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À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven]

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MessageSujet: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Lun 10 Juin 2013 - 22:57

La brume s’étirait sur la cité de Ferèsis, enlaçant d’une étreinte langoureuse les pics montagneux et ses habitants encore endormis. Fidèle à ses habitudes, Clara s’étaient levée avant l’aube afin de tromper la vigilance des gardes. Elle s’afférait dans sa chambre sans bruit. Après avoir enfilé un pantalon de daim, une chemise et une cape ample, autant pour faciliter ses mouvements que pour se garder au chaud, elle se glissa comme une ombre dans les couloirs du château. Elle fit un arrêt aux cuisines, désertes à cette heure, pour y dérober des provisions en vue de sa journée. Dans sa gibecière, elle laissa tomber deux pommes, une galette de riz, un bout de saucisson et une miche de pain cuite de la veille. Elle fonça de nouveau dans les couloirs sombres et sortit par la porte Nord. Au pas de course, Clara franchit la cour du château, attirant au passage les regards curieux des quelques montures qui résidaient dans leur box. L’air était frais, mais en restant en mouvement, le froid n’aurait pas la force de l’engourdir.

Comme un automate silencieux, elle traversa la ville avec une rapidité qui trahissait son habitude des lieux. Bientôt, une rangée de pins se dressa devant elle, lui offrant la protection qu’elle cherchait. Elle s’enfonça sous les arbres sans ralentir, sachant parfaitement où elle allait même si le boisé n’offrait plus aucun sentier. Le terrain montait abruptement, rendant l’ascension lente et fastidieuse. Après une quinzaine de minutes, la jeune femme bifurqua vers une corniche de pierre pour y faire halte. Elle sortit de sous le couvert du bois et s’avança sur la petite saillie. De là, en voyait bien le capitale en contrebas, comme tout autre chose en aval de la Montagne de Saphir. Une vue imprenable.

Sur la ligne d’horizon, les premiers rayons du soleil baignait le ciel d’ocre et d’orangé.  La lumière se diffusait étrangement dans les nuages opaques de brouillard. Assise en tailleur sur la pointe de la crête, Clara prit une grande inspiration et laissa sa vue se rassasier de ce magnifique paysage. Une brise tiède vint caresser son visage et ses longs cheveux se soulevèrent, l’incitant à reprendre la route.

Encore une dizaine de minutes et elle déboucha sur une trouée. La clairière était petite, mais suffisamment  haute et isolée pour qu’on ne vienne pas l’importuner. À sa lisière, accrochée à la branche basse d’un arbre,  un pantin se balançait. Clara avait passé une journée à le concevoir et une autre à le construire. Dépourvu de jambes et de bras, le torse et la tête du pantin était néanmoins proportionnels à ceux d’un homme adulte. La housse était faites d’un sac de fibres, solidifiée à certains endroits par des patchs de cuir, imitant les parties de la peau qu’il était plus difficile de percer. L’intérieur du pantin avait été rembourré de divers matériaux, répartis dans des endroits stratégiques, pour reproduire des organes internes, du cartilage, des os, etc. Ainsi, des pochettes de sable, de pois secs, de roches et de paille faisaient office d’organisme au pantin d’entrainement. Clara avait même poussé le concept jusqu’à y introduire des tiges d’acier pour simuler la cage thoracique et les côtes s’y reliant.

La blonde s’assit sur une souche morte, se départit de sa gibecière et en sortit un petit carnet. Il s’agissait du journal d’un bord d’un soldat de la garnison. Elle l’avait emprunté… enfin, emprunté à son insu. Le soldat y avait rédigé, d’une écriture malhabile, plusieurs techniques, méthodes et expérience de combat ainsi que des explications sur le maniement d’armes. Il y relatait des exercices pour l’entrainement, quelques trucs de survie et ainsi de suite. L’ouvrage n’était pas très étoffé, il s’agissait plus d’un ramassis de connaissances, mais pour Clara qui ne pouvait se fier qu’à elle-même pour son entraînement, le journal de bord d’un soldat était une vraie mine d’or.

Elle passa la matinée à étudier et à annoter le petit livre, sachant qu’avant toute bonnes pratiques venait la théorie. Elle s’attarda, entre autre, sur une partie qui traitait sur le maniement du poignard. Elle possédait une dague, une arme ayant une lame notamment plus longue que celle d’un poignard, mais les principes de bases devaient être les mêmes. Non ? Confiante, Clara dégaina son arme et se releva d’un bon, toisant le pantin avec défis. Elle n’avait encore jamais utilisé d’arme blanche contre lui. Simplement un arc et la force brut de ses poings.

Elle fit lentement un pas chassé sur sa droite, simulant quelques coups de lame avant de se lancer pour de bon. La pointe de la dague s’enfonça sous ce qui devait être l’emplacement du foie, perçant le sac de toile avec une facilité déconcertante. Il faut dire que la paille était moins dure que la chair. Ayant mal calculée la force de l’impact, la main de Clara glissa sur le manche, passa la garde et dérapa sur le tranchant de la lame qui n’était pas entièrement enfoncé dans le pantin. L’émouture de son arme bien aiguisée fendit aussitôt la peau tendre de sa paume alors que ses jointures allèrent se heurter contre le sac de toile rêche.

La jeune femme lâcha prestement la dague en laissant échapper un chapelet de jurons. Elle rabattit un pan de sa cape sur sa main droite couverte de sang, continuant d’éructer des mots peu élégants pour une femme. Trop furieuse pour se soucier de la douleur, elle reprit sa dague de la main gauche, l’arrachant du pantin avec rage, avant de frapper de nouveau sans réfléchir. Cette fois, la pointe de la lame ne put s’enfoncer d’avantage car elle heurta une tige de métal faisant office de côte. L’impact résonna dans tout son bras, un  peu comme un choc électrique qui la parcouru du poignet à l’omoplate. Elle lâcha un cri étouffé et se contracta sous la douleur, lâchant son arme pour de bon cette fois. Fulminant comme un bœuf prêt à charger, Clara retourna s’asseoir sur sa souche pour se calmer. Voilà le résultat quand elle s’emportait. La jeune femme leva des yeux meurtriers vers le pantin. Son orgueil venait d’en prendre un coup. Même si personne ne pouvait la voir, elle se sentait profondément humiliée. Elle se battait contre un sac ballotant au bout d’une corde et trouvait tout de même le moyen de perdre et même de se blesser, par-dessus le marché !

Le soleil s’était levé, chassant la fraicheur de la nuit et les allures sinistres de la montagne. Même s’il était encore tôt, Clara décida de manger en attendant de décider ce qu’elle allait faire. Son entaille était plutôt profonde, elle pouvait donc oublier le maniement d’arme pour aujourd’hui et pour les jours à venir également. Elle grignota du bout des lèvres, ne touchant qu’à la moitié d’une pomme et à sa galette. Son bras gauche commençait à se désengourdir.

Bientôt, l’élancement dans sa paume devint trop dérangeant pour qu’elle puisse penser à autre chose. La plaie saignait toujours et risquerait de s’infecter si elle ne faisait rien pour y remédier. À contrecœur, Clara remballa son matériel, remit sa dague dans l’étui à sa botte et entreprit sa descente vers Ferèsis. Elle ne prit que quelques minutes pour s’arrêter à un ruisseau. Elle nettoya ses mains du mieux qu’elle put, l’eau glacée lui apportant un soulagement momentané, puis but quelques gorgées. Au-dessus d’elle, un geai s’égosillait d’un ricanement moqueur. Enfin, elle en avait l’impression.

Au château, les activités avaient repris leur cours. Bien que l’espace ne fût pas bondé, il y avait suffisamment de gens pour gêner les déplacements de Clara. Elle se faufila derrières les stalles, échappant à la vue des quelques gardes qui discutaient non loin. Une jument dressa les oreilles en la regardant, l’interrogeant du regard. Quelques brins d’herbes étaient encore coincés dans sa bouche. La jeune femme jeta un coup d’œil à la porte Nord. Il y avait un soldat à son poste qui semblait s’ennuyer dur comme fer. Il passait le temps en creusant un sillon dans la terre avec le bout de sa botte. Le regard de Clara se promena du garde au cheval, du cheval au garde… et elle sourit.

Elle ouvrit le loquet du box et attrapa la bride de la jument pour la faire sortir. Trouvant l’herbe verte certainement plus appétissante que le foin de sa stalle, la monture s’excita à l’idée de pouvoir y goûter. Parfait. Clara claqua la croupe du cheval qui détala au petit galop dans la cour du château, prenant tout le monde par surprise. Comme souhaité, le garde à la porte sauta sur ses deux pieds et se lança à la poursuite de la jument. Cette dernière semblait prendre un malin plaisir à ne pas se laisser attraper. Profitant de la distraction, Clara fila comme une flèche et atteint l’entrée à l’insu de tous. Elle longea les murs des couloirs, le cœur battant, en direction de sa chambre. De là, elle ferait comme si elle y avait toujours été. Et sa blessure ? Elle y réfléchirait plus tard.

Sa chambre se trouvait au tournant du couloir, plus que quelques mètres. Mais l’ironie du sort la gifla en plein visage. En prenant le virage, ce n’est pas la porte de sa chambre qu’elle vit, mais bien le Général qui se tenait devant celle-ci. Clara figea. Un instant, ses jambes lui dictèrent de faire marche arrière. Puis l’instant d’après, de continuer à avancer et de ne faire comme si rien n’était. Elle aurait pu prétendre être sortie de sa chambre pour se balader un peu dans l’enceinte du château. Mais son instant d’hésitation l’avait déjà trahit. Embarrassée, elle releva le menton, la mâchoire serrée, et toisa son père avec un mélange d’anticipation et de fébrilité, ne disant mots.

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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mar 18 Juin 2013 - 2:43

Même sans le général bienveillant, la vie à Ferèsis avait suivi son cours. Quelques jours passés à l’extérieur de la ville avaient cependant assuré un retour cauchemardesque pour l’homme qui refusait de laisser quelqu’un d’autre s’acquitter de tâches qui étaient siennes. Ainsi, même si quelques jours s’étaient écoulés depuis son retour, Hektor ne trouvait pas le sommeil. Ses nuits écourtées étaient passées à se tourner et se retourner à la recherche de quelques fugaces heures de sommeil. Ce n’était pas chose nouvelle pour le guerrier qui avait appris à se contenter de seulement très peu de repos. Cette nuit ne serait pas différente. Lorsque, dans la solitude froide de sa chambre, Hektor ouvrit les yeux, un regard vers la fenêtre lui suffit pour comprendre que la lueur matinale le ferait languir encore quelques heures, tout au plus. Quelques minutes suffirent à ce que l’homme se prépare sommairement : vêtements propres et dignes de sa fonction, redoublés d’une armure légère et fonctionnelle. Lorsque le soleil se pointerait enfin, par-delà les montagnes brumeuses, il reprendrait un rythme normal. Cette heure n’était cependant pas arrivé, et s’il traîna un peu trop longtemps à son goût sur le grand balcon, à sonder les étoiles, comme à la recherche d’une réponse à une question silencieuse, il finit par sortir de sa chambre.

Comme bien des hommes d’état, et comme bien d’autres matins, Hektor n’eut pas le temps de profiter de la splendide vue que procurait la lumière matinal baignant les pics montagneux et les hauts toits de la ville de Ferèsis. S’il y avait quelque chose de magique dans la lueur rosé du soleil se mêlant à la brume omniprésente à ce temps de l’année, le général ne trouvait le temps d’en profiter, croulant sous le poids des dossiers qu’il avait laissé seulement quelques jours. Les rapports détaillés d’entraînements, de progrès des troupes succédaient des comptes rendus des finances de la capitale et des villes environnantes et des états de marché. Les mots se succédaient alors qu’il lisait chaque rapport, chaque compte rendu et chaque état. C’est ainsi que les heures se succédèrent avant même le lever du soleil, moment qu’il aurait largement préféré partager avec quelqu’un qu’il aimait. C’est peut-être cette pensé qui le fit dériver vers la nostalgie. Posant la plume qui semblait ridiculement petite dans sa grosse main, Hektor se laissa porter un moment par ses souvenirs. Il voyageait ainsi au-travers des années, il échappait à la solitude qui finissait toujours pas le retrouver.

Peut-être s’attarda-t-il trop longtemps sur ces pensées, mais leur flot le ramener vers la réalité. Ses responsabilités, sa position, l’absence de la femme qui avait terrassé et dominé son cœur comme seul aurait pu le faire un dragonnier, … tant de choses parvenaient à lui faire oublier que la vie lui avait un cadeau qu’il avait la fâcheuse habitude de négliger. Clara. Et ce matin-là, alors que le jour se levait et que le château reprenait vie, la nostalgie le frappa de plein fouet, comme pour lui indiquer que tout n’était peut-être pas joué dans sa relation avec sa fille. Peut-être la rencontre avec la mystérieuse prêtresse avait attisé un souvenir, un espoir depuis longtemps perdu. Comme il le faisait trop souvent, le général ne s’attarda pas à analyser ce qu’il ressentait. Décidé, il s’était levé de la grande chaise confortable et avait déambulé dans les grands couloirs du château qui était sa demeure depuis maintenant si longtemps.

Il ne s’arrêta pas pour regarder les grandes toiles qui ornaient les couloirs, il ne fit que quelques signes de tête aux gens s’adressant à lui, avant de poursuivre son chemin. Il se rendit d’abord à sa chambre, prenant une grande boite de bois gravée. La glissant sous son bras, il s’enfonça plus loin dans le couloir s’arrêtant sur le pas de la porte des appartements de Clara. Son lourd poing eut le temps de s’abattre deux fois sur la porte de bois avant qu’un mouvement au coin de son œil n’attire son attention. Alors même qu’il allait s’adresser à cette jeune fille qui ne se trouvait plus dans sa chambre, il la vit s’approcher.

Une courte hésitation, un moment de recul, une surprise qui n’était certainement pas feinte. Il ne la connaissait peut-être pas aussi bien que son instinct paternel ne l’aurait voulu, mais Hektor savait que cela ne valait de bon. Lentement, son regard se posa sur les bottes de sa fille, couvertes de boue, pour sur sa main, qu’elle tentait sommairement de cacher sous sa manche. Finalement, ses yeux sombres et froids se posèrent dans ceux de Clara, la toisant un moment, soutenant son air de défi. Sachant que chaque moment était pour celle-ci une occasion de se prouver. Son regard s’attendrit après un instant, alors que le père en lui décida de ne pas céder à une colère qui ne lui aurait rien apporté de plus. Ses lèvres s’étirèrent finalement en un sourire, mince, mais sincère, qui laissait planer un doute sur ses intentions.

« Eh bien… bon matin, Clara. Moi qui pensais te proposer une balade matinale, je vois que tu m’as bien devancé. »


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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Ven 21 Juin 2013 - 20:39

Alors que le regard de son père pesait sur ses épaules et que sa coupure lui tenaillait la paume, Clara sentit poindre une pointe de culpabilité et de colère. Inversement, l’apparition inattendue du général la réjouissait, ce qu’elle n’aurait su laisser paraître pour l’instant. Elle se contenta simplement d’attendre le verdict, les muscles tendus par l’appréhension. Ses épaules s’affaissèrent presqu’aussitôt quand elle vit un étroit sourire orner la bouche de son père. 

« Eh bien… bon matin, Clara. Moi qui pensais te proposer une balade matinale, je vois que tu m’as bien devancé. »

Clara n’aurait pas droit à des représailles, mais connaissant la combine, ce n’était que partie remise. La jeune femme s’essuya la main gauche sur le devant de son pantalon, y chassant la sueur, et rendit à son père un sourire similaire. 

Je pensais que tu ne rentrerais pas avant une semaine encore.

Un reproche caché ? Il est certain que Clara se sentait un peu délaissée, mais elle était beaucoup trop orgueilleuse pour se l’avouer. Et ce même orgueil l’empêchait d’aller étreindre son père qui lui avait manqué. C’était de famille, apparemment. Elle balaya sa remarque d’un mouvement de la tête.

Il est encore tôt. On peut marcher.

Même si le soleil n’avait pas encore atteint son zénith, le château était aussi animé qu’une fourmilière géante. De l’étage inférieur s’élevait un étourdissant brouhaha de voix, de cris, de pas de course ainsi que de bruits provenant des cuisines, de la grande salle, etc. Clara ne désirait pas se joindre à ce capharnaüm, c’est donc au balcon qu’elle dirigea son père et elle-même. Dans la cour, la garnison s’exerçait dans un cliquetis d’armure et d’aboiement d’ordre. La blonde posa ses mains à plat sur la rambarde de pierre. La tiédeur s’en dégageant calma momentanément l’entaille faite par la dague. Les paupières closes, Clara huma l’air humide de la montagne se réchauffant peu à peu.

- J’ai remarqué la boîte sous ton bras, continua-t-elle es yeux fermés, qu’est-ce que c’est ?


Elle ouvrit un œil et étudia rapidement les gravures sur le bois de la boîte. Son ton se voulait désinvolte et son intérêt feint pour déguiser sa curiosité.


Dernière édition par Clara Arnstven le Jeu 4 Juil 2013 - 5:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mer 26 Juin 2013 - 1:42

Chacun des échanges entre le père et la fille était une occasion d’échanger des pointes et des reproches. Ce duel en demi-ton échappait bien souvent aux spectateurs, pourtant c’était une tradition à laquelle s’accrochait l’un comme l’autre. Le regard d’Hektor était sombre, lourd de sens. Il songea un instant mordre à cet hameçon. Il avait souvent délaissé sa fille, cela n’était un secret pour personne. Ce n’en était pas un pour lui non plus, mais chaque tentative de rapprochement semblait se transformer en un futile effort à entamer quelque conversation qui ne durerait pas. Cela était lassant. L’amertume était un sentiment qu’il pouvait comprendre et espérait silencieusement qu’un jour la maturité rattraperait cette jeune fille qui était encore blessée par l’absence de ses deux parents. Il accepta donc silencieusement le reproche, et répondu avec un sourire mince, peut-être forcé :
 
« Mais voyons, Clara, pourquoi passerais-je plus de quelques jours dans le désert? Ce n’est pas comme si je pouvais laisser des kilomètres de dunes me séparer de ma charmante fille. » Son ton vacillait entre le reproche et la sincérité. Hektor n’était pas reconnu pour être contourner la vérité, mais peut-être était-il bien différent dans sa vie privée?
 
Lentement, il suivit sa fille, lorsqu’il fut sur le balcon, alors que Clara avait détourné le regard, il fit un signe vers l’un des serviteurs qui avait osé jeter un regard de travers vers le général et sa fille. Peut-être cette pauvre jeune femme avait-elle craint de voir une autre dispute éclater, mais jamais elle ne s’était attendue à ce que l’homme s’adresse à elle. Il se pencha vers celle-ci avant de lui tendre la boite qu’il tenait quelques instants plus tôt sous son bras. Avec une révérence hâtive, la fille s’éclipsa, emportant le mystérieux coffre avec elle. Ce n’est que lorsque la fille fut hors de vue qu’il se retourna pour parler à Clara. Son ton était calme, mais distant. « Oh, ce n’est rien. Je voulais te faire un présent, mais je crois que cela attendra, il y a des choses plus pressantes. Ta main blessée, par exemple. » Cette fois, il n’y avait aucun reproche dans sa voix. En fait, peut-être que s’y était glissée une pointe d’inquiétude. Certes, le général se montrait souvent sévère avec sa descendante, mais il était conscient de ce qu’elle allait faire durant ses ballades matinales, loin du regard sévère de son père. Il y avait quelques temps qu’il avait demandé à Aksel de la suivre silencieusement, et si elle l’avait remarqué, jamais elle n’en avait glissé mot.
 
Son regard s’attendrit un court instant, mais rapidement, il détourna les yeux. Son attention se reporta, du moins en apparence, sur les soldats qui répétaient leurs exercices encore et encore sous les ordres cinglants de leurs instructeurs.  La plupart étaient de jeunes recrues et beaucoup d’entre eux ne suivraient pas l’entrainement plus de quelques mois, tout au plus. D’un seul regard, il pouvait évaluer ces hommes et ses femmes, déterminer leur potentiel, et rien ne l’impressionnait en cet exercice matinal.


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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mer 26 Juin 2013 - 17:48

La remarque du général manqua faire sourciller sa fille. Il n’avait pas besoin de kilomètres de dunes pour créer une séparation. Clara, dont la soif d’aventure était égale à son caractère bien trempé, ne se résoudrait cependant pas à interroger son père sur son voyage au cœur du désert. Sachant par expérience que, lorsqu’elle lui posait des questions sur le continent, il ne lui donnait que des réponses évasives. Peut-être était-ce pour tarir cet engouement pour tout ce qui est dangereux et hors de portée, pour lui enlever l’envie de voyager. Heureusement pour elle, Clara avait d’autres sources. Sa nourrisse, par exemple, avait toujours une multitude d’histoires rocambolesques  à lui mettre sous la dent. À l’entendre parler, elle avait parcouru Madelle de long en large et bravée mille dangers. Clara trouvait cela bien ironique. Sa nourrisse n’était peut-être pas fiable, mais elle avait au moins le talent de la divertir.

Le grand balcon donnait au sud. La jeune femme n’avait aucun mal à imaginer, derrière la forêt danse et les escarpements de la montagne de Saphir, les terres fertiles de Faras, la vallée d’Accro et, encore plus loin, les terres inexplorés. Sa nourrisse avait un penchant pour ces dernières et même lorsque Clara n’était encore qu’une enfant, elle lui contait déjà des histoires effrayantes à propos de la tour sombre. La fille du général n’était pas idiote. Elle savait que ces contes ne rendaient aucunement justice à ce qui se passait là-bas et elle ne tenait pas particulièrement à savoir, en vérité, ce qui s’y déroulait.

À peine s’intéressait-elle à la boîte que son père la léguait à une servante. La domestique s’éloignant en vitesse ne fit qu’attiser sa curiosité. Elle suivit le froissement des jupes qui descendaient le couloir, agacée par tant de mystère.

« Oh, ce n’est rien. Je voulais te faire un présent, mais je crois que cela attendra, il y a des choses plus pressantes. Ta main blessée, par exemple. »

Clara ouvrit la bouche pour répliquer mais la referma bien vite en sachant qu’il n’y avait aucune matière à négocier. Elle ouvrit la main, dévoilant une entaille profonde mais nette, d’avantage pour l’observer elle-même que pour montrer l’étendue des dégâts à son père. L’incision, balafrant sa paume de biais jusqu’à la base de son index, arborait une couleur rosé aux pourtours. Clara se félicita intérieurement d’avoir nettoyé la plaie au ruisseau. En somme, cette blessure paraissait pire qu’elle ne l’était. Avec un bandage approprié et une aseptisation quotidienne, l’infection n’était pas à craindre. Nul besoin d’apporter des précisions à son père. Clara se doutait bien que des blessures par lames, il en avait vu plus que nécessaire. Elle laissa sa main retomber le long de son corps et reporta son attention sur l’action qui se déroulait plus bas.

- C’est bête. J’irai la faire soigner tout à l’heure. Si j’avais un instructeur… je ne me serai sûrement pas blessé de façon si idiote.

Une ride de contrariété creusait un petit sillon entre ses deux sourcils. Elle connaissait la position de son père, et lui connaissait la sienne. D’un côté comme de l’autre, aucun argument ne semblerait jamais pouvoir les faire ployer. C’était un combat d’opinion qui ne risquait pas de prendre fin de sitôt. Tant que Clara aurait une langue pour défendre ses idées et une main pour tenir une arme, le général devrait supporter les attaques récurrentes de sa fille. Partie sur sa lancée, Clara se planta devant son père, le menton de nouveau relevé dans une attitude de défis. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour s’échauffer, et de voir les recrues s’entrainer dans la cour du château attisait de nouveau  son sentiment d’injustice. Le soleil l’obligeait à plisser les yeux, les réduisant en de petites fentes bleutés et brillantes.

- Je vaux mieux que n’importe quel d’entre eux, affirma-t-elle en pointant le régiment en contre-bas. Si tu as peur que je me blesse, alors tu as tort ! J’ai beaucoup plus de chance de me maintenir en vie en sachant me défendre !

De longues mèches venaient se mêler dans ses cils et elle les repoussa d’un geste impatient. Clara sentait ses chevilles faiblir. Ces temps-ci, elle ne cessait de ressortir les mêmes arguments lassants à son père. Comme elle n’était pas doué avec les mots et que ses émotions prenaient souvent le dessus, il était difficile pour elle de se faire comprendre. Son père aurait dû comprendre. Enfin, c’est ce qu’elle se disait. Pour un faible, la vie était frustrante et incertaine. Pour une femme, c’était pire. Si elle avait échappé aux sévices, c’est qu’elle profitait de l’enceinte d’un château et de la protection octroyée aux personnes de son rang. Mais une barrière sans brèche est impensable et, tôt ou tard, la vigilance baisse. Clara redoutait le jour où elle serait acculée au mur comme toutes ces autres femmes. Quelque part, elle savait que ni ce rang, ni ce caractère impétueux ne sauraient la préserver toute sa vie.

- Nourrisse dit qu’un chien qui grogne sans crocs ne fait pas peur très longtemps.

Elle avait parlé sur le ton de la confidence, presqu’en suppliant. Que son père accepte ou non, cela n’avait pas d’importance après tout. Elle continuerait de s’entraîner. Mais avec un accord du général, ces chances de progresser étaient une centaine de fois plus assurées. Elle darda son regard dans celui de son géniteur, espérant qu’il y voit de la détermination plutôt que de l’insolence.


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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Dim 7 Juil 2013 - 17:48

Peut-être Clara put-elle apercevoir dans le regard de son père une fugace lueur de tendresse, mais cela eut nécessité de le connaître, de le comprendre et de l’observer avec attention. Le général savait se montrer doux et compatissant devant les injustices, mais il n’en voyait pas une à cet endroit et à ce moment. Là, devant lui, il voyait une petite fille se sentant brimée pour toutes les mauvaises raisons, ne voyant que ce qu’elle ne voulait voir. S’il eut quelque trace de cette tendresse paternelle dans son regard, celle-ci s’estompa devant la force de son amertume. Ne comprenait-elle donc rien? Non, probablement. Elle agissait encore comme une enfant après tant d’années… à quel âge avait-il dû vieillir, lui? Elle n’en savait rien, jamais il ne lui en avait parlé. Peut-être plus intimidant qu’il ne l’aurait voulu, il fit un pas dans la direction de la fille, plongeant son regard dans le sien. Un regard froid, intraitable. Un regard qu’elle connaissait souvent, celui qu’il arborait lorsqu’elle grimpait ainsi au rideau.

« Clara… » Il y avait dans sa voix un avertissement, sévère. Cela était normal, mais cette fois il y avait une pointe de compréhension, de douceur. Pourtant, son visage ne trahissait pas ce que sa voix laissait entendre. Il la regardait durement. Tendu comme un arc, légèrement vouté alors que sa main était posée sur la rambarde, Hektor donnait l’impression d’être prêt à bondir, tel un lion chassant sa proie. « Jamais je ne remettrai en question tes capacités, ni ta fougue ou ton courage. Je sais que tu en possède bien plus que nécessaire, mais n’ose jamais prétendre que tu vaux mieux qu’eux. Ce n’est pas parce que j’ai peur que tu te blesses, » insista-t-il en jetant un coup d’œil vers la main de sa fille. Il connaissait ce genre de blessures. Combien de fois était-il rentré chez lui avec des ecchymoses de la taille de son poing, des doigts ou des orteils cassés, ou des lacérations profondes? « Tu es ma fille. À mes yeux tu vaux bien plus qu’eux et quand je te regarde avec les yeux d’un père je vois tout ton potentiel, mais tu le gaspilles avec ton indiscipline et ta tête enflée, Clara. Un soldat doit savoir accepter la discipline, l’autorité et de n’être qu’une goutte dans un tout bien plus grand. »

Chaque mot était pesé et appuyé d’un regard entendu. Son visage las était parsemé des quelques ridules que son âge, ses inquiétudes et sa dure vie avaient infligées à sa vie. Il se tourna et posa ses avant-bras sur la rambarde, maintenant à quelques pas de sa fille, tout au plus. Hektor semblait calme, peut-être était-ce un bon moment pour enfin avoir cette conversation. Il n’en avait pas parlé à Clara, mais elle devait être au courant qu’Aksel, un ami d’Hektor, avait bien failli connaître la mort quelques jours plus tôt. Tous étaient au courant maintenant. Cela affectait Hektor, le rendant plus doux, pensif. La mort rôdait et guettait, mais il ne la sentait que lorsqu'elle approchait ceux qu'il aimait. Devait-il vraiment attendre qu'elle soit elle aussi blessée à cause d'un acte irréfléchi? D’un geste lent, il repoussa ses cheveux en bataille que le vent s’amusait à pousser devant son regard sombre, afin de mieux observer le drill qui reprenait plus bas. Les instructeurs étaient impitoyables, mais il savait qu’aucun d’entre eux ne saurait retenir les rênes d’une jeune femme aussi indisciplinée et têtue que Clara.

Finalement, abdiquant une partie du combat, peut-être par sa conscience de ne pouvoir mentir à sa fille pour toujours, il rendit les armes, au moins partiellement, pour lui conférer une petite victoire dont elle saurait certainement se réjouir. « Peut-être ferais-tu un meilleur guerrier, mais pas un meilleur soldat... si j'avais su t'apprendre la discipline, peut-être n'aurions-nous pas cette conversation pour la centième fois. »




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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mer 10 Juil 2013 - 4:55

Parfois, les mots étaient inutiles. Ainsi, le regard frigide de son père figea Clara qui eut la judicieuse idée de ne pas en ajouter d’avantage. Clara n’avait pas peur de son père mais elle devait avouer qu’elle le trouvait parfois imposant. Même bornée comme elle l’était, elle ne savait tenir tête au Général bien longtemps, surtout lorsqu’il arborait cet air froid et autoritaire. Dans un mélange d’admiration et de frustration, elle soutenu le regard de son paternel, ses petits poings serrés le long de son corps

« Clara… »

La tension était si palpable qu’on aurait pu la toucher du bout des doigts. La jeune femme détestait ce ton de voix mais elle ravala une fois de plus sa salive et les mots qui venaient avec. Même si elle se sentait écraser par la présence dictatoriale de son père, Clara s’obligea à rester bien droite, le menton légèrement relevé.

« Jamais je ne remettrai en question tes capacités, ni ta fougue ou ton courage. Je sais que tu en possède bien plus que nécessaire, mais n’ose jamais prétendre que tu vaux mieux qu’eux. Ce n’est pas parce que j’ai peur que tu te blesse »

Un drôle de soupire lui échappa. Étais-ce parce que son père avouait reconnaître sa valeur ? Peut-être. Elle n’en restait pas moins sur la défensive.

« Tu es ma fille. À mes yeux tu vaux bien plus qu’eux et quand je te regarde avec les yeux d’un père je vois tout ton potentiel, mais tu le gaspilles avec ton indiscipline et ta tête enflée, Clara. Un soldat doit savoir accepter la discipline, l’autorité et de n’être qu’une goutte dans un tout bien plus grand. »

Inconsciemment, Clara avait reculé de pas. Elle s’en mordit aussitôt la langue. Les paroles de son père se bousculèrent dans sa tête, y créant un véritable tourbillon d’émotions. Gérer tout cela était presqu’impossible. Dans son impulsivité, elle n’avait qu’une envie : prendre les jambes à son cou. Il y avait tellement de colère et d’incompréhension dans ce petit bout de femme, c’était à se demander si elle ne finirait pas par exploser. Elle observa son père de profil, ne sachant que dire ou que faire. Le silence, tout simplement. Il n’y avait que le vent et les aboiements des instructeurs qui parvenaient jusqu’au balcon. Tout en regardant le Général, cet homme lui parut soudain très vieux. Sage, fatigué et préoccupé.

Clara s’adoucit légèrement. La ride entre ses deux sourcils se relâcha, ses trapèzes s’affaissèrent, sa poitrine se décompressa. Elle se sentait proche de son père et à la fois, si loin… Elle avait du mal à saisir toutes les angoisses, le mal et les peines d’un père, les colères, la douceur et l’amour d’un père. Comme une éponge, Clara absorbait ses sensations qui la vidaient ensuite de toute son énergie.

« Peut-être ferais-tu un meilleur guerrier, mais pas un meilleur soldat... si j'avais su t'apprendre la discipline, peut-être n'aurions-nous pas cette conversation pour la centième fois. »

Sans trop savoir pourquoi, ces mots pincèrent douloureusement son cœur. Elle courba l’échine et fixa le bout de ses bottes couvertes de boue. Le mot ‘’discipline’’ lui faisait grincer les dents car elle savait très bien qu’il s’agissait d’une qualité qu’elle ne possédait pas. Une qualité essentielle à un bon combattant. Une qualité importante pour son père. Clara était tout son contraire, elle était révoltée. Il jeta un coup d’œil plus bas, où les hommes faisaient tous les mêmes gestes de façon simultanée. Disons qu’elle était disciplinée à sa façon, tant que les choses allaient comme elle le souhaitait.

- Tu ne peux pas être parfait. Et moi non plus…

Clara aurait aimé garder son sérieux, mais un petit sourire narquois étira le coin de sa
bouche. Pour détendre l’atmosphère, elle continua sur cette lancée.

- Pour la discipline, tu devrais en parler à ma nourrisse. Elle me gâte un peu trop et me laisse faire tout ce que je veux.

Son sourire s’élargit un peu plus mais sa frustration ne s’en était pas allée encore complètement. Elle tritura un des pans de sa chemise en regardant ailleurs, sentant qu’une petite boule se formait au fond de sa gorge.

- Papa… je suis contente que tu sois rentré. Tu m’as manqué.

Elle avait mâchée ses mots mais le message restait le même. Le bout de ses oreilles prirent une jolie teinte rosée et son visage expressif ne parvint pas à dissimuler sa gêne. Comme il était difficile de communiquer avec un père mais il fallait néanmoins dire les choses comme elles étaient.  Clara n’avait pas envie de se battre avec lui, et pourtant, c’est ce qu’ils étaient constamment en train de faire, d’une manière ou d’une autre.

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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Sam 13 Juil 2013 - 17:12

Ces mots, Hektor les avait peut-être prononcés par le passé. C’était fort probable. Peut-être les lui avait-il dits lorsque sa fille était bien plus jeune. Ces joutes verbales étaient devenues une habitude qu’Hektor. Ce n’était pas une habitude saine, ainsi l’homme préférait maintenant les éviter, ce qui trop souvent signifiait d’éviter sa propre fille. Jamais elle ne reculait et lorsqu’elle avait une idée, il était inutile de dire qu’elle n’en dérogerait pas. Aussi têtue qu’une mule, elle ressemblait à son père. Tous pouvaient voir la ressemblance, les rares amis d’Hektor lui disaient souvent à quel point ils étaient semblables. Cependant, aucun des deux principaux intéressés n’arrivait à franchir le fossé générationnel et à voir ce que tous les autres voyaient. Sa petite Clara avait grandi si rapidement. Elle était maintenant adulte, du moins en partie, et chaque fois qu’il devait la voir ainsi le père avait un pincement au cœur. Impétueuse, exigeante, impulsive… il ne la comprenait pas, mais chacune de ses actions lui rappelait sa défunte femme. C’était la seule ressemblance qu’il acceptait de voir. Ainsi lorsqu’il jeta un regard en coin vers cette jeune femme qui venait de prendre un pas de recul, il ne vit qu’une réaction de sa mère, et il dû secouer la tête pour effacer cette image troublante.

Hektor ne cherchait pas à intimider sa fille, mais toute sa physionomie rappelait celle d’un guerrier. Ses muscles tendus, même alors qu’il adoptait une pose décontractée, son regard froid, ses froncements de sourcils… tout rappelait ses années de combat. Il était toujours prêt à réagir. Les moments d’attendrissement, où il baissait véritablement sa garde, étaient en fait très rares et il ne les partageait pas. Même dans ce moment qui aurait pu être touchant pour un autre paternel, il restait méfiant, tendu et incertain. Le général n’arrivait pas toujours à comprendre ses propres émotions, mais il pouvait lire celle des autres relativement aisément. Lorsque Clara se calma, il le ressentit. Le sourire sur le visage de sa fille était comme un baume sur ses plaies et son regard s’attendrit quelque peu alors qu’il tourna la tête pour la regarder plus attentivement. Chacun de ses mouvements trahissait sa nervosité… comment en étaient-ils arrivés là tous les deux? Père et fille, incapables de se parler, de s’exprimer. Peut-être était-ce là le résultat d’une vie de guerrier.

L’homme se redressa quelque peu, puis se retourna pour faire face à la jeune Clara. Il la regarda dans les yeux un court instant, ce qui la rendrait probablement plus mal à l’aise, mais il s’en rendit compte trop tard. Finalement, un grand sourire éclaira le visage de l’homme sérieux et fatigué qui se trouvait devant la jeune guerrière. Son père avait la réputation d’être bon vivant, chose que Clara n’avait jamais vraiment eu la chance de voir, car il ne désirait pas montrer ce pan de sa personnalité devant elle, mais même cette jeune femme pouvait voir la sincérité de ce sourire. Il y avait longtemps qu’Hektor avait entendu de bonnes paroles sortir de la bouche de sa fille. Il espérait que ce soit le premier pas vers une trêve, mais une partie de lui, bien plus pessimiste, savait que ce ne serait qu’une trêve de courte durée.

« Je ne m’attends pas à la perfection, Clara… » Il hésita mais décida de ne pas enfoncer de couteau dans une plaie béante et s’abstint de finir cette phrase. Pourquoi lui dire qu’il s’attendait simplement à un peu de respect, ou de discipline? Cela, elle le savait depuis toujours. « Peut-être devrais-je songer à renvoyer ta nourrisse et t’assigner quelqu’un de plus… sévère, dans ce cas. Aksel ferait l’affaire, lorsqu’il sera remis. »

Hektor sembla pensif un court instant, comme s’il n’avait pas entendu les dernières paroles de sa fille. En fait, cette ouverture le mettait mal à l’aise. Seules deux choses trahissaient cette nervosité : sa façon de changer son poids de jambe et sa main qui se glissait dans ses cheveux bruns pour les repousser de son visage. Il n’y avait pas beaucoup d’ouverture dans leur relation, et le dialogue était une chose aussi rare que précieuse, mais la communication pour Hektor était bien plus facile avec toute personne qui n’était pas sa propre fille. Il se racla la gorge avant de dire d’un ton qui aurait pu sembler détaché pour une autre personne : « Je suis content d’être rentré aussi, je devrais laisser tomber les excursions solitaires dans le désert, j’ai passé l’âge. »


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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mer 21 Aoû 2013 - 20:27

Le sourire de son père n’était pas quelque chose que Clara avait la chance de voir très souvent. Ainsi, lorsque ce dernier sourit, la jeune femme ne put s’empêcher de le trouver étrange. Ça lui fit tout de même plaisir. Il paraissait un peu plus jeune ainsi, même si ça ne lui enlevait pas les rides de l’âge.

« Je ne m’attends pas à la perfection, Clara… »

Même si la phrase restait en suspens, la fille du Général s’imaginait la suite. Les paroles muettes de son père lui firent tourner la tête et elle s’attarda au-delà de la cour et de ses hautes palissades. Au-delà des bâtisses et des cheminées fumantes, des cris et des pleurs des enfants, des aboiements d’ordres et des négociations des marchands. Au-delà de tout ça, la forêt courait sur la crête, descendait dans les vallons de la montagne, descendait encore plus bas, plus loin. Promesse d’aventure et frontière infranchissable à la fois.

« Peut-être devrais-je songer à renvoyer ta nourrisse et t’assigner quelqu’un de plus… sévère, dans ce cas. Aksel ferait l’affaire, lorsqu’il sera remis. »

Clara sourit faiblement et haussa les épaules. Sa nourrisse ne laisserait jamais son poste à l’abandon, surtout pas pour un homme. Un homme qui ferait les corvées de lessive, d’époussetage, de récurage… peu probable. ‘’lorsqu’il sera remis’’ mit la puce à l’oreille de Clara. Elle avait vaguement entendue parler de ce qui était arrivé à l’ami de son père. Égoïstement, elle se surprit à penser qu’elle aurait peut-être quelques jours de répit. Elle avait remarqué qu’il la suivait depuis peu, épiant ses faits et gestes et, surtout, où elle allait. À la demande du Général, évidemment. Elle n’était pas sotte. Peu importe.

- Papa… je suis contente que tu sois rentré. Tu m’as manqué.

Ils ressemblaient à deux canards marchant difficilement sur la glace. Ni l’un ni l’autre n’étaient doués pour exprimer leurs sentiments, enfin, surtout pas entre eux.

« Je suis content d’être rentré aussi, je devrais laisser tomber les excursions solitaires dans le désert, j’ai passé l’âge. »

Ces paroles inespérées furent aussi rafraichissantes qu’une brise matinale. Cette fois, Clara se sentait totalement détendue. Le temps passa, silencieux mais réconfortant. La jeune femme n’éprouvait pas le besoin de dire autre chose. Elle s’imaginait à quoi pouvait ressembler le désert, étais-ce vraiment comme on lui avait décrit ? Du sable à perte de vue et un vent, parfois doux, parfois fort, qui dansait comme un long serpent sur des dunes toutes aussi identiques les unes que les autres. Et la chaleur. Clara connaissait la chaleur moite des montagnes de Saphir lors des étés orageux mais pas la chaleur sèche du désert. C’était intriguant, mais elle renonça à l’envie de questionner son père. Ça finirait surement en une autre prise de dents car ces discutions lui donnaient toujours envie de prendre ses jambes à son cou et filer vers l’inconnu.

Clara discerna un petit bruit de pas derrière elle. En se retournant, elle aperçut la même servante d’un peu plus tôt qui s’était immobilisée devant le balcon. Sûrement pour vérifier de nouveau s’ils ne s’étaient pas entre-tuer. Elle tenait encore la boîte de bois sous son coude et interrogeait le Général du regard. De nouveau, la curiosité de Clara fut piquée. Elle lança elle aussi un regard à son père, puis de nouveau à la boîte.

- Tu m’as rapporté un tas de sable ?

Dit comme ça, ça n’avait presque pas l’air d’une plaisanterie. La servante ne sembla pas comprendre le sarcasme car elle afficha un drôle d’air, pinçant les lèvres et écarquillant les yeux d’étonnement.

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Dernière édition par Clara Arnstven le Ven 4 Oct 2013 - 16:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À pas de Loup [PV Hektor M. Arnstven] Mer 11 Sep 2013 - 1:56

Le regard d’Hektor suivit celui de sa fille, se demandant ce qu’elle pouvait percevoir dans cette forêt qui tapissant ce paysage qui était maintenant une part du quotidien. Il ne les voyait plus vraiment, ce qui était pour lui une barrière naturelle et ce qui soutenait en grande partie la vie des habitants de Ferèsis semblait être quelque chose de complètement différent pour sa fille. Était-ce l’éclair rêveur dans son regard ou la distance qui lui mis la puce à l’oreille…? Ce symbole de liberté était surtout marqué par l’absence de véritable autorité, de véritable structure. Les analogies étaient nombreuses, mais elles étaient toutes de mauvais goût pour le militaire qui se contenta de secouer lestement la tête. Il fit un pas vers la jeune femme, ne quittant pas ce paysage. Il sentait bien sa distance, son hésitation. Les silences étaient aussi importants, sinon plus, que les mots échangés lors de leurs joutes verbales. Celui-ci s’étirait en un malaise que pouvaient certainement ressentir les deux principaux intéressés. L’un d’eux finirait par céder.

L’homme se pencha quelque peu vers l’avant, pausant ses larges paumes sur le métal froid de la rambarde. Sur le coup, il ignora le commentaire sur le tas de sable, trouvant cette remarque déplacée. Il était peut-être difficile pour elle de lire les émotions sur le visage de son vieux père, mais Hektor était convaincu qu’on pouvait y lire l’agacement. « Clara, je croyais que cela te ferait plaisir. Après tout, tu dois savoir que les deux filles d'Aksel sont sergent et capitaine. » Ou peut-être ne le savait-elle pas. Il savait que se faire des amies n’était pas toujours aisée pour Clara, avec le père qu’elle avait et son caractère très… fort. Il n’en faisait que très peu de cas, espérant comme tous les pères qu’elle finirait par reprendre contrôle de sa vie, et de voir qu’il y avait une certaine valeur dans la discipline et le travail acharné. Mais comme lui disait parfois Laura, il ne sert à rien d’attendre que l’impossible te frappe de plein fouet, il faut parfois quelqu’un pour le guider. Les yeux fermés, l’air enfin relativement calme, alors que son visage se détendait enfin, Hektor semblait penser. Le commentaire de sa fille ne lui fit pas plaisir, certes, il comprenait qu’elle n’était pas entièrement sérieuse, mais ce malaise qu’il ressentait ne s’expliquerait probablement pas. « Non, j’imagine que tu n’en sais rien. Je voulais surtout te laisser une chance. Tu ne m’as pas prouvé que tu aies la capacité d’être un soldat, mais je crois que si je ne te donne pas l’occasion de le prouver… enfin, c’est ce que ta mère aurait voulu. J’espère simplement que tu ne me décevras pas et que tu ne me feras pas regretter ce choix. »

Son ton tranchant ne se prêtait pas beaucoup à la discussion. Cette attitude décisive et parfois trop sévère faisait partie des choses qui rebutaient ses proches, mêmes ses amis les plus proches. Il ne pouvait qu’imaginer l’effet que cela avait sur la jeune femme. Conscient qu’elle aurait toujours la force de le contredire, il se retourna pour appuyer ses paroles d’un regard entendu. Ce n’était pas une menace, mais ce n’était pas non plus la complicité qui guidait ce regard. On pouvait sentir dans ces yeux d’un bleu sombre toute l’autorité naturelle d’un commandant acharné. Pendant un court instant, ce n’était pas un père qui regardait sa fille, mais un général qui regardait une recrue et si cela pouvait causer un vertige, Hektor n’en ressentit rien. Il n’y avait ni douceur ni candeur dans ce regard des plus sérieux. Heureusement, cela ne dura qu’un instant, et il se radoucit, comme s’il se souvenait soudainement qu’il s’adressait à la prunelle de ses yeux. « Ne pense même pas un instant que cela veut dire que j’approuve tes balades solitaires dans la forêt et tes entraînements ‘secrets’. Je préfère que tu sois sous une bonne surveillance pour éviter des ‘accidents’ comme celui de ce matin, est-ce clair? »

L’homme marqua une pause, conscient de la curiosité de sa fille par rapport à ce qu’il lui avait ramené. « Ce cadeau saura attendre un autre moment, Clara. » Il fit un signe de main en direction de la servante pour qu’elle poursuivre son chemin. Agacé, le général ne semblait pas avoir envie de parler de cette idée qui lui avait semblé bonne a priori.




Dernière édition par Hektor M. Arnstven le Mar 15 Oct 2013 - 19:23, édité 2 fois
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