AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

La délivrance de l'oubli

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar


Neustro

Messages : 56
Xp's : 363
Date d'inscription : 21/06/2016
Carnet : Qui suis-je ?

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: La délivrance de l'oubli Dim 26 Fév 2017 - 18:55

Uriel
918mots
#009966
« La délivrance de l'oubli »
Désert de la Patience - 15 Samùn 1245
Le soleil passant à travers la toile de ta tente te fait émerger du sommeil mais c’est une délivrance. Dormir est un calvaire lorsque la nuit est hantée par les cauchemars, les voix et les visions. Tu l’entends chaque fois que tu fermes pour plonger dans les bras de la déesse du sommeil, si elle existe. Tu ne vois pas son visage, tu ne vois pas la scène. Tu entends simplement sa voix, sa voix magnifique, qui hurle et supplie. Tu ne peux que subir, tu n’arrives même pas à te réveiller. Ah ! Si seulement tu pouvais y échapper en ouvrant les yeux ! Ses cris s’éteindraient et tu irais marcher dans le désert pour les oublier. Mais il faut croire que les Dieux t’en veulent beaucoup pour te refuser, chaque nuit depuis longtemps, un sommeil doux et réparateur. Il se peut que tu l’ai bien cherché, que tu ne puisses t’en prendre qu’à toi même. Sans t’en souvenir précisément, sans réussir à mettre des images sur ces mots et ces rêves sonores, tu sais ce que tu as fait. Tu as pris sa vie pour sauver la tienne. Quel homme sain d’esprit aurait tué sa femme en la livrant au Dieu de la Mort ? Peut être finalement que tu n’as que ce que tu mérites.

Tu te redresses avec difficulté et, une fois assis, tu poses tes coudes sur tes genoux repliés devant toi et prends ta tête dans tes mains. Mais cela ne suffit pas à faire taire la douleur qui te vrille le crâne et les tympans. Allons, courage, d’ici quelques minutes ses hurlements se seront tus et cette nuit d’horreur ne sera plus qu’un souvenir. Tu te lèves cette fois, avec moult grognements. Ah ! Tu n’as pas ta souplesse d’autant, bien que te rappeler de cette belle époque ne te sois pas permis. Tu pousses le battant de lin et te faufile au dehors. L’air est encore un peu frais, le soleil se lève à peine. Autour de toi, le désert étant ses doigts de sable dans toutes les directions. Tu sais qu’en montant en haut d’une dune tu apercevrais Karnès, au loin. La capitale des Namès ne se situe qu’à quelques kilomètres d’ici. Bientôt, il faudra que tu t’y rendes pour gagner quelques pièces et des provisions : le désert n’est pas très généreux en matière de denrées.

Tu fais quelques pas dans le sable et les grains froids sur tes pieds nus te ramènent à la réalité, te permettant de laisser tes visions derrière toi. Tu rejoins l’autre tente que tu as plantée. A l’intérieur, ce qui fait de toi un Neustro : quelques potions que tu as récupéré à droite à gauche, quelques coussins pour assoir tes patients -peu nombreux dans un endroit si perdu-, des plantes séchées pour faire des onguents et cataplasmes … Tu n’as pas beaucoup de possessions, c’est mieux pour un médecin itinérant. Bien qu’en ce moment tu ne le sois pas vraiment. A un kilomètre d’ici, peut être un peu plus, à la bordure du désert, se trouve la ferme de ceux qui t’ont retrouvé, lorsque Uurang t’as rendu à la terre. Ils accueillent beaucoup de voyageurs dans leur demeure et lorsque l’un d’entre eux cherche un Neustro, ils lui indiquent le chemin pour me trouver.

Cela te permet d’être calme, de voir peu de monde, de pouvoir prendre du temps pour toi et pour réfléchir à ce que tu vas faire de cette nouvelle vie, maintenant que tu l’as obtenu, après tant d’efforts et de sacrifices. Est ce mieux pour toi ? Pas sûr, ressasser n’est pas toujours bon pour l’esprit. Rarement même, et surtout lorsqu’il s’agit de pensées néfastes. Tu te demandes ce qu’il te faudrait pour oublier cela, pour oublier cette voix dans ta tête qui est apparue dans ta tête depuis. L’Être, tu l’appelles. Il te hante chaque jour, toujours au plus mauvais moment. Tu es certain que c’est lui, Création et Malédiction d’Uurang, prix à payer pour avoir la vie sauve, qui te fait subir ces visions nuit et jour. Si seulement il pouvait s’effacer, te laisser ta tête pour toi seul, te laisser ta capacité d’analyse lorsque la situation est compliquée ! Mais pour l’instant tes recherches n’ont rien donné. Le désert est beau mais peut être qu’il serait préférable que tu n’y restes pas. Ces dunes de solitude ne sont pas propices à la rédemption.  

Tu lèves les yeux et admire le ciel, d’un bleu absolu aujourd’hui, sans aucun nuage pour venir le troubler. Tu montes sur la dune finalement, pour admirer au loin la ville. Peut être qu’un voyageur viendra troubler le calme du désert mais ce n’est pas grave, tu n’es pas contre la compagnie, et puis il est de ton devoir de soigner comme tu peux ceux qui te demandent de leur venir en aide. Si tu quittes le désert, ces pauvres gens iront à Karnès trouver un soigneur, tu sais qu’il y en a des bons là bas. Mais toi, où iras tu ? Dans la Capitale ou plus loin ? Après tout, tu as voulu devenir médecin itinérant, c’était pour parcourir Madelle, non ? Depuis le temps que tu es ici, tu n’as toujours pas trouvé la solution à tes problèmes. Il y a de grandes chances pour qu’elle ne vienne pas toute seule mais qu’il te faille aller la chercher. Tu soupires et te lèves pour retourner à ton campement. Doucement mais sûrement, tu vas commencer à faire tes valises.


Dernière édition par Drake Val Ary le Mer 3 Mai 2017 - 19:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 34
Xp's : 250
Date d'inscription : 07/01/2017
Présentation : Péché originel
Carnet : Chemin de repentance

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
0/9  (0/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Lun 27 Fév 2017 - 0:37

Fin de matinée, 1 Samun 1245,
Proche de Karnès, Perdu dans le désert de la patience...





Il regardait son bâton depuis des heures, l’observant sous toutes ses faces. Il en fut pourtant rapidement le tour... la première fois. Le bâton de son oncle Khaal… Ce magnifique bout de bois tressé, recouverte d’une peinture bleue azur à peine écaillée, l’avait aidé à surmonter le poids de bien des marches. Mais celle-ci était de trop… il fit un pas de travers et tomba sur le sol brûlant, fait de milliers grains d’or chaud.

Il en profita pour admirer le bâton de son oncle, une deuxième fois. Son attention resta focalisée plusieurs heures durant, sur l’inscription du mot « pardon », le laissant ainsi à la portée de tous les dangers du désert. Il se souvenait avec précision des dernières paroles de sa femme, puis du regard de son fils au moment où ses mains avaient serré sa gorge...si fort… qu’il avait dû rendre l’âme.

Pourquoi ?

Ses souvenirs hantaient son être depuis bien trop longtemps. Ses tourments avaient raison de lui.

Le vent du désert commença à se lever, alors que les fesses d’Uriel restaient posées ici, sur une petite dune de sable fin, le regard vide...
Tous les lépreux, les brûlés vifs, et autres miséreux qu’il avait croisés sur sa route, et guéri ne lui avait apporté la rédemption tant espérée. L’enfer était bien ici, il s’y était d’ailleurs engouffré lui-même, la tête la première. Pourquoi ? Et cette question qui revenait sans cesse, comme un éternel écho.

En y réfléchissant bien, sa quête était veine… comment avait-il pu croire un jour que sauver l’Autre le sauverait de lui-même ? Son Salut était perdu, et… il n’y pouvait rien. Rien ne pouvait absoudre ses pêchés, et encore moins sa mort.

Perdu dans cet océan de sable, au milieu de nulle part, Vivi s’accrochait désespérément à la chair de son protégé, s’enroulant autour de son bras comme pour le ramener à la réalité. Mais il n’y avait rien à faire. Uriel ne se considérait plus comme Neustro à présent, désormais convaincu de l’inutilité de sa pénitence.

Le vent soufflait avec de plus en plus de force, laissant présager le pire.

Mais il restait là, à réfléchir, impassiblement, hors du temps. Ses songes l’absorbaient, le transportaient dans un océan de chagrin et de désespoir. Quelques larmes tombèrent. La culpabilité le tuait un peu plus chaque jour, la fatigue n’aidait pas. Le fardeau était trop lourd à porter. Vivi le serrait de plus en plus fort.

Il ferma les yeux… plongeant son regard dans celui de son fils, apeuré, perdu dans ses souvenirs. Il les rouvrît et vit celui de sa femme, effrayé. Il se souvint enfin du sien, haineux. Une bête, un monstre… mais même les pires créatures de ce monde ne tuaient  pas les leurs. Quel être pouvait accomplir ce genre d’acte ? Etait-il fou ?

Rien ne le conduirait au Salut, il n’avait rien à offrir d’équivalent aux Dieux. Uriel s’était alors convaincu que seul  l’Oubli pourrait le sauver de sa damnation. Il l’avait vu… l’homme à la peau noire du désert, le Salvateur. Il l’avait vu… dans un songe, dans une communion avec le palétuvier doré de Kraveles. La Vérité ne mentait pas. Il avait vu ce neustro dans le désert… A Terna, des mois plus tard, un marchand namès lui confirma bien de l’existence d’un homme capable de telles prouesses.

C’est ainsi qu’il prit le chemin de Karnès, à la recherche d’une ombre vu dans un songe. Il se releva, enfonçant son arme dans le sable fin.
Mais il ne pu tenir, cela faisait plusieurs heures qu’il avait quitté Karnès seul. S’il avait pu se joindre à un convoi partant de Férésis pour aller à Karnès, une fois arrivé dans la capitale des Namès, il du se débrouiller seul pour trouver son salvateur. Les hommes à la peau matte du désert furent accueillants, mais aucun d’entre eux n’avaient entendu parler d’un homme si prodigieux. On lui recommanda de nombreuses adresses, des médecins de talent exerçaient leur art en ville. Mais Uriel insista à chaque fois : « Le salvateur que je cherche est dans le désert ». On le prit alors pour un fou.

Au Souk de Karnès, une fillette lui parla d’une ferme, située à quelques kilomètres de là, juste avant le « Grand désert ». Elle disait que les gens de là-bas avaient recueilli un Neustro, mais elle fut incapable d’affirmer qu’il eu le don d’effacer les mémoires.

Il  avait ainsi exploité la seule piste qu’il avait, si proche du but… cela faisait des mois qu’il était sur les traces de l’homme du désert.

Il se releva, perdu au milieu des terres arides, à quelques kilomètres de Karnès. Ses jambes prirent appui sur le sable, puisant un semblant d’énergie dans le fond de rage et de haine qui sommeillaient encore en lui. Il continua sa marche dans la direction indiquée plus tôt par la fillette. Il aperçu une ferme, et leurs occupants lui affirmèrent que l’homme qu’il cherchait avait élu domicile à quelques pas d’ici.

La marche reprit jusqu’à ce qu’Uriel pu enfin apercevoir une tente planté dans le néant aride. Au loin, il cru apercevoir une silhouette. Exténué par un long voyage de plusieurs mois, semé d’embûches et de tourments, il se précipita à sa rencontre, il devait réussir.

Il enchaîna les grands pas, courant vers l’homme comme un dératé. Arrivé à quelques mètres de lui, il croisa son regard et cria sans vraiment s’en rendre compte :

« Le salvateur ! »

Il avait réussi… c’était lui… Uriel fit le pas de trop, tombant alors de fatigue et perdant connaissance au pied du campement de l’homme.


Le paradis perdu...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 56
Xp's : 363
Date d'inscription : 21/06/2016
Carnet : Qui suis-je ?

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Dim 5 Mar 2017 - 0:15

Uriel
500mots
#009966
« La délivrance de l'oubli »
Désert de la Patience - 1er Samùn 1245
Quelques pas crissant sur le sable parviennent à tes oreilles. Aurais tu de la compagnie ? Tu soupires, ce n’est pas maintenant que tu vas partir à la conquête de Madelle et à la recherche de la rédemption. Peut être que les Dieux souhaitent que tu restes ici à prendre soin des voyageurs que ta famille adoptive t’envoie ? Ces quelques pas, tout à l’heure paresseux, deviennent précipités, comme impatients. Tu entends un hurlement, dont tu ne comprends pas la teneur. Un cri tout aussi désespéré que la course folle qui l’accompagne. Cette fois, la situation t’interpelle. Tes patients arrivent généralement en boitillant, en se plaignant mais tu n’as jamais entendu personne hurlant à la mort.

Tu te détaches de ce que tu étais en train de faire pour te tourner vers les dunes. Un homme est effectivement en train de se hâter de te rejoindre. Son attitude est étrange : le malheureux chancelle comme s’il allait chuter à chaque pas, son visage -du moins pour ce que tu en vois à cette distance- semble n’être que douleur. Sa démarche réveille en toi le Neustro et l’Être. Les deux y voient un homme faible mais l’un souhaite l’aider tandis que l’autre n’aspire qu’à le torturer et à se réjouir de sa douleur. Tuer, tuer … Uurang l’a demandé … Non, il ne faut pas que tu tues aujourd’hui, ni demain d’ailleurs, si tu souhaites accéder à la rédemption et à la santé. La santé mentale en tout cas te manque depuis que l’Être te hante et te pousse à perpétrer des malheurs. Mais des horreurs tu en a déjà bien trop fait.

Tu as tout juste le temps de faire deux pas lorsque le voyageur s’effondre à tes pieds. Que faire ? Tu n’as jamais été confronté à cette situation ! Tu te retiens de regarder autour de toi, tu sais que tu es seul au milieu des dunes. Au mieux, tu entreverrais un animal, petite créature du désert, mais cela ne t’aidera pas à sauver cet homme. Ici, sur le sable brûlant, les dangers sont la déshydratation et l’insolation, aussi tu te baisse et attrape ton patient de ton mieux pour le trainer à l’intérieur de la tente principale. L’idéal serait tout de même de lui faire reprendre connaissance. Tu ne peux pas le hisser sur le lit, il est bien trop lourd pour toi, malgré les années passées dans les champs qui ont développées considérablement ta musculature, tu le laisses donc par terre, sur le sable rendu frais par l’ombre. De l’eau pour commencer. Tu attrapes un verre et essaies de le faire boire, en lui relevant la tête … Sans succès. Sa gorge semble hermétique à ce que tu lui offres. Tant pis, vas pour la manière forte alors. Tu vas remplir un second verre et lui verse entièrement sur la tête et le cou. Si avec ça il ne se réveille pas, tu ne pourras plus grand-chose pour lui !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 34
Xp's : 250
Date d'inscription : 07/01/2017
Présentation : Péché originel
Carnet : Chemin de repentance

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
0/9  (0/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Jeu 9 Mar 2017 - 21:00

Après-midi, 1 Samun 1245,
Allongé à l'ombre de la tente du Salvateur, Proche de Karnès.




On le sortit de sa torpeur. Violemment. Le contenu d’un petit verre vint s’écraser sur son visage décrépi par le soleil. L’eau s’éclata à la surface de sa peau rugueuse. La fraîcheur retrouvée, les perles aqualines roulèrent sur ses joues et ses yeux s’entrouvrirent légèrement. Il pu ainsi apercevoir de plus près le visage du salvateur. C’était lui.

Allongé à même le sable, il cru comprendre que son objectif avait enfin été atteint. Tout avait une fin, et ses cauchemars se termineraient ici, au creux des dunes grâce au talent de cet homme. Le vent soufflait dehors faisant bouger la fine toile de la tente. C’était rafraîchissant.

Uriel était encore incapable d’effectuer le moindre mouvement. Passer sa main sur son visage lui demandait un certain effort. Sa longue marche dans le désert avait été plus rude qu’il ne l’avait imaginé. Il n’était pas d’ici et il s’était peut être montré imprudent… Les rayons du soleil ne pardonnaient pas. Une insolation au mieux… Impossible de se relever, sa tête tournait.

_ Arrghhh

Laissa t-il échapper au moment où il tenta de se relever. Sa hâte lui avait joué des tours. Satané fougue… Il préféra cacher son visage, comme pour mieux protéger ses yeux de la luminosité ambiante. Même à l’ombre, il faisait clair ici. Le neustro releva sa main gauche puis posa ses phalanges contres ses yeux, retournant sa main de la même façon. Ca lui demandait moins d’effort. Il   laissa ainsi à voir le tatouage circulaire qui recouvrait l’intégralité de la paume de sa main gauche.

Epuisé, il ne prit la peine de regarder autour de lui. Il n’y avait rien à voir. Ses yeux se refermèrent lentement. Les maux de tête reprenaient mais sa langue se déliait. Il n’était pas ici par hasard.

_ Je vous ai longtemps cherché…

Commença t-il.

_ Je vous ai vu dans ma Vérité.

Le mysticisme atteignit son comble.

_  Vous êtes le Salvateur, celui qui délivre des cauchemars et des tourments.

Seules ses lèvres bougeaient tandis que le reste de son corps s’enfonçait dans le sol froid. La gorge était sèche, il aurait aimé boire… parler lui faisait mal.

_ Je vous en conjure…

Il ne trouva le titre approprié pour s’adresser à son confrère. Frère lui paraissait encore trop familier d’autant plus qu’il ne se considérait plus comme tel. Il n’était plus neustro.

_ Pitié délivrez-moi de mes tourments… Je veux juste oublier…

L’ancien baissa sa main, laissant ses yeux percer ceux du salvateur. Son regard en disait long sur sa ténacité. Il serra les dents. Il avait mal. Son corps le faisait souffrir, mais son âme le détruisait de l’intérieur. Il était temps de clore le chapitre, convaincu que l’homme l’aiderait sans retour s’il était bien le neustro qu’on disait…

_ Effacez mes péchés, mon Frère !

Le ton était grave et la voix s’emportait dans un élan aussi lyrique que mystique. Les petits yeux noisettes de l’Ancien continuèrent de se noyer dans ceux du salvateur. Il n’y avait plus de questions à se poser, il n’y avait plus rien à penser… tout allait s’envoler comme par magie, dans l’Oubli.


Le paradis perdu...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 56
Xp's : 363
Date d'inscription : 21/06/2016
Carnet : Qui suis-je ?

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Ven 10 Mar 2017 - 20:27

Uriel
900mots
#009966
« La délivrance de l'oubli »
Désert de la Patience - 1er Samùn 1245
Alors que tu l'observes avec attention et commences à t'interroger sur son état, le visiteur reprend peu à peu connaissance, comme tu l’espérais. Tant mieux, tu aurais été bien embêté si cela n’avait pas été le cas : la nature ne t’a pas donné le pouvoir de ressusciter les morts. Tu regardes les ridules et les mimiques se succéder, animant sa peau mate en de drôle d’expressions. Tu tentes de les identifier en espérant comprendre ce qui amène ton patient et comment il se sent. La surprise peut être ?  Tu serais prêt à jurer que oui mais tu y vois autre chose également … ses yeux brillent ardemment, comme s’il était transporté de joie. Il gémit puis bouge ses mains prudemment avant de palper son visage. Essaie t il de se convaincre qu’il est encore vivant et en un seul morceau ? Interdit, tu le regardes sans réagir, c’est bien la première fois que l’un de tes patients arrivent en rampant. Les autres viennent en général pour ta Vérité différente, pour un tatouage, pour quelques remèdes ou conseils parfois mais toujours sur leurs deux pieds.

L’homme ouvrit les yeux mais les referma aussitôt. Tu sais que le problème est la luminosité mais tu n’as aucun pouvoir sur le soleil, tu te contentes donc d’attendre patiemment qu’il émerge et que ses yeux s’accoutument à la lumière du jour. Ne pourrais tu pas faire quelque chose de plus utile que de le fixer passivement ? En voilà un bon médecin, qui se contente de regarder son patient souffrir. Tu te lèves pour aller lui préparer de quoi prendre des forces mais il se met à parler. Que faire ? T'éloigner ? Tu aurais peur qu'il pense que tu ne l'écoutes pas, que tu n'en a rien à faire de lui et de ce qu'il te dit. Après tout le chemin qu'il a fait pour arriver jusqu'à toi, tu te dois au moins de rester à son chevet. Tu restes donc assis à ses côtés pour l'écouter. Il dit t'avoir cherché longtemps, est ce pour ça qu'il semble si fatigué ? Combien de temps a t il erré ainsi dans le désert ? Pas plus de quelques jours, c'est sûr, sinon il serait mort de soif. Cela te fait penser qu'il doit être déshydrater. Tu t'apprêtes à te lever à nouveau mais l'homme reprend la parole. " Je vous ai vu dans ma Vérité. " Ces mots attirent immédiatement ton esprit. Il t'a vu ? Aurait il donc hérité d'une sorte de don de voyance ? Ah ! Voilà une Vérité que tu aurais aimé développer ! Voir l'avenir, prévenir ... Ah, que ta vie aurait été meilleur si tu avais pu avoir connaissance à l'avance des conséquences de tes actes ! Mais maintenant, tu es bien loin de connaître l'avenir; tu n'as même pus connaissance du passé. Ton patient reprend à nouveau, visiblement sans se formaliser de ton silence absolu. "Celui qui délivre des cauchemars et des tourments" ? C'est ainsi qu'il te voit ? Tu profites qu'il ai fini sa phrase et reprenne son souffle pour t'interroger. Pourquoi ce surnom ? Pour ta Vérité ? Il est vrai qu'elle permet d'effacer les mémoires ou du moins des petits bouts, parfois. Mais de façon si aléatoire et avec un retour de bâton si violent. Ah ! Vous parlez d'un don ! C'est une malédiction ...

"Pitié délivrez-moi de mes tourments … Je veux juste oublier … " Cette séance informelle commence à prendre une tournure des plus inattendues. Qu'a vécu cet homme pour chercher à ce point la délivrance de l'oubli ? "Effacez mes péchés, mon Frère !" Tu ne comprends plus rien. L'homme te fixe intensément et tu le fixes en retour. Tu sais déjà que tu vas l'aider. Pour lui, mais surtout pour toi. Tu accompliras ton devoir pour retrouver ta mémoire, ta vie et ta place. Ah, le Dieu de la Mort es bien cruel, tu n'échapperas pas à ton destin deux fois. "Je t'aiderais." Tu te lèves et sors quelques herbes avant de les mettre à infuser dans une tasse que tu viens de remplir d'eau. Elle sera sûrement tiède mais il n'y a pas grand chose de frais dans le désert. Tu les pose sur une petite table de bois non loin de vous avant de te concentrer à nouveau sur ton visiteur. "Raconte moi ton voyage." Tu auras besoin de savoir ce qui l'amène pour le délivrer de son mal. Avant tout, tu poses un coussin non loin de lui pour qu'il puisse le mettre derrière son dos s'il souhaite se relever ou pour qu'il puisse au moins s'appuyer dessus puis tu attrapes l'une des tasses et lui tend. L'eau lui fera du bien et les herbes lui donneront des forces, du moins tu l'espères. "Je voudrais comprendre ce qui t'amène jusqu'à moi." Tu te demandes à quoi t'attendre mais tu sais que tu n'as aucune chance de le deviner. Tu es la preuve vivante que rien n'est jamais évident. Les Dieux jouent avec vous tel des pions et vous ne pouvez pas prévoir où il joueront au prochain coup.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 34
Xp's : 250
Date d'inscription : 07/01/2017
Présentation : Péché originel
Carnet : Chemin de repentance

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
0/9  (0/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Mer 24 Mai 2017 - 17:36

Après-midi, 1 Samun 1245,
Allongé à l'ombre de la tente du Salvateur, Proche de Karnès.





« Je t’aiderais » avait-il dit… Ces mots résonnèrent en lui. Soulagé…

Il  pu enfin se relâcher. Il ferma les yeux et laissa un léger soupir de soulagement s’extraire de sa carcasse. Le voilà arrivé au bout, au bout d’un long voyage. Ce périple n’avait pas été fait en vain. Tout prendrait fin ici, sa douleur, ses tourments, son histoire… tout se noierait dans le chant de l’oubli. Tout recommencera… Tout, tout, tout. Comme un cercle à l’infini. Tout retrouvera sa saveur une faute les fautes expiées…  oubliées…

Le salvateur était la main, l’instrument du destin qui l’aiderait ainsi à renaître.

Non, il allait simplement lui permettre d'arrêter de souffrir, d'avoir mal. Il sourit. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. L’espoir de renaître était immense et jamais il n’avait était si proche. Cet espoir avait un visage. Un visage à la peau noire, aux lèvres épaisses et à la voix grave…  

Uriel était apaisé. On lui demanda de parler… L’Ancien espérait qu’il ne changerait pas d’avis en écoutant son histoire. Mais il ne pouvait faire autrement que de se confier à lui, et ce dans la plus grande des honnêtetés qu’il soit.

Les yeux fermés, cela ne l’empêchait pas de voir le Salvateur. Ou du moins de le deviner… il sentait son aura, il était tout proche… Cet homme dégageait quelque chose de si rare.

On lui tendit un oreiller et de l’eau aromatisé. Il avait bien besoin de se désaltérer avant de se lancer dans le récit si tumultueux de sa vie. Il remercia son hôte. L’Ancien resta silencieux. Il lui était difficile de se raconter…

« J’ai étranglé de mes mains ma femme… »

Les mots étaient lourds. Ils écrasaient tout son être, et sa voix se fît tremblotante, frémissante.

« … et mon fils »

Il ne put s’empêcher de pleurer, à bout.

A ces mots, il revu leurs visages en son for intérieur. L’émotion le submergeait complètement. Les regrets l’avaient consumé au fil des années, il ne restait plus rien de lui.

« Je suis… suis… »

Il n’avait plus les mots… Il essuya ses yeux humides de ses doigts poussiéreux. Il prit le temps de respirer.  comme pour reprendre pleinement possession de lui-même.


« Mourir est inutile. J’ai guéri, soigné, sauvé les Autres pour absoudre mes peines... En vain. Si je m'étais sacrifié, je n'aurais pu aider ces gens. Je suis content d'avoir été utile...»

Il marqua une pause dans sa longue complainte… entraîné, il en oublia presque la présence du Salvateur. Il se parlait à lui-même.

« J’ai apporté la paix à tant de gens… pourtant je suis incapable de me guérir....

Je crois que je ne peux pas me pardonner. »


Voilà la Vérité.

Il rouvrit les yeux pour tenir du regard le salvateur. Il était sincère, presque trop vrai.

«Si je ne peux rien faire pour racheter ma peine, je veux l’oublier… »

Comme un enfant, il souhaiterait : «  tout recommencer… »

Faire comme si rien n’avait été… effacer les actes…

« Est-ce illusoire de croire que tout cela va s’arranger ? »

Il souhaitait simplement se rassurer…  


Le paradis perdu...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Neustro

Messages : 56
Xp's : 363
Date d'inscription : 21/06/2016
Carnet : Qui suis-je ?

Feuille de personnage
Vie:
100/100  (100/100)
Prestige :
1/9  (1/9)
Disponibilité Rp: Envie de Rp !
MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli Dim 25 Juin 2017 - 8:04

Uriel
570mots
#009966
« La délivrance de l'oubli »
Désert de la Patience - 1er Samùn 1245
Après avoir vidé d’un trait le verre que tu lui as tendu, l’homme se lance dans le récit de sa vie. Tu ne sais ce qui t’atteint le plus : ses paroles qui transpercent ton âme comme autant de couteaux à la lame aiguisée, son ton qui semble témoigner que mon interlocuteur a rudement souffert ou encore ses épaules qui s’affaissent un peu plus tandis qu’il continue ses explications. Qu’est ce qu’il t’a prit de lui demander ce qui l’amenait ? Cependant, comment aurais tu pu savoir ? Et comment l’aider si tu ignores de quoi souffre son corps et son esprit ?

Au premier coup d’œil, son corps semble sain, bien que déshydraté. Mais tu sais qu’après quelques verres d’eau ou de thé ainsi que du repos à l’ombre cette partie là ira mieux. Son âme par contre … Tu ne pensais pas que d’autres personnes pouvaient avoir vécu la même chose que toi. L’horreur et le malheur d’avoir perdu un moment le contrôle puis cette lutte contre les Dieux et leurs malédictions pour tenter d’obtenir enfin une forme de rédemption. Il semblerait que tu ne sois pas le seul à avoir l’impression de lutter en vain, mais est ce seulement une impression ? Ou les Dieux nous ont ils réellement abandonnés à notre sort malheureux ?

L’homme qui est étendu devant toi te demande si la seule solution n’est pas la délivrance de l’oubli. Connaît il les pouvoirs de tes tatouages ou sa demande n’est elle qu’une requête désespérée, le fruit de ses réflexions sans espoir que cela se produise un jour ? Comment lui expliquer que la Vérité des marques sur ta peau est instable et que tu ne la maîtrise nullement ?

Alors qu’il te demande si les solutions ne sont que des illusions, tu prends la décision de lui dire. Tu vas tenter, après tout, sa vie ne pourrait en être que plus facile. Et si cela échoue, ça n’aura pas grande incidence sur son malheur. Tu hésites un instant avant de te composer une façade sûre de toi. Tu dois avoir confiance si tu veux que ton patient croit en toi et en ta thérapie. Tu le regardes sans les yeux et lui affirmes : « Je peux peut être vous permettre d’oublier. Peut être que cela fonctionnera, peut être que cela ne fonctionnera pas. Je ne connais pas d’effets secondaires, positifs comme négatifs. » Il faut dire que tu n’as jamais revu un patient sur lequel tu as pu essayer la Vérité de tes tatouages. « Je ne vous promets donc pas son efficacité mais nous pourrions essayer. » Tu n’es pas convaincu par tes paroles, elles ne sonnent pas comme celle d’un médecin proposant un remède miracle. « Êtes vous prêt à tenter d’oublier tout cela et à recommencer sans ces souvenirs qui vous hantent ? »

Ah, comme tu aimerais qu’on puisse te proposer une solution comme celle là ! Mais tu ne peux agir sur toi-même et tu n’as jamais rencontré quelqu’un pouvant accomplir de telles choses, grâce à une Vérité ou un tatouage semblable au tien. Ce n’est pas par hasard que tu as fait ce choix lorsque tu t’es fait tatoué pas cet autre Neustro.

Tu continues de regarder ton malade. Tu penses déjà connaître sa réponse : une offre pareille, lorsque l’on a ainsi échoué dans sa vie, n’apparaît qu’une fois, et elle ne se refuse pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: La délivrance de l'oubli

Revenir en haut Aller en bas

La délivrance de l'oubli

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» MILLA ʅ l'oubli d'une vie
» Petit oubli en salle...
» mise a jour de la beta test
» ADIEU DE PAUL GERALDY
» Recensement : Mise à jour des membres L.S.D

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Madelle :: Le Monde des Humains :: Le désert de la patience-