AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

À point nommé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar


Messages : 92
Xp's : 790
Date d'inscription : 21/09/2014

MessageSujet: À point nommé Dim 4 Déc 2016 - 9:40

Luran Simkin


18 Samùn 1247


Le clan était en train de s'installer dans une haute vallée de Glasgo, la première fois depuis des années qu'ils arrêtaient leur errance aussi proche de la cité d'Orlack. Cette région était dangereuse pour eux, mais suffisamment agréable à vivre pour qu'ils se risquent dans les hauteurs de temps à autre, là où les risques de rencontre étaient ténus. Les citadins avaient peu à faire aussi loin dans les montagnes et leur méconnaissance du terrain les rendait périlleuses pour eux.

Pendant que les adultes montaient les yourtes en cercle, les enfants s'activaient à allumer les grands feux qui ne s'éteindraient qu'avec leur départ, et les anciens s'occupaient de parquer le bétail et les bêtes de somme. Au milieu de toute cette commotion, certains s'attelaient à d'autres tâches, comme ramasser du bois pour alimenter les réserves de combustible, partir en quête de diverses plantes vivaces et autres tubercules comestibles ou partir en éclaireur pour explorer cette région encore inconnue et s'assurer qu'il n'y avait pas de danger immédiat.

C'était cette dernière mission que Luran et son ami s'étaient donné, au moins officiellement. Emportant avec eux une quinzaine de collets à poser dans les alentours, ils se mirent à parcourir le versant escarpé de la montagne à la recherche de coins stratégiques. Tout était bon à prendre : les filets de lave s'échappant des pans de ce volcan toujours en activité, les pistes de gibier qu'ils croisaient, les lieux propices à l'observation et la surveillance des sentiers menant à la cité... tout pouvait se révéler une information utile.

En début d'après-midi, le cri strident d'un aeroka résonna entre les pics acérés qui entouraient les hauteurs. Se méfiant de ces volatiles comme de la peste, surtout en cette saison, les deux liares se mirent à couvert aussi vite que possible. L'appel se fit entendre quelques fois de plus, s'éloignant, avant de s'éteindre définitivement. Sortant de leur cachette avec prudence, ils continuèrent leur exploration. Luran s'inquiétait un peu pour Kayerith. Une femelle aeroka adulte au début du printemps était une menace pour n'importe quelle créature, même un dragon adulte. Cependant il ne ressentait aucune méfiance émaner du lien qu'ils partageait : la dragonne ne semblait même pas avoir entendu l'oiseau et devait se trouver bien loin d'ici à la recherche d'une proie digne d'elle.

Quelques minutes plus tard, une explosion retentit, faisant trembler toute la montagne. Une éruption !? Sans chercher à réfléchir dans la panique, Luran et Keldram se réfugièrent immédiatement dans une anfractuosité de rocher formant une petite cavité tout juste assez profonde pour les abriter tous les deux. Après un moment de tension, attendant la suite, et comme rien ne se produisait ils éclatèrent tous les deux de rire. Avachis l'un sur l'autre et entourés de la roche tiède du volcan, ils commencèrent à profiter de l'intimité procurée par une solitude aussi totale qui était denrée rare pour eux.

Jusqu'à ce que des cailloux retournés pas des pas se rapprochant se fassent entendre. Les deux liares retinrent leur souffle, espérant que l'individu passe son chemin sans les remarquer. Mais en écoutant de plus près, on pouvait clairement se rendre compte que la démarche de l'intrus était irrégulière, laborieuse. Comme s'il était … blessé ? Après avoir enfilé rapidement son pantalon, Luran sortit de l'abri en passant sa chemise, suivi de près par son compagnon. Il s'arrêta net en train de relacer sa tunique en constatant que l'importun n'était pas seulement un étranger, mais une femme, entièrement nue et très visiblement en mauvais état.

Une cheville de l'inconnue semblait la faire souffrir, elle était couverte d'égratignures et tremblait de froid. Le dragonnier se précipita vers elle quand elle finit par trébucher et la rattrapa in extremis avant qu'elle ne tombe.

« Holà, doucement ! » Il fit signe à Keldram de lui faire passer sa cape et en drapa les épaules de la femme, déguisant sa gêne devant sa nudité en bienveillance. « Qu'est-ce qui a bien pu te mettre dans cet état ? »


Dernière édition par Ombre le Lun 27 Fév 2017 - 8:06, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Marchande

Messages : 132
Xp's : 245
DC : Finnick Shuöra
Date d'inscription : 19/07/2016
Présentation : Boum !
Carnet : Kaboum !

Feuille de personnage
Vie:
90/100  (90/100)
Prestige :
2/9  (2/9)
Disponibilité Rp: à la Fête de la Vérité
MessageSujet: Re: À point nommé Sam 14 Jan 2017 - 13:04

Le paysage de Glasgo n'avait rien de bucolique, ce n'était pas une découverte pour Kharis. Certes, elle sortait assez rarement de la ville, mais tout de même : elle savait que le milieu dans lequel elle vivait était aride, escarpé et inhospitalier : il n'y avait bien que les liares pour survivre dans un endroit aussi peu accueillant. D'habitude, elle en était plutôt fière. Elle l'avait été, d'ailleurs, quelques jours plus tôt en voyant cette humaine, Jade, souffrir de la chaleur de leur capitale alors que ce n'était que le début du printemps. L'endurcissement de leur peuple était toujours un sujet de vantardise.

Seulement, la situation présente avait plutôt tendance à la pousser à l'humilité... Il n'y avait pas vraiment de chemin dans cette partie montagneuse, à peine quelques pistes qui auraient aussi bien pu être tracées par une horde d'Esifret que par des chasseurs nomades. Kharis ignorait si rencontrer l'un ou l'autre serait une bonne chose. Cependant, elle n'avait pas le choix, elle devait continuer, et rester sur ces traces semblait être sa seule option pour ne pas risquer de se perdre et de tourner en rond pendant des heures.

Ses pieds ne l'auraient pas supporté. De tous les vêtements qu'elle avait perdu en sautant dans la lave, elle regrettait particulièrement ses chaussures. Peut-être leur soutien aurait un peu soulagé sa cheville blessée... De plus, malgré sa peau épaisse, chaque pas était douloureux : elle se coupait contre les pierres acérées qui formait la majeure partie de la piste tandis que les cailloux plus petits s'enfonçaient dans sa chair et manquaient de la faire trébucher. C'était un petit miracle qu'elle n'ait pas déjà été précipitée au fond d'un ravin à cause de cela, comment allait-elle faire pour rejoindre Orlack ?

Un seul problème à la fois. Elle devait tout d'abord trouver un abri où l'aeroka ne risquait pas de la trouver s'il lui prenait des envies de vengeance. Malheureusement, la moitié de son cerveau était aveuglée par la douleur et l'autre moitié lui suffisait tout juste pour rester concentrée sur la route à suivre. Or, même en pleine possession de ses capacités, elle n'était pas sure de parvenir à déceler un endroit sûr dans le paysage chaotique qui l'entourait.

Bordel, elle n'allait quand même pas laisser tomber maintenant ! Elle n'avais pas survécu à ce monstre pour se laisser tomber au bord du chemin et mourir là ! Pourtant elle ne voyait aucune solution se profiler à l'horizon : elle avait beau repasser tous les scénarios possibles dans sa tête depuis quelques heures, elle ne voyait pas quelle aide elle pourrait trouver. Personne ne s'inquiéterait de sa disparition avant le lendemain, au mieux, et personne ne pourrait deviner où elle se trouvait. Elle était littéralement au milieu de nulle part...

Quand elle entendit un bruit de pas, elle pensa donc d'abord que son cerveau lui jouait des tours. La douleur dans sa cheville était-elle suffisante pour provoquer des hallucinations ? Elle eut d'autant plus de mal à croire à la réalité de la situation quand elle vit qui s'approchait d'elle : deux liares à moitié nus, sûrement des nomades, qui avaient l'air aussi surpris qu'elle. Ce coup-ci, c'était sûr, elle nageait en plein délire !

C'est à ce moment là que sa cheville décida de la lâcher pour de bon.

Heureusement, l'hallucination avait un peu plus de substance que ce qu'elle aurait cru : le liare le plus proche d'elle la rattrapa in extremis, lui évitant une chute supplémentaire et de nouvelles coupures. Il eut même la bonté de l'entourer de sa cape... Kharis avait presque oublié qu'elle se trouvait entièrement nue : même en présence de deux hommes, c'était bien le cadet de ses soucis pour le moment. Avec un effort de concentration, elle parvint à rassembler suffisamment ses esprits pour répondre à la question qu'on venait de lui poser :

« Un aeroka, femelle... énorme. Pas suivie, je crois. Blessée. Orlack. »

Elle n'arrivait plus à garder un discours construit, ni à s'inquiéter de qui était ces deux liares et de ce qu'ils faisaient si loin dans la montagne. Dans son état normal, elle aurait sûrement pensé que c'était mauvais signe et elle se serait montrée méfiante, mais là... Elle ne parvint qu'à une chose : s'évanouir pour de bon.ais là... Elle ne parvint qu'à une chose : s'évanouir pour de bon.




Dernière édition par Kharis Othorm le Ven 14 Juil 2017 - 19:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 92
Xp's : 790
Date d'inscription : 21/09/2014

MessageSujet: Re: À point nommé Ven 27 Jan 2017 - 21:53

Luran Simkin


« Va chercher de quoi l'aider ! »

Keldram s'exécuta sans discuter, laissant son ami avec l'étrangère, et partit en courant sur la piste caillouteuse.
De son côté, Luran réfléchissait à toute vitesse. Certes, comme n'importe quel nomade il ne s'aventurait jamais dans la montagne sans un minimum de petit matériel pour pratiquer des soins primaires, et portait toujours à la ceinture une pochette contenant le minimum : quelques morceaux de gaze, de quoi faire un pansement, un peu de miel pour désinfecter. Il l'avait sur lui en ce moment-même, mais ça ne serait jamais suffisant pour soigner cette femme !

Une fois seul, il respira un grand coup, profitant de son inconscience pour prendre le temps de réfléchir. Il ne pouvait pas la ramener au camp, c'était bien trop dangereux : elle avait dit elle-même venir d'Orlack. Il ne prendrait jamais la responsabilité d'introduire chez eux un liare fidèle à la couronne, toute blessée qu'elle soit. D'un autre côté, il ne pouvait pas faire grand chose là, comme ça, à découvert avec une aeroka probablement furieuse et peut-être en recherche de rétribution. Sa décision fut vite prise.

Après avoir étalé sa propre cape sur le sol de l'anfractuosité de rocher qui l'avait accueilli un peu plus tôt, il chargea la blessée sur son épaule pour l'y déposer. Ici au moins, ils seraient plus à l'abri. Essayant de ne pas rougir en déshabillant la femme, il entreprit de nettoyer comme il pouvait au moins les blessures les plus profondes et les plus sales. Évidemment il aurait été bien mieux installé près d'un filet de lave comme il en coulait des centaines à flanc de montagne, mais il ne voulait pas s'éloigner : il fallait que Keldram puisse les retrouver quand il remonterait du camp.

Ce qui ne tarda pas trop à arriver : il arriva à bout de souffle et chargé d'un panier visiblement lourd, dont il exposa le contenu à Luran : les linges propres pour nettoyer et panser les plaies, des vêtements et une paire de bottes, et de la nourriture. Il ne détailla pas précisément comment il était parvenu à se procurer toutes ces choses sans révéler leur trouvaille, et Luran ne demanda pas : les voies de la déesse étaient impénétrables, et il valait parfois mieux les laisser ainsi. Une seule chose manquait encore : de la lave purificatrice et désaltérante, mais il était difficile d'en transporter sur une telle distance sans dépouiller la collectivité d'un objet important, et leur priorité restait le clan et pas cette étrangère.

Il renvoya Keldram dans leur vallée avec pour mission d'empêcher des gens de venir explorer à leur suite, et de concocter une histoire pour expliquer son absence, ce qui lui valut une réflexion désapprobatrice, mais il ne se fit pas prier plus. Luran resta donc seul avec la femme, qui décidément mettait du temps à se réveiller. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, il s'était assis en tailleur à ses côtés et méditait, cherchant la connexion avec la dragonne. Il restait un peu inquiet par ce qu'avait sous-entendu l'étrangère sur l'aeroka.

Il se tourna vers elle en l'entendant remuer, et si son ton était doux, il ne souriait pas :

« Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu faisais là ? »

De sa réponse dépendrait son devenir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Marchande

Messages : 132
Xp's : 245
DC : Finnick Shuöra
Date d'inscription : 19/07/2016
Présentation : Boum !
Carnet : Kaboum !

Feuille de personnage
Vie:
90/100  (90/100)
Prestige :
2/9  (2/9)
Disponibilité Rp: à la Fête de la Vérité
MessageSujet: Re: À point nommé Lun 27 Fév 2017 - 23:31

La douleur, après l'avoir mise KO, ramenait petit à petit Kharis vers la conscience, tel un chat qui ne savait pas trop s'il voulait entrer ou sortir. En tout cas, si elle avait eu son mot à dire, la liare aurait préféré rester dans les nimbes cotonneuses de l'inconscience ; elle était peut-être vulnérable ainsi, mais la douleur qui perçait à présent à travers le brouillard ne lui donnait aucune envie de se réveiller.

Elle avait l'impression qu'un troupeau d'Esifret l'avait piétinée tant elle avait mal partout. Mais, petit à petit, à mesure que ses souvenirs lui revenaient, elle se rappelait que l'origine de sa douleur était toute autre... et bien pire, finalement. Le souvenir de sa mésaventure lui fit émettre un grognement sourd, ce qui attira l'attention de son sauveur. Kharis réussit finalement à ouvrir les yeux et à reconnaître le liare qui lui faisait face : c'était bien le même que celui qu'elle avait vu un peu plus tôt... Mais son compagnon semblait avoir disparu.

Peu importe, ce n'était visiblement pas à son tour de poser des questions. D'après ses vêtements (et surtout l'endroit où ils se trouvaient...), l'infirmier improvisé de Kharis était un nomade et il ne serait sans doute par ravi de savoir qu'il avait sauvé une citadine d'Orlack. Même encore à moitié assommée, elle était capable de s'en rendre compte.

Elle était donc pleinement consciente du danger auquel elle s'exposait en disant la vérité, mais elle était tout simplement trop épuisée pour mentir.

« Je m'appelle Kharis, je suis apprentie chez un armurier et je viens d'Orlack. »

Elle dut s'arrêter, se rendant compte qu'elle avait la gorge sèche. Depuis combien de temps n'avait elle rien mangé ni bu ? C'est à peu près à ce moment là qu'elle réalisa qu'elle était tout de même étendue sur une sorte de couverture, qu'on avait désinfecté ses plaies et qu'on l'avait habillée sommairement. Ce liare ne lui voulait sans doute aucun mal... Mais serait-ce toujours les cas maintenant qu'elle lui avait révélé d'où elle venait ? Elle reprit son explication d'une voix encore un peu rauque :

« Mon maitre m'a envoyé explorer les montagnes pour trouver des écailles de dragons. Ils muent, en ce moment, alors ça devait être facile. Et puis... »

Sa gorge se serra involontairement. Maintenant que l'adrénaline était redescendue, elle commençait à réaliser à quel point elle était passée près de la mort cette fois. C'était une idée avec laquelle les liares avaient l'habitude de vivre, mais y être confronté en face... Cela n'avait rien à voir avec les vagues sermons des prêtres d'Uraang lors des funérailles des soldats.

Refusant de céder à la peur qu'elle sentait monter en elle, Kharis poursuivit en serrant les poings pour tenter de maîtriser le tremblement de sa voix.

« Une aeroka m'a attaquée. Elle m'a emportée dans son nid pour nourrir ses petits et... Je me suis défendue. J'ai fait exploser le nid. J'ai essayé de fuir... »

… Et elle n'aurait jamais réussi à rentrer chez elle en un seul morceau sans l'aide désintéressée d'un liare de passage, qui plus est sans doute un nomade qui aurait eu toutes les raisons de se réjouir de son trépas, si ce n'est de l'achever si elle en croyait les rumeurs.

Les liares n'ont guère l'habitude d'exprimer leur gratitude et Kharis n'avais jamais été la plus éloquente de son espèce. Alors elle espéra que là où les mots lui faisaient défauts, son regard pourrait exprimer à quel point elle était reconnaissante envers son sauver.




Dernière édition par Kharis Othorm le Ven 14 Juil 2017 - 19:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Messages : 92
Xp's : 790
Date d'inscription : 21/09/2014

MessageSujet: Re: À point nommé Ven 3 Mar 2017 - 10:35

Luran Simkin


Ainsi donc elle venait bien d'Orlack. Même si la confirmation ne lui plaisait pas, Luran l'avait déjà compris à l'instant où il l'avait vue marcher cahin-caha sur la piste caillouteuse menant à l'anfractuosité de rocher dans laquelle ils se trouvaient en ce moment. Certes, elle n'était pas arrivée de la bonne direction, mais personne n'avait eu connaissance d'un autre clan qui aurait monté le camp dans une vallée voisine, et la proximité de la cité était elle-même parlante. Cependant, pourquoi une apprentie armurière de la ville aurait été envoyée aussi haut dans les montagnes était étonnant : il n'y avait pas dans la région de gisement de minerai ou de métaux, sinon il y a bien longtemps que les nomades auraient fait une croix sur cette partie du massif.

La réponse arriva vite, mais elle lui plut encore moins que la précédente. L'idée qu'une fidèle à la couronne puisse venir voler des écailles le révoltait – car mue ou non, les écailles n'appartenaient qu'à leur dragon. Peut-être n'était-il pas objectif, à la fois du fait de sa relation privilégiée avec Kayerith et de par la nature même des relations entre le pouvoir en place et son peuple, mais il était bien loin d'en avoir quelque chose à faire. S'ils pensaient qu'ils allaient pouvoir commencer à envahir les sommets vers lesquels ils avaient repoussé les nomades pour en piller les ressources...

Kharis poursuivit son récit, et malgré ses premières réticences, Luran dû admettre qu'elle en avait dans le ventre. Et son histoire expliquait donc la détonation qu'ils avaient au départ prise pour une éruption, ainsi que les multiples survols de la région par cet oiseau de malheur ! Restait à savoir si elle allait s'en tenir là ou si elle allait chercher une rétribution ailleurs dans les heures à venir. Enfin, si ce que cette liare disait était vrai, il y aurait probablement quelques uns de ces volatiles en moins dans le monde et ça n'était vraiment pas un mal.

Et maintenant, que faire de la blessée ? Il ne pouvait pas la ramener au camp. Mais malgré tout ce qu'il lui arrivait de dire et penser sur les citadins, il ne pouvait pas non plus décemment l'abandonner seule à un endroit qu'elle ne connaissait pas alors qu'elle tenait probablement à peine debout et qu'elle était ignorante comme un lapin de deux semaines concernant la survie dans les montagnes. La livrer à elle-même maintenant était signer son arrêt de mort aussi sûrement que s'il l'achevait lui-même.

L'armurière était épuisée, affamée, assoiffée. Luran n'avait rien à boire sur place, mais il pouvait au moins la nourrir un peu : il fouilla un instant dans son sac et lui tendit quelques tranches de viande fumée et un biscuit sec qu'il gardait sur lui en toutes circonstances. En la regardant manger, il soupira ; sa décision était prise, pour le meilleur ou pour le pire. Il remballa toutes les affaires qui traînaient avec une précision découlant d'une longue habitude.

« Tu peux marcher ? On va aller trouver à boire. »

Il la laissa enfiler les bottes que Keldram dans son infinie sagesse avait réussi à lui voler, et l'aida à se relever. Il allait lui trouver quelque chose à boire, puis l'aider à redescendre en direction de la vallée. Une fois qu'il la considérerait capable de rentrer chez elle seule, il la laisserait voler de ses propres ailes pour remonter chez lui, et si possible ne jamais la recroiser.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: À point nommé

Revenir en haut Aller en bas

À point nommé

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Créatures rares et nommés - Monts Brumeux
» Autre point de vue de John Maxwell pour la defense d'Haiti
» Les broderies au point compté de la souris
» valeur en point
» liste d armee a 1000 point pour un tournoit

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RPG Madelle :: Le Monde des Liares :: Glasgo-