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Jeux d'enfants.

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MessageSujet: Jeux d'enfants. Dim 29 Jan 2017 - 15:43

Aussi surprenant que cela puisse paraitre à ses yeux, l’intensité de la tempête ne cessait d’accroitre au fils des minutes. Le vent soufflait violemment dans cette étroite vallée, bien plus qu’il ne l’avait jamais vu en tout-cas. Le sable dans l’air l’aveuglait et s’invitait dans le moindre recoin, notamment sa bouche et ses vêtements. Même les innombrables roches et les reliefs vertigineux furent camouflés par cette tempête. Le liare et son cheval progressaient avec difficulté, avançant à tâtons pour ne pas culbuter sur le premier caillou, le visage baissé pour éviter au mieux les grains. La bête suivait Äolias - qui après une chute difficile dû au vent, décida de bien rester fixé à la terre ferme – tenue par les rennes. Le bruit qui s’en dégageait demeurait si puissant que le jeune ne parvenait même plus à entendre les hennissements de l’animal. La chute de pierres qui se déroula à quelques mètres seulement ne parvint pas à attirer la moindre attention.

À bout de souffle, l’adolescent désespéra et se réfugia dans le premier abri venu, un simple interstice dans la montagne, juste assez gros pour son cheval et lui. Enfin au calme, sa colère jusqu'à lors contenue explosa sans le moindre avertissement ! Les injures (plus ou moins raffinées) flottèrent dans l’air sous l’œil inexpressif et poussiéreux du canasson. Il conspua de toutes ses forces la caravane et ses membres pour l’avoir abandonné ainsi au milieu de nulle part. Certes, c’est principalement car quand la tempête à débarquée, il s’était lui-même un peu trop éloigné du convoi, mais là n’est pas la question ! Ils auraient pu faire l’effort de l’attendre avant de décamper. Maintenant, il allait mourir de faim, seul avec un cheval abruti et mal élevé. Plusieurs minutes après avoir continué d’exprimer toute sa haine, il suivit l’exemple de son cheval assoupi. Sa tête se posa contre l’épaule de la bête, et l’adolescent se laissa peu à peu endormir, bercé par le son du vent.

Le réveil fut pour le moins brutal, le corps en sueur et l’esprit embrouillé. Comme toujours, il ne parvenait pas à se remémorer la moindre bride de ce cauchemar. Mais peut-être était-ce mieux ainsi selon lui. Il épongea son front humide le long de son avant-bras et jeta un coup d’œil aux alentours ; impossible de voir quoique ce soit dans la grotte. Même constatation à l’air libre, nuit noire, simplement éclairée par les resplendissantes étoiles de la voute céleste. Sans doute valait-il mieux rester caché cette nuit pour éviter les monstres, s’interrogeait-il avant d’apercevoir une autre lueur au loin. Pas de doute possible, c’était un feu de camp et visiblement assez proche de sa position. Sans perdre de temps, il réveilla son partenaire et l’enfourcha sans perdre temps. Le cheval encore endormi supporta malgré tout le poids de son cavalier et se traina avec difficulté en direction de la fumée s’élevant jusqu’au ciel. Sans aucun doute, cela devait provenir du convoi.

Le long du chemin, un immense rocher à la forme insolite attira son attention. D’un coup sec sur les rênes, il signala à sa monture de s’approcher de l’étrange bloc. Se trouvant à seulement quelques centimètres, il descendit de sa monture pour l’inspecter de plus près, l’effleurant de la paume de la main. La matière semblait moins consistante et un peu plus chaud qu’elle ne devrait. Un grognement s’échappa de la pierre, et sans prévenir celle-ci se mit à bouger, projetant un Äolias déconcerté au sol d’un coup faible. Il réalisa avec stupéfaction que ce qu’il avait cru être de la roche n’était autre qu’une queue, virevoltant avec une certaine lenteur dans les airs avant de se reposer lourdement sur le sol dans un nuage de poussière. De sa position, il ne parvint pas à voir le reste du corps de l’abomination, excepté deux immenses ailes, se dressant peu à peu dans les airs. Elles évoquaient légèrement celles d’une chauve-souris, du moins si celle-ci mesurerait plusieurs mètres de haut, et peinaient à se déployer intégralement dans ce couloir naturel. Si immenses qu’elles cachaient les cieux. La peur paralysait le moindre des muscles du liare, jamais de sa courte existence n’avait-il aperçu telle créature. Peu à peu, le monstre s’éleva au dessus du sol, son corps tournant légèrement dans les airs, le liare parvint enfin à distinguer son visage. Un gigantesque dragon. Dont le teint terne des écailles évoquait largement un morceau de granite. Une gueule gargantuesque, aux milliers de dents acérées, ainsi que ses deux petits yeux luisant tels des saphirs. La fumée qui s’échappait de ses fines narines renforçait le côté imposant.

Un hennissement retentit soudain, Äolias se rappela qu’il avait une monture. Aurore (la jument alezane) était en pleine panique, fuyant au triple-galop en abandonnant son acheteur derrière-elle. Des cris de colères se seraient probablement perdu si ce fameux maitre n’était pas en ce moment même inerte, impassible. Plus rien n’avait alors la moindre importance.

Bien que cela ne dura qu’un bref instant, son regard croisa celui de dragon de pierre. Äolias n’oubliera jamais ces pupilles magistrales, cette sensation de peur mêlée à de l’admiration face à une telle créature.

Contrairement à ces attentes, ce n’est pas lui que la bête chargea furieusement, mais plutôt Aurore. Tous deux disparurent de son champ de vision en passant dans une ravine. Le son des sabots fracassant le sol et de grognements furent perceptibles pendant une dizaine de secondes, avant de s’éteindre en même temps.

Après quelques minutes qui parurent en durer des heures, le liare se décida à reprendre sa route. Au loin, la fumée était encore perceptible. La bête avait dû se repaître de la chair fraiche – bien qu’un peu frêle – de l’animal, et sans doute était-elle repartit. Du moins Äolias l’espérait sincèrement. Accélérant la cadence pour ne pas s’éterniser plus longtemps ici. Il arriva, sain et sauf, mais à bout de souffle au fameux feu de camp. Cependant plusieurs faits l’intriguaient, particulièrement l’absence de vie, ainsi que de convoi aux alentours. Le groupe seraient partit depuis peu ? Peu importe, il allait enfin pouvoir se réchauffer un peu en cette nuit pour le moins glaciale. L'adolescent s'approcha des flammes et commença à s'allonger sur le sable doux.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Dim 29 Jan 2017 - 18:41

Une fois n’est pas coutume, Ivi s’était fortement éloignée du campement. Les temps étaient plutôt calmes et les réserves encore relativement pleines. Le Clan n’ayant donc pas un besoin impératif de sa présence, elle avait décidé de s’éloigner quelques temps afin de faire le point. Elle ressentait un genre de vide dans sa vie. Oh, pas qu’elle ne soit pas riche en évènements divers et variés ! Non, ça la Vallée en avait des pelletées et était relativement généreuse pour ce qui était de les distribuer. Une attaque d’Areoka par ci, une embuscade de patrouille imprudente par là, sans parler de la fraîcheur  encore sensible de l’hiver qui rendait parfois difficile la découverte d’une source de lave potable et liquide.
 
Non, ce qui lui manquait finalement, c’était des découvertes. Elle commençait à s’ennuyer. Elle connaissait la Vallée presque par cœur. Sans parler de ses compagnons de Clan qui lui tapaient un peu sur le système à raconter toujours les mêmes histoires sans songer à se renouveler.  Les marchands itinérants avaient été rares ces derniers mois. Ce qui n’aidait pas à calmer une Ivi bien sur les nerfs. Elle avait besoin de nouvelles connaissances. C’était presque vital. Les anciens qui voyaient bien que quelque chose n’allait pas et qui redoutaient qu’elle ne pète un plomb dans les prochains jours lui avaient gentiment demandé d’aller voir ailleurs et de ne revenir que lorsqu’elle serait calmée.
 
Donc elle était partie. Et tant qu’à s’en aller, autant faire quelque chose d’intéressant. Elle s’était donc dirigée vers l’ouest, vers Glasgo. Dans ses souvenirs, elle n’était jamais sortie de la Vallée. Le dernier bastion de liberté face à l’autorité royale. Elle marchait donc avec une pointe d’appréhension largement étouffée par l’excitation de découvrir cette région que l’on disait couverte de lave. Il lui tardait de la découvrir. Après tout, sa Vérité du Feu n’était pas à son meilleur niveau dans cette terre aride. Elle espérait donc en plus de s’en mettre plein les mirettes, progresser dans le contrôle de sa Vérité, loin des commentaires moqueurs de ses compagnons. Elle savait que sa Vérité était pourrie : sérieusement, faire bouillir son propre sang, à quoi ça pouvait bien servir ?
 
Son paquetage sur le dos, elle avançait donc tranquillement (mais prudemment) en prenant soin de bien noter son parcours et la moindre nouveauté qu’elle pourrait voir. Elle avait dépassé Mainstock voilà quelques jours et sentait que le climat commençait à changer. Elle trouvait des végétaux qu’elle n’avait encore jamais vus et dont elle prenait soin de retranscrire au mieux la forme et les couleurs sur un cuir fin pour pouvoir s’en souvenir et en demander les caractéristiques auprès des habitants de la région si elle en croisait. Elle avait retrouvé une partie de son entrain avec ravissement. L’activité était décidément ce qu’il lui convenait le mieux.
 
Elle fut interrompue dans ses réflexions par un sifflement caractéristique. Elle releva le nez et sentit l’odeur de la poussière de lave lui chatouiller le nez. Le vent se levait. Elle se redressa et fixa le ciel. Il était gris foncé. Pas un de ces orages mémorables dont la Vallée avait le secret donc, pas un de ceux qui pouvait vous arracher la peau des os. Mais tout de même une petite tempête dont il valait mieux attendre la fin à couvert.  Elle tâta le sol autour d’elle. Il était trop dur pour pouvoir creuser rapidement une cavité dans laquelle elle pourrait se mettre à couvert. Pas de grotte à proximité non plus. Elle se rapprocha donc de la paroi et monta une tente de voyage faite d’os léger et de peau solide. Ivinea pris soin de la fixer au sol avec des sardines en métal. Un fois cela fait elle rentra dans la tente et s’installa confortablement. Elle fredonnait légèrement pour couvrir le sifflement du vent, n’ayant pas grand-chose à faire. Elle fit légèrement chauffer son sang pour se tenir chaud (seule utilité qu’elle ait jamais trouvé à son pouvoir).
 
Une fois que le vent fut retombé, Ivinea sortit de sa tente, regarda avec intérêt la quantité de sable qui s’était accumulé au pied de la tente et se félicita intérieurement de l’avoir emportée. Elle imagina un instant avec amusement si la même quantité de sable avait fait la rencontre avec sa crinière. Elle aurait passé des heures à l’enlever. Mais de toute façon aucun Liare digne de ce nom ne resterait dehors par un temps pareil, n’est-ce pas ?
 
Sentant son ventre gargouiller, elle partit en quête d’une proie. Mouais, la tempête avait effacé la plupart des traces. Plutôt que de recourir à la vue, Ivinea se concentra sur son ouïe. Elle chargea son arbalète et rentra en chasse, devenant féline et se fondant au mieux dans son environnement. Après quelques dizaines de minutes, elle entendit le bruit d’une pierre qui roule non loin sur sa droite. Elle se baissa, visa et abattit le volatile qui s’envola à tire-d’aile un instant trop tard. La région était plutôt riche en proies, ce qui arrangeait la chasseresse qui n’avait pas à transporter des kilos de viande sur elle.
 
La nuit commençait à poindre. Il était temps de s’installer. A l’aide de quelques rares branchages de buissons secs trouvés peu avant, Ivinea prépara le foyer. Elle l’alluma à l’aide de silex et observa bientôt les flammes s’élever vers le ciel avec satisfaction. Elle commençait à plumer le volatile qu’elle avait abattu quand un hennissement affolé retentit. Ni une ni deux, elle bondit sur ses pieds et grimpa sur une corniche un peu plus loin lui donnant un point de vue élevé sur la situation. La lumière de son feu de camp, bien qu’agréable, l’exposait beaucoup trop. Et il n’éloignait pas des masses les prédateurs. De là où elle était, elle entraperçu un pelage roux devant appartenir à la créature ayant lancé un hennissement peu avant. Qu’est-ce qu’un cheval isolé pouvait bien faire ici ? Il ne semblait pas porter de cavalier et courait comme si sa vie en dépendait.
 
Ce qui était le cas en fait, vu que quelques secondes plus tard, l’alezan fut recouvert par une ombre gigantesque et grondante qui mit fin bien rapidement à son affolement. Définitivement. Ivinea observait, fascinée, ce qui devait être un Edjeha, pour le peu qu’elle arrivait à voir. Elle regrettait de ne pas pouvoir l’étudier de plus près. Il avait l’air énorme…  Les yeux écarquillés, son oiseau à moitié plumé à la main, elle scrutait ses moindres mouvements. A sa grande déception, le dragon du estimer que l’endroit n’était pas à son goût et il s’envola lourdement, le cheval pendant de la gueule. "Au revoir petit cheval, tu ne pouvais pas faire grand-chose contre un dragon, mais au moins tu m’auras offert une vision fascinante" songea-t-elle
 
Alors qu’elle se tournait vers son campement, elle vit une frêle silhouette s’en approcher. Liare sans aucun doute possible, au vu de la magnifique paire de cornes à rendre jalouses toutes les Ivinea du monde. Qui avait un gros complexe de ce côté-là. Cornes mises à part, elle n’appréciait pas nécessairement que son campement soit visité par un inconnu. Qui en plus se permettait de faire comme chez lui et de s’allonger à côté de son feu. Un grondement monta de sa gorge. OK pour l’hospitalité, mais fallait pas abuser non plus, Namého !

Estimant que vu son attitude il n’était pas bien menaçant, elle se redressa de sa corniche, réajusta ses griffes à ses poignets, assura sa prise sur la volaille qu’elle tenait à la main et descendit discrètement de la corniche. Tout en sortant silencieusement des ombres, elle fixa son regard émeraude sur l’invité surprise.
 
- Qui es-tu pour te permettre de t’installer à mon feu sans même me demander mon avis, Crevette ?
 
Ce surnom était sorti tout à fait naturellement, car malgré son impressionnante paire de corne, l’invité, au genre relativement ambigu, était fin comme une brindille que le vent pourrait casser. Et c’était clairement un(e) gamin(e), dont Ivi se demandait bien ce qu’il/elle pouvait fiche ici.

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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Dim 29 Jan 2017 - 21:53

Au son de cette voix, le liare fut prit de sursaut, il ne s’attendait pas à entendre un autre être vivant. Il faut dire qu’après une journée pareille, ses nerfs demeuraient à vifs. Scrutant les alentours avec une certaine angoisse partiellement dissimulée, tentant d’apercevoir cette fameuse personne. Quand son regard se posa enfin sur cette liare, sa première réaction fut d’être soulagé, puis ensuite de se montrer un peu plus méfiant vis-à-vis de cette parfaite inconnue pour le moins franche.

Immédiatement le liare se remit sur ses deux jambes et tenta - malgré cet aperçu de lui peu flatteur - d’adopter une posture plus digne et honorable. Dépoussiérant quelque peu son fin corps ensablé, secouant sa longue chevelure poussiéreuse dans tous les sens et finalement déformant son corps pour être le plus droit possible. Même son expression faciale s’était métamorphosée, s'appropriant une touche plus mystérieuse et arrogante, sans manquer de charme pour autant. Certes tout cela ne changeait en rien son aspect de « crevette » comme elle l’a qualifiée, mais sa prestance parvenait en général à compenser ce manque. Il se racla silencieusement la gorge, et sur un ton charmant déclara :

-Toutes mes excuses, très chère ! Nul doute que je n’avais aucunement l’intention de vous nuire, j’ai simplement cru bien malgré moi que ce feu était à l’abandon. Je suis sincèrement désolé si je vous ai porté préjudice chère demoiselle, tout en réalisant une superbe révérence pour accompagner ses propos.

En relevant la tête, il eut enfin une vision claire et nette de son interlocutrice ; une liare à l’aspect sauvage et fougueux, mais pour le moins atypique. Elle lui évoquait un petit animal tout mignon, était-ce le but recherchée par cette personne ou juste naturel ? En voyant ses habits et sa façon d’être, il pensa automatiquement – sans le moindre jugement péjoratif – à une personne du bas peuple. À la vue de ces longues paires de griffes, il eut quand même quelques inquiétudes, bien qu’ironiquement ces armes collaient bien à son physique. Le fait qu’elle paraisse à la fois plus menaçante et forte ne dérangeait cependant pas Äolias, c’était pareil avec la plupart des autres femmes liares. Quand à ce visage, l'adolescent le trouvait tout à fait charmant, il aimait beaucoup les faces assez uniques. Et ces deux grandes orbites qui le dévisageaient, luisant d’une splendide couleur émeraude.

L’adolescent se serait bien se rapprocher pour lui baiser la main, mais cette façon de saluer était mal vue hors de la cour des nobles et sans compter que la rustre gardait cette paire de lames ostensiblement fixée à son bras. Il se contenta d’une révérence supplémentaire.

-Pardonnez mon impolitesse, ma douce. Äolias Fuhnnal, liare voyageur, pour vous servir. Aurais-je l’honneur de connaitre votre nom ? demanda-t-il le sourire aux lèvres. Il serait parfaitement impoli de demander à pouvoir jouir moi-aussi de votre feu, sans même savoir votre identité.

En contemplant son visage à moitié éclairé par les flammes, il songea à un moyen de favoriser sa demande :

-Si vous me permettiez de rester, je pourrais ainsi vous faire gouter au vin que je transporte dans ma gourde, ajouta le liare avec un air amusé.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Lun 30 Jan 2017 - 21:17

Au son de sa voix, l’inconnu sursauta et bondit sur ses jambes en tentant tant bien que mal de se rendre présentable. Bon sang, mais sur quoi elle était encore tombée… Il fallait être soit imprudent, soit fou pour ne pas faire plus attention que ça à son environnement. Bon, d’accord, elle avait été discrète (et ça lui aurait mis un coup au moral d’être repérée), mais quand même, c’était pas une raison pour ne pas être un minimum alerte.
 
Après avoir réussi à se débarrasser d’une partie du sable qui le recouvrait, ce qui prit un certain temps vu que celui-ci avait la fâcheuse tendance à s’insinuer un peu partout, puis il se redressa autant qu’il le pouvait, comme un jeune coq qui tentait de se faire plus impressionnant qu’il n’était en réalité. Mais aux yeux d’Ivinea, ça ne faisait que souligner sa minceur et son statut de Crevette s’en trouva renforcé. Son attention fut cependant irrémédiablement attirée vers les cheveux argentés qui encadraient son visage et par la paire d’yeux émeraude et saphir.  Cette vision piqua sa curiosité. Ma foi, c’était une jolie crevette ! Mais une crevette quand même.
 
Puis il ouvrit la bouche et commença à parler. Et le massacre commença. Argh, elle n’était pas tombée sur ce genre d’énergumène depuis au moins… Deux ans peut-être ? Elle repensa à sa rencontre avec le « barde » en frissonnant intérieurement. Crevette fut donc automatiquement catalogué dans la catégorie « Nobliaux pompeux ». Vraiment pas sa tasse de brazer. Mais bon, au moins il savait s’excuser avec (beaucoup trop de) prestance. A sa voix et à sa manière de se tenir, elle en déduit qu’elle avait devant elle un garçon assez efféminé. Mais le doute ne semblait pas vraiment permis. Surtout vu l’absence de poitrine qu’il affichait sans la moindre gêne. Pas que ça dérange Ivi, bon nombres de Liares adoraient se montrer torse nu. Surtout quand ils étaient fiers de leur musculature. Ce qui ne devait pas être le cas de Crevette.
 
Un sourire narquois naquit sur les lèvres d’Ivinea, révélant les pointes de ses crocs. Il y avait un certain contraste et à la fois un genre de concordance entre le physique et la manière de parler de Crevette. Il avait cet air très élégant et raffiné qui collait parfaitement à son discours soutenu au point d’être ridicule, mais il était plus que probable que c’était un air qu’il se donnait, tant il s’était métamorphosé en la voyant. Il faisait bien plus son âge lorsqu’elle la voyait de loin. Juste un gosse perdu dans la Vallée en somme.
 
A la tirade suivante, Ivi fronça les sourcils. Comment il venait de l’appeler là ? « Ma douce » ? Elle n’avait pas le souvenir que quiconque ait jamais osé la surnommer ainsi. Ou alors pas sans y laisser des plumes…
A propos de plumes…
Son regard glissa vers le volatile à moitié préparé qu’elle tenait toujours plus ou moins dignement à la main. Elle commençait à avoir faim avec toutes ces histoires ! Et Äolias, puisque tel était son nom (même si Crevette lui convenait vachement bien, de l’avis très objectif d’Ivinea) ne semblait pas avoir l’intention de partir, comme il l’avait très subtilement fait remarquer. Rooh et puis flûte ! Ce serait déshonorer son Clan que de refuser l’hospitalité de son feu à un autre voyageur, visiblement dans le besoin.
 
Puis il ajouta l’argument ultime. Une gourde de vin. Ivinea n’était pas alcoolique, mais elle savait apprécier une soirée arrosée. C’était toujours plus agréable et ça ne faisait que favoriser la discussion (quoique Crevette ne semble pas avoir besoin de quoi que soit pour lui délier la langue). Elle soupira intérieurement tandis que son sourire se faisait plus bienveillant. Elle s’avança donc dans la lumière et se laissa tomber (gracieusement, bien entendu) dans le sable à côté du feu.
 
-Très bien, je t’offre l’hospitalité de mon foyer. Mais je vais tout de suite mettre les choses au clair entre nous. Si tu t’avises à nouveau de m’appeler « ma douce », tu iras faire plus ample connaissance avec le sable. Ensuite je me passerais de tes services, à moins que tu ne tiennes absolument à plumer ce piaf.
 
Elle s’interrompit quelques instants pour retirer les griffes d’une de ses mains et arracher de nouvelles plumes au dit piaf. Elle mit de côté celles qui pourraient lui servir à ré empêner ses carreaux d’arbalète.  Elle laissa s’écouler quelques instants afin que le message passe bien, puis elle regarda à nouveau Äolias avec l’air de dire « Bon, tu t’assois ou tu attends qu’il pleuve des Vaoks ? ».
 
-Sinon, moi c’est Ivinea Loryed. Je suis chasseresse. Alors, racontes-moi, d’où tu viens ? Vu ta façon de parler, je parierais sur Orlack. Il n’y a que les citadins pour parler comme ça. Et encore, même à Mainstock ce n’est pas à ce point là ! Je ne suis jamais allée dans la région de Glasgo, mais ça doit être joli. Très différent d’ici en tout cas.
 
Une fois les plus grosses plumes retirées, Ivinea sortit un coutelas d’une sacoche qu’elle portait à la taille et s’affaira à retirer le duvet de l’oiseau. Ce genre de gestes mécaniques la ramenait dans le passé, alors qu’elle accompagnait son père à la chasse mais qu’elle n’avait pas encore abattu sa première proie. Alors qu’elle n’avait pas encore fait connaissance avec les Tanflamms. Elle avait entendu parler qu’à la capitale, ils élevaient les Tanflamms. Pour en faire des animaux de compagnie. Si Crevette venait effectivement de là-bas, elle lui demanderait ce qu’il savait sur le sujet. Ça lui paraissait tellement étrange qu’on puisse priver de liberté des bêtes aussi fantastiques.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Jeu 2 Fév 2017 - 21:44

Enfin une bonne nouvelle, il dormirait au chaud ce soir. Annonce qui fut immédiatement suivit par une menace de cette charmante (quoiqu’un peu agressive) liare, cela amusa Äolias plus qu’autre chose. Ne vous méprenez pas, ce petit sourire dessiné sur ses lèvres venait de cette attitude de « sauvage », comme on dit si bien à la cour. Loin d’être une exception, les femelles liares qui refusent d’être qualifiées de la sorte sont pour ainsi dire légions. Pourtant, il ne parvenait jamais à éradiquer certains  mots de son vocabulaire tels que douce, charmante, fragile, etc. C’est plus fort que lui, il aime avoir un parlé noble et élégant. L’agacement, la colère ou même l’incompréhension que ces discours génèrent – disons par exemple, en cet exact moment – provoque chez lui l’amusement, suivit par une pointe de honte. Mais en aucun cas celui-ci n’avait prit la menace à la légère.

Il passa sur la remarque et se contenta de l’observer triturer la bestiole, il cuisinait aussi bien qu’il se battait à l’épée pour ainsi dire. Plus jeune, parvenir à voler de la viande était rare, le genre de grandes occasions que l’on fête. Et ce n’est pas non plus chez les nobles qu’on apprend ce genre de choses. De ses fins yeux écarquillés, il contemplait la scène comme on regarderait un forgeron travailler une arme. Quand son regard croisa celui de l’autre personne, il comprit vaguement le message et s’assit en tailleur assez près d’elle (mais pas trop quand même). Elle l’intimidait un peu, bien que cela ne transpirait à aucun moment dans le comportement de l’adolescent.

C’est avec un certain plaisir que le liare constate qu’elle cherche la conversation, bien qu’elle s’aventure trop vite sur une pente qu’il déteste. Il écouta patiemment cette Ivinea, tout en réfléchissant avec attention sur les mots à éviter. La douceur des flammes l’inondait, répandant une ambiance calme dont le liare est particulièrement friand.

-Que de questions à mon égard chère Ivinea ! Je suppose que c’est donnant-donnant, très bien. Alors oui, je suis bien d’Orlack, et ma façon de m’exprimer vous perturbe tant que cela ? S’exclama l’adolescent d’un rire paraissant sincère. « Elle me perturbe aussi des fois… ». La région ? Je ne peux pas dire que je la porte dans mon cœur honnêtement, m’en aller me ravi plus que tout. À côté, même cette vallée hostile au possible m'inspire plus de sympathie.

En même temps, il sortait sa gourde et s’occupait à dévisser le bouchon un peu rouillé. Bien que la soif lui montait progressivement à la bouche, par galanterie celui-ci tendit la bouteille à la chasseuse sans en boire la moindre goutte. Rien qu’en évoquant la capitale, sa peau s’était hérissée. Peut-être pourrait-il revenir sur le sujet quand l’alcool aura fait son petit effet, mais en attendant mieux vaut l’éviter. Il fit un tour sur lui-même, toujours en tailleur, pour laisser son dos sale profiter un peu du feu. En repensant un peu à cette journée, il se demanda si cette chasseuse était au courant pour le dragon, sans doute. Pour éviter qu’un silence s’installe, il reprit de plus belle :

-Sinon j’étais avec une caravane, disons juste que je l’ai perdu de vue pendant la tempête… Quelqu’un comme moi, seul dans le désert, je dois vous semblez ridicule n’est-ce pas ? Soupira Äolias avec beaucoup d’humour. Et vous gente da... Pardonnez ce lapsus je vous prie, et vous Ivinea, pourriez-vous m’en raconter un peu sur vous ? Me narrer vos exploits de chasseuses ! On ne peut pas dire que j’ai une quelconque connaissance en ce qui concerne la chasse, j’aimerais hardiment en savoir plus sur ce superbe métier !

Commençant à épuiser ses réserves de salives, il se ravisa d’ajouter autre chose. Pas étonnant qu’après les gens le prennent pour une pipelette. Mais que voulez-vous ? La discussion représente le plus gros travail d’un noble. Savoir captiver, mais aussi faire la conversation, voilà ce dans quoi le plus gros de son éducation est passé. De nouveau, son regard se posa sur la jolie liare et lui demandant poliment d’un signe de la main si elle pouvait lui repasser le divin nectar. Il évitait néanmoins de le garder longtemps sur elle, car l’aspect animal lui paraissait vraiment trop mignon et il craignait qu’elle le prenne mal si jamais ses pommettes viraient au rouge.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Lun 6 Fév 2017 - 22:26

Fait assez rare pour être mentionné, Äolias ne parut pas submergé par son flot de paroles. Au contraire, il l’écouta avec attention sans chercher à interrompre sa tirade. Bon point pour toi Crevette. Les pipelettes semblaient pouvoir trouver un terrain d’entente. Elle releva le fait que le garçon semblait ne pas apprécier Orlack. Elle doutait que ce soit pour une question de climat, qui y était de l’avis général bien plus clément que celui de la Vallée. Elle brûlait d’envie d’en savoir plus sur ce qui pouvait le rebuter là-bas. Ça ne pouvait pas être les Nobliaux Pompeux, puisqu’il se classait clairement dans cette catégorie (mais peut-être tentait-il de se soigner ?). Ou alors les Nobliaux Pompeux supportaient mal les autres individus de leur espèce ? Hmm, cette question serait à creuser. Quoique Ivi, tu te vois rester plusieurs heures à observer ces énergumènes sans craquer ? … C’est aussi ce que je me disais.

Après avoir plumé la volaille, Ivinea entreprit de la vider pour ne conserver que les abats mangeables. Puis, ne souhaitant pas se compliquer la vie pour ce qui était de la cuisson, entreprit simplement de l’embrocher et de la faire cuire au-dessus du feu. Pour cela elle installa deux fourches sur lesquelles elle déposa la broche.

Elle accepta la gourde promise avec un sourire et prit une gorgée de vin tout en vérifiant que son diner ne brûlait pas. Il était légèrement épicé et sucré. L’alcool fit rapidement son effet, conjugué avec celui du feu de camp et Ivi sentit une douce chaleur lui envahir son corps. Et claqua la langue d’un air appréciateur. Elle n’était pas fine connaisseuse, mais elle ne crachait pas sur un bon vin.

Avant qu’elle ait le temps de lui poser la question, Äolias reprit la parole et commença à lui raconter comment il en était arrivé là. Une caravane l’avait abandonné pendant la tempête ? Une pensée insidieuse lui traversa l’esprit. Ils avaient dû en avoir marre de lui et avaient profité de l’occasion… Mais contrairement à son habitude, elle s’abstint de formuler cette idée à voix haute. Déjà parce que c’était sans fondement, ensuite parce que cela voudrait dire que ces caravaniers n’avaient aucune honneur et enfin parce que ça serait de la méchanceté gratuite. Et autant elle n’hésitait pas à dire le fond de sa pensée, autant elle n’appréciait pas les langues de vipères.

Mais elle ne retint pas le hochement de tête quand à l’aspect ridicule de la présence d’une charmante Crevette comme Äolias dans la Vallée.

Et fronça les sourcils quand il commença à l’appeler « gente dame », pour se reprendre juste à temps.

- Je ne considère pas vraiment que mon statut de chasseresse soit un métier, mais… Je pense que c’est dû à la vie de clan. On a tous notre contribution à apporter selon nos aptitudes. Mais je ne suis pas payée comme les marchands dont c’est le métier. Sauf dans les rares cas où je sers de guide aux voyageurs de passage.

Elle s’interrompit, réfléchissant à ce qu’elle pourrait bien lui raconter. La chasse constituait son quotidien, elle n’avait pas l’impression de faire quoi que ce soit de particulier. Oh, il y avait bien des fois où elle était particulièrement contente d’avoir réussi  une traque ou d’avoir touché une proie à grande distance, mais elle ne voyait pas comment retranscrire ce sentiment à quelqu’un qui semblait ne jamais avoir vu un animal sauvage de sa vie.

- Hmm et bien je ne sais pas trop quoi te raconter… La chasse c’est une grande partie de traque. Il faut savoir repérer le passage d’une proie et pouvoir la suivre, parfois sur de grandes distances, en espérant qu’un prédateur ne l’ait pas trouvé avant toi. Ça arrive plus souvent qu’on ne le pense !  Tiens, par exemple, une fois, je suivais la piste d’un Esifret. Un grand mâle vu la taille des empreintes.

Elle tourna la broche. Une douce odeur de viande grillée et de fumée s’élevait.

- J’avais réussi à remonter la piste jusqu’à lui grâce aux marques qu’ils laissent dans le moindre carré de végétation qu’ils croisent et aux traces de poison qu’ils laissent derrière eux lorsqu’ils se sentent menacés. Et alors que je pensais le tenir, un Areoka immense a fondu sur lui et s’est envolé avec.  Je n’en avais jamais vu d’aussi près. C’est superbe, mais un peu flippant.

Le silence s’installa alors que son compagnon goûtait lui aussi à l’alcool. Parler de ses souvenirs de chasse la rendait bizarrement mélancolique. Ne sachant pas quoi dire, elle observa Äolias. Il y avait ce mélange de grâce et de rigidité dans sa posture, comme s’il se forçait à paraître digne face à elle. Ils ne se connaissaient pas après tout, ça ne devrait pas la choquer. Mais elle était habituée à l’ambiance détendue du clan… Elle fixa les yeux vairons de son compagnon sans aucune gêne. C’était joli. Et rare. Elle se demanda ce qui faisait que certaines personnes naissaient avec les yeux de deux couleurs différentes. Pour ne pas laisser le silence plus longtemps, elle posa la question qui lui trottait dans la tête depuis quelques minutes déjà :

- Et du coup, tu as déjà vu des Tanflamms ? De près je veux dire. J’ai entendu dire que là-bas, il y a des élevages…


Pour vérifier que sa volaille était cuite, elle la retira du feu et découpa la viande encore brûlante.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Jeu 9 Fév 2017 - 19:27

La douceur de ce vin soulageait sa gorge sèche et lui donnait au passage l’irrésistible envie de continuer à boire jusqu’à plus soif. Ce que bien évidement, par politesse il ne pu se permettre. Il aurait souhaité boire l’alcool avec autant de vigueur qu’il buvait les paroles d’Ivinea. Bien qu’étant dépourvu de ce subtil arôme, elles ne manquaient en rien d’attrait. Äolias se contenta d’une dernière gorgée – remarquant au passage avec une certaine joie non-dissimulée que la gourde était encore à moitié pleine – avant de faire rouler le flacon dans la direction de la chasseuse. Au fond de lui, une agréable chaleur se propageait lentement mais sûrement dans son sang déjà bouillonnant.

Bon, l’entendre chipoter par-ci par-là sur la définition même d’être chasseur fut loin d’être passionnant il faut bien l’avouer. Ayant toutefois le mérite d’enrichir un peu plus sa culture des clans, qui est pour le moins ridicule. Car au palais on lui apprenait surtout que leurs vies valaient moins que les vers rongeant les cadavres, que leur chair était pourrie jusqu’à la moelle et leurs cerveaux vides comme la bourse d’un mendiant. Connaissances auxquelles notre liare n’a d’ailleurs jamais cru.

La chasseuse acquit néanmoins l’entière attention de son interlocuteur quand elle commença à rentrer vraiment dans les détails. Tel un enfant, il se plongea totalement dans l’histoire, suspendu au fil de ses fines lèvres. Qu’est ce qu’un Esifret ? S’interrogea-t-il sans toutefois oser demander, par peur de paraitre ridicule. Le fait qu’elle soit aussi précise dans les détails rendant selon lui l’histoire très agréable à écouter.  Mais à nouveau, quand le terme Areoka fut employé, il n’eut pas la moindre idée de ce dont elle pouvait bien parler. Décidément, sa culture aurait vraiment eu besoin d’aller faire un tour du côté du bestiaire des terres Liares.

Une fois que l’histoire se termina, Äolias garda la tête en l’air quelques instants, tentant de s’imaginer tant bien que mal les scènes décrites. Difficile quand on ne connait que peu de bêtes. L’odeur de la viande lui chatouillait doucement les narines, lui rappelant à quel point son estomac était vide. En inclinant légèrement son regard, il croisa celui d’Ivinea. Un peu dérangé mais aussi flatté de cette attention, il ne tarda pas à détourner les yeux. À quoi pouvait-elle bien penser ? Cela il n’en avait pas la moindre idée et s’en fichait bien.

- Et du coup, tu as déjà vu des Tanflamms ? De près je veux dire. J’ai entendu dire que là-bas, il y a des élevages…


La fameuse question, aussi soudaine que surprenante, l’amusa. Un rire discret mais mignon ne put s’empêcher de sortir. On aurait cru entendre une petite liare encore gamine. En tout cas, l’adolescent se gratta un peu la tête en songeant à cela :

-Et bien… Oui sans doute, toutefois ne prenez pas ma parole comme vérité, je ne suis point liare bien renseigné sur la question.

De plus, le liare n’avait pas la moindre affinité avec les animaux sauvages. Plus l’écart entre lui et un Tanflamm est grand, mieux c’est. Ne voulant néanmoins pas laisser tomber la conversation ainsi, il la détourna sur un autre sujet :

-Vous vivez avec votre clan depuis votre plus tendre enfance je suppose ? Avez-vous beaucoup voyagé d’ailleurs ? Oh, milles excuses, pardonnez mon impolitesse…

Pendant un instant, il faillit à nouveau avoir un dangereux lapsus, heureusement avorté à temps cette fois-là. « Ma Dryade des flammes » ne lui aurait sûrement pas plut non plus, dommage car pourtant assez poétique et (peut-être un peu trop) charmeur. Avec amusement, il poursuivit :

-Je vous demande de bien vouloir excuser ma personne. Qui suis-je pour vous demandez tant, alors que moi-même ne vous ai quasiment rien révéler ! Écoutez, je vous propose un petit jeu. Suivant trois conditions précises, je pourrais éventuellement vous ouvrir mon cœur.

Héritage de la cour royale, où les nobles adoraient se montrer énigmatique vis-à-vis de leurs intentions. Bien qu’ici, ce fût plus par sécurité qu’autre chose qu’Äolias fit une telle démarche.

-Pourrais-je obtenir  votre point de vue sur la couronne, très chère ? Et si possible, si jamais ce n’est pas trop demandé, votre opinion sur l’amour entre liares et enfin… Et bien, finissons ensemble cette liqueur ! C’est toujours utile pour se décrisper !

Toujours dissimulé sous son allure fière et noble, il s’interrogeait énormément sur la réaction qui allait suivre. Sa demande devait paraitre incongrue, ridicule, pire même… Insultante. Poser des questions aussi vagues, juste pour essayer de mieux cerner la personne. Néanmoins ces mesures restaient essentielles, et cela même le vin ne pouvait lui faire oublier. Nombres de liares seraient prêt à le tuer sauvagement sur place pour ce qu’il a accomplit et vécu. Tous ces actes jugés amorales et interdits. Il prit une profonde inspiration et se calma intérieurement.
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Dim 12 Fév 2017 - 15:27

Sa question le fit rire, ce qui eut pour conséquence de légèrement vexer Ivinea. Elle détestait paraître ignorante. Même si elle savait que reconnaître son ignorance était le premier pas vers la découverte de nouvelles choses. Qu’Äolias lui-même reconnaisse son manque de connaissances la rassura un peu cela dit. Elle se sentait moins seule. Mais bon, elle se sentait un peu frustrée par sa réponse, trop vague à son goût.
 
Il l’interrogea ensuite sur sa vie dans le clan, mais avant qu’elle ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour lui répondre, il avait déjà repris la parole, bafouillant des excuses sur son impolitesse quant au fait qu’il la bombarde de questions alors qu’elle-même ne savait rien de lui. Elle haussa des épaules. Il n’avait pas tort, mais ça ne la gênait pas vraiment de parler d’elle. Enfin, elle n’était pas obligée de rentrer dans les détails et les questions qu’il lui posait ne pouvaient de toute façon pas mettre son Clan en grand danger. Ce qui était le plus important à ses yeux.
 
Cependant, s’il était partant pour en raconter un peu plus à son sujet, ce n’était pas elle qui allait l’en empêcher ! Elle mourrait d’envie de le bombarder de questions sur sa vie à Glasgo, mais ça semblait être un sujet sensible chez lui. Mais qu’est-ce qui avait bien poussez un Liare comme lui à venir se perdre dans la Vallée des Âmes ? Pour jolie qu’elle soit, la plupart des Liares n’appartenant pas aux Clans nomades évitaient la région. Ou alors était-il en fuite ? Ça pourrait être une option raisonnable, mais elle peinait à imaginer Äolias en train de commettre un acte répréhensible. Il était tellement… propre sur lui. Mais peut-être n’était-ce qu’une façade ? Tandis qu’elle se perdait en conjectures, le regard qu’elle posait sur la jeune Crevette sur fit interrogateur.
 
Trois conditions ? Comment ça trois conditions ? Mais, mais … Depuis quand on posait des conditions entre compagnons de foyers ? Et non, le fait d’interdire à l’autre de l’appeler « ma douce » ne compte pas comme une introduction. D’ailleurs, ça n’était même pas une interdiction, juste un conseil d’égal à crevette. Sans remarquer l’indignation d’Ivinea, Äolias poursuivit sur sa lancée.
 
Son point de vue sur la couronne ? Le regard d’Ivinea se fit dur. Ce ramassis de Liares égocentriques qui pensaient qu’ils pourraient soumettre les guerriers de la Vallée ? Peuh, ils ne méritaient aucun respect. Le « Roi » pourra bien leur envoyer ses armées, la Vallée était leur alliée. La Mère des Flammes semblait être de leur côté de ce point de vue là. La guérilla que les Clans menaient depuis des années semblait efficace pour contenir les élans guerriers de la royauté, mais fatiguait toujours un peu plus les Clans. Mais que devait-elle lui dire ? Que pouvait-elle se permettre de lui répondre. Il semblait fuir Orlack, mais restait à ses yeux un Nobliau…
 
La deuxième question la déstabilisa bien plus. Tout d’abord parce qu’elle ne la compris pas. La formulation la fit tiquer. Pourquoi ajouter « entre liares » ? Il ne semblait pas lui demander ce qu’elle pensait de l’amour d’une manière générale. Son cerveau tournait à cent à l’heure alors qu’elle tentait de décrypter ses paroles. Que pouvait-il bien pouvoir dire ? De quel genre d’amour pouvait-il bien vouloir parler ?
 
A moins que… Il ne parle de l’amour entre deux liares du même sexe ? Pas du genre filial sans doute. Elle avait entendu des rumeurs sur l’existence de mâles qui ne s’intéressaient pas trop aux femelles, mais ça ne l’avait jamais interpellée. Elle avait entendu des paroles de dégout, comme on rejetterait un monstre. Jusque-là elle avait été persuadée qu’il s’agissait d’une invention, de simples histoires. Elle était un peu gênée, ne sachant quoi répondre. Mais d’un autre côté il avait piqué sa curiosité. Une fois encore Äolias s’entourait de mystères. Il n’en était que plus intéressant. Mais qu’est-ce qui avait bien pu l’amener à poser cette question ? Que voulait-il savoir exactement ? Elle appréhendait le fait qu’il se ferme à toute conversation si elle répondait quelque chose qu’il ne le satisfasse pas.
 
Un peu perdue, Ivinea hocha la tête en signe d’assentiment à sa dernière proposition, qui semblait beaucoup trop normale en comparaison des quelques secondes qui venaient de s’écouler. En silence, elle récupéra la gourde dans le but une grande gorgée dans l’espoir un peu vain que cela lui clarifierait l’esprit. Puis elle rendit l’alcool à Äolias, accompagné d’une cuisse de volaille fumante.
 
Toujours en silence, elle mordit dans sa propre part le temps d’organiser ce qu’elle allait dire. En face d’elle, Äolias semblait attendre ses paroles comme le verdict du Conseil du clan.
 
- Eh bien, toi qui disais ne pas vouloir trop en demander alors que nous ne nous connaissons pas, tu me poses des questions bien difficiles ! Mais j’accepte d’y répondre, vu que nous risquons de passer encore quelques heures ensemble. Commençons par le commencement : je suis née dans mon Clan, effectivement et je ne l’ai que rarement quitté depuis. Et pour ce qui est du voyage. J’imagine que ça dépend ce qu’on appelle voyager ! J’ai parcouru la Vallée tant de fois que je pense pouvoir dire que je la connais comme ma poche, comme la plupart des nomades. Mais je n’en suis pratiquement jamais sortie et… je ne connais pas grand-chose du monde « extérieur ».
 
Du bout de l’ongle, elle traça des cercles dans le sable. Il était temps d’aborder les sujets difficiles. Elle commençait à apprécier Äolias. Bien qu’il soit un peu étrange, il ne semblait pas méchant. Juste un peu paumé (et exaspérant par certains côtés). Elle se mordilla la lèvre, et prit une nouvelle inspiration.
 
- Pour ce qui est de la couronne… Je considère qu’elle n’a aucun droit sur cette Vallée ou sur les Liares qui y vivent. Ils n’ont aucune idée de ce que c’est que vivre ici, à la capitale ! S’ils veulent se battre, qu’ils viennent ! Mais qu’ils n’aient pas la prétention de nous appeler leurs « sujets ». Ils n’ont jusque-là rien fait pour gagner mon respect, et je n’accepte les ordres que de ceux pour qui j’ai du respect. Et encore, seulement si je les considère justifiés. Sans vouloir te vexer, je trouve que les Nobles perdent beaucoup de temps et d’énergie en paroles et en fierté mal placée. Que Simius nous protège de ces abrutis !
 
Elle ponctua sa phrase par une grimace à l’attention des Nobles (absents) qui auraient l’audace de vouloir la soumettre. Elle s’était un peu emportée et lança un regard en direction d’Äolias pour tenter de savoir ce qu’il en pensait.
 
- Et enfin… Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris ce que tu voulais dire. Je… Je ne pense pas grand-chose de l’amour de manière générale. Enfin c’est bien quoi, mais… J’ai l’impression que ce n’est pas de ça que tu parlais.
 
Pour cacher son embarras, elle mordit à nouveau dans son morceau de viande. Encore une fois, elle commençait à apprécier Äolias et ne voulait pas qu’il se sente mal à l’aise à son feu. Elle  sentit une légère rougeur lui monter aux joues en prévision de ce qu’elle allait dire.
 
- Ecoute, si par là tu me demandes ce que je penserais si tu m’avouais aimer d’autre liares, mâles je veux dire… C’est juste que c’est quelque chose que je ne comprends pas. Mais si ça existe, c’est que Simius doit l’avoir voulu… Et j’ai la conviction que quand la Déesse me présente quelque chose que je ne connais pas, c’est pour que je le découvre et que j’en apprenne toujours plus.
 
Elle se tut, ayant vaguement conscience d’avoir avoué que pour elle la Déesse représentait plus que les Flammes nourricières. Elle se souvenait avoir été grondée petite pour sa curiosité. Mais elle était persuadée que Simius devait l’avoir voulue ainsi, jamais satisfaite de ses maigres connaissances. Elle n’avait probablement pas répondu à la question d’Äolias et espérait ne pas avoir mal interprété sa question. Elle ferma les yeux quelques instants pour oublier sa gêne et respira doucement. Lorsqu’elle rouvrit les yeux elle était redevenue elle-même, les yeux moqueurs et le sourire narquois.
 
- Voilà, j’espère avoir réussi à te répondre, Crevette ! Bon maintenant dis-moi tout ! Pourquoi cet interrogatoire ? C’est la première fois que je croise quelqu’un qui pose encore plus de questions que moi !
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Mar 14 Fév 2017 - 21:54

Tel l’affamé qu’il était, Äolias ne se fit pas prier pour prendre la cuisse de volaille et accessoirement le vin. Vu les circonstances, il se passa des bonnes manières et croqua le morceau à pleines dents. De toute façon, même si l’avait voulu, il n’y avait aucun couvert à sa disposition. En deux temps trois mouvements, la viande s’était volatilisée, et l’os rongé de part en part. Pour faire passer le tout, il engloutit une bonne partie de la gourde. Peut-être un peu trop. En l’espace de quelques instants, son visage passa soudain du blanc pâle au bordeaux (ce qui devait probablement conforté Ivinea dans sa comparaison avec le crustacé). Sa posture noble se normalisait de plus en plus, et son envie de rire à la moindre blague semblait être décuplée. Il balança le reste d’os par-dessus son épaule, puis fit la passe à l’envoyeur en renvoyant la bouteille.  

La liare-tanflamm se décida enfin à prendre la parole pour tenter de répondre à ces questions, elle avait l’air d’avoir bien retournée les questions dans tous les sens avant de commencer. Des « questions bien difficiles » hein ? Pour les nobles, c’étaient justement les plus intéressantes, celles où ils pouvaient brasser autant de vent qu’ils le souhaitaient. Leurs permettant de mettre en avant toutes leurs soi-disant connaissances, alors que ces enfants de putains bougeaient rarement leurs postérieurs gras hors du palais, sauf pour faire des guerres. Bref, pas la peine de s’égarer plus longtemps sur le sujet. Elle satisfit sa soif d’informations en évoquant son enfance et son parcourt dans cette horrible vallée. Quelque part, il ne put s’empêcher de la jalouser vis-à-vis de ce fameux clan, sans doute par simple comparaison avec sa propre enfance. Il songeait à cette vie de vagabond en communauté, de vieux souvenirs des « magmariens » - le groupe d’enfants orphelins brigands d’Orlack dans lequel il avait vécu environ 3 ans – sans doutes les meilleurs (ou les moins mauvais) souvenirs de sa courte existence. En tout cas, le fait qu’elle et lui partagent ce point commun de ne pas vraiment bien connaitre le reste du monde lui insuffla un peu de joie ; l’idée qu’une voyageuse telle qu’elle ne connaisse finalement que bien peu lui donnait un peu plus confiance en lui et en son projet.

Son regard se posa sur le doigt de la liare, tournant et retournant dans le sable. Il sentait qu’elle hésitait, ses questions étaient-elles à ce point compliqué ou bien juste avait-elle du mal à exprimer son opinion ? C’est avec une certaine impatience mais aussi un poids sur les tripes qu’il attendit sa réponse.

Ouf ! Dès le début, son opposition à la Royauté transpirait de toutes parts de son discours. C’est avec une joie quasiment infantile qu’il l’écoutait critique la couronne, et dans le fond ses arguments lui paraissaient parfaitement cohérents. En effet, les trois quarts ne devaient pas avoir la moindre idée de la vie dans la vallée. Quand à cette histoire de respect, en y repensant dans la plupart des livres et des cours qu’Äolias a eu, il est rarement fait mention de cela. La plupart racontent juste que les tribus doivent le respect au roi, car il est roi, point. L’attitude rebelle d’Ivinea avait quelque chose de fascinant et plutôt attractif pour Äolias, qui ne se lassait visiblement pas de l’entendre s’exprimer. La petite pique gratuite sur le noble le fit involontairement s’esclaffer. « C’est encore plus vrai que ce que tu peux bien imaginer ! » pensa-t-il en se calmant un peu. Ah Simius, bien que le liare ne fût pas croyant, il adorait toute cette mythologie qui entourait sa déesse.

Quand le regard de la liare croisa celui d’Äolias, elle put lire sur son visage toute la sympathie qu’il éprouvait pour elle. Il eut même l’audace de lui adresser un clin d’œil charmeur. Quand à lui, il avait le plaisir d’admirer cette grimace ridicule du plus bel effet.

Puis enfin arriva-t-elle à la question la plus épineuse, l’avait-elle au moins réellement comprise ? Était-là une erreur que d’avoir été aussi évasif ? Peut-être, mais il vaut mieux couvrir ses arrières malgré tout. À côté, parler de la couronne paraissait simple, une véritable sinécure à côté ! La plupart des clans s’y opposaient, mais pour le sujet de l’amour « interdit » comme il est souvent qualifié à Orlack, beaucoup de ces mêmes clans suivaient l’opinion. Le moins qu’on puisse dire c’est que la liare avait autant de mal que lui sur le sujet, et franchement la voir bredouiller de la sorte apaisait l’ambiance en amusant l’adolescent. Elle restait beaucoup trop vague et semblait contourner la question.

De nouveau, un court silence s’installa. Malgré tout, notre jeune liare demeurait un peu craintif durant l’attente de la réponse. Se surprenant lui-même à imiter Ivinea en dessinant n’importe quoi dans le sable, laissant glisser son doigt un peu partout. Un étrange frisson le parcouru dès l’instant que ces fines lèvres s’ouvrirent. Et bien, en entendant son petit discours, on peut dire que les nerfs et la tension d’Äolias se calmèrent. Il lui répondit par un simple mais bienveillant sourire. Même si encore une fois elle ajoutait Simius, sa vision de la chose restait surprenamment ouverte. Elle lui paraissait même un peu trop religieuse en fait, mais il ne laissa rien transparaitre de ses pensées. Néanmoins il avait enfin sa réponse claire et nette ! Bon il ne s’attendait pas à être prit pour un liare n’aimant que les autres liares mâles, mais en soit c’était prévisible en posant ce genre de question.

Soudain son visage reprit une expression qu’il avait presque oublié, un peu plus vilaine mais pas dénué de charme. Plongeant ces yeux aux différentes couleurs dans ceux malicieux de la liare, il attendit qu’elle finisse de parler. Sa gorge était beaucoup trop humide à son gout et il devait en plus la récompenser de sa patience. Il se racla la gorge, et d’une voix détendue commença :

-Je vous remercie de tout cœur dame Ivinea, pour avoir prit la peine de répondre à toutes mes questions agaçantes. Chose promise, chose due. À mon tour de parler librement, d’après ce que j’ai entendu je pense pouvoir m’exprimer franchement avec vous. Cet interrogatoire – comme vous dites – est un moyen de protection, car j’ai commis des actes que beaucoup jugeraient répréhensibles, amorales et méritant la mort.

Il fit une courte pause, se demandant s’il était bien judicieux de jouer cartes sur table directement. Sans doute que sachant cela, elle n’en serait que plus captivée et impatiente d’entendre la suite, mais cela gâche aussi une partie de la surprise. Il s’avança encore plus près du feu, et laissa son regard se perdre en son sein.

-Vous pouvez-vous estimer heureuse, vous serez la première personne à entendre tout cela. Enfin, si compte est  ce n’est peut-être pas de la chance… Figurez-vous que je n’ai absolument pas de sang noble qui coule dans mes veines. À vrai dire, c’est même tout l’inverse. Je ne suis qu’un orphelin, élevé dans ce qui se fait de pire à Orlack. Et imaginez-vous bien ma chère, un liare avec une apparence comme la mienne. On peut dire que mes chances de survies étaient relativement ridicules.

D’un rire teinté d’une tristesse non-dissimulé, il interrompit sa narration. C’est bien vrai ça, il se demande encore comment avait-il bien pu survivre toute son enfance. Il évita malgré tout d’entrer dans les détails, qu’il avait essayé d’oublier tout au long de sa vie. C’est étrange, pour une fois il se sentait bien. Raconter cela lui pesait, mais en même temps le soulageait d’un poids immense.

-Enfin bref, j’ai été à l’orphelinat, à la rue et dans un petit gang de jeunes liares. Puis vers mes 11 ans, c’est là que j’ai rencontré ce noble, un grand militaire dénommé Brüfford… Et c’est là que tout à complètement disjoncter. Il… Il a… Des choses se sont déroulées… Des choses… Horribles, inqualifiables…

Qu’est ce que ? Quelque chose de chaud et humide coulait le long de ses joues, avant de goutter sur le sable et disparaitre. Il n’avait même pas réalisé ce qui venait d’arriver. Sa bouche refusait de s’ouvrir plus, ses yeux ne semblaient pouvoir être retenus. Il tenta tant bien que mal de le dissimuler, mais c’était bien trop flagrant pour qu’Ivinea passe à côté. Il avait honte de lui. Il se cacha le visage derrière ces mains fragiles, en bafouillant des excuses pour son comportement indigne. Son souffle saccadé retentit bruyamment dans la Vallée. Il pensait qu’en parler aurait été la solution, mais il n’arrivait pas à trouver les mots. Tout cela était bien trop absurde. Pourquoi maintenant ? Il n’avait jamais craqué devant personne, pourquoi donc maintenant devant cette inconnue ?
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MessageSujet: Re: Jeux d'enfants. Lun 20 Fév 2017 - 13:18

Ivinea était dans l’expectative. Après de telles questions, il y avait de quoi se demander où Äolias voulait en venir ! Après tout, ils étaient de parfaits inconnus l’un pour l’autre et il n’était pas courant de s’enquérir de pensées aussi personnelles lorsque l’on se connaissait depuis quelques dizaines de minutes à peine. Du moins dans l’entourage de la jeune liare cela ne se faisait pas.

Mais Äolias semblait satisfait –soulagé serait sans doute plus le mot- de ses réponses. Il assurait qu’il s’agissait pour lui d’un moyen de couvrir ses arrières ce qui laissait Ivi était dubitative. D’après elle, le simple fait de poser ce genre de questions aux mauvaises personnes pouvait suffire à s’attirer des ennuis. Qu’aurait-il fait si elle avait été royaliste ? Qu’aurait-il fait si sa simple question sur l’amour l’avait dégoutée ou effarouchée ? Et quels actes avait-il bien pu commettre pour être aussi prudent (et pourtant si peu sur ses gardes…) ?

Une chose était sûre cependant, il avait piqué sa curiosité et elle le fixait à présent en silence, en profitant pour détailler ses yeux si étranges, vert et or. La vision était plutôt agréable. Ce qui n’empêchait pas son imagination de s’emballer, élaborant tout un tas de scénarios qui pourraient expliquer pourquoi Äolias se trouvait à son foyer ce soir-là. Il lui semblait presque évident, à ses dires et à son comportement, qu’il était en fuite. De là à savoir s’il était poursuivi, c’était une autre histoire. Il avait l’air plutôt détendu, bien qu’il semble vouloir mettre le plus de distance entre lui et Orlack. Ce qui n’était pas exactement cohérent avec l’idée qu’elle se faisait de quelqu’un de poursuivi.

Tandis qu’Äolias poursuivait, Ivi se saisit de la gourde qu’il lui avait rendue, constata qu’il l’avait bien allégée et bu une nouvelle gorgée. La pensée qu’elle devrait peut-être surveiller sa consommation au vu de son jeune âge ne lui traversa pas l’esprit. Sans doute parce que c’était son vin à lui. Et qu’elle n’était pas sa mère. A peine avait-il commencé son récit qu’il accrocha son attention. Pas une goutte de sang noble ? Elle avait du mal à le croire… Mais elle ne l’interrompit pas d’une remarque sarcastique. On n’interrompt pas un bon conteur.

Il semblait presque douloureusement conscient de sa condition physique. Il est vrai qu’étant donné ce qu’elle venait d’apprendre, Äolias était remonté dans son estime, pour avoir seulement réussi à survivre. Elle ne savait pas comment était Orlack, mais elle connaissait suffisamment Mainstock pour savoir qu’un orphelin gringalet finissait généralement dans le ventre des chiens errants. C’était une triste réalité. Il restait relativement évasif, mais vu sa tête, Ivinea fit preuve d’un tact peu commun et ne retourna pas le couteau dans la plaie en lui demandant des détails.

Orphelinat. Rue. Gang. Bien que ces mots aient un sens pour Ivinea, ils sonnaient parfaitement creux. Elle ne connaissait que peu la vie en ville et ne le regrettait pas le moins du monde. Elle n’enviait pas ces gens qui vivaient coincés entre quatre murs, dans un trou puant l’humidité et la charogne, où les Liares étaient plus à craindre que l’attaque d’une bête sauvage. Elle était éprise de liberté et la Vallée était le lieu rêvé pour que celle-ci se réalise, dans sa plus parfaite expression. Les règles n’étaient pas absolues, mais les transgresser était souvent synonyme de mort. La Vallée était impitoyable avec ceux qui la défiaient. Et c’était ça qui était merveilleux.

Il lui parla finalement de sa rencontre avec à militaire noble. A l’évocation de ce mot, les poils d’Ivinea se hérissèrent et elle montra les crocs. Elle n’aimait pas les nobles. Elle abhorrait leurs militaires. Au même moment, le récit du gamin commença à se déliter. Il bredouillait, cherchant ses mots, l’émotion se faisait ressentir dans sa voix. Il avait perdu de sa grandeur et apparaissait bien fragile. Presque déjà brisé. Une nouvelle fois, elle se demanda ce qu’il avait bien pu vivre. Son cerveau tournait à toute allure, bien qu’un peu embrumé par l’alcool. Elle était joyeuse et détendue mais n’avait pas perdu ses capacités de raisonnement. Pas encore.

Elle sentait qu’elle n’était pas loin de comprendre. Que quoi que ce militaire ait bien pu faire, cela expliquait certainement l’état d’Äolias. Et ses questions. Réfléchis, Ivi ! Comment un orphelin vivant dans la rue pouvait-il avoir l’allure d’un noble ? Il craignait clairement la royauté. Et il avait peur d’être jugé pour une relation qu’il aurait pu avoir avec un autre mâle.

Les pièces du puzzle s’assemblèrent alors qu’elle remarquait les sanglots d’Äolias. Il s’était tu et tentait tant bien que mal de cacher son désarroi. Il pleurait. Ivi ne savait pas bien comment réagir, mais son regard se durcit tandis que sa haine de la noblesse augmentait encore d’un cran. Elle fit alors quelque chose qui ne lui arrivait pas souvent. Elle se rapprocha de Crevette et le prit dans ses bras pour le laisser pleurer de tout son saoul. Se plaçant de manière à ce qu’il puisse cacher son visage en pleurs et qu’elle évite de se prendre une corne dans l’œil, elle posa une main maladroite sur sa tête. Elle n’était pas douée pour consoler les gens. Elle prit la parole d’une voix faible mais dure.

- J’espère qu’il a payé pour ce qu’il a fait. Et si ce n’est pas le cas, puisse-t-il brûler en enfer avec ses semblables.

Elle resta ainsi jusqu’à ce qu’il se calme et lui tendit à nouveau la gourde dans l’espoir qu’il se calme. Le gamin semblait avoir l’alcool triste, mais boire lui ferait sans doute du bien. Elle ne savait pas bien comment faire pour alléger l’atmosphère pesante qui s’était abattue sur eux. Elle ne pouvait pas partager sa douleur autant qu’il aurait été nécessaire. Elle pouvait tout juste se montrer compatissante et tenter de comprendre. Mais elle ne voulait pas non qu’il croit qu’elle avait pitié de lui et que cela heurte sa fierté. Simius, que les relations entre Liares pouvaient être compliquées !

Pour se donner une contenance, elle découpa un nouveau morceau de viande et commença à fredonner une berceuse de son Clan. Oh, elle n’était pas une grande chanteuse mais au moins les notes et le rythme étaient corrects. Elle tendit une nouvelle part à Äolias avec un sourire amical. Puis pour s’occuper les mains, elle commença à préparer les plumes pour faire de nouvelles empennes à ses carreaux. Changer de sujet, changer de sujet …

- Vu ton âge, tu ne vas pas tarder à éveiller ta Vérité. Ou est-ce déjà fait ? Moi j’ai une Vérité du Feu, ça a l’air classe dit comme ça, mais je ne peux pas faire grand-chose finalement. Même ce feu j’ai dû l’allumer par des méthodes classiques.

Changement de sujet réussi ! Restait à voir si le jeune liare suivrait ou resterait emmuré dans son triste silence.
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