoire serrée et semblait sur le point d'exploser. Elend comprenant que ce n'était pas le moment pour essayer de négocier se leva et épousseta sa robe. Le geste était plus un réflexe qu'une réelle tentative d'enlever la crasse qui s'était incrusté dans le tissu. Il sauta du chariot et voulut passer à côté du marchand pour continuer sa route.


" Et bien au revoir, et bonne journée!"


Bien sûr, l'homme ne le laissa pas s'enfuir aussi facilement et il sentit une violente douleur lui enserrer le bras droit. La poigne du marchand autour de ses muscles n'avait rien d'agréable et le laissait croire qu'il n'était pas prêt de le lâcher de si tôt. Elend le regarda à nouveau, celui-ci était encore plus rouge qu'avant, ce qui intriguait le Names, il n'avait rien fait pour l'énerver pourtant.


"Tu crois pouvoir partir comme ça ? Voleur!"


Dans un premier temps, Elend pris un air outré qu'on le traite de voleur, puis dans un second temps, il se calma et relativisa. Il était quand même vrai qu'il avait piqué un peu de nourriture pour survivre mais en aucun cas il y avait de la malice dans son geste! Pour la peine, il fit une mine bougon qui déplut encore plus au marchand. Celui-ci haussa d'un ton, ce qui étonna le jeune Namès qui pensait que l'homme était déjà à son maximum. De plus d'autres voyageurs semblaient être attirés par le spectacle.


"Tu vas me rendre ce que tu m'as volé?!"


A ces mots, le regard d'Elend changea, tout cela commençait grandement à l'ennuyer. Il n'avait rien volé, il n'avait donc rien à rendre. Si seulement, il avait une capacité pour faire changer l'avis des gens, il aurait pu s'en sortir sans trop de soucis. Maintenant avec l'autre bourru qui le tenait fermement même en devant invisible, il ne pourrait pas s'enfuir pour autant. Il n'avait donc plus qu'à se résigner à accepter le sort que lui réservais son juge et bourreau. Quant au marchant, il remarqua enfin qu'avec une simple toge, il était impossible à Elend de cacher un quelconque objet. Cette erreur eu pour effet de l'énervé encore plus et se décida de compenser en faisant preuve de plus de violence et virilité. D'un geste brusque, il força le jeune Namès à avancer à reculons sous les cris de certains autres caravaniers.


"Et bien si tu ne peux pas rendre ton butin, laisse-moi t'offrir autre chose! Un bon bain!"


Le Namès fit à nouveau une petite moue, durant son voyage, dû à son soucis de discrétion, il n'avait pas eu toujours accès au strict minimum en ce qui concernait l'hygiène. Et pourtant il en avait fait des efforts pour rester propre! Ce n'était pas très gentil de la part du marchand de soulever ce détail… D'autres cris provenaient de la foule, cela semblait plus être de la peur qu'autre chose. C'est à ce moment qu'il décida d'enfin regarder ce qui l'entourait. Et soudain il comprit la raison des cris, ils étaient près d bord d'un pont qui passait juste au-dessus d'un grand fleuve. Non loin de là ce trouvait une cité qui resplendissait de couleurs, laissant imaginer ce à quoi elle pouvait ressembler une fois vu de près. Elend arriva à trois conclusions, que la cité était sans doute Arnlo, que le fleuve était surement le Crola et surtout que le marchand ne faisait pas référence à son odeur mais au fait qu'il allait le jeter par-dessus la rambarde.


"On peut négo…"


En une fraction seconde, le carcan qui entoura son bras instaura une importante pression avant de se relâcher complètement. Cette sensation fut accompagnée d'une force de mouvement qui le projeta en arrière. L'homme venait de le lancer. Avant qu'il puisse reprendre son équilibre, ses jambes se prirent dans la barrière et il bascula. Durant les quelques secondes de chute libre, il ne put penser à rien d'autre qu'à fermer les yeux et retenir sa respiration.

L'eau claqua bruyamment contre son dos quand il s'enfonça dans le Crola. Le Namès n'eut aucun mal à ressortir la tête de l'eau pour voir de multiples personnes s'étant penchés sur le pont pour voir qu'elle était son état. La plupart se détournèrent du spectacle dès qu'ils virent qu'il allait bien. Pourtant il aurait bien eu besoin d'aide, le courant étant un peu trop fort pour qu'il puisse rejoindre la côte sans encombre. Elend soupira avant de se résigner à faire la planche. Si il ne pouvait pas atteindre la rive autant se laisser dériver. Il ferma ensuite les yeux se laissant porter au gré du courant. Où il en était déjà ? Ah oui, la wyrm…


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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Ven 16 Juin 2017 - 1:19

J’ouvre les yeux lentement, la voix de ma domestique me parvenant aux oreilles comme un bourdonnement. Ciel, ces parasites ne cesseront donc jamais de m’importuner ! Mon regard las tarde à se poser sur le miroir qui me fait face, si bien que mes paupières se referment plusieurs fois avant de me rendre compte qu’il s’agit bien de mon reflet. J’en sursauterais presque : j’ai l’air d’un spectre ! Mon teint d’une pâleur excessive contraste nettement avec cette robe noire que j’ai enfilée sans réellement m’en rendre compte. Quelle faute de goût : je ne suis pas en deuil ! Mon corset est trop lâche, la coupe de mon vêtement n’est pas bien ajustée ; j’ai décidément honte de mon allure. J’ai d’autant plus de mal à me dévisager dans ce miroir sans la moindre trace de poudre ou de crayon à joue. Et mes yeux gonflés par le sommeil ne viennent rien arranger. Visiblement, je me suis encore endormie. Rien de bien étonnant à cela, sachant que je travaille seule depuis plusieurs jours (depuis qu’Opale a pris ses congés, à vrai dire). Je manque cruellement de sommeil. Père m’a ramassée ce matin, assoupie au beau milieu de l’atelier, à proximité de la machine à coudre. D’ordinaire, je ne suis pas friande de ce tas de ferraille bien trop complexe d’utilisation et dont le grincement perce mes tympans. Et puis, elle ne m’est pas bien utile quand je dispose de plusieurs mains sur la même création. En revanche, travailler seule me prend énormément de temps et dois bien admettre qu’elle me facilite la tâche dans les situations de crise. Alors, vive le progrès.

« Cette coiffure vous convient-elle, madame ? »

Mon regard a divagué ; je le repose de nouveau sur mon reflet, à contre-cœur, je dois bien l’admettre. Derrière moi se situe Violaine, la nouvelle domestique et remplaçante actuelle d’Opale. Je crois qu’elle est un peu plus jeune qu’elle. C’est en tout cas ce que son visage juvénile m’inspire. Je me rends compte dans ce genre de situation que, décidément, aucune de toutes mes servantes n’arrive à la cheville d’Opale. Opale est exceptionnelle ; je suis navrée, Violaine, mais jamais tes chignons ne me satisferont, et ce quel que soit le nombre de rubans que tu utilises. Mais non seulement je ne me sens pas d’humeur à te sermonner, mais en plus, je n’ai aucune envie de te faire recommencer. Tu t’y prends mal et comme si cela ne suffisait pas, tu es lente. Alors, à quoi bon ? Tu es chanceuse, pour cette fois. D’un geste vague, je désigne le petit tas de cheveux cendrés que j’aperçois au sol.

« Je m’en moque, ramasse ça et fiche le camp. » D’un geste lent, je me dégage du fauteuil de la maquilleuse pour me relever et m’étirer légèrement. J’attends que Violaine soit à proximité de la porte pour enchaîner : « Tu diras aux autres que je ne souhaite pas être dérangée. La demeure pourrait s’écrouler, je ne veux voir personne passer cette porte. »

Violaine se contente d’acquiescer d’un geste de la tête, avant de refermer la porte derrière elle en un claquement sourd. Elle ne m’a même pas proposé de quoi petit-déjeuner. Voilà qui a le don de m’agacer : les nouvelles servantes ne sont guère habituées aux mœurs et coutumes d’Arnlo, et encore moins aux conventions sociales que l’on retrouve au sein de nobles foyers. Le plus souvent, Père embauche des jeunes femmes du désert, fuyant la pauvreté comme la peste et recherchant un emploi au sein de la capitale Parlèms où il est si dur de s’intégrer en tant que roturier. Les mendiants ne font pas long feu, ici. Le bon cœur de mon père le perdra ; j’estime personnellement qu’il se devrait au moins de s’assurer que ces demoiselles soient formées avant de les embaucher. J’ai parfois l’impression que je ne peux me reposer que sur Opale.

Quoiqu’il en soit, il est tout à fait hors de question que je travaille aujourd’hui : je connais mes limites et, dans mon état, je ne serai pas bien productive si je me lance sur une nouvelle création. Je ne souhaite pas passer la journée à somnoler non plus. Ou en tout cas, je ne le ferai pas enfermée entre ces quatre murs. Je connais un endroit très agréable où j’ai pris l’habitude de me rendre pour me ressourcer lors de grosses fatigues ou de périodes d’anxiété intense. Je m’y rends également quand je sens que ma santé commence à faiblir. Je suis absolument certaine que cet endroit a un effet bénéfique sur mon esprit et sur mon corps. J’en suis persuadée. Ma mère tenait le même discours : elle disait que quand elle repartait de cet endroit, elle se sentait un peu plus forte. C’est elle qui m’a montré le chemin pour m’y rendre. Maintenant, il ne me reste plus qu’à réunir quelques affaires et à faire sceller un cheval, le tout sans attirer l’attention de mon père.

***


J’entends le bruissement des vagues me parvenir jusqu’aux oreilles comme une douce mélodie. Le son me berce et m’apaise, si bien que je m’en suis endormie. Je rouvre les yeux avec lenteur, profitant de la chaleur qui surplombe cette petite clairière, protégée par l’ombre d’un arbre. Je me relève légèrement et m’étire, provoquant ainsi la chute du livre qui reposait auparavant sur mon ventre. A mes côtés, une petite besace, ma préférée, remplie de nourriture, de rubans et de bouquins. J’ai également jugé bon d’ôter mes chaussures, ma robe, et mon corset. Je me sens toute légère, débarrassée du poids de mes vêtements. Après tout, j’ai la certitude d’être seule en ce lieu, alors je n’ai aucune honte à me dévêtir. De toute ma vie, je n’ai encore jamais croisé personne ici. Il faut dire que le chemin n’est pas facile à trouver, à moins d’arriver par la Crola. Encore quelque peu endormie, je décide qu’il est temps d’aller me rafraîchir. Je me débarrasse du reste de mes vêtements, puis je me relève doucement en prenant soin d’étirer chaque partie de mon corps, libérant en même temps ma chevelure du chignon qui les retenait. Je m’approche de la surface de l’eau, espérant intimement qu’elle ne soit pas trop fraîche. J’y plonge le pied, et puis, décidée à prendre mon courage à deux mains, j’y plonge toute entière.

Je ferme les yeux quelques instants, me laissant emporter par le courant. Mon corps dérive de cette façon un bon moment. J’en viens à oublier ma propre existence. J’en oublie, Opale, les domestiques, l’atelier, ma fatigue, mon anxiété… j’en viens même à oublier mon père ! Quelques instants seulement. Voilà que je percute quelque chose, me faisant soudainement revenir à la réalité. J’ouvre les yeux, le regard vague et me redresse. Je me retourne mais je ne me rends pas tout de suite compte de ce dont il s’agit. Ce n’est qu’après un intense instant de réflexion que je prends conscience de ma situation : quelle était donc la probabilité que quelqu’un parvienne réellement jusqu’ici en arrivant par la Crola ? Rouge de honte, paniquée, je recule aussi rapidement que possible en m’enfonçant dans l’eau jusqu’au menton, bégayant quelque chose comme :

« R…Ru…Rus…tre… ! »



Elerinna : #D8BFD8
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Le Chasseur

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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Ven 16 Juin 2017 - 21:01

Comme il était agréable de se baigner dans une vraie étendue d'eau! A Karnes, Elend n'avait jamais eu l'occasion d'expérimenter ce genre de loisir. Evidemment, il avait déjà pris des bains et s'était même une fois retrouvé accidentellement dans le bassin d'un lavoir mais l'eau était une ressource précieuse dans le Désert de la Patience. De ce fait, la natation ne faisait pas partie des activités pratiquées par les Namès. En fait, le Crola n'était pas la seule qualité que le jeune homme trouvait à la Plaine Isolée. Tout d'abord il y avait le temps, en période d'été les après-midi étaient accompagnées d'une chaleur de plomb empêchant les habitants de la capitale de librement circuler dans les allers de la cité, les obligeant de s'abriter à la recherche d'ombre. Alors qu'ici, le soleil avait beau être haut dans le ciel, ses rayons ne semblaient en rien agresser sa peau, bien au contraire ils le baignaient sereinement l'enlaçant tels des bras aimants. Le courant continuait de le porter comme s'il n'était que la feuille d'un arbre volant au fil du vent. Pour la première fois, il put sentir des odeurs qu'il qualifia d'estival, ce mélange d'herbe et des parfums fleuris contrastait grandement avec l'air constamment saturé de poussière et de sable du désert. Décidemment il avait bien fait de quitter sa région natale!

Le jeune Namès avait perdu la notion du temps, toujours les quatre membres écartés afin de s'assurer une bonne flottaison, il contemplait le ciel. Fidèle au mois de Sorn celui-ci était d'un bleu indescriptible où plusieurs nuages laiteux venaient parcourir son immensité. Un sourire s'esquissa sur son visage lorsqu'il crut reconnaitre la tête rectangulaire d'un Malborn dans l'un des nimbus qui flottaient au-dessus de lui. Il avait hâte d'arriver dans la capitale Parlems, il en avait vu très peu à Karnès, mais rien qu'à leurs accoutrements colorés, il réussissait à imaginer les merveilles qui l'attendaient là-bas. Perdu dans ses pensées, il fit quelques mouvements de brasses afin d'accélérer la cadence de son voyage. Tout à coup sa tête percuta quelque chose, la première chose qui lui vint à l'esprit était que ce n'était pas un rocher où alors celui-ci devait être recouvert d'une bonne couche d'algue pour être aussi mou. Il se demanda ensuite, tout en se débattant pour reprendre une position verticale dans l'eau, si ce n'était pas tout simplement un poisson, enfin un énorme poisson. Ou alors, il s'agissait d'une bête féroce! Peut-être que l'apparition de la wyrm dans son rêve n'était pas une simple fabulation, mais une prémonition! A cette idée son sang ne fit qu'un tour. Soudain une voix féminine arriva à ses oreilles.



"R…Ru…Rus…tre… ! "


Au bégayement de l'inconnue, Elend comprit qu'il avait dû tout autant la surprendre qu'elle l'avait surpris. D'un geste de bras, il commença à se retourner pensant à une formule de politesse pour s'excuser de cet incident. Il avait déjà eu des problèmes avec un homme aujourd'hui et n'avait aucune envie d'avoir des embrouilles avec une autre personne de la région. Le Namès pâlit en se trouvant face à la jeune fille, son corps était enfoncé dans l'eau de telle sorte que seule sa tête dépassait du courant. Son visage exsangue accentuait le contour des immenses cernes noirs qui tombaient de sous ses paupières. Pendant un instant, le cours du temps sembla se figer afin qu'il puisse assimiler ce qu'il venait de voir. Il déglutit difficilement et tout sembla reprendre route : l'eau glissait sur sa peau, les oiseaux chantaient et le vent vrombissait. Sa mâchoire inférieure trembla comme si elle n'arrivait pas à faire sortir le mot qui pourtant se trouvait au bout de sa langue. Dans un état de panique, il arriva à articuler difficilement l'objet de son effroi.


"Un fanfan… Un fantôme!"


Tout en criant la fin de sa phrase, il jeta par réflexe ses bras en avant afin d'à la fois asperger la créature se trouvant lui et aussi s'éloigner le plus rapidement d'elle. Il se retourna rapidement vers la rive la plus proche et tenta d'y nager en crawl. En tant que Namès, il n'était pas vraiment très bon au niveau déplacement aquatique mais ce jour il était persuadé qu'il aurait pu battre n'importe quel champion de natation à la course. Tout en se débattant pour arriver le plus vite possible en sécurité sur la côte, son esprit était en ébullition par rapport à cette rencontre. Il avait entendu parler de ses âmes qui hantaient parfois des lieux, selon les légendes il s'agissait de personne ayant eu une mort violente ou étant chargé de regret lors de leurs derniers souffle qui refusait de suivre Uraang dans l'au-delà pour continuer à vivre près de l'endroit où ils étaient décédés. Dans ce tourbillon de pensée et de questions, seule une chose était sûre et certain : il n'avait aucune envie de rester faire trempette avec une âme en perdition.

Dès qu'il sentit son pied s'enfoncer dans la vase, signe que la terre était tout proche, il commença à avancer à quatre pattes afin d'être ralentit le moins possible par la sorte de boue qui se trouvait près de la rive. Une fois bien sur la terre ferme, il se regarda en arrière, priant Ciorel (ce qui était assez contradictoire maintenant qu'il y pensait) pour le fantôme ait disparu. Malheureusement pour lui, la tête flottait toujours dans l'eau et semblait le fixer du regard. Toujours apeuré, il se réfugia à l'abri derrière un arbre qui bordait le fleuve. Dans certains livres, il avait lu que pour faire disparaitre un esprit, il suffisait de saler et bruler son cadavre. Ce qui était embêtant car il n'avait rien pour saler ou faire bruler un corps et qu'en plus il n'avait strictement aucune idée d'où celui-ci pourrait se trouver. Selon les contes, il existait un autre moyen apaiser le fantôme afin qu'il décide de lui-même de quitter le monde des mortelles. Alors qu'il reprenait son calme derrière le tronc du chêne, cette solution commençait à faire un bout de chemin dans son esprit. Malgré son air livide, elle ne semblait pas avoir voulu l'agresser et le couler, sans compter qu'elle lui avait parlé. Essayer de la convaincre de retourner auprès d'Uraang était tout à fait jouable. Le jeune Namès prit une profonde inspiration avant de parler assez fort pour celle-ci l'entendre.


"Mademoiselle, avez-vous besoin d'aide !?"



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Dernière édition par Elend Reyes le Jeu 22 Juin 2017 - 10:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Sam 17 Juin 2017 - 1:45

Tout d’abord, je ne saisis pas la situation. J’assiste impuissante à la réaction de ce stupide roturier : mais après une intense réflexion et une analyse poussée de ce qu’il vient de bégayer, je crois qu’il me prend réellement pour un fantôme... Un fantôme ! Certes, je manque quelque peu de sommeil, certes, de légères cernes ont commencé à se creuser sous mes yeux, certes, mes cheveux dépigmentés n’apportent guère plus de vie à ce visage livide, mais tout de même, voilà une façon bien impolie de se comporter face à une dame ! Je ne suis tout de même pas si laide ! Je ne suis âgée que de dix-sept ans, comment cet immonde personnage peut-il me prendre pour une morte ? Je n’ai même pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il m’asperge déjà d’eau, essayant très certainement de m’étourdir, le temps de pouvoir prendre ses jambes à son cou. En plus d’être un impoli de première catégorie, ce garçon est un lâche ! Voilà qui n’est pas plus mal, ceci dit : je n’aurais jamais supporté que l’on me reconnaisse dans cette situation, et dans cette tenue ! Je secoue la tête pour me débarrasser des gouttes d’eau qui me coulent dans les yeux avant de l’apercevoir là-bas, dissimulé derrière un arbre, tremblant de tous ses membres et figé de terreur. Il me dévisage de cette façon quelques instants, avant d’enfin se décider à prendre la parole :

- Mademoiselle, avez-vous besoin d'aide !?

Par tous les dieux, voilà maintenant qu’il me propose de l’aide. Bientôt, cet imbécile va essayer de me convaincre d’aller rejoindre Uraang ! Voyez-vous, je suis partagée entre le rire et la colère ! Mon cher, je ne sais décidément pas quel comportement adopter face à votre bêtise ! L’envie me gagne de me redresser et de marcher lentement dans votre direction avec les yeux révulsés. Peut-être vous hâteriez-vous de fuir cet endroit à la nage pour me laisser profiter du reste de l’après-midi. Mais non seulement cette plaisanterie me paraît de très mauvais goût, mais en plus, je ne possède guère les talents de comédienne nécessaires à l’interprétation d’un tel rôle. J’ai bien bénéficié de quelques cours de théâtre, mais je n’ai encore jamais eu l’occasion de jouer un spectre. Quoiqu’il en soit, au lieu de cela, je laisse échapper un profond soupir avant de me redresser légèrement, laissant ainsi apparaître mes épaules. J’espère que ce simple fait vous suffira à vous rendre compte que je ne suis pas qu’une tête flottante. Peut-être aurais-je pu vous sourire pour essayer de vous apaiser, mais je ne suis décidément pas bonne à jouer la comédie. C’est donc quelque peu irritée que je vous réponds :

- Commencez par me présenter des excuses ! Maudit mendiant…

Le terme de « mendiant » ne m’a pas échappé par hasard, car il est ce qui me vient en premier à l’esprit quand j’aperçois ce garçon. Je dois bien admettre qu’il est plutôt bel homme (certes, il ne remplit guère mes critères ; mais je me demande bien quels sont mes critères). Cette longue et fine chevelure dorée ferait pâlir de jalousie un grand nombre de résidents de la capitale Parlèms ; d’ailleurs, je me sens moi-même un peu envieuse face à cette couleur blonde resplendissante. Je ne crois pas avoir déjà croisé un homme possédant ce type de chevelure dans les rues d’Arnlo. De plus, ce jeune homme possède des traits très fins qui lui offrent un visage rassurant et agréable à regarder. En revanche, je comprends que cet homme n’a rien d’un noble face à cette immonde toge blanche maculée de terre, l’eau ne suffisant visiblement pas à lui rendre sa blancheur. Je n’aperçois aucun bijou à ses doigts, ni à ses poignets. De plus, cette baignade dans la Crola me paraît suspecte : peut-être ce garçon est-il réellement un mendiant, profitant de la chaleur de l’après-midi pour prendre son bain. Voilà qui m’écœure ! Et puis, de toute façon, je n’ai pas de temps à perdre avec un mendiant !

- Ecoutez-moi bien : je ne suis pas un fantôme ! Regardez là-bas, j’ai laissé toutes mes affaires.

Ma robe est suspendue à la branche d’un arbre, tandis que le reste de mes affaires est déposé au sol. Bien sûr, je les ai disposées sur une nappe pour ne pas les salir avec la terre. Je ne me doutais pas que cette nappe me serait si utile ! J’attends que mon interlocuteur se rende bien compte de la situation et qu’il retrouve ses esprits avant d’à nouveau m’adresser à lui :

- Je ne m’attendais pas à croiser un homme ici, alors… Si vous voulez bien vous retourner…

J’attends sa réponse et qu’il s’exécute avant de sortir précipitamment de l’eau, honteuse de retrouver dans cette situation. Par la faute de cet idiot, mon visage est trempé et mes cheveux sont imprégnés d’eau. J’espère au moins qu’il ne me prend plus pour un fantôme. Ça, je ne vous le pardonnerai pas, mendiant ! Quoiqu’il en soit, je fais aussi vite que je peux pour me sécher à l’aide de la nappe que j’ai ramenée, me résignant à déposer mes affaires à même la terre. Je renfile rapidement mes vêtements – à l’exception de mon corset, je sais que je ne parviendrai pas à le nouer moi-même – et me râcle la gorge en tentant de dissimuler ma gêne. Je ne me suis jamais présentée dans un telle tenue devant qui que ce soit, si mal vêtue et décoiffée ! D’un ton formel, je reprends la parole :

- Vous pouvez vous retourner. A la vue de votre tenue, j’imagine bien que vous n’êtes pas friand de mode, voilà sûrement la raison pour laquelle vous ne m’avez pas reconnue… Bref, je me nomme Elerinna Jelica.

Après avoir déblatéré ceci, je me jette dans ma besace pour trouver de quoi nourrir ce mendiant. Je ne suis pas un monstre, tout de même. Tout en continuant de trifouiller dans mon sac à la recherche d’un fruit, j’enchaîne :

- Je tenais à vous faire remarquer que votre tenue est du plus mauvais goût. De tous les mendiants que j’ai rencontrés, vous êtes le plus mal vêtu ! Sérieusement, la toge, ça ne se fait plus… Seuls ces illuminés du désert osent encore s’accoutrer de la sorte… Ah ! Voilà !

Je sors une pomme de ma besace avant de la tendre dans la direction de mon interlocuteur. Je porte mon regard sur lui avant de me rendre compte que j’ai été impolie en me présentant quelques instants plus tôt sans lui retourner la question.

- Au fait, quel est votre nom ?



Elerinna : #D8BFD8


Dernière édition par Elerinna Jelica le Jeu 22 Juin 2017 - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Jeu 22 Juin 2017 - 10:25

"Commencez par me présenter des excuses ! Maudit mendiant…"


La phrase avait été prononcée d'une façon tellement cinglante qu'elle sembla trancher l'air en direction d'Elend. Quand ses mots arrivèrent aux oreilles du Namès, ceux-ci eurent l'effet d'un choc électrique. Une décharge parcourue la colonne du jeune homme tandis que tous les poils de son corps s'hérissaient en même temps que son esprit analysait désespérément le sens des paroles qu'il venait d'entendre. Pourquoi ce fantôme voulait des excuses ? Et pourquoi le traitait-il de mendiant ? Pour Elend, il était évident que le spectre aveuglé par la colère devait se fourvoyer et le prendre pour son assassin. Plus il y réfléchissait, plus l'histoire lui semblait nette. Au vue de comment s'exprimait l'esprit, il était aisé de deviner qu'elle était surement d'une origine noble. Et il était de savoir commun que chez les Parlems, noblesse était synonyme de richesse. La pauvre avait dû se faire agresser par un mendiant qui en avait après sa bourse et, que cela soit de manière accidentelle ou non, elle avait fini par se faire tuer. Maintenant, elle le prenant pour son assassin et exigeait réparation! Le jeune Namès déglutit, il voulait bien l'aider à trouver la paix mais il n'avait pas non plus l'envie de payer les pots cassés de quelqu'un d'autre. Etait-il possible de discuter avec elle afin d'éclaircir la situation ? Il n'en avait aucune idée. Selon les ouvrages (qui avouons-le étaient plus proche d'un recueil d'histoires horrifiques que d'une vraie encyclopédie), les âmes égarées avaient la fâcheuse tendance à rester bloquer dans un scénario en particulier et qu'il était très difficile de les en faire sortir. Alors qu'il tentait de trouver la bonne tournure de phrase pour réussir à la convaincre de son innocence, la voix de l'esprit retentit à nouveau.


" Ecoutez-moi bien : je ne suis pas un fantôme ! Regardez là-bas, j’ai laissé toutes mes affaires."


Elend ne put s'empêcher d'hausser les sourcils, il était tellement persuadé d'être face à un fantôme qu'il n'avait même pas songé à l'éventualité qu'il puisse simplement avoir percuté une jeune fille en nageant dans le Crola. Curieux, il passa la tête sur le côté de l'arbre afin d'observer à nouveau son interlocutrice, réalisant que sur toute la scène, il ne l'avait qu'aperçue qu'un bref instant. Bon il restait vrai qu'elle était extrêmement pâle et que ses cheveux cendrés n'aidaient pas à donner l'impression que celle-ci était en grande forme. Mais plus il la détaillait, plus il pouvait percevoir une certaine beauté juvénile se dégager de sa personne. Ses grands yeux bleus étaient accentués par la blancheur de sa peau lui donnant un air de biche, même s'il n'était pas grand connaisseur vis-à-vis de la gente féminine le jeune Namès se risquait à dire qu'on pouvait surement la qualifier de mignonne. Son regard s'arrêta un moment sur ses épaules nues, il était vrai qu'elle avait mentionnée avoir laissé ses affaires quelque part sur la rive. Il scruta rapidement les alentours avant de remarquer un drap non loin de sa position, dessus se trouvait un petit tas de vêtements pliés très soigneusement. Il n'y avait aucun doute sur le fait, qu'il s'agissant bien des affaires de la jeune femme. Réalisant enfin de quoi il en retournait vraiment, il reporta rapidement son attention sur son interlocutrice avant de sentir son visage s'empourprer. Elle était nue! Rien que l'idée d'avoir pu par inadvertance violer la pudeur de la jeune fille le mettait mal à l'aise. Bien heureusement pour elle, l'eau du Crola était plutôt trouble à cet endroit camouflant ainsi tout ce qui s'y trouvait immergé. Il n'osait même pas imaginer ce qu'il aurait été advenue si le fleuve avait été limpide…


"… Si vous voulez bien vous retourner…"


Encore perdu dans ses pensées, il faillit sursauter en percevant ces quelques mots. En reprenant un peu ses esprits et sa contenance, il s'aperçut que depuis tout ce temps, il avait dû dévisager la jeune fille. Bredouillant rapidement des excuses, il se retourna tout en se maudissant intérieurement de s'être bloqué sur son interlocutrice qui devait maintenant le prendre pour une personne perverse et déviante… Il entendit le remous de l'eau qu'elle fit en s'extirpant du fleuve, en tendant l'oreille il aurait été presque capable de distinguer le bruit des gouttes d'eaux retombant dans la rivière. Son instinct, même si il n'était pas sûr s'il s'agissait de celui de survie ou celui d'un garçon un peu trop curieux sur le sexe opposé, lui criait de se retourner. Afin de ne pas céder à cette pulsion, il se concentra sur le pont qu'il voyait au loin à l'horizon, il y avait fort à parier que c'était celui dont il avait été jeté quelques moments plus tôt. Il fallait l'avouer sa première journée en dehors du désert de la Patience n'était pas de tout repos…

Au bout d'une poignée de minute, elle l'autorisa à se retourner et le jeune homme s'exécuta timidement, malgré le fait d'avoir reçu l'aval de la demoiselle, il craignait tout de même de la surprendre dans une situation inappropriée. Il fut soulagé en voyant qu'elle était de nouveau vêtue, mais ce qui l'impressionna encore plus était la tenue de la jeune femme. Il n'était certes qu'un profane en matière de couture et de mode (comme la plupart des habitants de Karnès en vérité) mais il la trouva très élégante. Elle se présenta enfin : Elerinna Jelica, et à ses dires, elle devait être très connue dans sa confrérie. Elle était donc surement une noble, ce qui voulait dire qu'était très probablement riche et cela expliquait ses beaux habits! Il l'analysa rapidement de la tête au pied, il avait déjà vu des Parlems, mais la plupart n'était que des marchands, elle était la première noble qu'il croisait. Et il était vrai que malgré ses cheveux encore mouillés et non coiffés et son teint blafard, quelque chose semblait se dégager d'elle. Etait-cela qu'on appelle une aura de noblesse ?

Elle ne lui laissa pas le temps de lui retourner la politesse, qu'elle était déjà en train de trifouiller sa besace à la recherche de quelque chose. Tout en s'exécutant, elle lui tenu un discours qui se rapprochait grandement du sermon à propos de sa toge, qui part ailleurs était encore toute humide. Une nouvelle fois, elle utilisa le terme mendiant pour le désigner, ce qui ne le gênait pas vraiment, la tenue traditionnelle Namès était censée être un message d'humilité afin qu'on ne puisse juger une personne par son apparence. Tout le contraire de la mentalité de leurs voisins Parlems. Maintenant qu'il y songeait, il serait judicieux de changer d'accoutrement une fois arrivé à Arnlo, peut-être pouvait-il demander conseil à son interlocutrice ? A moins que ceci était contre les convenances sociales des Parlems… Elle était une noble, tout de même ! En fait il n'avait aucune idée de comment marchait réellement toutes ces histoires de castes et rang social. Et vue qu'il avait dû donner une très mauvaise première impression à Elerinna, il n'avait aucune envie de passer en plus pour un malotru. A son grand soulagement, elle lui tendit une pomme tout en lui demandant son nom, signe qu'elle ne souciait guère des différences de classe. Avec un sourire poli, il attrapa la pomme qu'il fit sauter d'une main à l'autre.


"Enchanté, Elerinna, je me nomme Elend Reyes. Et je tiens à présenter mes plus plates excuses pour vous avoir surprises lors de votre baignade ainsi que de vous avoir confondu avec un spectre."


D'un geste, il croqua dans la pomme et avala presque directement le morceau qui se trouvait dans sa bouche. Il était vrai qu'il était un tant soit peu affamé, mais il lui restait encore plusieurs choses à dire et il n'avait aucune envie de parler la bouche pleine. Il leva l'index afin de montrer à son interlocutrice que ce qu'il allait dire était relativement important.


"Par contre je tiens à rectifier quelque chose, je ne suis pas un mendiant mais comme vous l'avez si bien dit : un illuminé du désert. J'ai quitté pour la première fois ma patrie afin de partir à l'aventure et je n'ai donc qu'une vague connaissance sur votre culture et mode de vie donc veuillez m'excuser si ma tenue vous parait inappropriée. Et si ce n'est pas trop demandé, j'aimerais savoir où je pourrais trouver des vêtements qui siéraient un peu plus à l'ambiance d'Arnlo. Peut-être là où vous avez trouvé vos habits, bien que je m'y connais très peu, je les trouve particulièrement beaux…"


Se rendant compte qu'il avait surement dépassé les bornes, il se baissa la tête tout en se grattant la tempe gêné. Il avait fait des efforts pour ne pas paraitre trop rustre, mais il n'avait pas su s'arrêter et avait fini par dire ce qu'il lui passait par la tête… Il n'avait plus qu'à espérer qu'Elerinna ne soit pas offusquée par sa demande.


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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Jeu 22 Juin 2017 - 14:25

Le mendiant ne m’a pas remerciée pour le fruit ! Bon… Après tout, il n’est pas un noble, ni même un bourgeois : je peux me permettre d’être moins regardante sur la politesse et les conventions, je suppose. Et puis, une pomme, ce n’est pas grand-chose, après tout. Je décide donc de ne pas relever cette maladresse. Peut-être n’a-t-il aucune idée de l’attitude à adopter face à une dame ? Je ne peux pas lui en vouloir pour ça, après tout. Père m’a toujours dit que je devais m’adapter à mon interlocuteur ; certes, venant d’un noble Parlèms, l’absence de bonnes manières a bien évidemment tendance à me mettre hors de moi. En revanche, je trouve ce mendiant particulièrement bien éduqué ; il m’a tout de même souri quand je lui ai tendu le fruit ! D’autant plus qu’il ne s’est pas jeté dessus comme une bête sauvage. Je vais donc considérer ce sourire comme un remerciement.

- Enchanté, Elerinna, je me nomme Elend Reyes. Et je tiens à présenter mes plus plates excuses pour vous avoir surprise lors de votre baignade ainsi que de vous avoir confondue avec un spectre.

Outre le fait que vous me nommiez par mon prénom, voilà au moins de réelles excuses. Vous demeurez visiblement quelqu’un de bien élevé : je décide donc de ne pas vous en tenir rigueur, vous êtes chanceux. Je suis pourtant une personne de nature rancunière. Quoique pour être honnête, je me sens toujours un peu vexée. Non pas que vous m’ayez directement manqué de respect, mais je crois, en fait, que votre réaction était pire que cela. Jamais l’on ne m’a fait un tel affront ! Enfin, j’imagine que cela me servira de leçon. Le manque de sommeil nuit à ma beauté, comme me le répète si souvent Louisa, et j’en ai là la preuve ! Peut-être qu’une teinture de cheveux me permettrait d’avoir l’air plus vivante, qui sait… Enfin, je m’égare !

Vous vous nommez donc Elend Reyes. Etrangement, ce nom me paraît exotique, je n’ai encore jamais rien entendu de tel à Arnlo. Je ne saurais dire d’où il provient, mais une chose est certaine, vous n’êtes pas d’ici. Je le devine également à votre physique. Voilà qui est intriguant, pour un mendiant... Quelle région avez-vous bien pu fuir ? Peut-être me suis-je fourvoyée sur votre compte ? Quoiqu’il en soit, vous me prenez de court. Je m’apprête à vous répondre, notamment à vous interroger sur vos origines, mais vous me coupez dans mon élan, d’un mouvement de la main. Vous levez votre index avant de déclarer :

- Par contre je tiens à rectifier quelque chose, je ne suis pas un mendiant mais comme vous l'avez si bien dit : un illuminé du désert. J'ai quitté pour la première fois ma patrie afin de partir à l'aventure et je n'ai donc qu'une vague connaissance sur votre culture et mode de vie donc veuillez m'excuser si ma tenue vous parait inappropriée.

C’est bien ce que je pensais, vous êtes un Namès ! J’aurais dû le deviner à votre tenue et à votre chevelure ! Je suis à la fois intimidée mais également excitée de rencontrer quelqu’un venant d’ailleurs : à l’exception d’Opale, je ne connais personne provenant d’une autre confrérie. Et je n’ai jamais rencontré de Namès. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un Namès peut bien venir faire à Arnlo ? Je n’ai lu que peu de choses au sujet de ce peuple, mais je sais une chose : votre confrérie possède un système de valeurs drastiquement opposé au nôtre. C’est vrai : vous vous cantonnez dans la pauvreté, vous contraignant même à abandonner toute liberté en vous revêtant de cette immonde tenue. Avez-vous fui le désert à cause de l’oppression Namès ? Pourquoi avoir choisi Arnlo ? A quoi ressemble Karnès ? Y rencontre-t-on réellement des vers géants ? Tant de questions que je me retiens de poser pour ne pas vous couper la parole.

- Et si ce n'est pas trop demandé, j'aimerais savoir où je pourrais trouver des vêtements qui siéraient un peu plus à l'ambiance d'Arnlo. Peut-être là où vous avez trouvé vos habits, bien que je m'y connais très peu, je les trouve particulièrement beaux…

Là, je sens un immense sourire s’étendre sur mes lèvres. Monsieur le Namès, vous me flattez. Bien sûr, je suis convaincue de mes capacités. En revanche, et ce depuis que mon père a pris sa retraite, les critiques se font de plus en plus virulentes, les clients se plaignant de l’extravagance de mes créations. Des amateurs. Ils ne connaissent pas la mode si bien que je la connais et n’ont aucune idée de la passion que je mets dans chacune de mes tenues. D’ailleurs, cela m’arrache parfois le cœur de les abandonner entre de bien mauvaises mains. Quoiqu’il en soit, les compliments sont précieux. Notamment ceux de personnes ne s’y connaissant que peu en haute couture. Ce simple fait prouve bien que mes créations plaisent au plus grand nombre. Mon cher, vous attirez ma sympathie. Peut-être même que si vous avez un peu d’argent sur vous, je pourrai vous faire bénéficier d’une réduction… Je ne vais tout de même pas passer à côté de mon premier client Namès !

- Je suppose que vous avez fait un long voyage depuis le Désert. Vous devez avoir faim !

C’est donc de bonne humeur que je me retourne pour aller m’installer à genoux sur la nappe que j’ai disposée au sol. Je me saisis de ma besace pour en extraire la nourriture qu’elle contient avant de déposer minutieusement tous les fruits que j’ai ramenés devant moi. Des pommes et du raisin. J’ai également ramené un bon morceau de pain, enveloppé dans une serviette en tissu, et un peu de lait dans une gourde. Eh bien oui : j’avais prévu de rester ici toute la journée, mieux valait que j’apporte de quoi me nourrir ! Tout en finissant de vider le contenu de ma besace, je m’adresse au Namès :

- Vous pouvez vous servir. Ne vous inquiétez pas, je peux vous garantir que ce sont des fruits de première qualité. Notamment le raisin qui provient des vignes dont ma famille a la charge. Vous m’en direz des nouvelles.

Par politesse, j’attends que mon interlocuteur se serve en premier avant de me saisir à mon tour d’une grappe de raisin. Un léger sourire au bord des lèvres, je prends de nouveau la parole après en avoir mangé quelques baies.

- Concernant mes vêtements, qu’il s’agisse de ma robe ou de mon corset, sachez que j’en suis la couturière. Je suis à la tête d’un grand atelier de couture situé à Arnlo, l’atelier Jelica. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ?

Bien sûr que non. Si ce jeune homme ne s’intéresse pas à la haute couture, il n’a aucune raison d’avoir entendu parler de l’atelier. Mais je dois impérativement remédier à cela : avoir des clients provenant de diverses confréries est un véritable honneur pour un marchand digne de ce nom. Bien sûr, j’ai déjà produit des créations pour des nobles héléos : mais je préfère limiter le contact avec les non-humains.

- Quoiqu’il en soit… Dis-je en arrachant une nouvelle baie de ma grappe de raisin, fixant mon interlocuteur d’un regard malicieux, A la vue de votre silhouette, je vois à peu près ce qui pourrait vous convenir. Mais j’aurais tout de même besoin que vous vous déplaciez jusqu’à l’atelier pour que je puisse prendre vos mesures. De même, je pense être en mesure de vous faire bénéficier d’une réduction, mais il faut que vous sachiez que nous n’utilisons que des tissus nobles pour confectionner nos tenues. Pouvez-vous vous permettre d’y mettre le prix ?



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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Mar 27 Juin 2017 - 17:02

Un profond sentiment de soulagement vint emplir le jeune Namès lorsque l'encore plus jeune Parlems lui offrit un énorme sourire. A Karnès, il avait souvent ouïe dire qu'il fallait se méfier des sourires dont se masquaient les habitants d'Arnlo, que la plupart utilisait cet artifice pour mieux vous trahir par la suite. Et pourtant, il n'arrivait pas à s'imaginer que derrière cette rangée de dents blanches pouvaient se cacher de mauvaises intentions. En fait, elle donnait l'impression d'être sincèrement flatter par ses propos. Etait-il possible que les gens d'en dehors du Désert soient si sensibles par rapport aux compliments concernant leurs habits ? Il était vrai que certains marchands et caravaniers tenaient ce genre de propos tard le soir… Il se souvenait particulièrement d'un homme bedonnant qui allait sur sa soixantaine et dont presque la totalité des cheveux avaient déjà quittés son crâne. Il l'avait saisi sous son bras potelé avant de le ramener vers lui suffisamment près pour qu'Elend puisse sentir les effluves d'alcool qui s'échappaient d'entre ses lèvres à chaque fois qu'il prononçait une phrase.


"Ecoute bien petit! Le meilleur moyen d'atteindre le cœur d'une dame, c'est de la complimenter sur ses vêtements! Plus tu lui diras qu'ils sont jolis, plus il te sera facile de les lui enlever!"


Et il avait ponctué son conseil par un rire bien gras avant de le lâcher afin de reprendre une gorgée dans la chope qu'il tenait dans l'autre main. Elend en avait profité pour s'éclipser en se demandant bien pourquoi il voudrait enlever les vêtements de quelqu'un alors qu'il les trouvait très beaux… Enfin ce n'était pas la question! Surtout qu'Elerinna, elle, avait commencé par être nue avant de remettre ses vêtements.


"Vous devez avoir faim !"


L'affirmation énoncer par la Noble attira de nouveau l'attention du Namès, il n'avait pas particulièrement faim, mais son mois de voyage clandestin lui avait appris à ne jamais laisser s'échapper une occasion de se nourrir. Seuls les dieux savaient quand, une fois arrivée à Arnlo, il pourra à nouveau profiter d'un repas offert ! Il ne se fit donc pas prier quand elle l'invita à manger avec elle et attendit patiemment lorsqu'elle disposa les différentes denrées sur la nappe. Il n'en fit rien, mais la variété de fruits disposés sur le tissu l'impressionnait grandement. Si les pommes n'étaient pas trop difficiles à faire parvenir à la capitale Namès, la plupart des fruits qui y arrivaient étaient pratiquement toujours séchés et restaient des produits de luxe. Et c'était sans mentionner le prix exorbitant que pouvait avoir les rares fruits ou légumes frais que les marchands arrivaient à transporter à travers le désert! A vrai dire, parmi tout ce que la jeune Parlems venait de mettre sur le drap, il y avait deux fruits qu'il n'avait jusque-là vu qu'en image. Devant cet étalage de richesse, il n'avait plus aucun doute sur le fait qu'Elerinna soit bien une noble.


"Vous pouvez vous servir. Ne vous inquiétez pas, je peux vous garantir que ce sont des fruits de première qualité. Notamment le raisin qui provient des vignes dont ma famille a la charge. Vous m’en direz des nouvelles."


Elend faillit tomber des nues, elle ne les avait pas tous acheter, certains de ses fruits poussaient chez elle! Il la regarda avec de grands yeux, était-il possible qu'il venait de tomber sur une noble très importante de la cité ? Se pourrait-il que par mégarde, il venait de croiser la Lady !? Non, ce n'était pas possible… Le climat des plaines était bien différent que la chaleur aride de sa région natale, posséder des arbres fruitiers, voir des cultures, devait être à la portée de presque tous ceux ayant un minimum de terrain. Enfin, c'est ce qu'il supposait…

Voyant que sa bienfaitrice semblait attendre qu'il se servt, il se décida de suivre ses précieuses indications et entreprit à manger un peu de raisin. A la première bouchée, une explosion de gout et de fraicheur envahit son palais. Comment était-il possible qu'une si petite baie puisse avoir autant de saveur tout en étant aussi rafraichissante ? C'était délicieux ! Enfin presque, le seul bémol était que le fruit ne devait pas être complètement mûr car il subsistait dans sa chair des morceaux très durs et au goût très amer. Par politesse, il n'en fit pas la remarque à la Parlems qui venait de vanter la qualité de ce mets et se retint de cracher les petits grains qui gâchaient un peu le gout du raisin. Au final, elle le rejoint dans la dégustation du fruit. Toutefois, elle ne sembla pas être dérangée par le fait qu'il y ait des morceaux âpres, peut-être était-ce tout simplement normal. Après avoir engloutis plusieurs de ses baies, elle reprit la parole toujours avec le même sourire qu'elle arborait depuis qu'il avait fait l'éloge de sa tenue.


"Concernant mes vêtements, qu’il s’agisse de ma robe ou de mon corset, sachez que j’en suis la couturière. Je suis à la tête d’un grand atelier de couture situé à Arnlo, l’atelier Jelica. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ?"


Elend haussa les épaules en signe d'ignorance, déjà il était rare de trouver des couturier chez les Namès, la toge immaculé étant de rigueur pour tous, il n'y avait pas vraiment de place se faire pour de tels artisans à Karnès. De plus étant arrivé depuis très peu dans la Plaine isolée et n'ayant même pas posé un seul pied dans la capitale. Il avait beau bien vouloir croire que les vêtements conçus par la maison Jelica soient incroyable, il aurait fallu que ceux-ci donne des pouvoirs miraculeux à leurs porteurs pour qu'il ait eu une chance d'en entendre parler. Toutefois, il comprit enfin la raison derrière le sourire chaleureux de son interlocutrice, ce n'était pas celui d'une personne dont on flattait sa vanité par des détails plus que superficielles mais celui d'un artiste à qui l'on reconnaissait l'œuvre! Il était d'autant plus impressionnant que malgré son jeune âge, Elerinna soit capable de tels prouesses dans ce domaine. Dire qu'il devait encore demander à sa mère quand il avait besoin qu'on lui recouse une déchirure dans son habit…

Cela dit, il y voyait aussi une aubaine pour obtenir une tenue qui ne ferait pas trop tâche dans la capitale colorée qu'étais Arnlo. Et si en plus cela l'évitait d'être confondu avec un mendiant, il avait tout à gagner! Le problème était maintenant de demander ce service à sa nouvelle connaissance, elle venait tout de même de lui donner de la nourriture de première qualité, il ne pouvait décemment pas la pousser en plus pour qu'elle lui confectionne un costume. Tout en goutant à ce qu'il supposait être une framboise, qui était tout aussi délicieuse au passage et sans grains durs et amers, son esprit s'ébrouait à trouver une manière polie d'introduire le sujet. Ciorel devait être de son côté car il n'eut même pas à prononcer un seul son lorsqu'Elerinna se proposa de lui venir en aide à ce niveau. Le jeune Namès hocha la tête d'excitation quand elle lui expliqua qu'ils devraient se déplacer jusqu'à son atelier pour prendre ses mesures. Puis il s'aperçut que quelques choses avaient changé dans le regard de la jeune fille. Il y avait maintenant une lueur de malice!


" Pouvez-vous vous permettre d’y mettre le prix ?"


Alors c'était vrai !? Derrière ce sourire, elle voulait lui soutirer de l'argent! Non, elle semblait sincère quant à l'utilisation de matière de qualité et il était normal qu'elle fasse payer son labeur. Le truc, ce qu'il n'avait pas le moindre sou! Et même si la réduction que lui proposait la jeune couturière était des plus conséquentes, les chances qu'il puisse trouver assez d'argent pour la rémunérer à temps étaient très proches de zéro. Il n'avait plus qu'à essayer de négocier. Mais tout d'abord il devait jouer franc jeu, inutile de lui faire croire qu'il avait ce genre de moyens. Avec un grand sourire, il leva un bras au ciel avant de dire sur un ton enjoué.


"Pas le moins du monde! Regardez ma toge, je n'ai ni poche, ni bourse aucun moyen que je puisse payer pour les matériaux…"


Il avait observé plusieurs fois des marchands utiliser ce genre de subterfuge afin de mener à bien leurs transactions : faire croire qu'il leur était impossible de répondre aux attentes de l'autre avant de proposer une solution qui leur était un peu plus avantageuse. Enfin dans ce genre de manœuvre, ils avaient quand même un tant soit peu d'argents, il devait donc trouver quelque chose pouvant intéresser la demoiselle. Celle-ci ne semblait pas avoir pris avec humour, la révélation d'Elend sur sa pauvreté et le regardais avec de grand yeux comme choquée. Pourtant c'était elle qui l'avait traité de mendiant en premier pourquoi était-elle surprise qu'il ne soit pas un riche voyageur ? Le Namès sentit que s'il ne lui donnait pas de suite une contre-proposition, il se risquait à un important virage d'humeur chez la couturière. Passant du sourire bon enfant à une terrible colère empreint de médisance.


"Mais! Je peux vous proposer autre chose, une sorte de crédit disons… Vous voyez j'ai comme ambition de parcourir le monde à la recherche de trésors qui auraient été cachés il y a des âges sur le continent. Donc je vous fais la promesse que dès que je découvrirais un trésor de grande valeur celui-ci ira directement et dans son intégralité à votre atelier!"


Bien qu'il fût fier de son petit discours, il n'était pas sûr que les arguments présentés puissent pleinement convaincre la jeune Parlems. Ce n'était qu'une promesse de payement sans aucune caution et qui pouvait sembler difficilement réalisable. Il ne savait pas ce qu'il se passait dans l'esprit de la couturière, il décida donc de prévenir un refus en étalant un autre argument.


"De plus, je veux bien croire que vos habits soient connus dans tout Arnlo voir dans la région des Plaines isolées. Mais quand est-il de la Forêt de Mirlis ou des Chutes de Veroni ? Faire un costume à un voyageur tel que moi et je pourrais être une publicité vivante pour votre atelier, vantant aux quatre coins de Madelle vos talents."


C'était la seule chose qu'il pouvait lui proposer de faire en plus pour elle. Si elle refusait, cela serait dommage mais au moins il aurait fait tout ce qu'il étaut en son pouvoir pour la persuader de l'aider. Dommage qu'il n'ait pas de capacité lui permettant de l'influencer ne serait-ce qu'un tant soit peu… Enfin il n'avait plus qu'à attendre la décision de la jeune femme par rapport au marché qu'il venait de lui proposer. En attendant, il piqua quelques fraises sur la nappe qu'il engouffra dans sa bouche. Leurs goûts sucrés lui fit presque oublier le tenant de sa discussion avec Elerinna.

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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Mer 28 Juin 2017 - 14:40

- Pas le moins du monde ! Regardez ma toge, je n'ai ni poche, ni bourse aucun moyen que je puisse payer pour les matériaux…

Eh bien ! Vous voulez donc me faire croire que vous êtes parvenu jusqu’à Arnlo sans le moindre sou en poche ? C’est impossible. Vous bluffez. Le trajet du Désert jusqu’à la Plaine a dû vous être coûteux, d’autant plus que vous ne semblez pas posséder de cheval. De toute façon, un cheval n’aurait certainement pas survécu à la traversée du Désert sans provisions ; alors vous ? Vous m’intriguez. Quoiqu’il en soit, le prix des auberges à Arnlo est nettement plus élevé que celui des auberges aux alentours. Quoi de plus normal ? Vous ne trouverez par ici que des auberges luxueuses. Certes, vous pourriez vous réfugier dans une auberge de campagne, à proximité de la ville, mais je crains qu’aucune d’elles ne fasse preuve de charité à votre égard. Vous auriez dû le savoir en vous rendant de votre plein gré dans la capitale Parlèms ! J’ignore tout des coutumes de Karnès, mais ici, rien n’est gratuit. Sans le moindre sou en poche, vous ne ferez pas long feu à Arnlo, Elend Reyes. A moins que vous n’ayez prévu de dormir à la belle étoile et de pécher à mains nues pour vous nourrir, je suis prête à parier que vous serez de retour au Désert de la Patience dans moins d’un mois. En tout cas, je ne suis pas du genre à jouer la charité. Vous demeurez un client très intéressant, mais aussi longtemps que vous ne posséderez pas de quoi me payer, vous resterez en toge ! Ah, me voilà agacée ! Moi qui me faisais une joie d’avoir un tel client dans la poche.

- Mais ! Je peux vous proposer autre chose, une sorte de crédit disons… Vous voyez j'ai comme ambition de parcourir le monde à la recherche de trésors qui auraient été cachés il y a des âges sur le continent. Donc je vous fais la promesse que dès que je découvrirais un trésor de grande valeur celui-ci ira directement et dans son intégralité à votre atelier !

Un trésor ? Mon cher Elend, vous êtes tout à fait adorable. Du genre à qui l’on a envie de tirer les joues ! Enfin, presque. Vous êtes un jeune homme plein d’ambition et vous semblez réellement sincère dans ce que vous entreprenez ; je ne décèle aucune volonté de tromperie dans votre regard. Mais je crains de ne pas être en mesure de vous croire sur parole. Quelle caution m’apportez-vous ? Vous ne possédez rien ! Vous prétendez vouloir chasser les trésors enfouis dans le continent, alors que vous n’avez visiblement encore jamais voyagé. Peut-être le deviendrez-vous, mais vous n’êtes pour l’instant pas un chasseur de trésors reconnu, alors je ne peux me contenter de ce genre de promesse. J’en suis navrée. Je m’apprête à refuser votre offre, mais vous me coupez dans mon élan.

- De plus, je veux bien croire que vos habits soient connus dans tout Arnlo voir dans la région des Plaines isolées. Mais quand est-il de la Forêt de Mirlis ou des Chutes de Veroni ? Faire un costume à un voyageur tel que moi et je pourrais être une publicité vivante pour votre atelier, vantant aux quatre coins de Madelle vos talents.

Elend Reyes, voilà que vous me faites hésiter. Votre argument est simple, mais recevable. Après tout, il est vrai que je n’ai encore jamais vendu une tenue à des humains en dehors de la Plaine Isolée. Peut-être les autres confréries n’ont-elles pas le même sens de la mode que nous autres Parlèms, pourtant, je rêve d’être célèbre à travers tout le continent pour la beauté et l’extravagance de mes créations. Je rêve d’habiller les plus grands, comme j’habille la Lady actuellement. Oui, de la publicité me ferait le plus grand bien : or, comment puis-je être certaine de votre capacité à assurer l’image de l’atelier Jelica ? Il n’y a que quelques instants, j’étais prête à parier que vous seriez de retour à Karnès dans moins d’un mois. Maintenant, je n’en suis plus si sûre.

- C’est d’accord. Finis-je par soupirer à contrecœur. Après tout, je n’ai rien à y perdre, si ce n’est une petite quantité de tissu. Va pour le trésor et la publicité. Mais je vous préviens : j’exige des courriers réguliers pour me tenir au courant de votre avancée dans la recherche de trésors ! Prise d’un doute sur l’éducation Namès, je demande maladroitement : Vous n’êtes pas analphabète, n’est-ce pas ?

Je préfère me montrer claire quant à ces courriers : vous m’êtes fort sympathique, mon cher Namès, mais je ne souhaite pas sympathiser avec vous. Je veux simplement être mise au courant dans le cas où vous baisseriez les bras. Si une telle chose devait se produire, vous pouvez être certain que je viendrai jusqu’à Karnès pour vous reprendre cette tenue moi-même ! Et si je ne suis pas autorisée à y pénétrer, je vous promets que j’escaladerai les murailles ! Vous avez donc plutôt intérêt à trouver de quoi me payer rapidement !

J’avale une dernière baie de raisin et un maigre morceau de pain, revigorée. La colère passée, me voilà de nouveau enchantée à l’idée de coudre une tenue pour un Namès. A vrai dire, j’ai déjà ma petite idée quant à la création que je vais lui proposer. Ce jeune homme a une silhouette agréable à travailler et ne semble pas posséder de goûts particuliers en ce qui concerne la mode. Une toile vierge, en quelque sorte ! Je suis si pressée de me rendre à l’atelier pour prendre vos mesures que je décide de vous brusquer un peu, tout en tâchant de ne pas paraître impolie. Mais il est difficile de contenir mon enthousiasme ! Je vois bien que vous n’avez pas terminé de manger, mais je préfère ne pas vous attendre pour ranger ! J’entreprends donc d’emballer la nourriture dans un morceau de tissu avant d’engouffrer le tout dans ma besace.

- Veuillez m’excuser ! De biens meilleurs mets nous attendent au domaine. Je nous ferai apporter des pâtisseries et du thé. En attendant, veuillez porter ceci, je vous prie.

Je vous tends ma besace pour que vous la passiez autour de votre épaule. Allons, ne soyez pas si étonné, je suis une dame ! Et puis, j’ai la santé fragile. Ce n’est tout de même pas à moi de porter quelque chose d’aussi lourd ! Je ramasse et plie la nappe qui est au sol avant de vous la confier également, transportant néanmoins mon corset par moi-même. J’avais oublié à quel point il était confortable de ne pas en porter ! Le trajet jusqu’au domaine n’en sera que plus agréable.

Je jette un dernier regard à la Crola puis, vous faisant signe de me suivre, je pénètre dans le petit chemin dissimulé par quelques feuilles, contrainte de me baisser pour éviter les branchages qui le surplombent. Je ne suis pas bien grande et je connais cet endroit par cœur, alors je n’ai aucun mal à me faufiler rapidement à travers les branches. Sans même accrocher ma robe, je parviens au bout du chemin où je retrouve Violaine en pleine lecture, accompagnée de son cheval et du mien, attachés à un arbre. Je me racle la gorge pour faire entendre ma présence : la jeune femme tourne son regard vers moi avant de se relever, me dévisageant avec deux grands yeux écarquillés.

- Madame, votre tenue, vos cheveux… Cette remarque suffit à m’agacer. Elle change néanmoins rapidement de sujet, tournant son regard vers le chasseur de trésors. Qui est ce jeune homme ?

Encore une fois, la réaction de ma domestique est déplacée. Opale n’aurait pas agi de la sorte, elle aurait su contenir sa curiosité et se serait contentée d’un modeste « bonjour ». Ce comportement est inadmissible et j’en ferai part à mon père à un autre moment. Mais à l’heure actuelle, je ne suis décidément pas d’humeur à sermonner mes servantes. Surtout pas devant un client. Monsieur le Namès, je décide de répondre à votre place. Après tout, elle ne s’adressait pas à vous.

- Elend Reyes. Il est mon client. Peux-tu le débarrasser de ce qu’il porte, s’il te plait ? Je vois Violaine vous regarder des pieds à la tête, s’attardant sur votre tenue, fortement intriguée. L’impolie a certainement reconnu votre toge, étant elle-même originaire de Karnès.
- Bien entendu. répond-elle avant de s’approcher de vous.

Je décide de me désintéresser de cette scène avant de m’approcher de mon cheval et de caresser sa crinière. Je ne suis pas certaine que le Désert de la Patience regorge de chevaux, aussi, je suppose que vous n’avez jamais chevauché. Voilà qui est problématique pour parvenir jusqu’au domaine. Je n’ai aucune envie de faire le trajet à pied...

- Messire Namès, êtes-vous déjà monté à cheval ?
- Sinon, je peux vous conduire jusqu’au domaine ! S’exclame Violaine, bien décidée à faire ses preuves en tant que domestique.



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MessageSujet: Re: Au gré de l'eau Ven 7 Juil 2017 - 12:19

Le doute pouvait se lire sur le visage de la jeune couturière, il n’était pas difficile de deviner qu’elle pesait le pour ou le contre de son argumentaire. Elend croisait les doigts pour qu’elle accepte, non qu’il avait une nécessité absolue de ces vêtements, mais l’idée de devoir parcourir des boutiques afin de faire un peu de shopping ne lui plaisait guère. Il était persuadé qu’à Arnlo les vendeurs devaient être le genre de personnes à suivre leurs clients dans tout le magasin en proposant vainement leur aide. S’il avait vraiment besoin d’aide, il le demanderait, pas besoin de l’harceler ! Enfin bon, il s’égarait… Les traits de la Parlems se détendirent un peu signe qu’elle avait surement pris une décision quant à sa proposition. Dans un soupir, montrant bien qu’elle n’était pas complètement convaincue, elle acquiesça. Le Namès se retint d’exprimer son contentement et ne laissa qu’apparaitre un sourire poli au coin de ses lèvres.


" Va pour le trésor et la publicité. Mais je vous préviens : j’exige des courriers réguliers pour me tenir au courant de votre avancée dans la recherche de trésors ! "


Comme il s’en doutait, Elerinna avait tout de même certaines conditions à apporter à leur accord. Bien heureusement pour lui celles-ci ne semblaient pas trop contraignantes. Néanmoins, l'idée même de devoir écrire régulièrement à la couturière ne l'enchantait guère, il n'avait jamais été fan des obligations. Sans compter qu'il ne savait même s'il allait être capable de tenir informé  de manière ponctuelle sa famille alors une étrangère qui allait lui confectionner un costume ce n'était pas gagné. Enfin, il n'avait qu’à accepter d’abord puis il avisera, ce n’était pas comme si la jeune fille allait le poursuivre au bout de Madelle pour quelques malheureuses correspondances qu’elle n’aurait pas reçus. A nouveau elle le coupa quand il voulut lui donner sa réponse.


"Vous n’êtes pas analphabète, n’est-ce pas ? "


A cette phrase, Elend dut résister pour ne pas rester bouche bée devant la Parlems. Il était partagé entre le fait d’être outré ou de sérieusement se questionner sur l’impression qu’il donnait aux gens. Dans le doute, il décida de rien n’en faire et de mettre ceci sur le dos de l’ignorance de la jeune fille par rapport à la culture Namès et sur une pointe de maladresse de sa part. Mais au fond de lui, il n’avait qu’une envie : celle de répéter la phrase de la couturière avec l’air le plus débile et idiot possible. Avec le sourire le plus poli qu’il put offrir à Elerinna, il put enfin lui répondre.


" Je sais lire et écrire, Dame Jelica. Et je vous enverrai des missives le plus régulièrement possible. "


Il avait décidé d’utiliser un titre afin de flatter l’égo de la jeune fille et ainsi faire passer le ton légèrement acide qu’il avait utilisé pour le début de sa phrase. Sa stratégie sembla marcher car Elerinna ne sembla même pas déranger par sa réponse et se contenta de continuer à manger son raisin. Enfin c’était ce qu’il croyait avant que la couturière lui retire juste sous son nez un des fruits qu’il s’apprêtait à dévorer. Celle-ci rangea rapidement et efficacement tout ce qu’elle avait déposé tout à l’heure sous les yeux suppliant du Namès. Toutefois, son visage était rayonnant se qui contredisait grandement ses actions. Peut-être n’était-elle pas en colère contre lui ? Mais il n’avait rien dit en plus qui pouvait expliquer l’engouement de la jeune femme. Alors qu’il la regardait se demandant la raison de sa soudaine bonne humeur, celle-ci reporta son attention sur lui, une fois sa besogne sur lui.

Elle lui proposa donc de venir dans sa résidence afin d’y prendre un thé et manger des patisseries. Ce qui n’était pas contre l’envie du Namès,  il se demandait juste s’il était déplacé de demander encore des fruits au lieu de gâteaux. Sa mère avait déjà préparés quelques fois des biscuits, choses qu’il avait trouvé un peu trop sec. Elerinna lui tendit sa besace qu’il enfila sans faire d’histoire avant d’attraper aussi la nappe qu’elle avait préalablement pliée. Frederick lui avait toujours dit qu’un gentilhomme se devait de porter les affaires d’une femme, d’autant plus si celle-ci était venu à son aide auparavant. Puis il lui emboita le pas lorsqu’elle s’éloigna de la rive. Il n’y avait pas de vrai chemin à proprement parler pour sortir de la crique, juste un petit passage dans les branchages dont seul la jeune fille semblait connaitre l’existence. Pas étonnant qu’elle ait pensé être seule vu comme l’endroit était caché par la végétation. Cependant, il n’était pas aussi menu qu’elle et sa traversée fut bien plus laborieuse, sa toge se prit plusieurs fois dans des rameaux et finit par se déchirer au niveau de l’épaule.

Une fois sorti du bosquet, il se retrouva face à  Elerinna et à une étrangère avec qui elle discutait, deux chevaux les attendaient, attachés à un arbre. Aux termes que la nouvelle venue employait, il devina aisément que celle-ci travaillait pour elle. La jeune femme le remarqua enfin et questionna sur son identité. Le jeune Namès leva la main afin de saluer sa compatriote, en effet bien qu’elle ne portait pas la toge traditionnelle celle-ci avait des traits qui ne laissaient aucun doute sur son appartenance au peuple du désert. Alors qu’il allait se présenter en bonne et due forme, Elerinna lui coupa à nouveau l’herbe sous le pied.


" Elend Reyes. Il est mon client. Peux-tu le débarrasser de ce qu’il porte, s’il te plait ? "


La servante s’attarda un peu sur sa tenue, bien que celle-ci avait peu de chance de le prendre pour un mendiant, il avait un peu honte de se présenter dans cet accoutrement maintenant tacheté de boue et effilé par endroit. Il essaya de se sauver la face en lui offrant son plus beau sourire, cependant elle n’en fit rien et se contenta de lui prendre la besace et la nappe qu’il maintenait pliée sous son aisselle en évitant le plus possible son regard.


" Messire Namès, êtes-vous déjà monté à cheval ? "


Le jeune homme grimaça, il ne l’avait jamais avoué à personne mais il n’était pas un grand fan des chevaux. Rien qu’à l’idée que ses bêtes auraient pu être carnivore l’horrifiait, et c’était pour cela qu’il éprouvait une vive méfiance envers ces animaux qui le lui rendaient bien. De ce fait, il n’avait jamais appris à les monter et ne comptais pas vraiment apprendre de sitôt. Il chercha rapidement une formule pour s’excuser de ne pas savoir faire une chose aussi rudimentaire et lorsqu’il entrouvrit la bouche, l’autre Namès le prit de court.


" Sinon, je peux vous conduire jusqu’au domaine ! "


Elend leva les yeux au ciel désespéré, était-il possible à Arnlo de parler sans que quelqu’un vienne vous couper la parole ? Il poussa un léger soupir et attendit un petit moment afin de voir s’il pouvait enfin parler. Devant le silence et le regard insistant des deux jeunes femmes, il se décida de prendre la parole pour de bon.


" Je ne suis pas très à l’aise avec les chevaux donc je vais accepter la proposition de votre employée si ça ne vous dérange pas "


Elerinna se contenta d’hocher la tête et sans le regarder plus que ça elle chevaucha sa monture avant de la faire avancer au pas. L’autre jeune femme, l’imita et approcha son cheval d’Elend afin qu’il puisse monter. Le Namès la regarda gêné, il n’avait aucune idée de comment aborder la bête pour monter dessus. Sa compatriote soupira un bon coup avant de lui tendre la main afin de l’aider à grimper sur l’animal. Une fois sur le dos de la monture, elle claqua ses jambes sur les flancs et l’animal avança à vitesse modéré jusqu’à rattraper sa maitresse.

Ils avançaient à bonne allure sur un chemin de terre qui passait au milieu de champs de vignes qui marquèrent grandement le jeune Namès. Dans le désert, il était impossible d’avoir une aussi grande surface de terre cultivable… Le cheval trébucha sur un morceau de rocher mais ne tomba pas, il s’arqua afin de garder l’équilibre. Le mouvement brusque de l’animal surpris Elend qui pour ne pas tomber s’accrocha vivement à sa cavalière. La jeune femme grogna, ce à quoi le jeune homme la relâcha en marmonnant une excuse à laquelle elle ne répondit pas. En fait, elle ne lui avait pas parlé de toute la chevauché. Afin de briser la glace, le jeune homme se décida de prendre la parole.


" Je m’appelle Elend ! "

" Je sais… "



Elle ne l’avait même pas regardé en parlant, et Elend fit une moue voyant que cela n’avait pas engagée une conversation de ce nom. N’abandonnant pas pour autant son objectif pour parler un peu avec cette Namès ayant vécu avec les Parlems. Il avait envie d’avoir son impression et des conseils sur le mode de vie extérieur à Karnes ! Il tenta une nouvelle approche.


" Et tu t’appelles comment ? "

"Violaine."


Un nouveau silence s’installa. Elend poussa un soupir en comprenant que Violaine n’avait pas trop envie de discuter avec lui. Il attendit quelques minutes dont seul le bruit des oiseaux et des sabots claquant contre le sol comblait le silence. Il prit une nouvelle inspiration et demanda :

"  Et sinon domestique c’est une bonne situation ? "

"  Monsieur ! J’essaye de faire bonne impression à ma maitresse, donc vous avez beau être très gentil et bien fait, les normes sociétales m’interdisent de parler à un client de lady Jelica ! Donc s’il vous plait contentez vous de garder le silence. "


Le jeune Namès déglutit, il n’avait pas prévu de se faire sermonner et n’avait aucune idée qu’il existait autant de règle dans la société Parlems. Donc en tant que servante, elle n’avait pas le droit de lui parler car il était un client de sa maitresse ? C’était absurde ! Il nota dans un coin dans sa tête que si un jour il cherchait du travail, il ne fallait pas accepter un tel poste. Le cheval se stoppa net, et sa tête se cogna contre le dos de Violaine qui surprise ne put s’empêcher de pousser un petit cri. Quand il se pencha sur le côté afin de voir ce qu’il en retournait, Elerinna était déjà pied au sol et amenait son destrier dans un enclos. Ce qui signifiait qu’une seule chose, la balade à cheval était fini. Ce qui était une très bonne nouvelle !


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