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Invité de marque [PV. Wolfram Strauss]

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MessageSujet: Invité de marque [PV. Wolfram Strauss] Lun 25 Juil 2016 - 2:49

Dans un coin reculé de la campagne d’Arnlo se trouvait l’imposant domaine Jelica qui s’étendait sur des hectares, propriété du richissime Robert Jelica, l’un des plus célèbres couturiers de tout le continent. Son domaine était réputé pour son immensité et son organisation incroyable. Quand on regardait bien, on pouvait voir que le lieu grouillait de monde, tous des domestiques embauchés pour prendre soin du domaine qui s’avérait être effectivement très bien entretenu ! Ce lieu était la fierté de son propriétaire qui mettait un point d’honneur à ce que tout soit en ordre.

Très loin dans le domaine l’on trouvait l’immense manoir à la façade fleurie où vivait la famille -du moins, ce qu’il en restait- ainsi que certains domestiques, les plus indispensables, ceux en qui le père de famille pouvait avoir confiance. Autant dire qu’ils étaient un nombre très restreint, l’homme s’inquiétant avant tout de la sécurité de sa tendre fille. L’on y trouvait aussi de vastes vignes et une petite écurie installée tout récemment : il fallait passer devant avant de se rendre au lieu principal du domaine qui était bien évidemment le grand atelier dans lequel seuls quelques rares employés et les clients qui se rendaient au domaine avaient l’autorisation d’entrer. Quiconque ayant le culot de se rendre dans cet endroit sans autorisation devrait goûter du courroux d’Elerinna, une jeune femme de dix-huit ans à peine, fille du propriétaire et future héritière de ce vaste domaine. C’est vrai, imaginez seulement qu’un idiot abîme l’une des créations en cours ! Peu de personnes possèdent la clé de l’atelier, Robert et sa fille. C’est tout.

Travailler pour les Jelica était à la fois un honneur et une véritable contrainte, les deux couturiers étant vraiment exigeants avec leurs employés et pourtant, cela n’empêchait pas que l’endroit déborde de personnel. Allez savoir pourquoi…


**

Quand Elerinna ouvrit les yeux ce matin-là, elle savait qu’elle ne pouvait pas se permettre de traîner au lit comme elle avait l’habitude de le faire ; un domestique vint s’assurer qu’elle était bien réveillée tandis que la couturière, d’une humeur exécrable -comme tous les matins, ceci dit- refusa catégoriquement de sortir de sa chambre pour aller rejoindre son père qui l’attendait dans la salle à manger, lui qui voulait simplement discuter des événements de la journée, mais aussi pour apaiser la tension qui flottait entre eux. Robert Jelica était un homme très agréable qui chérissait sa fille cadette, malheureusement pour lui, la jeune femme était bien trop fière. Leur prise de bec de la veille au sujet du travail d’Elerinna avait passablement agacée la jeune femme qui en voulait encore à son cher papa et qui était bien décidée à le lui faire savoir. Elle se fichait bien de son petit-déjeuner, elle avait d’autres choses bien plus importantes auxquelles elle devait réfléchir et elle considérait qu’elle n’avait pas besoin de l’aide de son paternel ; le client de la journée était son client ! Un client très important, qui plus est. Cette fois, il était hors de question qu’il lui vole la vedette et qu’il juge de sa façon de travailler, elle allait lui prouver qu’elle était parfaitement capable de réussir ce coup-là, seule.

La jeune femme mit un long moment à faire sa toilette, et un temps fou à décider de sa tenue parmi l’immensité de robes qu’elle possédait. Elle était consciente que l’image qu’elle renvoyait à son client était primordiale ; elle opta finalement pour une élégante robe de saison aux couleurs pastel, longue, dévoilant ses bras, entièrement faite de soie et sertie de quelques pierres précieuses au niveau de son col. L’une des créations dont elle était le plus fière ! Elle n’était pas facile à enfiler, c’est pourquoi elle dû demander de l’aide à une domestique, heureusement, avec de l’aide, la jeune femme maigrichonne n’eut aucun mal à se glisser dans cette tenue qui était parfaitement taillée et adaptée à sa petite morphologie. La demoiselle paraissait toute frêle, c’est pourquoi elle ne put s’empêcher de se parer de coûteux bijoux sertis de rubis pour attirer l’attention. Elle décida de relever son épaisse chevelure de craie en chignon, laissant quelques mèches retomber élégamment en ondulation sur ses épaules, puis elle se maquilla très légèrement avant de quitter la pièce.

Quand elle arriva dans le hall du manoir, elle rencontra son père à qui elle n’adressa qu’un froid « bonjour », visiblement de mauvaise humeur. Rien que le voir ainsi, dressé devant elle l’agaçait. Elle s’était débrouillée pour l’éviter toute la matinée et voilà qu’il la prenait au piège alors qu’elle ne demandait qu’à se rendre à son atelier. Elle n’avait pas envie de discuter et n’avait nullement l’intention de se montrer agréable. Il était clair que la jeune femme était bien trop susceptible mais elle n’était pas consciente de son comportement excessif : à ses yeux, sa colère était parfaitement justifiée et elle n’éprouvait aucune honte à se comporter comme une enfant capricieuse. Son visage affichait un air distant et renfrogné mais, quand elle passa à côté de lui, l’homme voulut la saisir par le bras pour la retenir ; il se ravisa quand elle se retourna pour lui adresser un regard noir. Heureusement, sa main l’avait à peine frôlée. Il n’avait pas intérêt à la toucher, et il le savait ! Il se contenta de prendre la parole.

- Ecoute Elerinna, c’est un gros client que nous avons là, on ne peut pas se permettre de le perdre ! Ma chérie, je pense sincèrement que tu n’es pas encore prête pour gérer seule ce genre de situation, laisse-moi t’accompagner.

Voilà exactement la source des tensions qui perduraient depuis la veille entre le père et la fille. Elerinna prit une profonde inspiration après ces paroles comme pour ne pas exploser de colère. Elle tâchait certes, de se contenir mais Robert Jelica connaissait son enfant mieux qu’elle ne se connaissait elle-même ; il reconnaissait chaque expression et savait très bien que la demoiselle n’était actuellement pas ouverte à la discussion, qu’elle était têtue et qu’elle ne changerait certainement pas d’avis. Cependant, il se sentit obligé de lui en reparler, après tout, la jeune femme avait déjà échoué à de nombreuses reprises en faisant fuir quelques clients importants. Cette fois, elle ne pouvait pas se permettre l’erreur ! Malheureusement Robert ne savait que trop bien sa fille pouvait se montrer aussi adorable qu’insolente. Tout dépendait de son interlocuteur. Il n’insista pas quand il vit le regard de la jeune femme prendre de la hauteur, le dévisageant avec un certain dédain. Elle agissait de cette manière quand elle était sur la défensive. Elerinna ne supportait pas qu’on puisse ainsi dénigrer sa capacité à travailler et prenait cela comme un manque de respect flagrant ! Elle soupira avant de tourner le dos à l’homme qui, jusque-là, n’avait pas détaché son regard de ses yeux turquoise. La demoiselle n’avait pas laissé exploser sa colère, mais elle ne pouvait échapper au regard de son père qui ne la connaissait que trop bien.

- Papa, qui de nous deux tient les aiguilles ? Je fais tourner ce commerce ! Rétorqua-t-elle en insistant sur le « je ». Maintenant, s’il te plait, ne te mêle plus de ça. Je ne suis tout de même pas stupide au point de perdre un tel client !

Et puis la jeune femme quitta le manoir, sans même tourner une dernière fois son regard vers son père qui ne chercha même pas à la retenir.

Elerinna arriva à son atelier quelques minutes plus tard, accompagnée d’une domestique dont la jeune femme était particulièrement proche et d’un homme qui se chargeait de sa sécurité, marchant à quelques mètres d’elle. La jeune femme le considérait comme un outil et ne lui portait pas une grande attention, en revanche, pour sa domestique, c’était une toute autre histoire. Elerinna l’avait engagée quelques années plus tôt alors qu’elle commençait tout juste la couture ; la domestique lui servant aux tâches les plus ingrates telles que lui apporter son matériel ou prendre les mesures de ses clients. Oui, c’était elle qui se chargeait des mesures : Elerinna n’allait tout de même pas toucher ses invités ! Elle s’appelait Opale. Aujourd’hui, la couturière comptait sur elle pour être à portée de main si jamais son client avait besoin de quoi que ce soit et être à disposition si jamais il nécessitait de prendre ses mesures. Cette demoiselle avait l’habitude de ce genre de travail et des manies de la petite couturière qui la rendaient si insupportable. Heureusement, elle faisait toujours preuve d’une patience exemplaire et supportait la belle quoi qu’il arrive, bien que sa sympathie envers sa patronne n’était qu’hypocrisie. Encore une fois, la naïveté d’Elerinna l’empêchait d’ouvrir les yeux à ce sujet. Finalement, elles arrivèrent après avoir traversé les jardins qui étaient en fleurs à cette période de l’année. La légère brise qui surplombait l’air la revigora et la mit de meilleure humeur.

Elerinna fit un tour d’inspection pour vérifier l’état de son atelier : un petit jardin fleuri l’entourait peuplé de nombreux jardiniers, et, devant ledit atelier, une large terrasse était installée où il était possible de s’installer pour discuter, ou pour boire le thé, profitant des nombreux arbres bien en fleurs qui entouraient l’endroit. Le tout avait été nettoyé et réorganisé pour la venue de leur client de marque. Un peu plus loin, des amis de la famille discutaient entre eux. Elle ne s’avança pas pour les saluer et se contenta de leur adresser un sourire poli. Et puis, finalement, elle s’avança vers la large porte et inséra sa clé dans la serrure, dévoilant alors une immense pièce qui, d’ordinaire si désorganisée, avait également été exceptionnellement rangée et nettoyée. Les murs étaient peints avec des couleurs pastel et de nombreuses tenues toutes plus impressionnantes les unes que les autres décoraient la grande pièce qui paraissait chargée, mais qui ne manquait pas de rangements et de matériel. Elerinna paraissait minuscule, écrasée par l’immensité de la pièce et il semblait impossible pour une femme de sa taille d’atteindre certains objets qui étaient placés en hauteur. Finalement soulagée de constater que l’endroit avait été nettoyé, la Parlèm referma la porte et s’installa à une table, sur la terrasse, Opale debout à son côté et son garde du corps quelques mètres plus loin, tâchant de se montrer discret. La demoiselle ne se leva que quelques instants plus tard quand elle aperçut quelque chose arriver au loin.

Elle descendit les quelques marches de la terrasse pour venir se mettre en évidence dans le petit jardin, Opale la suivant comme son ombre. Ce fameux client avait envoyé un courrier quelques jours plus tôt, indiquant qu'il était à la recherche d'un nouveau couturier et qu'il passerait au domaine. Quoi de plus logique pour un homme d'une telle richesse que de porter sur choix sur les célèbres Jelica ? Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la couturière tandis qu’elle tâchait de se tenir droite, prête à accueillir son "client important". D’une petite voix presque inaudible et ne pouvant détacher son regard de ce qui s’avançait au loin, elle déclara :

- Wolfram Strauss, vous avez fait le bon choix.





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MessageSujet: Re: Invité de marque [PV. Wolfram Strauss] Lun 25 Juil 2016 - 20:51

Wolfram Strauss tira sur son cigare en regardant le paysage défiler devant ses yeux, les vibrations des roues du carrosse sur la route de terre ne le dérangeait pas plus que ça. Les longs voyages en voiture l'insupportaient, il avait toujours l'impression de perdre son temps coincé entre les quatre murs de l'habitacle. Et c'était sans compter sur les secousses incessantes qui empêchaient tout moment de repos. Il recracha une bouffée de fumée qui s'échappa par l'ouverture de la fenêtre. Il jeta un coup d'œil à Rubis, la jeune femme à la mèche rose était assis en face de lui et travaillait sur des documents qu'elle avait apportés pour le voyage. D'un air concentré, elle entourait des éléments qui lui semblaient pertinents, revenant parfois quelques feuilles en arrière afin de vérifier certaines informations. Le noble la regarda faire un moment, elle mettait vraiment d'un cœur à l'ouvrage et il se félicita de l'avoir sauvé il y a quelques années. Néanmoins, cet instant de contemplation l'ennuya rapidement et sans un mot, il se pencha en avant afin d'attraper un paquet de rapport se trouvant à gauche de sa secrétaire. Celle-ci ne s'interrompit même pas dans sa tâche et s'écarta simplement de quelques centimètres afin de ne pas gêner son maître.

Le Parlems feuilleta quelques pages du compte rendus, il s'agissait des revenus d'une de ses branches de marchandises. Il éplucha consciencieusement les différentes notes et chiffre écrits réfléchissant à des moyens d'augmenter les ventes de son commerce. Alors qu'il allait finir de lire la première partie du rapport, il sentit une douleur s'éveiller au niveau de l'arrière de son crâne. Il mordilla son cigare de façon irrité, il avait complètement oublié qu'il était malade lorsqu'il lisait en transport. Une raison de plus qui s'ajoutait à la longue liste de pourquoi il détestait les longs voyages. Il surprit, un léger sourire amusé passé discrètement sur les lèvres de l'Arvèles dont le regard était toujours braqué sur ses feuilles de comptes. Elle le savait très bien qu'il ne supportait pas de lire en voiture et pourtant elle ne l'avait pas prévenue lorsqu'il avait cherché à travailler à son tour. Il lui lança un regard qu'elle prit un malin plaisir à ne pas voir. Wolfram referma le bouquin dans un claquement sonore et tout expirant une volute de fumée s'adressa à son employé.



"Rappelles-moi pourquoi je dois faire tout ce chemin?"


La jeune femme releva la tête de ses papiers et le fixa de ses yeux bleus océans, elle replaça une de ses mèches de cheveux noirs jais derrière son oreille. Comprenant bien que son patron avait l'attention de parler jusqu'au à la fin de leur voyage, elle rangea délicatement la pile de documents se trouvant sur ses genoux et la déposa sur sa droite. Puis comme si elle répétait la même phrase une énième fois, elle répondit d'un ton las à son maître.



" Maitre Baelor ne peut plus s'occuper de votre garde-robe.  Et il nous a donc fallu, vous trouver un autre couturier. Et quand je vous ai demandé si vous aviez une préférence, vous m'aviez simplement répondu de prendre le meilleur. Nous allons donc au domaine de la Maison Jelica, qui est très réputé pour leur travail de haute qualité…"


Wolfram haussa un sourcil presque étonné, maitre Baelor n'était pas le meilleur couturier d'Arnlo mais il travaillait déjà pour sa famille alors qu'il n'avait pas encore été conçu et depuis il lui avait toujours apporté satisfaction. Rubis lui avait surement déjà dit la raison pour laquelle le vieil homme ne pouvait plus respecter son engagement, mais cela avait dû lui passer au-dessus de la tête… Tout en prenant une nouvelle bouffée de tabac, il continua.


" Et pourquoi Peter n'est plus capable de répondre à mes demandes ? Si c'est une question qu'il a trop de client ou que cela lui prenait trop de temps, je lui aurai proposé de doubler sa paye…"


Il put voir sur le visage de sa secrétaire passer une brève expression de surprise avant de revenir à son air neutre habituel. Toutefois, Wolfram commençait à trop bien la connaitre et voyait dans ses yeux une certaine rancœur à son égard, ce n'était pas de la haine, elle était juste fatiguée de devoir se répéter. Elle réprima un soupir et son regard se plongea dans celui du Parlems.


"Vous vous souvenez lorsque nos usuriers sont venus se plaindre à propos d'un client ayant contracté de nombreuses dettes suite à des pertes de jeu et qui refusait de les régler ?"


Le principal intéressé hocha la tête ne voyant pas où elle voulait en venir. Il n'était pas sénile, la scène avait eu lieu, il n'y avait même pas une semaine. Il était sur le point de partir pour un gala qu'il donnait dans un de ses orphelinats lorsque plusieurs de ses créancier avait débarqué dans son bureau et lui avait rapporté leur problème avec cet individu. La situation l'avait grandement agacé, tout d'abord car il était pressé, et deuxièmement car ils pouvaient régler le problème d'eux même, c'était leur boulot quand même! Et sans demander plus d'information, il avait pris une décision radicale… Sans une once de remord, il répondit à l'Arvèles.


"Bien sûr, j'ai voulu en faire un exemple donc je leur ai dit d'aller piller sa demeure avant de l'incendier… Et aussi de lui briser tous les os de ses deux mains afin de bien faire passer le message."


En fait, il était même assez fier de sa décision, l'important n'était pas tant de punir l'homme pour sa faute mais de prévenir les autres personnes dans la même situation que le défier était une très, mais alors très mauvaise idée. Cette fois, Rubis ne put s'empêcher de secouer la tête.


"La personne en question était Peter Baelor, votre couturier attitré…"


Comme pour marquer le choc de la révélation, un morceau de cendre qui pendait au bout de son cigare tomba sur la moquette qui couvrait le sol du carrosse. Sans rien dire, il s'adossa contre le dossier fumant pensivement son cigare dont l'extrémité rougeoyait à chacune de ses inspirations. Peter étant hors-jeu, il avait surement fait le bon choix en s'adressant à un des meilleurs couturiers de Madelle. Le seul gros problème était le fait qu'il soit si excentré par rapport à la capitale, peut-être pouvait-il leur proposer un partenariat avec lui. Un atelier et un manoir dans les quartiers riches d'Arnlo contre un léger pourcentage des recettes et surtout la priorité sur ses commandes. C'était un marché intéressant pour les deux parties qu'il rangea dans un coin de son esprit pour plus tard.

Rubis quant à elle avait déjà repris quelques dossiers sur ses cuisses, mais n'avait pas encore la tête plongée dedans. Elle le fixait avec ses yeux bleus et semblait attendre quelque chose de la part de son maître. Wolfram dans un geste presque las, porta la main à sa bouche et attrapa le cigare entre ses doigts.  En faisant attention à ne pas être trop brusque, il sortit le bras par la fenêtre de la voiture et tapota le bout afin de tomber le surplus de cendre. Puis il recoinça l'objet dans près de la commissure de ses lèvres.


"Tu enverras une carte à Maitre Baelor disant que nous sommes choqués par ce qui lui est arrivé et que la Maison Strauss lui envoie toutes notre amitié et notre soutient. Rajoute aussi que nous lui souhaitons un bon rétablissement."


A part ses problèmes de jeu et quelques infidélités, Peter Baelor était un citoyen modèle chez les citoyens d'Arnlo. Et de ce fait, il ne devait avoir aucune idée que l'homme derrière son agression était son client le plus fidèle… Et en tant que client fidèle, Wolfram devait montrer un peu de compassion envers lui, même s'il savait pertinemment que les blessures du vieux couturier n'allaient pas guérir de sitôt. Rubis sembla satisfaite de la demande et baissa la tête pour se reconcentrer sur son travail. Puis sans regarder son maître avec un petit sourire amusé ajouta.


"Je m'en suis déjà occupé."




***




Ils finirent par arriver au domaine Jelica, Wolfram passa la tête par l'ouverture d'une fenêtre et constata que le manoir était encore loin, d'où il se trouvait ce n'était qu'un point noir ponctuant le somment d'une colline. Il soupira en voyant les champs de fleurs et les vergers à perte de vue où de nombreuses personnes y travaillaient telle une colonie de fourmi. Combien de ces personnes avaient-été des esclaves qu'il avait vendus? Il n'en avait aucune idée et à vrai dire, il s'en fichait éperdument. Le trajet s'annonçait encore un peu long, surtout que le cocher avait ralenti à cause du nombre de personnes traversant le chemin de terre en vacant à leurs occupations. Wolfram se promit que c'était la dernière fois qu'il venait ici. Il laissera au Jelica trois choix : avoir un pied-à-terre sur Arnlo, lui envoyer par coursier ses commandes ou perdre un gros client potentiel.

Au bout d'une trentaine de minutes, ils arrivèrent enfin devant le manoir des Jelica, le bâtiment était immense et arborait divers signes de richesse comme des grands jardins, d'imposantes annexes et même un champ de vigne. Wolfram devant tant de grandeur ne put s'empêcher de maugréer. Il détestait ce genre de campagnard qui essayait de compenser le fait de ne pas avoir de villa en capitale par des domaines à la surface immense majoritairement utilisé à des fins agricoles et esthétiques. Ils étaient juste de riche paysans… Enfin s'ils étaient aussi bons que Rubis l'affirmait, il n'allait pas faire de vague. Enfin tant qu'ils ne le prenaient pas de hauts... Vivre en campagne avait ses avantages mais aussi ses inconvénients, des bandits pourraient viser un domaine isolé et le mettre à feu à sang…

Ses réflexions s'arrêtèrent en même temps que la voiture qui faillit le faire basculer en avant. Il se nota à lui-même de virer son chauffeur, une fois rentré à Arnlo bien sûr. Une servante toute menue vint le chercher devant la porte du carrosse. Bien qu'il l'avait vu et que celle-ci semblait attendre qu'il sorte, il n'en fit rien. Le cocher après s'être assuré que ses bêtes ne bougeraient pas sauta à terre et d'un geste machinal ouvrit la porte de l'habitacle. Le Parlems sortit en premier et jeta le reste de son cigare à terre qu'il écrasa avec sa semelle. Rubis le suivit de près. La servante laissa un temps de flottement afin de laisser aux deux personnes le temps d'admirer les alentours. Puis elle leur fit une courbette et leur demanda de la suivre.

Ils se dirigèrent vers une annexe qui semblait être un des plus grands bâtiments du domaine, hormis le manoir évidemment. Wolfram devina qu'il devait s'agir de leur atelier et était un tant soit peu rassuré sur le sérieux de leur travail. Accorder un si grand espace pour créer et concevoir était souvent un gage de qualité. Il tourna la tête vers Rubis et lui fit un signe d'approbation de la tête. L'arvèles qui était en train d'écrire sur son carnet lui adressa un petit sourire avant de revenir à sa tâche. Ils arrivèrent devant la bâtisse qui semblait encore plus grande vu de près. Décidemment, ces gens avaient vraiment des trucs à compenser!


La domestique toujours  silencieuse s'avança et ouvrit la porte qu'elle tint grande ouverte afin de laisser rentrer leurs invités. Les lieux étaient élégamment décorés, et Wolfram se surprit à féliciter le goût de ces roturiers. En face de lui, et en plein milieu de la pièce se trouvait une fille encore plus menue que la servante. Elle avait l'air d'un poupon malgré ses longs cheveux blancs comme neige. Ses habits ne faisaient aucun doute sur son identité, elle devait être la fille du maitre du domaine. Son raisonnement se confirma lorsqu'elle ouvrit la bouche.


" M. Strauss" Déclara-t-elle en s’inclinant. "Je suis Elerinna Jelica, ravie de vous accueillir."


Même s'il n'en laissa rien paraitre, Wolfram bouillonnait intérieurement. Lui qui était une des personnes les plus influentes de Arnlo, et le maitre des lieux osait lui faire l'affront d'envoyer seulement  sa fille pour l'acceuillir! Le manque de considération et de respect de cet homme était flagrant! Et malgré la rage qui l'animait, il arriva à sortir un sourire rayonnant à la jeune femme. Il avait fait tout ce chemin pour un costume et il ne partirait pas sans l'avoir. Avec un ton radieux, charmeur et emplis de confiance en soi, il déclara à son tour.


"Enchanté de faire vote connaissance lady Jelica, je suis honoré d'avoir été aussi vite reçu dans votre magnifique domaine."
Il s'inclina à son tour. "La famille de ma mère à fait fortune grâce au textile, peut-être est-ce un bon signe pour notre futur collaboration. Je ne vois pas votre Père, surement est-il occupé ailleurs pour une tâche importante, j'espère qu'il ne mettra pas trop de temps avant de s'occuper de ma tenue. J'ai réussi à me libérer un peu de temps, mais j'ai encore pas mal de documents qui m'attendent sur mon bureau."


Il ponctua sa phrase d'un rire chaleureux, avant d'observer un peu mieux les lieux. Il mourait d'envie de quitter cet endroit qui commençait déjà à lui taper sur les nerfs.



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MessageSujet: Re: Invité de marque [PV. Wolfram Strauss] Mar 26 Juil 2016 - 4:02

Par habitude, Elerinna détailla son interlocuteur de la tête au pied, ne portant que peu d’attention à Rubis qui était à ses côtés (sans même en avoir conscience, la couturière assimila cette Rubis au même titre qu’Opale ou que son garde du corps qui se trouvaient derrière elle ; un outil, rien de plus). Son sourire impassible lui permit de cacher sa surprise à la vue du physique du jeune lord. Non pas qu’il n’était pas charmant, mais pour une raison qui lui échappait, elle ne se l’imaginait pas du tout de cette manière ! La première chose qui frappa la demoiselle quand elle s’approcha de son invité fut la forte odeur de tabac qui se dégageait de sa personne. Peut-être cela n’était-il pas si infect mais la couturière n’avait jamais été habituée à l’odeur du tabac, et elle n’appréciait décidément pas cela. Elerinna, en bonne petite nature qu’elle était, jugea cette odeur tout à fait désagréable aux narines et indigne d’une personne de son rang. Elle qui mettait un point d’honneur à s’humecter des fragrances des plus grand parfumeurs Parlèms ! Peut-être le jeune homme se parfumait-il également, mais l’odeur de tabac semblait rester dans ses vêtements. Elerinna n’était d’ailleurs pas enthousiaste à l’idée que les coûteux tissus dont elle allait user pour le satisfaire finissent incrustés d’une telle odeur. Mais elle secoua très légèrement la tête pour penser à autre chose. Ce qui l’étonna dans un deuxième temps fut sa taille. Il devait bien mesurer, quoi, un mètre-quatre vingt dix ? Elerinna qui n’était déjà pas bien imposante paraissait aussi petite qu’une souris face à cet homme de prestance ! Heureusement, elle avait appris à ne pas s’écraser face à ce type de personne, cela allait sans dire qu’elle avait pris l’habitude de s’imposer d’une manière différente : la jeune femme se tenait droite et digne en tâchant de faire bonne figure face au jeune représentant de la Maison Strauss.

Vous imaginez bien qu’elle ne put s’empêcher de porter un regard intéressé à l’accoutrement de son cher client - qu’elle n’affectionna pas particulièrement à première vue, elle trouvait ce costume ennuyeux. Oui, c’était bien le terme : ennuyeux. Sa coupe, sa couleur, sa matière, il ne sortait en aucun cas de l’ordinaire. Un homme comme Wolfram Strauss méritait tout de même quelque chose de plus pétillant, bon sang. Il était en effet vêtu d’un simple costume écarlate aux coutures douteuses ; le regard expert de la demoiselle se porta sur quelques fils, presque invisibles à l’œil nu, qui dépassaient de la veste du noble. Comment peut-il porter quelque chose de tel en tout décence ? se moqua la demoiselle intérieurement, en ne laissant rien paraître. Le tissu était certes, d’excellente qualité, mais la façon dont le vêtement avait été cousu rassura la jeune femme qui était maintenant certaine d’une chose : quoi qu’il arrive, elle n’aurait aucun mal à se montrer meilleure que son couturier précédent. Enfin, ce n’était pas comme si elle doutait de ses capacités, mais il fallait bien avouer qu’elle avait quelque peu angoissé à l’idée de recevoir un tel client ! Maintenant qu’il était devant elle, la tension retomba. Elerinna lui offrit un léger sourire et s’inclina largement quand il fut question de se présenter ; il était impensable qu’elle lui serre la main. Il prit la parole :

- Enchanté de faire vote connaissance lady Jelica, je suis honoré d'avoir été aussi vite reçu dans votre magnifique domaine. Il s'inclina à son tour. La famille de ma mère a fait fortune grâce au textile, peut-être est-ce un bon signe pour notre futur collaboration. Je ne vois pas votre Père, sûrement est-il occupé ailleurs pour une tâche importante, j'espère qu'il ne mettra pas trop de temps avant de s'occuper de ma tenue. J'ai réussi à me libérer un peu de temps, mais j'ai encore pas mal de documents qui m'attendent sur mon bureau.

Le visage angélique de la demoiselle ne perdit pas de son éclat, mais intérieurement, la rage qui s’élevait en elle vint s’exprimer sous la forme d’un petit rictus agacé au coin de ses lèvres souriantes. Heureusement, elle n'explosa pas, mais voilà qu’elle le détestait, alors qu’ils n’avaient encore échangé que quelques mots ! C’était une blague de mauvais goût, il ne pouvait en être autrement ! Elle ne montrait rien mais la colère envahit son être à tel point qu’elle aurait pu le renvoyer immédiatement pour avoir osé lui faire un tel affront. Il se pointait ici comme une fleur, dans leur domaine, sans même être au courant que Robert Jelica avait pris sa retraite pour laisser sa place à sa tendre fille qui devait faire des pieds et des mains pour prouver sa valeur aux yeux du monde. Quel manque de respect ! La jeune femme se retint d’exploser, d’autant plus que cette histoire était connue de la plupart des Parlèms, les Jelica étant l’une des familles célèbres de la confrérie, il était difficile de ne pas être au courant que Robert Jelica se retirait définitivement de sa profession de couturier ne pouvant lui-même plus tenir une aiguille correctement entre ses mains. Elerinna pesta intérieurement : même s’il était absent, son père parvenait encore à l’agacer d’une manière ou d’une autre. Opale, qui était à son côté et qui connaissait parfaitement son employeuse savait que le sourire forcé de la demoiselle ne présageait rien de bon et qu’elle était parfaitement capable de renvoyer ce client influent pour quelques paroles de travers et les Jelica ne pouvaient pas se le permettre: cela ternirait leur réputation. La jeune femme aux cheveux noir de jais se décida alors à agir, espérant peut-être pouvoir contenir les ardeurs de la couturière :

- Lord Strauss, il semblerait que vous vous mépreniez. Mademoiselle Jelica n’est pas…

Opale fut stoppée net dans ses explications quand la couturière leva gracieusement sa main devant son visage pour l’empêcher de continuer sa phrase. Elle détestait quand Opale avait le culot d’interagir avec ses clients ; elle se devait de comprendre quelle était sa place, et ce n'était pas celle de conseillère : la demoiselle à la chevelure immaculée nota intérieurement qu’elle devrait avoir une petite discussion avec sa domestique… La servante comprit alors très rapidement les intentions d’Elerinna et se contenta tout bonnement de reculer d’un pas en abaissant le regard, visiblement désolée. Décidément, elle ne la connaissait que trop bien et savait qu’il ne valait mieux pas insister dans ce genre de situation. La future duchesse abaissa finalement sa main en ne détachant pas son regard de son interlocuteur, un léger sourire de courtoisie toujours accroché aux lèvres, elle savait que ce client était bien trop influent pour qu'elle ait le luxe de se montrer désagréable envers lui.

- Opale, je te prierais de ne pas prendre la parole sans mon autorisation. Rapporte-nous donc plutôt quelques rafraîchissements. Déclara-t-elle sévèrement à l’intention de sa servante, puis, alors que cette dernière s’éloigna pour exécuter les ordres de son employeuse, la couturière reporta son regard sur le noble qui se dressait devant elle. Elle lui présenta d’un geste de la main la petite table basse autour de laquelle se trouvaient chaises et divan, à côté d'une grande fenêtre qui éclairait tout l'atelier, l’invitant ainsi à s’installer confortablement en attendant le retour d’Opale. Mais, en effet, M. Strauss, il faut que vous sachiez que Père a pris sa retraite il y a de là quelques années. Bien sûr, je descends d’une longue lignée de couturiers, il était logique que je prenne sa suite, vous y conviendrez. Je pensais que vous seriez au courant en arrivant ici… Déclara-t-elle d’un trait en faisant une nouvelle fois apparaître ce rictus agacé au coin de son sourire. En revanche, je peux vous assurer que ce petit changement n’affecte en rien la qualité de notre travail. J’ai été formée depuis ma plus tendre enfance par Robert Jelica lui-même, vous vous en doutez. J’apporte le plus grand soin à chacune de mes créations. Concernant vos tenues, d’ailleurs, j’ai cousu trois modèles qui seraient susceptibles de vous plaire. Je ne connaissais pas vos mesures, alors quelques retouches seront certainement nécessaires, mais si l'une des tenues vous plait, vous pourrez repartir avec votre costume à la fin de la journée.

Le temps que la couturière ne déblatère tout cela, Opale était déjà revenue avec un plateau en main, déposant délicatement une théière sur la table basse en verre ainsi que deux tasses et une assiette de petits gâteaux. Le garde du corps, lui, s’était terré dans un coin de la pièce pour paraître le plus discret possible, les instructions d’Elerinna étaient claires à ce sujet : il devait être un meuble dans le décor. Opale versa le contenu de la théière dans les deux tasses et Elerinna lui offrit un hochement de la tête pour l’inviter à prendre congé. Puis la jeune Jelica attendit que son invité en fasse de même avant de saisir sa petite tasse de sa main pâle.
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Invité de marque [PV. Wolfram Strauss]

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