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Un Nouveau Départ [Rhys]

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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Mer 22 Mar 2017 - 18:48

Bien entendu, il m’interroge au sujet de mon époux. Allons, après tout, à quoi m’attendais-je ? J’ai été naïve de sous-estimer votre curiosité, barde. Vous êtes plus aimables que les autres, c’est un fait. Vous m’avez sauvé d’une mort quasi-certaine, voilà un autre fait. Mais quoiqu’il advienne, vous demeurez résident d’Arnlo. N’êtes-vous pas, au fond, semblable à ces maudites commères ? Allez, soyez honnête : nous le sommes tous. De retour en ville, vous vous empresserez de conter ce que vous avez vécu aujourd’hui ; peut-être même en ferez-vous une chanson ? Allons, voilà que je deviens méprisante. Voyez, mon ami. Cette journée a attisé ma sympathie à votre égard, mais tous Parlèms que nous sommes, nous ne pouvons contenir cette part de mauvais qui est en nous.

Je m’attendais, je l’admets, à davantage de délicatesse de votre part. Mon cœur est en miettes, tandis que mon esprit est ailleurs. J’aurais tant apprécié que vous n’ayez pas posé cette question. C’est embarrassant, voyez-vous : je n’ai aucune idée de la façon dont je dois vous répondre. Mais je suis vulnérable et cette douleur à la cuisse attise mon agressivité. Sans réellement y réfléchir, je me laisse porter par mes émotions. C’est donc plus cinglante que je l’aurais voulu que je vous réponds.

- Je vous en prie, ne feignez pas l’inconscience. Vous vous doutez que j’ai fui le mariage.

Je ne culpabilise pas de m’être montrer si sèche dans ma réponse. L’on récolte ce que l’on sème, et vous avez attisé ma colère, messire. Maintenant que vous avez ce que vous souhaitiez entendre, vous ne devriez plus m’interroger à ce sujet, je suppose. Oui, j’ai fui. Pour quelle raison ? Car mon époux n’était pas un homme qui me convenait. Il n’était pas un homme bien. Il ne m’a jamais considérée comme une femme, mais comme un objet manipulable à souhait. Au-delà de cela, je dois bien avouer que je n’aspire pas à cette vie. Pire, même : est-ce blasphémer que de dire que je ne souhaite pas enfanter ? Je n’y vois pas le mal, mais mon entourage n’y aurait pas consenti. L’on m’aurait enchaînée pour que je subisse cette vie, alors j’ai préféré fuir tant qu’il en était encore temps. Comprenez bien, cher barde, que je ne vous raconterai pas cela. Par ailleurs, vous me trouveriez absurde. J’en suis certaine. Vous êtes un Parlèms, vous aussi. Vous ne le comprendriez pas.

Quoiqu’il en soit, me voilà calme. Sur un ton plus doux, relativement honteuse d’avoir haussé le ton quelques instants plus tôt, je reprends :

- Pour ce qui est de la flèche, quelqu’un m’a chassée, hier soir. J’ignorais de qui il s’agissait, mais il n’était pas un bon pisteur, en tout cas. Je suis parvenue à lui échapper en étant blessée.

J’hausse les épaules.

- Ce maudit roturier en avait certainement après ma bourse.

Dans cette tenue, je n’ai pourtant pas l’air d’une noble. Certes, quelques bagues sont restées accrochées à mes doigts, mais je doute que mon agresseur ait pu les apercevoir à travers les ténèbres.

Quoiqu'il en soit, la douleur me tiraille au rythme des pas de l’animal. Elle se fait toujours plus intense. Je soulève discrètement ma robe pour vérifier l’état de ma blessure : comme je m’y attendais, le tissu est déjà imbibé de sang. Il aurait déjà fallu changer le bandage, mais je ne l'ai que depuis quelques minutes. Et puis, je me sens incapable de descendre du denmuys. J’ai si mal que je ne fais même plus attention à la route.


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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Dim 26 Mar 2017 - 16:05

La sécheresse d'Elerinna ne le surprit pas vraiment, mais elle ne lui avait pas non plus apporté de réelle réponse. Bien sûr qu'il se doutait qu'elle avait fui : il aurait seulement été curieux de savoir pourquoi. Et évidemment le véritable mystère concernait plutôt son état actuel. Elle n'était vraiment pas en forme si elle n'avait pas saisi le sens de son interrogation. Ou alors elle avait esquivé la question car il se montrait trop curieux : c'était son principal défaut et il en était conscient. Cependant, par politesse et pour ménager la blessée, il décida de reporter son interrogatoire à plus tard : il trouverait bien comment obtenir des réponses. S'avouer vaincu ne lui ressemblait pas.

« Je vous présente mes excuses pour l'incongruité de ma question, Mademoiselle. » Il avait pris un ton très humble, espérant endormir sa vigilance. Il y reviendrait plus tard.

Étrangement il ne fut pas vraiment convaincu par le récit de la jeune femme sur ses mésaventures de la nuit. Depuis des années qu'il parcourait le continent en tous sens, il voyait que quelque chose dans les méthodes de l'agresseur d'Elerinna ne collait pas. Un bandit de grand chemin ne l'aurait probablement pas poursuivie de cette manière : il aurait pris la fugitive seule en embuscade, aurait dérobé sa bourse et ses bijoux, et serait parti sans demander son reste tant qu'elle ne se défendait pas. Cette histoire de chasse à l'homme en revanche racontait autre chose : on l'avait suivie, probablement depuis Arnlo vu l'endroit où il l'avait trouvée. Et comme elle le mettait elle-même en avant, c'était un bien mauvais pisteur qui perdait de vue une jeune femme blessée vêtue d'une robe encombrante et qui ne connaissait pas le terrain. Suspect.

Soudainement plus méfiant, Rhys scruta avec une attention accrue les alentours. L'auberge n'était plus très loin mais encore trop pour les protéger d'un éventuel traquenard, et il sentait qu'Elerinna n'était pas encore sortie d'auberge. Ce qui signifiait que lui-même se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Il n'osait pas faire accélérer leur monture par égard pour la blessure de la jeune femme, et aussi pour ne pas l'inquiéter : elle se sentait en sécurité et tant mieux, pour l'instant.

D'ailleurs elle semblait faiblir entre ses bras. Elle avait arrêté de remuer et s'était résignée à son contact. Lui-même en était plutôt soulagé : la sentir se tortiller pour l'éviter n'avait rien d'agréable et franchement il la préférait plus calme ainsi. C'était cependant un peu alarmant. Elle n'allait quand même pas tomber dans les pommes maintenant ! Ou s'endormir, le problème était le même. Il fallait qu'il la tienne éveillée encore un moment.

Sans trop réfléchir il commença à chanter doucement une ballade qu'il interprétait rarement car il la trouvait inintéressante. Mais en l'occurrence elle racontait des jours meilleurs, des animaux batifolant dans la montagne, l'eau claire courant en ruisseau et le soleil sur la prairie. L'écriture était médiocre et la mélodie simpliste, et il ne se souvenait même plus pourquoi il avait décidé d'encombrer sa mémoire avec en l'apprenant. Il était en train de la finir et se préparait à entamer une autre chanson quand un son derrière eux l'interpella. Il s'interrompit pour mieux écouter. C'était bien un bruit de chevaux lancé au galop.
Il écarta le denmuys du milieu de la route pour laisser passer les arrivants et se retourna mais un virage de la route les masquait à sa vue.


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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Mer 29 Mar 2017 - 14:08

La douleur me fatigue terriblement, je me sens impuissante face à ces vertiges qui me gagnent et qui me poussent à fermer les yeux. J'ai déjà ressenti ce type de fatigue lorsque ma santé me fait défaut, mais d'habitude, des guérisseurs envoyés par mon père prennent soin de moi et se chargent de me remettre sur pied en l'espace de quelques jours. Pour être honnête, je ne connais rien à la médecine, mais je suppose que la quantité astronomique de sang qui s'écoule de ma blessure me prive de toute mon énergie ; je ne peux malheureusement rien y faire, nous avons déjà traité ma cuisse comme nous le pouvions. Je me penche toujours un peu plus vers l'avant, défaillant sans m'en rendre compte. J'essaie de me redresser par moments, mais je me sens retomber à chaque fois. Je ne sais pas si je tiendrai jusqu'à l'auberge.  

Quoiqu'il en soit, je ne dois pas m'endormir, j'en suis bien consciente, mais mes paupières se font plus lourdes au fur et à mesure que nous avançons. Le rythme du denmuys me blesse et me berce à la fois. J'aimerais discuter avec vous, barde, mais je me sens fatiguée. Terriblement épuisée, tant physiquement que moralement. Vous semblez d'ailleurs l'avoir compris ; voilà que vous commencez à chantonner. Votre voix m'éveille et voilà que je ne fais plus attention aux bruits qui nous entourent. En temps normal, peut-être vous aurais-je méprisé de me priver ainsi de sommeil, mais en l'occurrence, vous me sauvez. Encore une fois. Vous m'aviez habituée à mieux, mais j'efface cette réflexion de mon esprit en vous écoutant ; vous n'avez pas choisi cette chanson au hasard, je crois que c'est ce qu'il me fallait. Ces paroles, certes, peu élaborées m'aident à m'évader un instant. Je ferme les yeux ; cette fois, je ne tombe pas de sommeil. J'écoute simplement cette mélodie qui remplit mon cœur d'un peu de joie et d'espoir.  

J'ouvre les yeux quand vous vous interrompez. Je m'apprête à vous réclamer une autre chanson, mais je constate que vous avez l'air soudainement plus tendu. Avez-vous entendu quoi que ce soit ? Je fronce les sourcils et tends également l'oreille, intriguée par votre comportement. Des bruits de chevaux lancés au galop me parviennent. J'ignore pour quelle raison, mais je me sens angoissée. Un mauvais pressentiment, en quelque sorte. Mais je refuse de vous en faire part : je ne veux pas avoir l'air d'une lâche. Je ne dis rien quand vous vous éloignez de la route pour laisser passer les arrivants. Je mets un certain temps à me retourner pour les apercevoir. Quand je les vois passer le virage, je me rends compte que ces hommes lancés au galop sont tous deux armés d'arcs. Mon visage blêmit quand je me rends compte qu'ils me sont familiers : ils sont des hommes de Roderick, probablement à ma recherche.

Mon cœur se resserre : je ne peux m'empêcher de penser que l'un d'eux m'a poursuivie la nuit dernière, que l'un d'eux m'a fait cette terrible blessure. Pour me punir, pour me tuer, pour me ramener à Arnlo ? Je l'ignore. Roderick est un homme imprévisible capable de toutes les atrocités. Ses hommes sont des barbares qui n'ont que faire de la morale. Quoiqu'il en soit, nous ne pouvons rester plantés là, ou nous risquons tous les deux notre vie. Mon ami, je suis terriblement navrée de vous avoir impliqué dans cette histoire. Mais nous devons fuir. Cela devient une habitude. Je me tourne vers vous, les yeux larmoyants, paniquée, l'estomac tiraillé par l'angoisse :  

- Je vous en prie, Rhys, accélérez, cachez-vous, je ne sais pas, mais ces hommes nous poursuivent et j'ignore de quoi ils sont capables !
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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Mer 29 Mar 2017 - 22:10

La panique dans la voix d'Elerinna aurait été une raison suffisante pour qu'il se décide à agir. Vu le calme qu'elle avait affiché depuis qu'il l'avait trouvée malgré sa blessure, il doutait qu'elle soit une de ces jeunes filles effarouchées qui défaillaient de frayeur à la moindre contrariété. Bien sûr, la vue des hommes qui préparaient leurs arcs en se rapprochant le décida à agir vite, Il appréciait la toute nouvellement noble jeune femme, tout comme il appréciait un peu d'aventure et d'action dans sa vie. Il préférait juste être préparé et ne pas avoir une blessée au bord de l'évanouissement dans les bras quand cela arrivait.

Il n'y avait nulle part où se cacher. De plus, les mercenaires qui les suivaient – car Rhys n'imaginait pas que Lord Anel ne s'était pas lui-même déplacé pour cette chasse à courre déplaisante – les avaient déjà de toute évidence repérés. D'où les flèches qu'ils encochaient déjà. Et lui en revanche commençait à se faire une idée assez précise de ce dont ils étaient capables. Et cette représentation ne lui plaisait guère, honnêtement.
Donc, si la dissimulation était impossible, il n'allait pas non plus tenter de se battre contre ces hommes qui semblaient être des combattants aguerris. Il ne restait donc plus que la fuite.

Heureusement, la comtesse ne s'était pas moquée de lui avec son cadeau, et Ivoire était une monture fort bien dressée et très réactive. Un claquement de langue et un signal des talons de son cavalier suffirent à le faire partir immédiatement au galop, surprenant leurs poursuivants qui poussèrent des cris dont Rhys ne parvint pas à distinguer les mots. Leur sens en devint cependant bien trop clair quand une flèche siffla à quelque dizaines de centimètres de ses oreilles. Un coup d’œil en arrière lui appris qu'en plus d'être de zélés pisteurs, ils étaient aussi des cavaliers émérites et des archers hors-pair, capable de faire les trois activités à la fois. Et que les deux jours de voyages n'avaient pas laissé son denmuys dans la meilleure des formes : ils commençaient à gagner du terrain. Il allait devoir lui donner un petit coup de pouce.

Malgré la petite appréhension qu'il avait toujours à utiliser sa Vérité devant des inconnus – la vieille tradition était contre toute attente bien ancrée en lui – il n'hésita pas plus de quelques secondes. Saisissant les rênes dans une main, il libéra l'autre pour claquer des doigts, une fois, deux fois. Il avait visé l'endroit le plus lointain de la route qu'il pouvait percevoir pour placer son premier portail. Le second s'ouvrit juste devant eux, les avançant de quelques centaines de mètres. Il referma immédiatement derrière lui, mais pas suffisamment vite pour qu'une flèche ne parvienne pas se ficher dans l'arrière de sa selle. Sous le choc, Ivoire hennit de surprise, Rhys le fit volter pour suivre le virage serré de la route, les dérobant à la vue des hommes de main. Le denmyus dérapa et fit une embardée pour se maintenir debout. Il adressa un « Désolé » contrit à sa passagère, compatissant à ce que la manœuvre avait du lui faire subir. Le passage par ses portails était souvent un peu désorientant la première fois, sans parler du brusque changement de direction.

Maintenant que la situation était un peu moins critique – mais pas vraiment améliorée non plus – Rhys put se retourner pour vérifier que les poursuivants n'avaient pas à leur disposition le même genre de tours de passe-passe. Ce ne fut pas le cas, en tout cas pas dans les quelques premières secondes. Après cette montée d'adrénaline, la voix tremblante, il se réfugia dans un sarcasme qu'Elerinna n'avait peut-être pas mérité :

« Des amis à vous, je suppose ? »


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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Jeu 30 Mar 2017 - 10:59

Des amis ? Mon cher, vous possédez un sens de l'humour fort aiguisé. Je crains, en revanche, ne pas être en état de vous suivre dans vos sarcasmes. Pour l'instant, du moins. L'envie ne me manque pas, pensez-vous. Je suis bon public. J'aimerais rétorquer qu'après tout, mon cercle de connaissances est très large. Seulement, cette petite démonstration de votre Vérité et la façon dont vous avez dirigé cet animal a éveillé encore un peu plus ma douleur à la cuisse. Je ne peux plus ouvrir la bouche, voilà pourquoi je ne vous réponds pas. Je ne voudrais pas avoir l'air douillette, mais, très sincèrement, je me retiens d'hurler. Cela m'aurait peut-être apaisée ; mais je crains que l'idée soit mauvaise en sachant que deux hommes sont à nos trousses. Je me contiens, donc. Ces quelques gémissements qui s'échappent de mes lèvres ne sont en rien représentatifs de la douleur que je ressens actuellement ; je suis d'ailleurs persuadée que mon visage a viré au rouge écarlate. Mais je ne vous en veux pas : si vous agissez de la sorte, c'est en partie pour nous éviter de finir jonchés de flèches. Alors, je crois pouvoir vous le pardonner.

Nous sommes toujours lancés au galop, mais ma douleur s'apaise légèrement au bout de quelques instants et je parviens enfin à retrouver mes esprits en un soupir déchirant : j'ouvre les yeux et me rends seulement compte qu'une larme roule sur ma joue. Rassurez-vous, je n'éclaterai pas en sanglots. Quoiqu'il en soit, je constate que le sang a non seulement imbibé le pansement, mais a également gagné quelques épaisseurs de mon jupon. Ma blessure m'obnubile à tel point que je ne parviens plus à en décrocher mon regard. Il y a quelques instants, la douleur n'était pas aussi intense. Je suis persuadée que ces quelques minutes d'équitation ont suffit à lui faire prendre du volume. Ma santé m'inquiète, davantage que cette course-poursuite. Là, deux solutions : la souffrance me fait perdre la raison, ou bien je ne possède définitivement pas le sens des priorités. Qu'importe, l'heure n'est pas à ce genre de questionnements. C'est en tout cas le cœur emballé par l'angoisse que je me retourne pour regarder par-dessus votre épaule : il semblerait que nos poursuivants soient à une distance respectable.

Rhys Songsteel, sachez en tout cas que je me sens terriblement honteuse. Non seulement je me suis montrée familière en vous appelant par votre prénom, mais en plus je vous ai impliqué dans une affaire qui ne vous concerne en rien. Bien sûr, j'aimerais vous dire que je suis désolée. Mais le fait est que je ne le suis pas réellement. Après tout, sans vous, je serais probablement morte. Alors cette fois, je ne me montrerai pas hypocrite en m'excusant. J'attendrai d'atteindre l'auberge, pour cela. Elle n'est d'ailleurs plus très loin, à présent. Une dizaine de minutes, tout au plus. Mais y parvenir sans attirer l'attention de ces malotrus ne sera pas chose aisée. Nous devons absolument les semer, nous ne sommes définitivement pas en position de les tuer. Ou peut-être que nous le sommes. Mais je ne me sens pas capable d'ôter la vie à un homme.

Ils sont loin mais ils gagnent du terrain au fur et à mesure. A ce rythme, nous ne pourront leur échapper. Une idée me vient : comme le barde, je suis persuadée que ma Vérité peut nous être utile. C'est donc silencieusement mais difficilement que je bloque mon esprit sur un rocher minuscule qui semble néanmoins retenir le reste de ses semblables. Je me concentre, je force, tentant tant bien que mal d'ignorer la douleur. Au bout de quelques secondes, je le vois se mouvoir légèrement et dans un nuage de poussière, il roule en direction de la route, suivi d'une dizaine d'autres. Ils viennent atterrir sur la route en un vacarme désagréable, faisant voleter tant de poussière que l'un des cavaliers en vient à s'étouffer. En l'occurrence, je suis assez fière de ma performance. Ma télékinésie n'est pas bien puissante, mais il me suffit parfois de ne bouger que légèrement un objet pour obtenir un résultat des plus intéressants. La route est maintenant condamnée ; les chevaux ne peuvent en tout cas pas passer, même en sautant. Je vois les cavaliers jurer et ralentir devant la chute de pierres, faisant au passage hennir leurs montures. S'ils souhaitent continuer cette course, ils devront le faire à pied, mais nous avons, en tout cas, largement le temps de les semer.

Epuisée suite à ce sort, je m'effondre sur le pauvre barde. Mes yeux se closent toujours un peu plus. Je me sentais déjà extérieure à la situation, mais mon esprit semble à présent s'envoler définitivement ailleurs. Au moins, je vous aurai été utile. Dans un dernier éclair de lucidité, vidée de toute énergie, je déclare d'une voix tremblante :

- Je vais mourir, c'est certain.
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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Mer 5 Avr 2017 - 22:27

Entendant un roulement de tonnerre comme un glissement de terrain derrière eux, Rhys se retourna brusquement pour voir effectivement une avalanche de rochers de toutes tailles débarouler le long de la falaise pour venir s'écraser sur la route entre eux et leurs assaillants qui se retrouvèrent contraints d'interrompre au moins momentanément la poursuite. Il était en train d'invoquer tous les dieux qui lui venaient à l'esprit pour les remercier de ne pas avoir fait tomber ces pierres au moment où ils se trouvaient eux-même sur le trajectoire quand Elerinna s'affaissa contre lui, visiblement épuisée, lui apprenant ainsi qu'elle était peut-être pour quelque chose à cette chance insolente.

Très bien dressé et sentant probablement l'urgence de ses cavaliers, Ivoire ne s'était pas arrêté, et secoua juste sa tête ornée de bois massifs pour marquer sa nervosité. Rhys était bien désolé pour lui et comprenait sa détresse, mais il était pour l'instant plus intéressé par sa propre survie que par les états d'âme de sa monture, et le poussa encore au galop pour arriver au plus vite. L'auberge n'était plus loin, et l'alchimiste se promit de le féliciter avec la meilleure nourriture que l'établissement avait à proposer ainsi que plusieurs jours d'un repos qu'il avait plus que mérité après tout ce qu'il lui faisait subir.

Mais pour l'instant, ils n'en était pas là ni l'un ni l'autre. Gardant les rênes dans une seule main, Rhys attrapa Elerinna par la taille pour la maintenir en selle car elle menaçait de glisser. Il en profita pour la secouer doucement : l'heure n'était plus à la chansonnette mais il avait encore plus peur que quelques minutes plus tôt qu'elle perde connaissance. Entre tout le sang qu'elle avait perdu et les utilisations répétées de sa Vérité, il était très inquiet pour elle. Elle était persuadée qu'elle allait mourir et s'il avait dû répondre le plus honnêtement du monde, c'était sa crainte à lui aussi. Heureusement, son travail ne reposait pas sur l'honnêteté.

« Pas si j'ai mon mot à dire ! Et puis ce serait terriblement impoli de votre part de le faire avant d'atteindre l'auberge. »

Afin de gagner quelques minutes sur la courses, il utilisa sa Vérité à deux reprises sur des lignes droites assez longues, mais ouvrir des portails de cette taille dans l'urgence utilisait trop d'énergie pour qu'il le fasse plus. Cela menaçait de l'épuiser rapidement, et il aurait probablement besoin de toutes ses capacités en arrivant, car contrairement à ce qu'il lui laissait entendre, il doutait d'être au bout de ses peines même en arrivant à destination. Il priait pour qu'un guérisseur se trouve dans les parages. Il n'osait pas s'imaginer trouver un Neustro ou un Namès ici.

En arrivant en vue de la civilisation tant espérée, il utilisa tout son entraînement de barde pour faire porter sa voix aussi loin qu'il le pouvait pour appeler de l'aide. Ce fut apparemment efficace car un garçon d'écurie en sortit en courant pour voir ce qui se passait. S'arrêtant en dérapant dans la cour, Rhys lui intima l'ordre de trouver quelqu'un. Le gamin s'éloigna au triple galop après avoir jeté un coup d’œil inquiet à la blessée, et à peine quelques instants plus tard l'aubergiste sortit pour s'enquérir de la situation, suivie de quelques employés. Si elle était surprise de le voir revenir aussi vite et dans de telles conditions, elle fut bien trop sage pour le montrer.

« Mon amie est blessée, elle a besoin d'un guérisseur. Vite ! »

Pendant qu'il parlait, le petit palefrenier reparut avec des couvertures qui permirent aux employés de la maison d'improviser une civière. Tout en parlant à mi-voix à Elerinna pour lui expliquer ce qu'ils étaient en train de faire, Rhys la fit glisser doucement pendant qu'ils la réceptionnaient de l'autre côté. Puis, profitant de ses derniers instants haut-perchés, il se retourna pour tenter d'apercevoir d'éventuels signes de leurs poursuivants, mais il ne vit rien pour l'instant. Il sauta de l'animal pour suivre le convoi à l'intérieur en prenant l'aubergiste à partie, discrètement.

« Il me faudrait une chambre à l'arrière, de quoi faire des bandages propres, ainsi qu'un guérisseur fiable aussi vite que possible, je vous en prie. Et si quelqu'un nous demande, nous ne sommes pas là. »

L'imposante femme hocha la tête en silence et partit à la recherche de quelqu'un pour les aider en aboyant des ordres pour qu'on leur apporte ce dont ils avaient besoin. Elle était habituée à ses demandes et savait ne pas poser de questions.


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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Jeu 6 Avr 2017 - 14:27

J'entends des voix qui me paraissent éloignées et plusieurs personnes semblent s'agiter autour de moi. En temps normal, peut-être aurais-je été nerveuse à la vue de toute cette foule, mais je parviens à rester détendue et à ne pas y porter attention. Mes yeux sont mi-clos, observant très vaguement la scène. Je vois que vous êtes toujours à mes côtés, Rhys. Vous murmurez quelque chose ; êtes-vous en train de chanter ? Non, vous parlez, simplement. Votre présence me rassure et m'apaise. Ne m'en voulez pas, mais je ne comprends pas bien ce vous me dites. Votre voix me berce, me poussant à fermer les yeux. J'admets volontiers que je ne suis pas bien consciente de ce qu'il se passe actuellement, mais ce que je sais, c'est que je suis bien au chaud et à l'aise, emmitouflée dans quelques couvertures. Ce qu'il est bon de se reposer. J'ai l'impression d'être chez moi, entourée de tous ces gens qui s'occupent de moi. J'en oublie presque ma douleur à la cuisse. Je cligne quelques fois des yeux, luttant contre le sommeil : je vois une imposante femme à l'air paniqué à vos côtés. Je n'ai aucune idée de ce que vous avez bien pu lui dire, barde, mais il n'est pas très élégant de mettre une dame dans un tel état ! Cette image est la dernière que j'aperçois avant de clore mes paupières. Je sens que l'on me déplace, mais là non plus, je n'y accorde pas la moindre attention. Faites donc, du moment que vous ne me réveillez pas.  

[…]

Je sens quelque chose de chaud reposer sur mon visage ; loin d'être désagréable, cette sensation ne m'est pas étrangère. Plus jeune, lors de mes crises les plus violentes, Père avait l'habitude de rester à mon chevet et de déposer une bouillote sur mon front. Oui... il s'agit d'une bouillote. Alors, nous sommes finalement parvenus jusqu'à cette auberge. Je suis au chaud et sur un matelas confortable. Voilà une bonne nouvelle. En revanche, je crains qu'une bouillote ne suffise pas à soulager ma peine. Je rouvre lentement les yeux en clignant plusieurs fois des paupières ; ma vision est encore vague, mais je vous vois. Rhys, vous êtes là. Attendez-vous ainsi depuis un long moment ? Si tel est le cas, vous m'en voyez navrée. Quoiqu'il en soit, j'aimerais vous remercier d'ainsi prendre soin de moi. Mon cœur est rempli d'une gratitude immense à votre égard. Mais je ne parviens pas à l'exprimer. Au lieu de ça, une autre penser vient hanter mon esprit : comment pouvons-nous nous reposer ainsi alors que nous sommes poursuivis ? Quel malheur ! Je me redresse brusquement pour vous faire part de mon angoisse :  

- Rhys ! Quelle inconscience, nous ne pouvons rester ici, immobiles !

Par tous les dieux ! A peine ai-je achevé cette phrase qu'une immense douleur à la cuisse me paralyse. Soudain, une main vient me caresser le dos ; je me retourne, surprise, pour apercevoir debout à côté de mon lit un homme que je n'avais pas vu jusqu'à présent. J'ai peur, très peur, mais j'aperçois sur ma table de chevet un certain nombre de soins et de matériel médical. Je me détends alors, bénissant les dieux que cette auberge dispose d'un guérisseur. Je suis vidée de toute énergie, alors je laisse retomber mon visage contre mon oreiller. D'une voix faible et quasiment inaudible, je prends une nouvelle fois la parole :  

- Messire Songsteel, je suis absolument navrée de m'être montrée familière au point de vous nommer par votre prénom, à deux reprises qui plus est. Réalisant l'absurdité de mes paroles, j'enchaîne : Et... Et de vous avoir mêlé à tout cela, bien entendu... Veuillez me pardonner.

Quelle plaie. Me voilà à me fondre en excuses auprès d'un noble Parlèms. Bon sang, ce n'est pourtant pas le plus important : pourquoi suis-je à ce point incapable de me préoccuper des priorités ? Je tourne mon regard fatigué en direction du guérisseur qui semble chercher quelque chose à travers tout son matériel, quelque peu paniqué. Son comportement ne me rassure pas et, au contraire, déclenche en moi une certaine nervosité. Je tourne mon regard vers le barde pour rechercher un peu de réconfort.  

- Ce n'est pas si grave, n'est-ce pas ? Il ne s'agit là que d'une plaie...

Le guérisseur me répond sans même tourner son regard dans ma direction.

- La plaie s'est infectée...

Sa réponse vague m'angoisse encore davantage. Je me permets une autre question.

- Êtes-vous un Namès ?

Il secoue la tête négativement et soulève ma couverture pour déposer une pommade sur ma blessure. J'avale ma salive et le regarde faire sans ajouter quoique ce soit, regardant Rhys par moments. Et puis, le guérisseur daigne enfin tourner son regard vers moi avant de déclarer d'un air grave :

- Il faut amputer.

A ce moment, mon cœur se resserre et tout devient flou autour de moi. Amputer ? C'est une plaisanterie ? Jamais je n'admettrai que l'on m'ampute de ma jambe ; je ne pourrais même plus me déplacer ! Non, non et non ! C'est hors de question ! Brutalement, je rétorque en hurlant, à la limite de la crise de larmes :

- C'est une plaisanterie ? NON ! Je ne permettrai jamais cela ! Vous ne m'amputerez pas de ma jambe ! C'est impossible ! Non ! Rhys, je vous en prie, ne le laissez pas faire cela !

Je l'ai encore nommé par son prénom. Oh, et puis, peu m'importe !
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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Lun 10 Avr 2017 - 23:18

Il y avait déjà trois jours que Rhys jouait les garde-malades.

À leur arrivée il avait commencé par refaire les premiers soins sur la blessure qui ne s'était vraiment pas arrangée dans leur cavalcade éperdue. Rien que de voir la cuisse d'Elerinna, rouge, chaude et gonflée, lui faisait mal. La plaie, même si elle avait fini par arrêter de saigner, restait béante et il avait essayé de la recoudre comme il avait pu, avec les moyens du bord. Il l'avait à nouveau enduite de miel car c'était la seule chose qu'il connaissait, refit le pansement et se résigna à attendre. En échange de quelques pièces bien senties il avait pu se procurer auprès du personnel des infusions de saule et de pavot pour soulager la jeune femme en attendant qu'elle puisse être traitée correctement.

Il avait ensuite envoyé un garçon d'écurie à Arnlo avec un message crypté à destination de Jonas pour l'informer de sa situation et qu'il ne s'inquiète pas trop. Puis, malgré la fatigue à la fois de la monture et du cavalier, il était remonté en selle pour explorer un peu les environs à la recherche de traces lui indiquant la position de leurs poursuivants et l'éventualité d'un rassemblement en vue d'une offensive sur l'auberge. Il ne trouva rien, mais il n'était pas chasseur et ses capacités dans ce domaines étaient donc réduites.

Seulement à moitié rassuré il revint au bercail au bout de quelques heures pour y trouver un homme avec une mallette remplie d'instruments étranges et de plantes qu'il reconnaissait en partie pour les utiliser dans ses potions. La formidable aubergiste s'était surpassée pour trouver un guérisseur aussi rapidement. Et Rhys la connaissait : elle lui avait trouvé quelqu'un de compétent. Elle n'avait jamais failli à sa réputation, et tous les services qu'elle proposait étaient d'une qualité impeccable. Espérant qu'il en était de même pour cet homme, il le conduisit à Elerinna qui avait fini par s'endormir – ou s'évanouir.

En voyant son visage lorsqu'il lui montra la blessure, le jeune homme sentit son ventre se serrer : une telle expression ne présageait rien de bon. Sous prétexte de sa grande inquiétude pour la blessée, il s'installa dans un fauteuil dans un coin de la pièce sa lyre sur les genoux, et se mit à en jouer doucement sans quitter le guérisseur des yeux. Il faisait confiance à l'aubergiste, mais même la meilleure des femmes pouvait se faire berner, et ce qu'il avait vu dans l'après-midi le poussait à la méfiance.

Il finit plus ou moins par s'installer définitivement dans ce fauteuil, en fait. Un repose-pieds et un guéridon plus tard et il ne quittait plus la chambre que trois fois par jour pour prendre à manger et aller aux nouvelles dans la salle principale de l'établissement. Le médecin passait lui aussi régulièrement pour changer le pansement et essayer de faire ingurgiter un peu d'infusion de pavot à Elerinna, pour l'hydrater autant que calmer la douleur. Au bout du troisième jour, devant l'aggravation de sa jambe, il avait diminué la dose d'opiacés qu'il lui faisait boire pour la faire revenir.
Une nouvelle fois Rhys s'était installé dans le fauteuil et faisait courir distraitement ses doigts sur les cordes de sa lyre en attendant qu'elle reprenne conscience, les yeux fixés sur la jeune femme sans vraiment la voir.

Son réveil brusque le fit sursauter, faisant déraper ses doigts et lui arrachant une fausse-note. Apparemment elle était restée sur la même angoisse que lorsqu'elle avait perdu connaissance. Il se redressa dans son siège, prêt à la rassurer, mais il n'en eu pas l'occasion : elle sembla comprendre rapidement sa situation et la présence du guérisseur la rasséréna. Au départ. L'homme était peut-être compétent dans les soins techniques, mais sa capacité à parler au patient laissait à désirer... L'annonce fut un choc pour Rhys aussi. Depuis trois jours qu'ils étaient dans la même pièce une bonne partie du temps, il n'avait jamais évoqué cette éventualité. Et le faire avec un tel aplomb, sans aucune préparation !

Sa panique le réveilla : se dépliant de sa position, il traversa la pièce en quelques pas et s'agenouilla à son chevet. Il lui saisit la main avec douceur dans l'espoir de l'apaiser un peu.

« Shhshh, ne vous inquiétez pas. » Ou plutôt si, inquiétez-vous. Il se tourna vers le guérisseur, un peu perdu. « Il n'y a vraiment aucune autre solution ? Ne peut-on pas attendre que l'infection s'évacue seule ? »

L'homme secoua la tête avec emphase, et pour illustrer ses propos souleva le drap pour exposer la plaie. Son premier geste en la voyant avait été de faire sauter les points maladroits de Rhys. Elle était là à présent, tendue et suppurante, les berges abîmées alternaient des plages livides avec des zones noirâtres. L'ensemble dégageait une odeur nauséabonde. L'alchimiste n'y connaissait pas grand-chose en matière de médecine, mais cela ressemblait vraiment à une jambe que l'on devait amputer.

« Je suis désolé Mademoiselle Jelica. Je crois que Monsieur a raison. »
Il se sentait malade rien que de prononcer ces mots. Il se pencha par-dessus le lit pour attraper le bol d'infusion de pavot. Le guérisseur fit mine de désapprouver, mais Rhys le fit taire d'un regard assassin. Peu enclin à se mettre à dos un noble, l'homme garda un silence mécontent.
« Dormez, pour l'instant.
- Oui, nous aurons tout le temps de voir cela demain. »


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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Ven 12 Mai 2017 - 13:36

La plaie purulente et nauséabonde trône sur ma jambe de la façon la plus écœurante qui soit, m’arrachant un rictus de dégoût. Eh bien ! Je dois faire face à un nombre de mauvaises absolument colossal, ce matin ; tout ceci me paraît irréel. Moi-même, je ne suis plus certaine de vouloir de cette jambe. Allons, un peu de sérieux ! Il est hors de question de m’en séparer. Vous ne me ferez pas croire, docteur, que mon corps ne peut se remettre d’une simple flèche. Quoiqu’il en soit, je suis navrée, barde, de vous imposer une telle vision. Cet homme n’a décidément aucune morale. Aussi, je lance un regard noir à ce guérisseur tout en m’emparant du drap, recouvrant ma cuisse de la couverture. Non seulement cet incompétent ne songe qu’à m’amputer, mais en plus, il porte atteinte à ma pudeur ! Ses méthodes me dégoûtent, voilà la raison pour laquelle vous me brisez le cœur, messire. De quel droit lui donnez-vous raison ? De quel droit vous permettez-vous de me donner l’ordre de dormir ? Non, je ne dormirai pas ! Non, je ne permettrai pas cette amputation, et votre sollicitude n’y changera rien ! Furieuse, je sépare brutalement ma main de la vôtre pour planter mon regard sur vous.

- A quoi bon vivre, alors ? Si vous permettez cette amputation, je préfère encore mourir ! Sans détourner le regard, sans même cligner des yeux, j’enchaîne : Je refuse cette vie d’infirme ! Je refuse de retourner à Arnlo, au domaine Jelica, à l’atelier ! Je refuse de rester prisonnière de mon père ! Je refuse cette condition de duchesse ! Je refuse d’épouser cet homme ! Je refuse de porter ses enfants ou ceux de n’importe qui d’autre ! Je n’aspire pas à cette vie, certainement pas ! Si vous permettez cela, Rhys Songsteel, voilà l’avenir que vous me réservez. Sans m’en rendre compte, j’ai commencé à pleurer. J’ai l’air pathétique. Les sanglots se font plus puissants à force de paroles, alors je me tais quelques instants en regardant ailleurs. Ce n’est qu’une fois quelque peu apaisée que je me décide à reprendre la parole. Je suis navrée, messire, mais j’ai besoin de mes deux jambes pour fuir. Je suis prête à perdre la vie pour cela.

Je m’allonge sur le côté, de façon à tourner le dos au barde. J’ai horreur de ne pas être capable de contrôler mes émotions ; ma pudeur me pousse à renfermer ces sentiments au fond de moi. Aussi, je n’apprécie pas que l’on me voie dans de tels états. D’autant plus que je ne parviens pas à soulager mes sanglots. Je crois que je préfère encore être seule. De toute façon, vous ne me comprendrez certainement pas, messire. Vous êtes vous-même résident d’Arnlo, un noble, comment pourriez-vous comprendre ma détresse, vous qui avez reçu une éducation Parlèms ? Je suis intimement persuadée que vous ne pouvez saisir l’intensité de mon désespoir et ma détermination à fuir mon destin.

- Vous pouvez disposer, messieurs. Je ne peux me résoudre à retourner à Arnlo, alors je préfère encore me débrouiller par moi-même. Je pousse un profond soupir. Messire Songsteel, je vous remercie de votre aide précieuse.
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MessageSujet: Re: Un Nouveau Départ [Rhys] Sam 27 Mai 2017 - 18:26

L’expression du visage de la jeune femme lui fit marquer un temps d’arrêt. Si ses yeux avaient pu lancer des éclairs, il aurait été foudroyé sur place, et il n’aurait jamais pensé lui inspirer un tel dégoût. La partie la plus égoïste de son esprit, et honnêtement celle dont il était le moins fier, était presque soulagée qu’elle soit blessée et immobilisée, car elle avait l’air trop faible et préoccupée pour le gifler – ce qu’il aurait sans doute eu envie de faire si leurs rôles avaient été inversés. Il n’essaya pas de la réconforter physiquement, au contraire il s’écarta un peu d’elle pour lui laisser de l’air, et aussi parce qu’elle semblait ne plus vouloir rien à faire avec lui.

Le barde était pris par surprise par ce flot inattendu de griefs qu’elle semblait porter en elle depuis une éternité. À vrai dire, il n’aurait jamais imaginé qu’elle puisse penser ce genre de chose. Certes, lui-même n’aurait jamais pu envisager une vie cantonnée au manoir et à la ville à s’occuper des enfants, mais la situation était totalement différente. Elle était une femme, et les femmes étaient faites pour ce type de vie, non ? Même celles qu’il côtoyait régulièrement, les épouses de ses frères, étaient parfaitement satisfaites de cet état de fait. Il avait été éduqué ainsi et grandi dans cette culture, il ne s’était donc jamais imaginé que cela puisse sembler préjudiciable à certaines. Cependant, les larmes d’Elerinna étaient authentiques lorsqu’elle évoquait le destin que lui réservait la société, et il était désemparé devant sa détresse.

Bouche bée, il ne bougea pas jusqu’à ce qu’elle lui tourne le dos et le congédie. D’un geste, Rhys intima au guérisseur de quitter la pièce, ce que ce dernier fit après avoir rassemblé son matériel en faisant bien sentir aux jeunes gens qu’il s’agissait là d’un affront. Lui-même se leva mais resta immobile quelques instants, hésitant sur la marche à suivre. Devait-il essayer de la réconforter ? Mais comment ? Elle lui avait très clairement fait comprendre qu’elle ne voulait pas qu’il reste là, mais il hésitait tout de même à la laisser seule comme cela…
Finalement, comprenant qu’il faisait partie du problème, il déposa le bol qu’il tenait sur le meuble de chevet, fit demi-tour et sortit en attrapant sa lyre au vol.

Je suis désolé.

***

Les jours qui suivirent furent éprouvants pour tout le monde. Elerinna avait fini par abdiquer et accepter l’inévitable, à moins qu’elle n’ait juste plus la force de résister. Une fois la décision prise, la préparation fut assez rapide, bien que l’alchimiste n’aurait jamais imaginé qu’il faille autant d’instruments pour pratiquer une amputation. L’opération en elle-même fut également un cauchemar, dont Rhys, plusieurs jours plus tard, peinait encore à faire disparaître les images de son esprit tout en essayant de toutes ses forces d’oublier la part qu’il avait jouée dans l’affaire, mais l’apparition d’un scie dans la main du chirurgien avait été plus qu’il n’avait pu supporter.

Il avait passé les quelques jours suivants à attendre aux côtés de la jeune femme qu’elle se réveille, en pinçant distraitement les cordes de son instrument. Le guérisseur allait et venait régulièrement, et le bandage restait propre. Malgré les épreuves qu’elle avait traversé, elle commençait à avoir meilleure mine.
Quant à lui, il commençait à réfléchir à ce qu’il allait bien pouvoir faire d’elle. Il y avait trop longtemps qu’ils étaient restés immobiles dans cette auberge, les hommes de main du duc allaient à nouveau leur tomber dessus s’ils ne partaient pas bientôt.


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